,,Aj" ^ ^ , ' \ . >A\ ,-,-- j'Vf. .'-;'; '.^'.v'^'*',',:^- '!>. ,-/ /tir wJb^VV/ /.'' .' ^% ^/ V. Tli.ATlOUK. /<95-. LE DISTRIBUE D'APRS SON ORGANISATIOr^ '// ^ i- y y %/:- '//.. %r-A BP.PMEKE D'TIPIOLYTE TILTJAED , RUK TiT. LA HAnPF , W" ^8. LE / GNE ANIMAL DISTRIBU D'PRSS SON ORGANISATION, POUR SERVIR DE BASE A L'HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX ET D'INTRODUCTION A L'ANATOMIE COMPAREE. JrAR DI, LE BARON GRAND OrriCIER DE LA LGION-d'dONNEUB , COSSEII.I.ER D'irAT ET AU CONSEIL KOVAL DE l'iNSTRTICTION' POnMQtE , l'un des QUABANIB de l'acadmie franaise, SECIiTAIRE PEHPKTOEL DE l'aCADMIR DES SCIEKCES , MEMBRE DES ACADMIES ET SOCITS BOALES DES SCIENCES DE LONDRES, DE BERLIN, BE PTEISKOIIRG , DE STOCKHOLM, D'DIMUOri RG , BE COPENHAGUE, DE GCETTINGUE , DE TURIN, TE RATIRE , DE MODENE , DES PATS-BAS, DE CALCUTTA , DE LA SOCIT HNPfENNE DE LC DUES , CtC. AVEC FIGURES DESSINES D'APRS NATURE. NOUVELLE DITION ,' REVUE ET AUGMENTEE. TOME L 'r a;^]q yg'^-^^--^a MLWLlSffgW IpariiS , CHEZ DTERVILLE, LIBRAIRE RUE HAUTEFEUILLE, No 8; ET CHEZ CROCHARD, LIBRAIRE, CLOTRE SAIT-EEKOT , >" l6. ^- '^^^iW' fii /k /^ ' "- >^ ////^'//^. 'X^ b PREFACE ^i A fc ''' DE LA PREMIERE DITION. ^ M'tant vou par got, ds ma premire jeu- nesse , l'tude de i'anatomie compare , c'est-- dire des lois de Torganisation des animaux et des modifications que cette organisation prouve dans les diverses espces, et ajant depuis prs de trente ans consacr cette science tous les moments dont mes devoirs m'ont permis de disposer , j'ai eu pour but constant de mes travaux, de la ramener des rgles gnrales^ et des propositions qui en con- tinssent l'expression la plus simple. Mes premiers essais me .firent bientt apercevoir que je n'y par- viendrais qu'autant que les animaux dont j'aurais faire connatre la structure seraient distribus con- formment cette structure mme, en sorte que l'on pt embrasser sous un seul nom -, de classe, d'or- dre, de genre , etc., toutes lesespces qui auraient entre elles, dans leur conformation tant intrieure qu'extrieure, des rapports plus gnraux ou plus particuliers. Or c'est ce que la plupart des natura- listes de cettepoqoen'avaient point cherch faire, et ce que bien peu d'entre eux auraient pu faire quand ils l'eussent voulu, puisqu'une distribution pareille supposait dj une connaissance assez TOME I. a Vj PRFACE tendue des structures dont elle devait tre en quelque sorte la reprsentation. Il est vrai que DauDenton et Camper avaient fourni des faits; que Pallas avait indiqu des vues : mais les ides de ces savants hommes n'avaient point encore exerc sur leurs contemporains l'influence qu'elles mritaient d'avoir. Le seul catalogue g- nral des animaux que l'on possdt alors, et que l'on ait encore aujourd'hui , le systme de Lin- nseus, venait d'tre dfigur par un diteur mal- heureux, qui ne s'tait pas mme donn le soin d'ap-- profondirles principes de cet ingnieux mthodiste, et qui, partout oii il avait rencontr quelque dsor- dre, avait semble faire des efforts pour le rendre plus inextricable. 11 est vrai encore qu'il existait sur des classes particulires des travaux trs tendus, qui avaient l'ait connatre un grand nombre d'espces nouvelles ; mais leurs auteurs n'avaient gure considr que les rapports extrieurs de ces espces , et personne ne s^tit occup de coordonner les classes et les ordr^es d'aprs l'ensemble de la structure ; les ca- ractres de plusieurs classes restaient faux ou in- complets , mme dans des ouvrages anatomiques justement clbres ; une partie des ordres taient arbitraires ; dans presque aucune de ces divisions, les genres n'taient rapprochs conformment la nature. Je dus donc , et cette obligation mprit un temps considrable, je dus faire marcher de front l'ana- DE LA PREMIRE DITION. vj toiie et la zoologie , les dissections et le classement ; chercher dans mes premires remarques sur l'or- ganisation , des distributions meilleures ; m'en servir pour arriver des remarques nouvelles; em- ployer encore ces remarques perfectionner les distributions ; taire sortir enfin de cette fcondation mutuelle des deux sciences l'une par l'autre, un systme zoologique propre servir d'introducteur et de guide dans le champ de l'anatomie , et un corps de doctrine anatomique propre servir de dveloppement et d'explication au systme zoolo- gique. Les premiers rsultats de ce double travail pa- rurent en 1795, dans un Mmoire spcial sur une nouvelle division des animaux sang blanc. Une bauche de leur application aux genres et leur division en sous-genres, ft l'objet de mon Tableau lmentaire des Animaux, imprim en 1798, et j'amliorai ce travail avec le concours de M. Du- mril, dans les tables annexes au premier volume de mes Leons d'Anatomie compare, en 1800. Peut-tre me serais-je content de perfectionner ces tables , et aurais-je pass immdiatement la publication de ma grande anatomie,si, dans le cours de mes recherches, je n'avais t bien souvent frapp d'un autre vice de la plupart des systmes gnraux ou partiels de zoologie ; je veux dire de la confusion o le dfaut de critique y a laiss un grand nombre d'espces , et mme plusieurs genres. Non-seulement les classes et les ordres n'taient a VllJ PKFACE pas assez conformes la nature intime des animaux, pour servir commodment de base un trait d'a- natomie compare ; mais les genres, quoique d'or- dinaire mieux constitus, n'offraient eux-mmes , dans leur nomenclature, que des ressources in- suffisantes, parce que les espces n'avaient pas l ranges sous chacun d'eux, conformment leurs caractres. Ainsi, en plaant le lamantin sous le genre des morses , la sirne sous celui des anguilles , Gmelin avait rendu toule proposition gnrale re- lahve l'organisation de ces genres, impossible j tout comme en rapprochant dans la mme classe , dans le mme ordre, et ct l'un de l'autre, la seiche et le polype d'eau douce, il avait rendu im- possible de dire rien de gnral sur la classe et sur l'ordre qui embrassaient des tres si disparates. 3e cite l des exemples pris parmi les plus frap- pants ; mais il en existait une infinit de moins sen- sibles au premier coup d'il, qui n'avaient pas des inconvniens moins rels. Il ne suffisait donc pas d'avoir imagin de nou- velles distributions de classes et d'ordres , d'j avoir plac convenablement les genres; il fallait encore examiner toutes les espces, afin de savoir si effec- tivement elles appartenaient aux genres o on les avait mises. Or quand j'en vins l , je trouvai non-seulement des espces groupes ou disperses contre toute raison , mais je remarquai que plusieurs n'taient pas mme tablies d'une manire positive, ni par DE L. PREMIIIE DITJON. X les caractres qu'on leur assignait , nipar les figures et les descriptions que l'on en allguait. Tantt l'une d'elles, au moyen des synonymes, en reprsente sous un seul nom plusieurs, et sou- vent tellement diffrentes, qu'elles ne doivent pas entrer dans le mme genre ; tantt une seule est double, triple, et reparat successivement dans plusieurs sous-genres, dans plusieurs genres, quel- quefois dans des ordres diffrents. Que dire, par exemple, du trichecusmanatusde Gmelin, qui, sous un seul nom spcifique, com- prend trois espces et deux genres, deux genres diffrents presque en tout ? Sous quel nom parler fde la vlelle, qui y figure deux fois parmi les m- duses et une parmi les holothuries ? Comment y rassemblerlesbiphores, qui ysont appeles les unes du nomdedagysa, le pi us grand nombre de celui desalpa, et dont plusieurs sont ranges parmi les liolothuria ? Ainsi il ne suffisait pas, pour atteindre complte- ment le but, de revoir les espces : il aurait fallu revoir jusqu' leurs synonymes ; c'est--dire qu'il aurait fallu refaire le systme des animaux. Une telle entreprise, aprs le prodigieux dve- loppement que la science a pris depuis quelques annes, et t inexcutable dans son entier pour tout homme isol, mme en lui supposant la plus longue vie, et nulle autre occupation; je n'aurais pas mme t en tat de prparer la simple esquisse que je donne aujourd'hui , si j'avais t livr mes X PRFACE seuls moyens; mais les ressources de ma position me parurent pouvoir suppler ce qui me man- quait de temps et de talent. Vivant au milieu de tant d'habiles naturalistes ; puisant dans leurs ou- vrages mesure qu'ils paraissaient ; usant avec au- tant de lilDcrt qu'eux des cblleclions rassembles parleurs soins ; en ayant moi-mme form une trs considrable spcialement approprie mon objet j une grande partie de mon travail ne devait consister que dans l'emploi de tant de riches matriaux. Il n'tait pas possible qu'il me restt beaucoup faire ,/ par exemple, sur des coquilles tudies par M. de Lamarck, ni sur des quadrupdes dcrits par M. Geoffroi. Les nombreux rapports nouveaux saisis par M. de Lacpde, taient autant de traits pour mon tableau des poissons. M . Levaillant , parmi tant de beaux oiseaux rassembls de toute part, aper- cevait des dtails d'organisation que j'adaptais aus- sitt mon plan. Mes propres recherches employes et fcondes par d'autres naturalistes , produisaient pour moi des fruits qu'elles n'eussent pas donns tous entre mes seules mains. Ainsi M. de Blainville^ M, Oppel , en examinant dans le cabinet que j'ai form les prparations anatomiques que je destinais fonder mes divisions des reptiles , en tiraient d'a- vance^ etpeut-tre mieux que je n'aurais pu le faire, des rsultats que je ne faisais encore qu'entre- voir, etc. , etc. Ces rflexions m'encouragrent , el je me dter- minai faire prcder mon Trail d'Anatoniie DE L PREMIRE DITIOIN. xj compare, d'une espce cle systme abrg des animaux ^ o je prsenterais leurs divisions et sub- divisions de tous les degrs , tablies paralllement sur leur structure intrieure et extrieure; o je donnerais l'indication des espces bien authentiques qui appartiennent avec certitude chacune des sub- divisions, et o , pour mettre plus d'intrt^ j'entre- rais dans quelques dtails sur celles de ces espces que leur abondance dans notre pays, les services que nous en tirons, les dommages qu^elles nous cau- sent, les singularits de leurs murs et de leur co- nomie , leurs formes extraordinaires , leur beaut ou leur grandeur, rendent plus remarquables. J'ai espr par l devenir utile aux jeunes natu- ralistes qui , pour la plupart , se doutent peu de la confusion et des erreurs de critique dont four- millent les ouvrages les plus accrdits, et qui , surtout dans les pays trangers, ne s'occupent point assez de l'tude des vrais rapports de conformation des tres; j'ai cru rendre encore un service plus di- rect auxanatomis'es, qui ont besoin de connatre d'avance sur quelles classes, sur quels ordres ils doivent porter leurs recherches^ lorsqu'ils se pro- posent d'clairer par Faiiatomie compare quelque problme d'analomie humaine ou de physiologie, mais que leurs occupations ordinaires ne prparent point assez bien remplir cette condition essen- tielle leur succs* Cependant , je n'ai pas prtendu tendre gale- ment cette double vue toutes les classes du rgne ; xi) PRFACE les animaux vertbrs ont du m'occuper de prf- rence , comme plus intressants sous tous les rap- ports. Parmi les non vertbrs , j'ai d tudier plus particulirement les mollusques nus et les grands zoophjtes; mais les innombrables variations des formes extrieurs des coquilles et des coraux, les animaux microscopiques, et les autres familles qui ne jouent pas dans la nature un rle trs apparent , ou dont l'organisation offre peu de prise au scalpel , ne demandaient pas d'tre traites avec le mme dtail. Je pouvais d'ailleurs, pour la partie des co- quilles et des coraux, m'en rapportera l'ouvrage que M. de Lamarck publie en ce moment , et o l'on trouvera tout ce que le plus ardent dsir de savoir peut exiger. Quant aux insectes , si intressants par leurs formes extrieures , par leur organisation , par leurs habitudes , par leur influence sur toute la na- ture vivante , j'ai eu le bonheur de trouver un secours qui, en rendant mon ouvrage infiniment plus parfait qu*il n'aurait pu sortir de ma plume , en a beaucoup acclr la publication. Mon con- frre et mon ami M. Latreille, l'homme de l'Europe qui a le plus profondment tudi ces animaux, a bien voulu prsenter en un seul vo- lume, et peu prs dans l'ordre que j'ai suivi pour les autres parties, le rsum de ses immenses recherches , et le tableau abrg de ces innom- brables genres que les entomologistes ne cessent d'tablir. DE LA PREMIRE DITION. xij Au resle, si dans quelques endroits j'ai donn moins d'tendue l'exposition des sous-genres et des espces, cette ingalit n'a pas eu lieu pour ce qui concerne les divisions suprieures et les indi- cations des rapports, que j'ai fondes partout sur des bases galement solides, en fesant partout des recherches galement assidues. J'ai examin une une toutes les espces que j'ai pu me procurer en nature ; j'ai rapproch celles qui ne diffraient l'une de l'autre que par la taille, la couleur ou le nombre de quelques parties peu importantes, et j'en ai fait ce que j'ai nonim im sous-genre. Toutes les fois que je l'ai pu, j'ai dissqu au moins une espce de chaque sous-genre; et si l'on excepte ceux auxquels le scalpel ne peut pas tre appliqu, i'I existe dans mon livre trs peu de groupes de ce degr dont je ne puisse produire au moins quelque portion considrable des organes. Aprs avoir dtermin les noms des espces que j'ai observes, et qui avaient t auparavant bien reprsentes ou bien dcrites , j'ai plac dans les mmes sous-genres celles que je n'ai point vues , mais dont j'ai trouv dans les auteurs des fiofures assez exactes, ou des descriptions assez prcises pour ne laisser aucun doute sur leurs rapports na- turels ; mais j'ai pass sous silence ce grand nombre d'indications vaguessurlesquellesons'esttrop press selon moi d'tablir des espces, et dont l'adoption est ce qui a le plus contribu mettre dans le cata- XIV PRFACa logue des tres, cette coniusion qui lui te une. si grande partie de son utilit. J'aurais pu ajouter presque partout des espces nouvelles en quantit notable ; mais comme je ne pouvais renvover des figures, il aurait fallu en tendre les descriptions au-del de ce que l'espace me permettait; j'ai donc mieux aim priver mon ouvrage de cet ornement, et je n'ai indiqu que celles qui, par une conformation singulire, don- nent lieu des sous-genres nouveaux. Une fois mes sous-genres tablis sur des rapports certains, et composs d'espces bien constates, il ne s'agissait plus que d'en construire ce grand cha- faudage de genres , de tribus , de familles , d'ordres , de classes et d'embranchemens qui constitue l'en- semble du rgne animal. Ici j'ai march en partie en montant des divisions infrieures aux suprieures par voie de rapproche- ment et de comparaison ; en partie aussi en des- cendant des suprieures aux infrieures, par le principe del subordination des caractres; com- parant soigneusement les rsultats des deux m- thodes, les vrifiant l'une par l'autre, et avant soin d'tablir toujours la correspondance des formes extrieures et intrieures, qui, les unes comme les autres , font partie intgrante de l'essence de chaque^ animal. Telle a t ma marche toutes les fois qu'il a t ncessaire et possible d'introduire de nouveaux ar- rangements; mais je n'ai pas besoin de dire que DE L PKEMIKKE oniON. XV dans plusieurs parties du rgne, les rsultats auxquels elle m^aurait conduits avaient dj t obtenus un degr si satisfesant qu'il ne m'est rest d'autre p^ine que celle de suivre les traces de nies prdcesseurs. Nanmoins, dans ces cas mmes oii je n'avais rien faire de plus qu'eux, j'ai vrifi et constat par des observations nouvelles ce qu'ils avaient reconnu avant moi, et je ne l'ai adopt c[u'aprs l'avoir soumis des preuves svres. Le public a pu prendre une ide de ce genre d'examen dans les Mmoires sur l'anatomie des mollusques, qui ont paru dans les Annales du Mu- sum , et dont je donne en ce moment une collec- tion spare et augmente. J'ose l'assurer que j'ai fait un travail tout aussi tendu sur les animaux vertbrs , les annelides , les zooplijtes et sur beau-- coup d^insectes et de crustacs. Je n'ai pas cru n- cessaire de le publier avec le mme dlai! ; mais toutes mes prparations sont exposes au cabinet d'Anatomie compare du Jardin du Roi. etservi- i^ont ultrieurement mon trait d'Anatomie. Un autre travail bien considrable , mais dont les pices ne peuvent tre rendues aussi authentiques , c'est l'examen critique des espces.. J'ai vrifi toutes les figures allgues par les auteurs , et rap- port chacune autant que je l'ai pu sa vritable espce, avant de faire choix de celles que j'ai in- diques ; c'est aussi uniquement d'aprs cette v- rification, et jamais d'aprs le classement des m- thodistes prcdents , que j'ai rapport mes XVJ PRFACE sous-genres les espces qui y appartenaient. Voil pourquoi l'on doit voir sans lonnement que tel genre de Gmelin est aujourd'hui rparti mme dans des classes et des embranchements diffrents ; que de nombreuses espces nominales sont rduites une seule, et que des noms vulgaires sont appli- qus tout autrement qu'auparavant. Il n'est pas un de ces changements que je ne sois en tat de jus- tifier , et dont le lecteur ne puisse trouver lui-mme la preuve , s'il veut recourir aux sources que je lui indique. Afin d'allger sa peine, j'ai eu soin de choisir pour chaque classe un auteur principal, d'ordinaire le plus riche en bonnes figures originales, et je ne cite des ouvrages secondaires qu'autant que celui- l ne me fournit rien , ou qu'il est bon d'tablir quelque comparaison pour mieux constater les sy- nonymes. Ma matire, aurait pu remplir bien des volumes ; mais je me suis fait un devoir de la resserrer, en imaginant des moyens abrgs de rdaction. C'est par des gnralits gradues que j'y suis parvenu. En ne rptant jamais pour une espce ce que l'on peut dire pour tout un sous-genre, ni pour un genre ce que l'on peut dire pour tout un ordre, et ainsi de suite, on arrive la plus grande conomie de paroles. C'est quoi j'ai tendu par-dessus tout j d'autant que c'tait l au fond le but principal de mon ouvrage. On remarquera cependant que je n'ai pas employ bcc^ucoup de termes techniques , DE LA PREMIRE DITION. XVlj et que j'ai chercli rendre mes ides sans tout cet appareil barbare de mots factices qui rebute dans les ouvrages de tant de naturalistes modernes. Il ne me semble pas que ce soin m'ait rien fait perdre en prcision ni en clart. 11 m'a fallu malheureusement introduire beau- coup de noms nouveaux, quoique j'aie mis une grande atteniion conserver ceux de mes devan- ciers ; mais les nombreux sous-genres que j'ai ta- blis exigeaient ces dnominations; car dans des choses si varies, la mmoire ne se contente pa;5 d'indications numriques. Je les ai choisies, soit de manire indiquer quelque caractre , soit danles dnominations usuelles que j 'ai latinises , soit enfin, l'exemple de Linnus , parmi les noms de la mythologie, qui sont en gnral agrables l'o- reille , et que l'on est loin d'avoir puiss. Je conseille nanmoins, quand on nommera les espces, de n'employer que le substantif du grand genre , et le nom trivial. Les noms de soUs-genres ne sont destins qu' soulager la mmoire , quand on voudra indiquer ces subdivisions en particulier. Autrement, comme les sous- genres , dj trs mul- tiplis, se multiplieront beaucoup plus par la suite, force d'avoir des substantifs i retenir continuel- lement , on sera expos perdr^es avantages de cette nomenclature binaire, si heureusement ima- gine par Linnaeus. C'est pour la mieux consacrer que j'ai dmembr le moins qu'il m'a t possible les grands genres de XVllj PRLFACE cet illustre rformateur de la science. Toutes les fois que les sous-genres dans lesquels je les divise n'ont pas d aller des familles difF rentes, je les ai laisss ensemble sous leur ancien nom gnrique. C'tait non-seulement un gard que je devais la mmoire de Linnus^ mais c'tait aussi une atten- tion ncessaire pour conserver la tradition et l'in- telligence mutuelle des naturalistes des diffrents pavs. Pour faciliter encore davantage l'tude de ce livre, car il est fait pour tre tudi plus que pour tre lu, j'y ai fait employer les divers caractres de l'imprimerie de manire correspondre aux divers degrs de gnralit des ides. Tout ce qui peut se dire des divisions suprieures, jusqu'aux tribus ou sous-familles inclusivement, esten cicro; tout ce qui regarde les genres , en philosophie ; les sous-genres et autres subdivisions , en petit romain ; les espces dont j'ai cru devoir parler en particulier, sont aussi en petit romain, mais lignes plus courtes, ou rentres d'un quadrat ; enfin les notes places en bas des pages , contenant l'indi- cation des espces moins importantes , et les dis- cussions sur la synonymie ou sur quelques erreurs que je reprends dans les ouvrages de mes prd- cesseur, ?ont enj3etit texte. Partout les noms des divisions supriwR'es sont en grandes majuscules ; ceux des familles, des genres et des sous-genres, en petites majuscules , correspondantes aux trois caractres employs dans le texte ; ceux des espces DE LA PREMIRE DITION. XIX en italiques ; le nom latin est la suite du nom franais, mais entre deux parenthses, et l'on* a ob- serv des rgles peu prs semblables dans les ta- bles mthodiques qui prcdent chaque volume , et qui sontdestines guider d'abord les commen- ants. Ainsi l'il distinguera d'avance l'importance de chaque chose et l'ordre de chaque ide , et l'im- primeur aura second l^auteur de tous les artifices que son art peut prter la mnmonique. Cette habitude que l'on prend ncessairement en tudiant l'histoire naturelle , de classer dans son esprit un trs grand nombre d'ides, est l'un des avantages de cette science dont on a le moins parl, et qui deviendra peut-tre le principal , lorsqu'elle aura t gnralement introduite dans l'ducation commune; on s'exerce parla dans cette partie de la logique qui se nomme la m- thode, peu prs comme on s'exerce par l'tude de la gomtrie dans celle qui se nomme le syllo- gisme, parla raison que l'histoire naturelle est la science qui exige les mthodes les plus prcises , comme la gomtrie celle qui demande les raison- nements les plus rigoureux. Or cet art de la m- thode , une fois qu'on le possde bien , s'applique avec un avantage infini aux tudes les plus tran- gres l'histoire naturelle. Toute discussion qui suppose un classement des faits , toute recherche qui exige une distribulion de matires, se fait d'aprs les mmes lois ; et tel jeune homme qui n'avait cru faire de cette science qu'un objet d'- XX PRPAGE musement, est surpris lui-mme, l'essai, Je la facilit qu'elle lui a procure pour dbrouiller tous les genres d'affaires. Elles n'est pas moins utile dans la solitude. Assez tendue pour suffire l'esprit le plus vaste, assez varie, assez intressante pour distraire l'ame la plus agite , elle console les malheureux , elle calme les haines. Une fois lev la contemplation de cette harmonie de la Nature irrsistiblement rgle par la Providence, que l'on trouve faibles et petits ces ressorts qu'elle a bien voulu laisser dpendre du libre arbitre des hommes! Que l'on s'tonne de voir tant de beaux gnies se consumer, si inuti- lement, pour leur bonheur et pour celui des autres, la recherche de vaines combinaisons dont quel- ques annes suffisent pour faire disparatre jus- qu'aux traces. Je l'avoue hautement, ces ides n'ont jamais t trangres mes travaux, et si j'ai cherch de tous mes moyens propager cette paisible tude , c'est que^ dans mon opinion, elle est plus capable qu'aucune autre d'alimenter ce besoin d'occu- pation qui a tant contribu aux troubles de notre sicle ; mais il est temps de revenir mon objet. 11 me reste rendre compte des principaux changements que j'ai faits aux mthodes dernire- ment reues, et tmoigner ce que je dois aux naturalistes dont les ouvrages m'en ont fourni ou suggr une partie. Pour prvenir une critique qui se prsentera na- DE LA PREMIRE DlflON. XXJ turellemeni beaucoup cle personnes, je dois re- marquer, d'abord , que je n'ai eu ni: la prtention, ni le dsir de classer les tres de manire en former une seule ligne, ou marquer leur sup- riorit rciproque. Je regarde mme toute ten- tative de ce genre comme inexcutable ; ainsi je n'entends pas que les mammifres ou les oiseaux , placs les derniers , soient les plus imparfaits de leur classe ; j'entends encore moins que le dernier des mammifres soit plus parfait que le premier des oiseaux, le dernier des mollusques plus parfait que le premier des annelides ou des zooplijtes ; mme en restreignant ce mot vague de plus parfait , au sens de plus compltement organis. Je n'ai considr mes divisions et subdivisions que comme l'expression gradue de la ressemblance des tres qui entrent dans chacune ; et quoique il j en ait o l'on observe une sorte de dgradation et de passage d'une espce l'autre , qui ne peut tre nie , il s'en faut de beaucoup que cette disposition soit g- nrale. L'chelle prtendue des tres n'est qu'une application errone la totalit de la cration , de ces observations partielles qui n'ont de justesse qu'autant qu'on les restreint dans les limites o elles ont t faites , et cette application, selon moi , a nui , un degr que l'on aurait peine imaginer i aux progrs de l'histoire naturelle dans ces derniers temps. C'est en conformit de cette manire de voir , que j'ai tabli ma division gnrale en quatre em- Tome i. h Xxij PR F vV CE branchements , qui a dj t expose dans un M- moire particulier ; je crois toujours qu'elle exprime les rapports rels des animaux plus exactement que l'ancienne division en vertbrs et non vertbrs , par la raison que les animaux vertbrs se ressem- blent beaucoup plus entre eux que les non ver- tbrs, et qu'il tait ncessaire de rendre cette diffrence dans l'tendue des rapports. M. Virey, dans un article du nouveau Diction- naire d'Histoire naturelle, avait dj saisi une partie des bases de cet te division, et principalement celle qui repose sur le systme nerveux. Le rapprochement particulier des vertbrs ovi- pares entre eux a pris sa source dans lescurieuses observations de M. Geoffroy sur la composition des ttes osseuses , et dans celles que j'y ai ajoutes re- lativement au reste du squelette et la mjologie. Dans la classe des mammifres, j'ai ramen les solipdes aux pachydermes ; j'ai divis ceux-ci en familles d'aprs de nouvelles vues ; j'ai rejet les ruminants la fin des quadrupdes; j'ai plac le lamantin prs des ctacs; j'ai distribu un peu au- trement l'ordre des carnassiers; j'ai spar les ouis- titis de tout genre des singes ; j'ai indiqu une sorte de paralllisme des animaux bourse avec les autres mammifres digits, le tout d'aprs mes propres tudes anatomiques. Les travaux rcents et appro- fondis de mon ami et collgue M. Geoffroy de Saint -Hilaire ont servi de base tout ce que je donne sur lesquadrumanes et sur les chauves-souris. DE LA PREMIRE DITION. Xxilj Les recherches cle mon frre, M. Frdric Cuvier , sur ies dents des carnassiers et des rongeurs , m'ont t d'une grande utilit pour les sous-genres de ces deux ordres. Les genres de feu M. lliger ne sont gure que le rsultat de ces mmes recherches et de celles de quelques naturalistes trangers ; ce- pendant j'ai adopt ses noms toutes les fois que ses ofenres se sont rencontrs avec mes sous-^enres. M. de Lacpde avait aussi saisi et indiqu plu- sieurs excellentes divisions de ce degr , que je me suis galement empress d'adopter ; mais les carac- tres de tous les degrs et toutes^les indications d'espces ont t faites d'aprs nature , soit dans le cahinet d'anatomie , soit dans les galeries du Musum, Il en a t de mme des oiseaux ; j'ai examin avec la plus grande attention plus de quatre mille individus au Musum; je lsai rangs d'aprs mes vues dans la galerie publique, depuis plus de cinq ans, et j'en ai tir tout ce que je dis de cette classe dans cette partie de mon ouvrage. Ainsi , les rapports que mes subdivisions pourraient avoir avec quel- ques tableaux rcents, sont de ma part purement accidentels (i). (i) Cette observation n'ayant pas suffisamment frappe quelques e'tran- gers, je dois redire ici, et hautement dclarer un lait qui a eu Paris plusieurs milliers de tmoins; c'est que tous les oiseaux de la galerie publique du Muse'uni e'taient nommes et distribues d'aprs ma mc- tliode, depuis 1811. Celles mme de mes subdivisions auxquelles je n'avnis pas donne de noms, taient marques par des si^^nes paiticu- b. XXi\ PBFACE J'espre que les naturalistes approuveront les nombreux sous-genres que j'ai cru devoir tablir parmi les oiseaux de proie, les passereaux et les oiseaux de rivage ; ils me paraissent avoir apport la plus grande clart dans des genres auparavant fort embrouills. J'ai marqu aussi exactement que je l'ai pu la concordance de ces subdivisions avec les genres de MM. de Lacpde, Mever , Wolf , Temmink ^ Savigny , et j'ai rapport chacune toutes les espces dont j'ai pu avoir une connaissance bien positive. Ce travail fatigant sera agrable * ceux qui s'occuperont l'avenir d'une vritable histoire des oiseaux. Les beaux ouvrages d'ornithologie publis depuis quelques annes^ et principalement ceux de M. Le Vaillant, qui sont remplis de tant d'observations intressantes ^ et ceux de M. Vieillot , m'ont t fort utiles pour dsigner avec prcision les espces qu'ils repr- sentent. La division gnrale de cette classe est reste telle que je l'avais publie en 1798^ dans mon Ta- bleau lmentaire (1). caliers. Voil ma date. D'ailleurs, mon premie rvolu me e'tait imprime' ds le commencement de 1816, Quatre volumes ne s^impriment pas aussi vite qu'une brochure de quelques feuilles. Je n'en dirai pas da- vantage. (Note ajoute cette ame d. ) (1) Je n'en fais l'observation que parce qu'un naturaliste estimable (M. Vieillot ) s'est attribu , dans un ouvrage tout rcent, la runion des pic avec les passeres. Je l'avais imprime ds 1798 , tout comme j'avais fait mes autres distributions, de manire les rendre publiques , dans le Musum, des 1811 et 1812. DE L\ PREMIUE DITION. XXV J'ai cru aussi devoir conserver pour les reptiles la division gnrale de mon ami M. Brongniart ; mais j'ai fait de grands travaux anatomiques pour arriver aux subdivisions ultrieures. M. Oppel , comme je l'ai dit, a profit en partie de ces travaux prparatoires; et toutes les lois qu'en dfinitive mes genres se sont accords avec les siens ^ j'en ai averti. L'ouvrage de Daudin, tout mdiocre qu'il est , m'a t utile pour les indications de dtail ; mais les divisions |xirticulires que j'ai donnes dans les genres des monitors et des geckos sont le produit de mes propres observations, faites sur un grand nombre de reptiles nouvellement apports au Musum par Prou et M. Geoffroy. Mes travaux sur les poissons me paraissent ce que j'ai l'ait de plus considrable touchant les animaux vertbrs. Notre Musum ajant reu un grand nombre de poissons, depuis que le clbre ouvrage de M. de Lacpde a t publi, j'ai pu ajouter plusieurs subdivisions celles de ce savant natu- raliste, combiner autrement plusieurs espces, et multiplier les observations anatomiques. J'ai eu aussi des moyens de mieux constater les espces de Commerson et de quelques autres voyageurs ; et^ cet gard, je dois beaucoup aune revue qu'a faite M. Bumril des dessins de Commerson, et des pois- sons secs qu'il avait apports , mais qui n'ont t re- couvrs que depuis peu : ressources auxquelles j'ai joint celles que m'offraient les poissons rapports par Pron de l'Ocan et de l'Archipel des Indes ; XXV-j PRFACE ceux que j'ai recueillis dans la Mditerrane , el les collections faites la cte de Coromandel par feu Sonnerat , l'Isle de France par M. Matthieu , dans le Sil et dans la Mer rouge par M. GeofFroi , etc. J'ai pu ainsi vrifier la plupart des espces de Bloch, de Russel et d'au 1res, et faire prparer les squelettes et les viscres de presque tous les sous- genres, en sorte que cette partie offrira, j'espre, beaucoup de nouveauts auxichtjologistes. Quant ma division de cette classe ,. je conviens qu'elle est peu commode pour l'usage, mais je la crois an moins plis naturelle qu'aucune des pr- cdentes; en la publiant, il J a quelque temps , je ne l'ai donne que pour ce qu'elle vaut ; et si quelqu'un dcouvre un principe de division plus net et aussi conforme l'organisation , je m'em- presserai de l'adopter. Il est connu que tous les travaux qui ont eu lieu sur la division gnrale des animaux sans vertbres ne sont que des modifications de ce que j'ai propos en 1795 dans le plus ancien de mes Mmoires, et l'on sait en particulier combien de soins et de temps j'ai consacr l'anatomie des mollusques en gnral^ et principalement la connaissance des mollusques nus. La dtermination de cette classe , ainsi que ses divisions et subdivisions, reposent sur mes observations ; le magnifique ouvrage de M. Poli m'avait seul devanc par des descriptions et des anatomies utiles mon but , mais des mnltivalves et des bivalves seulement. J'ai vrifi toiis les faits DE LA PREMIRE DITIOIN . XXvij que cet habile anatomiste m'a fournis, et je crois avoir marqu avec plus de justesse les fonctions de quelques organes. J'ai cherch aussi dterminer les animaux auxquels appartiennent les principales formes des coquilles, et rpartir celles-ci d'aprs cette considration ; mais quant aux divisions ult- rieures des coquilles dont les animaux se ressem- bl ent.jene m'en suis gures occup que pour me mettre en tat d'exposer brivement celles qu'ont admises MM. de Laniarck et de Montfort ; et mme le petit nombre de genres ou de sous-genres qui me sont propres drivent principalement de l'ob- servation des animaux. Je me suis born citer, par voie d'exemple , un certain nombre des espces de Martini, de Chemnitz, de Lister, de Soldani , et cela uniquement parce que^ le volume o M. de Lamarck doit traiter de cette partie n'ayant pas en- core paru, j'tais oblig de fixer sur des objets prcis l'attention de mes lecteurs. Mais je n'ai pas prtendu mettre dans le choix et la dtermination de ces espces la mme critique que pour celles des animaux vertbrs et des mollusques nus. Lesbellesobservationsde MM. Savignj, Lesueur et Desmarels sur les ascidies composes, rappro- chent cette dernire famille de mollusques de cer- tains ordres de zoophytes ; c'est un rapport curieux et une preuve de plus que les animaux ne peuvent tre rangs sur uiie mme ligne. Je crois avoir retir les annelides , dont l'tablis- sement m'appartient de fait, quoique je n'aie pas XXVnj PRFACE imagine leur nom , du mlange o ils taient con- fondus auparavant, parmi les mollusques, les tes- tacs et les zoophjtes , et les avoir rapprochs dans l'ordre naturel; leurs genres mmes n'ont acquis quelque clart que par les dterminations que j'en ai donnes dans le Dictionnaire des sciences na- turelles et ailleurs. Je ne parlerai point des trois classes contenues dansle troisime volume : M. Latreille, seul auteur de cette partie , si l'on en excepte quelques dtails d'anatomie que j'ai intercals dans son texte, d'aprs mes observations et celles de M. Ramdohr, expo- sera dans un avertissement ce que son travail a de particulier. Quant aux zoophytes qui terminent le rgne animal, je me suis aid, pour les chinodermes.du travail rcent de M. de Lamarck ; et pour les vers intestinaux, de l'ouvrage de M. Rudolplii, intitul Entozoa j mais j'ai fait moi-mme l'anatoniie de tous les genres , dont quelques-uns n'ont encore t dtermins que par moi. Au reste , il existe sur l'anatomie des cliinodermes un travail excellent de M. Tidemann, que l'institut a couronn il y a quelques annes, et qui paratra bientt; il ne lais- sera rien dsirer sur ces curieux animaux. Les coraux et les infusoires o'ofFrant presque point de prise l'anatomie, j'en ai trait fort brivement. L'ouvrage nouveau de M. de Lamarck supplera te qui me manque (i). (i^; Je reois i Tins^uLil rau:o V Histoire des Polypien; coralUgn^a DB LA PliEMlRE DITION. XXiX Je n'ai pu rappeler ici que les auteurs qui m'ont fourni ou qui ont fait natre en moi des vues gn- rales (i). lien est beaucoup d'autres auxquels j'ai d des faits particuliers , et que j'ai cits avec soin aux articles o je profite de leurs observations. On pourra voir leurs noms toutes les pages de mon livre. Si j'avais nglig de rendre jusiice quel- qu'un d'entre eux, ce serait un oubli bien invo- lontaire, et j'en demande excuse d'avance ; il n'est mes yeux aucune proprit plus sacre que celle des conceptions de l'esprit, et l'usage, devenu trop commun parmi les naturalistes, de masquer des plagiats par des changements de noms , m'a tou- jours paru un vritable dlit. Je vais maintenant m'occuper sans relche de la p'jblication de mon Anatomie compare ; les mat- riaux en sont prls, une grande quantit de pr- * parai ions et de dessins sont termins et classs ; et j'aurai soin de diviser cet ouvrage par parties, dont chacune fera un tout , en sorte que si mes forces ne suffisent pas pour excuter la totalit de mon plan , ce que j'aurai donn au public formera cepen- dant des suites compltes , chacune dans son objet ; et que les matriaux que j'aurai rassembls pour- flexibles , de M. Lamouroux, qui donnera elle-mme un excellent sup* ple'ment M. Lamarck. (i) M. de Blainville vient de publier rcemment, sur toute la zoo- logie , des Tables dont j'ai aussi le regret de n'avoir pu profiler , parce (|u'elles ont paru au moment o mon ouvrage tait presque entire- ment imprime. XXX PRFACE DE LA PREMIERE DITION. ront tre employs immdiatement par ceux qui voudront bien entreprendre la continuation de mes travaux. Au Jardin du Moi, octobre 1816. AVERTISSEMENT SUR CETTE SECONDE DITION. La prface prcdente expose fidlement Ttat o j'avais trouv l'hisloire des animaux lors de la premire publication de ce livre. Cette science a fait, pendant les douze annes coules depuis, des progrs immenses , soit par les rcoltes de nom- breux vovageurwS aussi instruits que courageux, qui ont explor toutes les rgions du globe, soit par les riches collections que divers gouvernements ont formes et rendues publiques, soit enfin par les savants et beaux ouvrages o l'on a reprsent et dcrit les espces nouvelles, et o l'on s'est efforc de saisir leurs rapports mutuels et de les considrer sous tous les points de vue (i). J'ai tch de profiter de ces dcouvertes autant que mon plan me le permettait, d'abord en tu- diant sur nature les objets innombrables arrivs au cabinet du Roi , et en les comparant ceux qui. avaient servi de base ma premire dition , pour en dduire de nouveaux rapprochements ou de (i) Voyez, ce sujet, le Discours que j'ai prononc clans une sance publique de Pnstitut , sur les progrs de V histoire naturelle depuis la paix maritime , imprime' la fin du 3e volume de mes Eloges. XXXlj AVERTISSEMENT nouvelles subdivisions, et ensuite, en recherchant clans les ouvrages que j'ai pu me procurer, les genres ou les sous-genres lablis par les natura- listes, et les descriptions d'espces dont ils ont appuj ces diverses combinaisons. Ce travail de synonymes est devenu bien plusfacile qu'il ne l'tait lors de ma premire dition ; les natu- ralistes franais et trangers paraissent avoir re- connu la ncessit d'tablir des divisions dans les vastes genres o s'entassaient auparavant des esp- ces si disparates; leurs groupes sont maintenant pr- cis et bien dfinis, leurs descriptions suffisamment dtailles, leurs figuresexactes jusque dans les plus petitscaractres, etsouvent de la plusgrande beaut sous le rapport de l'art. Il ne reste doncplus gure de difficults pour s'assurer de l'identit de leurs es- pces, et il ne tiendrait qu' eux de s'entendre sur la nomenclature. Malheureusement, c'est le soin qu'ils ont le plus nglig : les noms des mmes gen- res, des mmes espces, se multiplient autant de fois que quelque auteur a occasion d'en parler, et pour peu que ce dsaccord continue, le cahos renatra non moins embrouill qu'auparavant, quoique par une autre cause. J'ai fait ce qui tait en moi pour comparer et rapprocher ces nomenclatures surabondantes, et mme, oubliant mon petit intrt d'auteur , j'ai souvent indiqu des noms qui semblaient n'a- voir t imagins que pour ne pas avouer que l'on m'empruntait mes divisions. Mais, pour excuter SUR CETTE SECONDE DITION XXXHJ compltement un semblable travail, ce pinax du rgne animal , qui devient de jour en jour plus n- cessaire , pour en discuter les preuves et pour fixer la nomenclature dfinitive que l'on adopterait, en la faisant reposer sur des descriptions et des figures suffisantes , il faudrait un espace beaucoup plus grand que celui dont je peux disposer , et un temps que d'autres ouvrages rclament imprieusement. C'est dans l'histoire des poissons, que j'ai commenc publier avec le secours de M. Valenciennes, que je nie propose de donner une ide de ce qu'il me sem- ble que l'on pourrrait faire sur toutes les parties de la science. Je ne prtends en offrir ici qu'un ta- bleau abrg , ou mme une simple esquisse : heu- reux si je parviens rendre cetle esquisse correcte dans toutes ses parlies Divers tableaux dn mme genre ont t publis sur quelques classes , et je les ai tudis avec soin pour perfectionner le mien. La Mammalogie de M. Desmarets , celle de M. Lesson ^ le trait sur les dents des quadrupdes de M. Frdric Cuvier, la traduction anglaise de ma premire dition par M. Griffilh, enrichie de nombreuses additions, sur- tout par M. Hamiiton Smith ; la nouvelle dition du Manuel d'ornithologie de M. Temmink, les frag- ments ornithologiques de M. Wagler, le tableau des reptiles de feu Merrem , et la dissertation sur le mme sujet de M. Filzinger, m'ont principalement t utiles pour les animaux vertbrs. L'Histoire des animaux sans vertbi^es de M, de Lamarck , la TOME I. h^ Xxiv AVERTISSEMENT Malacologie de M. de Blainville, m'ont aussi beau- coup servi pour les mollusques. J'y ai joint les vues elles faits nouveaux compris dans les nombreux et savants crits de MM. Geoffroy Saint-Hilaire pre et fils, Savigny, Temmink, Lichtenstein , Kuhl, Wilson , Horsfield , Vigors, Sv^ainson , Gray, Ord , Say, Harlan, Charles Bonaparte^ Lamouroux , Mitchille ^ Lesueur , et de plusieurs autres hommes habiles et studieux , que je citerai avec soin aux endroits o je parle des sujets qu'ils ont traits. Les beaux recueils de planches qui ont paru dans ces douze dernires annes^ m'ont permis d'indi- quer un plus grand nombre d'espces , et j'ai pro- fit amplement de cette facilit. Je dois surtout reconnatre ce que je dois en ce genre l'Histoire des mammifres de MM. Geoffroy Saint-Hilaire et Frdric Cuvier^ aux planches colories de MM. Temmink et Laugier, la Galerie des Oiseaux de M. Vieillot ^ la nouvelle dition des Oiseaux d'Allemagne de MM.Nauman, aux Oiseaux desEtats- Unis de MM. Wilson, Ord^et Charles Bonaparte (i), aux grands ouvrages de M. Spix et de S. A. le prince Maximilien de Wied sur les animaux du Br- sil , et ceux de M. Frussac sur les Mollusques. Les planches et les descriptions zoologiques des Voyages de MM. Freycinet et Duperrey , donnes dans le premier par MM. Quoy et Gaymard , dans (i) L^ouvrage de M. Audubon, sur les Oiseaux deTAm, sept. , qui surpasse tous les autres en magnificence ", ne m'a t connu que lorsque toute la partie des Oiseaux tait imprime. SUR CETTE SECOTVDE DITIOLV. XXXV le second par MM. Lesson et Garnot , offrent aussi beaucoup d'objets nouveaux. On doit en dire autant des animaux de Java de M. Horsfield. Sur un plus petit module on trouve encore des figures nouvelles d'espces rares, dans les Mmoires du Musum, dans les Annales des sciences naturelles et d'autres ouvrages priodiques franais, dans les diffrents Dictionnaires d'histoire naturelle, dans les Illustra- tions zoologiques de M.- Swainson et dans le Jour- nal zoologique que d'habiles naturalistes publient Londres. Les Journaux du Ljce de New-Yorck et de l'Acadmie des sciences naturelles de Plii- ladelphie , ne sont pas moins prcieux; mais mesure que le got de l'histoire naturelle se rpand , et que cette science est cultive dans plus de pays, le nombre de ses acquisitions augmente en progres- sion gomtrique , et il devient de plus en plus dif- ficile de rassembler tous les crits des naturalistes et de complter le tableau de leurs rsultats ; j'ose donc compter sur Tindulgence de ceux dont les observations m'auraient chapp , ou dont je n'au- rais pas tudi les ouvrages assez soigneusement pour en tirer tout le parti qu'ils pouvaient m 'offrir. Mon clbre ami et confrre M. Latreille ayant bien voulu, comme dans la premire dition , se charger de la partie importante et difficile des crus- tacs , des arachnides et des insectes , il expose lui- mme dans un avertissement la marche qu'il a suivie , et je n'ai pas besoin de m' tendre ici sur ce sujet. XXXVJ AVEUT. SUR CETTE SECOl^DE DITION. Je ferai remarquer seulement que son travail s'tant augment au point de former deux vo- lumes, les arrangements typographiques ont exig que je plaasse l'histoire des zoophjtes dans mon troisime tome avec celle des mollusques et la liste des auteurs. C'est une lgre interversion qui ne donnera point d'embarras au lecteur prvenu. J'ai rassembl la fin de ce premier volume divers faits et quelques dtails de nomenclature relatifs aux mammifres et aux oiseaux qui, par diffrentes raisons , ne sont parvenus ma con- naissance que vers la fin de l'impression ; je prie d'y avoir recours mesure que l'on s'occupera des articles auxquels ces nouveaux documents se rap- portent. Au Jardin du Hoi, octobre 1828. TABLE MTHODIQUE DU TOME PREMIER. INTRODUCTION. De l'Histoire naturelle et de ses mthodes en g- nral ib. Des Etres vivants et de l'organisation en gnral, ii A Division des Etres organiss en animaux et v- gtaux 18 Des formes propres aux lments organiques du corps animal , et des combinaisons principales de ses lments chimiques 21 Des foi'ces qui agissent dans le corps animal. . . 26 Ide sommaire des fonctions et des organes du corps des animaux, ainsi que des divers degrs de leur complication 3o Expos rapide des fonctions intellectuelles des ani- maux . 4o De la mthode dans son application au rgne animal 46 Distribution du rgne animal en quatre grandes di- visions 48 Animaux vertbrs en gnral 52 Leur subdivision en quatre grandes classes 56 MAMMIFRES. ... 69 Leur division en or- dres 65 BIMANES. .;.-.... 69 Homme ib. Conformation parti- culire de l'homme. 70 Dveloppement physi- que et moral de l'homme "^5 Tome i. . ' c O O ^ n^ O fsj O iJ O O XXX Varits de l'espce hu- maine 80 QUADRUMANES.. . . 85 Singes 86 Singes proprement dits. . 87 Orangs ib. Gibbons 90 Guenons. ....... 91 Setnnopilhcques. ... 98 Macaques 94 Magots 96 Cynoce'pliales 97 Mandrils 98 Singes du nouveau continent 99 Sapajous ib. Alouattes ih. Sapajous ordinaires. . . 100 Atles ih. Lagothrix. . . . . . toi Sajous 102 Saimiris. ..... io3 Salds ih. Sagouins io4 Noctopliores. , ih. Ouistitis ib. Midas io5 Makis.. . ." 106 Makis proprement dits. 107 Indris 108 Loris ib. Galago 109 Tarsiers ib. CARNASSIERS. . . . , no Chiroptres m Chauves-souris. ... 112 Roussettes. .;.... 1 1 3 Roussettes sans queue ib. Roussettes queue. , 1 1 4 TABLE METHODIQUE Pag. Pas Cplialotes ib. Chauve-souris propre- ment dites ib. Molosses 1 ! 5 Dinops ib. Nyctinomes. . '. . . ib. Noctilions 116 Phyllostomes ih. Megadermes 118 Rhinolophes ih. Nyctrcs 119 Rhiuoporaes ib. Tapbiens ib. Mormoops 1 20 VespertiUons. . . . ib. Oreillards. . . , . . 121 Galopithques. . . . vil Insectivores lo^ Hrissons i?>4 Tenrecs 1^5 Cladobates ih. Musaraignes 121G Desmans i^B Chrvsociilores . . . . riQ Taupes . i3o Condylures i3i Scalopes i3:^ Carnivores ih Plantigrades i34 Ours i3:> Ratons. >37 Panda i38 Benturongs ib. Coatis i39 Kinkajous ib. Blaireaux ^k^ Gloutons 'h. Ratels 42 / DU PKEMIE Pag- Digitigrades 142 Martes . ib. Putois 143 Martes propr. dites. i[\5 Mouieltes i46 Midaus 1/17 Loutres ib. Chiens. . i4g Chiens proprement dits ib. Renards i5i [ Megalotis i53 (Civettes i54 Civettes propr. dites, ib. Geneltes. ..... ib. Paradoxures i56 Mangoustes iSn Suricates i^^ Mangues ib. Protles i5g Hynes., ....... /Z>. Chats . 160 Amphibies 166 Phoques ib. Phoques proprement dits 167 Stenorhinques. . .168 Pelages 169 Stemmatopes il. Macrorhines ib. Otaries 170 Morses ib. Marsupiaux ina Salrigues i-^5 Sarigues propr. dils. ib. Chironecles 177 Dasyures ib. Thylacines 178 Phascogales ib R VOLUME. XXXJ Paff. Dasyures 179 Pe'ramles 180 Phalangers i8i Phalangers propre- dits ib. Petaurus ]83 Potoroos i85 Kang^uroos 186 Koala 188 Phascolomes ib. RONGEURS 189 Ecureuils. ig-i Ecureuils propre- ment dits. . . . ib. Polatouches 194 Aye-aye 195 Rats ib. Marmottes 196 Loirs 197 Echymys 199 Hydromys ib. Houlias 200 Rats proprement dils, . ib, Gerbiiles, 2o3 Merions 204 Hamsters ib. Campagnols. ..... 2o5 Ondatras ib. Campagnols ordinai- res ib. Lemmings 207 Otomys 208 Gerboises ib. Hlainys 209 Rats-taupes 210 Oryctrcs 211 Geomys ib. Diplostoma. . . . . . 212 Castors ih. c. TABLE MTHODIQUE Pag. XXXIJ Coua , . . 2i4 Porc^-Epics ih' Porcs-epics proprement dits. .... . . . 2i5 Athe'rures ib. Ursons 216 Coendous ib. Livres ih. Livres proprement dits 217 Lagomys 218 Cabiais 219 Cochons d'Inde. . . 220 Mocos ib. Agoutis 221 Pacas. ib. DENTS 223 Tard 1 GRADES ih. Paresseux. . . . . . ib. Aclieus 224 Bradypus 225 * Megatlierium 226 Edentes ordinaires.. . ih. Tatous ih. Cacliicames 227 Apars 228 Encouberts ib. Priodontes 229 Clamyphores ib. Oryctropes 280 Fourmiliers 23 1 Pangolins 282 Monotrmes 233 Ecliidns 235 Ornithorinques.. . . ih. PACHYDERMES. ... 286 Proboscidiens 287 Pag. Elphants 288 Mastodontes 240 Pachydermes ORDiN.. . 242 Hippopotames . . . ih. Cochons 243 Codions proprement dits. . . ib. Pliacocloeres 244 Pcaris 24^ Anoplotherium. . . . 246 Rhinocros 247 Daman 248 Palaeotherium ^49 Lophiodons ^So Tapirs ^*^* solpdes . . . 25l Chevaux ^^ RUMINANS 254 Sans cornes. 256 Chameaux. ih. Chameaux proprement dits 257 Lamas. . . , ^58 Chevrotains io. Avec cornes. ^ Cerfs /. . 260 Girafes. ....... 265 Antilopes 266 Chvres 275 Moutons . 276 Bufs 278 CTACS.. 281 Herbivores 288 Lamantins ih. Dugongs. ...... 284 Stellres ih- DU PREMIEIl Pag. Ordinaires, ...... ^85 Dauphins 287 Daupliins proprement dits, ib. Marsouins 28g Dephinaptres, . . 290 Hype'roodons 291 Narvals .292 Cacbalols 298 Pliysetres 295 Baleines ib. Balnoptres ventre lisse. . 297 Bae'noptres ventre plisse 298 Vertbrs ovipares en gnrai 299 OISEAUX.. ..... 3oi Division de la classe des oiseaux en or- gies 3 10 OISEAUX DE PROIE.. 3i3 Diurnes ih. Vautours 3i4 Vautours proprement dits. . . . , . . . . U}. Calliaries 3 16 Percnoptres Sir Griffons 3i8 Faucons 319 Faucons proprement dits . . ib. Gerfauts. ....... 323 Ignobles ib. . 02 ! Aigles proprement dits ib. Aigles pcheur. . . 3'i6 Aigles. VOLUME. XXXII] Pag. Balbusards. . . . 827 Circates ih. Harpies 329 Aigles-Au tours, . . ih. Cymindis 33 1 Autours ih. Autours propre- ment dits. . . 332 Eperviers 333 Milans 334 Milans proprement dits 335 Boadres ib. Buses. .... . . . 236 Buzards, . . ^ . . . 337 Messagers 338 Nocturnes 339 Strix 340 Hibous ih. Chouettes 342 - Effrayes ib. Chats-buants. .... ih. Ducs 343 - Clouettes aigrettes. "^44 ' Chevches ih. Scops 346 PASSEREAUX 347 Dentirostres.. .... 340 Pies-giiches. . .* . . 349 Pie-gr, propr. dites. . . ib. Mach. sup. arq. . ih. Mach. sup. droite. 35 1 bec renfle'. . . SSa huppes. . . . . . ib. Vangas 353 Langrayens. . . . ih. Cassicans J-^- Calybes 354 Bcardes . i^. xxxiv TAr.LE MTHODIQUE Pag. Choucaris 355 Beihyles ^. Falconelles 356 Pardalotes ib. Gobe-mouches. . . . ib. Tyrans 357 Mouclierolles. . , , . . ih. Plalyrliynques 358 Gobe-mouclies propre- ment diis. , . . . . 559 Gyranoce'phales, , . . 36 1 Cphaloptres ib, Colin.^as > ib. Cotinfas ordinaires. 362 Terslnes. ...... 363 Echenilieurs ib. Jaseurs. .... . . ib. Procnias 364 Procnias propremeat dits ih. Averanos ib. Gymnodres. . . . 365 Drongos, ....... ib. Phibalures 366 Tangaras ih Tang. EupLones. . . . ib. Tang. gros becs. , . . ib. Tang. proprera. dits. . 367 Tang. loriots ih. Tang. cardinals. ; . . ib. Tang. raraphocles. . 368 Merles ib. Merles proprem. dits. . ib. Grives 369 Stournes 372 Turdodes ib. Grallincs ih. Crinons ih. Fourmiliers ib. Ortlionyx 374 Pag. Cincles 375 Philedons ib. Mainates 377 Mai tins. ....... ib. Manorhines 379 Chocards. . ..... ib. Loriots '. 38o Goulins 3Bi Lyres 'iib. Becs-fins SSi Traquets, ib. Rubieltes 383 Fauvettes 384. Accentor 387 Roitelets 389 Troglodytes Sgo Hoche-queues b. Hoche-queues prop. dits Bergeronettes. . Farlouses Manakins. .... Coqs de roche. . Calyplomnes. .... 3(^^ Vrais manatias. . . . ib. Eurjfiaimes ib. FissmosTREs 394 Hirondelles ib. Martinets il?. Hirondelles propr. . . SqS Engoulevents 3()7 Podarges . 398 CONIROSTRES SqQ Alouettes ib. Me'sanges 4^^^ Msanges propr. dites, ib. Moustaches. ..... 4^^ Remiz ib. V ib. 391 ib. 397. ib. DU PREMIER Pag. Bruants.. 4o3l Moineaux 4o6 Tisserins ib. Moineaux proprem. dits, 4o8 Pinons 409 Linottes et Chardonne- rets. ........ ib. Serins ou Tarins. ... 41 j Veuves 412 Gros-becs 4i3 Pitjlus ib. Bouvreuils 4i4 Becs-x:roiss ib. Durs-becs 4i5 Colious ib. Pique-buf ^\Q Cassiques , . ib. Cassiques propr. dits. -4^7 Troupiales ib. Carouges 4 18 Oxyrhynqucs ib. . Pitpits ib. Etourneaux 4^9 Corbeaux ^10 Corbeaux proprem. dits. ib. Pies ... 4^2 Geais ib. Casse-noix 4^3 Temia 424 Glaucopis ib. Rolliers [ih. RoUiers proprem, dits. 425 Eolies ib. Oiseaux de paradis. . 4^6 Tenuirostres... .... 4^^ Sittelles ib. Sittincs 429 VOLUME. XXXV Anabates ^29 Sjnalaxes*. 430 Grimpereaux 480 Grimpereaux proprem. dits ib. Picucules 43 1 ' Echelettes ib. Sucriers ,4^2 Dices . . . 433 He'orotaires ib. Souimanfjas ib. Arachnolhres 434 Colibris.. ....... 435 Colibris prement dits. . 436 Oiseaux-mouches . . , ib. Huppes 438 Craves ib. Huppes proprem. dites, ih. Prome'rops 439 Epimaques ib. Syndactyles 44 1 Gupiers ib, Motniots 44^ Martins-Pcheurs. . . 44^ Ceix 444 odiers. 445 Calaos ib, GRIMPEURS 44(> Jacamars 44? Jacamars proprem. dits. ib. Jacamerops. . . . . 44^ Pics Ib, Picodes 4^1' Torcols ^S'i Coucous ih. Vrais Coucous 4^^ Couas 4^4 Coucals. . ...... ib. XXXVJ TABLE Courols Indien teuft Barbacous Malcohas . Scytliiops Barbus Barbicans Barbus propres. .... Tamalias Couroucous Anis Toucans Toucans proprem. dits, xxrC,ris Perroquets Aras . Perruches Perruches aras. . Perruches queue en flche. . . . Perruches queue largie. . . . . Cacatos , . Perroquets propr. dits. Loris Psiltacules Perroquets trompe. . Pe'zopores , Touiacos Musopbages GALLINACS Alectors Hocccs , Pauxi Guans Parraquas Hoazin Paons Lophophores METHODIQUE Pag. Pas. ib. ib. 456 ib, ih. 457 ib. 458 ih. 460 ib. ib. 461 ib. 462 ib. ib. 463 464 ib. 465 . ib. ib. . 466 467 ih. 468 469 . ih. . 470 471 . 472 ih. . 473 474 Dindons 47 5 Peintades ih. Faisans 47^ Coqs ib. Faisans proprera. dits. 477 Houppifres 479 Tragopan ib. Crjptonix 4^*^ Ttras ih. Coqs de bruyres. . . ib. Lagopde 4^^ Ganga 4^^ Perdrix 4^4 Francolins ib. Perdrix ordinaires, ib. Cailles 485 Colins. ....... 486 Tridactyles ib. Turnix . ib. Syrrliaptes. ... 4^7 Tinamous. ...... ib. Pigeons 4^8 Colombi-gallines. . . . 4^9 Colombes 49 Colombars 49^ ECHASSIERS 493 Brvipennes 494 Autruches ...... 49^ Casoar 49^ PuESSIROSTRES ..... 49'^^ Outardes ib. Pluviers 499 OEdicnmes 5oo Pluviers proprem. dits. ib. Vanneaux 5o'2 Vanneaux-pluviers. . . iO. Vanneaux propr. dits. 5o5 lUitricri' h. DU PREMIER Coure-vite Cariama CULTRIROSTRES Grues Agami. ........ Numidique^ Grues proprem. dites. . Courlans Caurales. ....... Savacous. ...... Hrons Crabiers Onore's Aigrettes. ...... Butors Bihoreaux Cigognes . Jabiius. ....... Ombrelles Becs-ouverts . . * . . Dromes Tantales Spatules LONGIROSTRES Bcasses Ibis Courlis Be'casses. propr. dits. Bhjnche'es Barges Ma ub celles , Sanderlings Alouettes de mer. . . Cocorli Falcinelles Combattants , Eurinorinque. . . . Plialaropes Pag 5o4 5o5 ib. 5o6 ib. 5o7 5o8 ib. ib, 5o9 5io 5ii ib, ib. 5l2 ib. 5i3 5i4 5i5 ib. 5i6 ib. 517 5i8 ib. 5 1 9 521 ib. 523 524 525 526 . ib. . 527 ib. ib. . 528 ib. VOLUME. XXXVlj Pag. Tournepierres 529 Clievaliefs. ib. Lobipdcs 582 Ecbasses ib. Avoceiles 533 Macrodactyles. . . . ib. Jacanas. ....... 534 Kamichi 536 Chaa ib. Megapodes 537 Raies 538 Foulques 539 Poules d'eau ib. Talves ib. Foulques propr. dites. 54o Vaginales 54 Giaroles.. ib' Flammaats 54^ PALMIPEDES 543 Plongeurs. ...... 544 Plongeons i^- Grbes 545 Plongeons proprement dits . 54G Guillemots 54? Cphus 548 Pingouins ^^' Macareux ib^ Pingouins propr. dits. 549 Manciiols 55o Manchots proprement dits ib^ Gorfous 55 1 Sphenisques, . , . . . ib, LONGIPENNES. ..... 55'i Ptrels . ib^ Ptrels proprem. dits. ?/? ib. XXXVllj TABLE METHOD. DU Pag- Puffins 553 PelcanoJs 554 Plions ib. Albatrosses ih. Golands 555 Golands 556 Mauves ouMouetes. . Labbes ou Stercoraires Hirondelles de mer. . Noddis 559 Becs en ciseaux. . . . 56o TOTIPALMES ib. Plicans 56i Plicans proprem. dits ib. Cormorans 562 Fre'gattes. . . . : . . 563 Fous ou Boubies Anhinga 564 557 558 PREMIER VOLUME. Pag. Paille-en-queue.. . . 564 Lamellirostres .... 565 Canards ib. Cignes 56Q Oies SG'] Oies proprement dites. . 568 Cercopsis 069 Bernaches ib. Canards propres 5^0 ^ Macreuses ib. Garrots . 57 i Eiders 572 Milouins ib Souchets 574 Tadornes. ..... 575 Canards spe'cialem. dits 576 Sarcelles 577 Halles ib. LE REGNE AN DISTRIBU D'APRS SON ORGANISATION. INTRODUCTION. DE L'HISTOIRE NATURELLE ET DE SES MTHODES EN GNRAL. Peu de personnes se faisant une ide juste de l'histoire naturelle, il nous a paru ncessaire de commencer notre ouvrage en dHaissant bien l'ob- jet que cette science se propose , et en tablissant des limites rigoureuses entre elle et les sciences qui l'avoisinent. ' Dans notre langue et dans la plupart des autres^ le mot NATURE signifie : tantt, les proprits qu'un tre tient de naissance , par opposition celles qu'il peut devoir l'art; tantt, l'ensemble des tres qui composent l'univers ; tantt enfin , les lois oui r- gissent ces tres. C est surtout dans ce dernier sens que l'on a coutume de personnifier la nature et d'emplojer par respect son nom pour celui de son auteur. TOME. 1. 1 2 I?^TRODi;CTJON. La physique ou science naturelle considre la nature sons ces trois rapports. Elle est , on gn- rale^ on particulire, ha physique gnrale examine y d'une manire abstraite, chacune des proprits de ces tres mobiles et tendus que nous appelons les corps. Sa parlie appele dynamique considre les corps en masse, et fixe mathmatiquement, en partant d'un trs petit nombre d'expriences , les lois de l'quilibre , celles du mouvement et de sa communication ; elle prend dans ses diffrentes divisions les noms de statique , de mcanique, ^ hy- drostatique , ' hydrodynamique , (V arostatique , etc., selon la nature des corps dont elle examine les mou- vements. IJopfique ne s'occupe que des mouve- ments particuliers de la lumire ; et les phno- mnes qui n'ont pu encore tre dtermins que par l'exprience y deviennent plus nombreux, La chimie , autre partie de la physique gnrale, expose les lois selon lesquelles les molcules l- mentaires des corps agissent les unes sur les autres des distances prochaines , les combinaisons ou les sparations qui rsultent de la tendance gnrale de ces molcules s'unir, et des modifications que les diverses circonstances, capables de les carter ou de les rapprocher, apportent cette tendance. C'est une science presque tout exprimentale, et qui n'a pu tre rduite au calcul. La thorie de la chaleur et celle de l'lectricit , selon le ct par lequel on les envisage , appartien- METHODES. O nent presque galement la dynamique ou la chimie. La mthode qui domine dans toutes les parties del physique gnrale consiste isoler les corps, les rduire leur plus grande simplicit, mettre sparment en jeu chacune de leurs proprits, soit par la pense, soit par l'exprience; en recon- natre ou en calculer les effets , enfin gnraliser et lier ensemble les lois de ces proprits pour en former des corps de doctrine, et, s'il tait pos- sible ^ pour les rapporter toutes une loi unique , qui serait l'expression universelle de toutes les autres. La phjsique particulire ou Vhistoire naturelle (car ces deux termes ont la mme signification) a pour objet d'appliquer spcialement aux tres nom- breux et varis qui existent dans la nature les lois reconnues par les diverses branches de la physique gnrale, afin d'expliquer les phnomnes que cha- cun de ces tres prsente. Dans ce sens tendu, elle embrasserait aussi l'as-* tronomie ; mais cette science, suffisamment claire par les seules lumires de la mcanique , et com- pltement soumise ses lois , emploie des mthodes trop diffrentes de celles que permet l'histoire natu- relle ordinaire , pour tre cultive par les mmes personnes. On restreint donc cette dernire aux objets qui n'admettent pas de calculs rigoureux , ni de mesures prcises dans toutes leurs parties ; encore lui sous- 1* 4 INTRODUCTION. Irait-on d'ordinaire la mtorologie , pour la runir la physique gnrale ; V histoire naturelle ne con- sidre donc proprement que les corps bruts^ appels minraux, et les diverses sortes d'tre vivants , dont il n'est presque aucun o l'on ne puisse observer des effets plus ou moins varis des lois du mouve- ment et des attractions chimiques , et de toutes les autres causes analyses par la physique gnrale. L'histoire naturelle devrait , la rigueur , em- ployer les mmes procds que les sciences gn- rales, et elle les emploie rellement toutes les fois que les objets qu'elle tudie sont assez simples pour le lui permettre. Mais il s'en faut de beaucoup qu'elle le puisse toujours. En effet , une diffrence essentielle entre les sciences gnrales et l'histoire naturelle , c'est que dans les premires on n'examine que des phno- mnes dont on rgle toutes les circonstances, pour arriver^ par leur analyse, des lois gnrales , et que dans l'autre les phnomnes se passent sous des conditions qui ne dpendent pas de celui qui les tudie et qui cherche dmler , dans leur compli- cation , les effets deslois gnrales dj reconnues. Il ne lui est pas permis de les soustraire successive- ment chaque condition, et de rduire le problme ses lments , comme le fait l'exprimentateur ; mais il faut qu'il le prenne tout entier avec toutes ses conditions la fois , et ne l'analyse que par la pense. Que l'on essaie, par exemple , d'isoler les METHODES. 5 phnomnes nombreux dont se compose la vie d'un animal un peu lev dans l'chelle : un seul d'entre eux supprim , la vie entire s'anantit. Ainsi la dynamique est devenue une science pres- que toute de calcul : la chimie est encore une science toute d'exprience ; l'histoire naturelle res- tera long-temps , dans un grand nombre de ses par- ties , une science toute d'observation. Ces trois pithtes dsignent assez bien les pro^ cds qui dominent dans les trois branches des sciences naturelles ; mais en tablissant entre elles des degrs trs diffrents de certitude , elles indi- quent en mme temps le but auquel les deux der- nires de ces sciences doivent tendre pour s'lever de plus en plus vers la perfection. Le calcul commande , pour ainsi dire, la nature ; il en dtermine les phnomnes plus exactement que l'observation ne peut les faire connatre ; l'exp- rience la contraint se dvoiler ; l'observation l'pie quand elle est rebelle , et cherche la sur- prendre. L'histoire naturelle a cependant aussi un principe rationnel qui lui est particulier, et qu'elle emploie avec avantage en beaucoup d'occasions ; c'est celui des conditions d'existence , vulgairement nomm des causes finales , Comme rien ne peut exister s'il ne runit les conditions qui rendent son existence possible , les diffrentes parties de chaque tre doi- vent tre coordonnes de manire rendre possible 6 IJNTRODUCTION. l'tre total, non-seulement en lui-mme, mais dans ses rapports avec ceux qui l'entourent ; et l'analyse de ces conditions conduit souvent des lois gnrales tout aussi dmontres que celles qui drivent du calcul ou de l'exprience. Ce n'est que lorsque toutes les lois de la pliysique gnrale et celles qui rsultent des conditions d'exis- tence sont pui:>es, que l'on est rduit aux simples lois d'observations. Le procd le plus fcond pour les obtenir est celui de la comparaison. Il consiste observer suc- cessivement le mme corps dans les diffrentes po- sitions o la nature le place , ou comparer entre eux les diffrents corps jusqu' ce que l'on ait re- connu des rapports constants entre leurs structures et les phnomnes qu'ils manifestent. Ces corps di- vers sont des espces d'expriences toutes prpares par la nature, qui ajoute ou retranclie chacun d'eux diffrentes parties, comme nous pourrions dsirer de le faire dans nos laboratoires, et nous montre elle-mme les rsultats de ces additions ou de ces retranchements. On parvient ainsi tablir de certaines lois qui r- glent ces rapports, et qui s'emploient comme celles qui ont t dtermines par ls sciences gnrales. La liaison de ces lois d'observations avec les lois gnrales , laite, soit directement , soit par le prin- cipe des conditions d'existence , complterait le systme des sciences naturelles en laiswiut sentir dans MTHODES. 7 toutes ses parties l'influence mutuelle de tous les tres : c^est quoi doivent tendre les eflbrts de ceux qui cultivent ces sciences. Mais toutes les recherches de ce genre supposent que l'on a les mojens de distinguer srement et de faire distinguer aux autres les corps dont on s'oc- cupe ; autrement l'on serait sans cesse expos con- fondre les tres innombrables que la nature pr- sente. L'histoire naturelle doit donc avoir pour base ce que l'on nomme un systme de la nature j o\x un grand catalogue dans lequel tous les tres portent des noms convenus, puissent tre reconnus par des caractres distinctifs, et soient distribus en divi- sions et subdivisions, elles-mmes nommes et ca- ractrises, o l'on puisse les chercher. Pour que chaque tre puisse toujours se recon- natre dans ce catalogue, il faut qu'il porte son ca- ractre avec lui : on ne peut donc prendre les ca- ractres dans des proprits ou dans des habitudes .dont l'exercice soit momentan, mais ils doivent tre tirs de la conformation. Presque aucun tre n'a de caractre simple , ou ne peut tre reconnu par un seul des traits de sa conformation ; il faut presque toujours la runion de plusieurs de ces traits pour distinguer un tre des tres voisins qui en ont bien aussi quelques- uns, mais qui ne les ont pas tous, ou les ont com- bins avec d'autres qui manquent au premier tre ; et plus les tres que l'on a distinguer sont nom- 8 INTRODUCTION. breiix, plus il faut accumuler de traits; en sorte que , pour distinguer de tous les autres un tre pris isolment, il faut faire entrer dans son caractre sa description complte. C'est pour viter cet inconvnient que les divi- sions et subdivisions ont t inventes. L'on com- pare ensemble seulement un certain nombre d'tres voisins, et leurs caractres n'ont besoin que d'ex- primer leurs diffrences, qui, par la supposition mme, ne sont que la moindre partie de leur con- formation. Une telle runion s'appelle un genre. On retomberait dans le mme inconvnient pour distinguer les genres entre eux, si l'on ne rptait l'opration en runissant les genres voisins, pour former un ordre j les ordres voisins, pour former une classe y etc. . . . On peut encore tablir des sub- divisions intermdiaires. Cet chafaudage de divisions , dont les suprieures contiennent les infrieures, est ce qu'on appelle une mthode C'est ^ quelques gards, une sorte de dictionnaire o l'on part des proprits des choses pour dcouvrir leurs noms, et qui est l'inverse des dictionnaires ordinaires, o l'on par L des noms pour apprendre connatre les proprits. Mais quand la mthode est bonne, elle ne se borne pas enseigner les noms. Si les subdivisions n'ont pas t tablies arbitrairement, mais si on les a fait reposer sur les vritables rapports fondamen- taux, sur les ressemblances essentielles des tres. MTHODES. q la mthode est le plus sr moyen de rduire les proprits de ces tres des rgles gnrales , de les exprimer dans les moindres termes et de les graver aisment dans la mmoire. Pour la rendre telle , on emploie une comparaison assidue des tres , dirige par le principe de la sub" ordination des caractres ^ qui drive lui-mme de celui des conditions d'existence. Les parties d'un tre devant toutes avoir une convenance mutuelle, il est tels traits de conformation qui en excluent d'autres; il en est qui, an contraire, en ncessitent; quand on connat donc tels ou tels traits dans un tre , on peut calculer ceux qui coexistent avec ceux- l^ ou ceux qui leur sont incompatibles; les parties, les proprits ou les traits de conformation qui ont le plus grand nombre de ces rapports d'incompati- bilit ou de coexistence avec d'autres, ou, en d'autres termes, qui exercent sur l'ensemble de l'tre, l'in- fluence la plus marque, sont ce que l'on appelle les caractres importants ^ les caractres dominateurs j les autres sont les caractres subordonns , et il y en a ainsi de diffrents degrs. Cette influence des caractres se dtermine quel- quefois d'une manire rationnelle par la consid- ration de la nature de l'organe ; quand cela ne se peut , on emploie la simple observation , et un moyen sr de reconnatre les caractres importants, lequel drive de leur nature mme , c'est qu'ils sont les plus constants ; et que dans une longue srie lO lSTilODUCTlON. d'tres divers , rapproclis d'aprs leurs degrs de similitude , ces caractres sont les derniers qui varient. De leur influence et de leur constance rsulte galement la rgie^ qu'ils doivent tre priers pour distinguer les grandes divisions; et qu' mesure que l'on descend aux subdivisions infrieures, on peut descendre aussi aux caractres subordonns et va- riables. Il ne peut y avoir qu'une mthode parfaite , qui est \di juthode naturelle : on nomme ainsi un arran- gement dans lequel les tres du mme genre se- raient plus voisins entre eux que de ceux de tous les autres genres ; les genres du mme ordre, plus que de ceux de tous les autres ordres, et ainsi de suite. Cette mthode est l'idal auquel l'histoire naturelle doit tendre ; car il est vident que si l'on y parvenait^ l'on aurait l'expression exacte et complte de la nature entire. En effet , chaque tre est dtermin par ses ressemblances et ses diffrences avec d'au- tres., et tous ces rapports seraient parfaitement ren- dus par l'arrangement que nous venons d'indiquer. Ep un mot, la mthode naturelle serait toute la science, et chaque pas qu'on lui fait faire approche la science de son but. La vie tant de toutes les proprits des tres la plus importante^ et de tous les caractres le plus lev, il n'y a rien d'tonnant que l'on en ait fait dans tous les temps le plus gnral des principes OIIGANISATION EN GEISEUAL. J 1 Je distinction , et que l'on ait toujours rparti les tres naturels en deux immenses divisions, celle des cires vivants et celle des u^es bruts. DES TRES VIVANTS , ET DE L'OPGATNTSATON EN GNRAL. Si pour nous faire une ide juste de l'essence de la vie, nous la considrons dans les tres o ses efFels sont les plus simples , Jious nous apercevrons prom])tement qu'elle consiste dans la facult qu'ont certaines combinaisons corporelles de durer pen- dant un temps et sous une forme dtermine, eu attirant sans cesse dans leur composition une partie des substances environnantes , et en rendant aux lments des portions de leur propre substance. La vie est donc un tourbillon plus ou moins ra- pide, plus ou moins compliqu, dont la direction est constante , et qui entrane toujours des molcules de mmes sortes, mais o les molcules individuelles entrent et d'o elles sortent continuellement, de manire que Im forme du corps vivant lui est plu?^ essentielle que sa matire Tant que ce mouvement subsiste, \^ corps o il s'exerce est vivant; il vit Lorsque le mouvement s'arrte sans retour, lie corps mez^y^ Aprs la mort, les lments qui le composent, livrs aux affinits, chimiques ordinaires, jne tardent point se sparer, d'o rsulte plus ou moins promptement la dissolu- tion dii corps qui a t vivant. C'tait donc par le J2 IWTRODUCTIOI?;. mouvement vital que la dissolution tait arrte , et que les lments du corps tait momentanment runis. Tous les corps vivants meurent aprs un temps dont la limite extrme est dtermine pour chaque espce , et la mort parat tre un effet ncessaire de la vie , qui, par son action mmej altre insensible- ment la structure du corps o elle s'exerce, de ma- nire j rendre sa continuation impossible. Effectivement , le corps vivant prouve des chan- gements graduels, mais constants , pendant toute sa dure. Il crot d'abord en dimensions , suivant des proportions et dans des limites fixes pour chaque espce et pour chacune de ses parties ; ensuite il aug- mente en densit dans la plupart de ses parties : c'est ce second genre de changement qui parat tre la cause de la mort naturelle. Si l'on examine de plus prs les divers corps vi- vants , on leur trouve une structure commune qu'un peu de rflexion fait bientt juger essentielle un tourbillon tel que le mouvement vital. Il fallait , en effet , ces corps des parties solides pour en assurer la forme, et des parties fluides pour y entretenir le mouvement. Leur tissu est donc com- pos de rseaux et de mailles, ou de fibres et de lames solides qui renferment des liquides dans leurs intervalles ; c'est dans les liquides que le mouvement est le plus continuel et le plus tendu ; les substances trangres pntrent le tissu intime du corps en ORGAJNISATIOJN EN GNRAL. lO s'incorporant eux ; ce sont eux qui nourrissent les solides en y interposant leurs molcules ; ce sont eux aussi qui dtachent des solides les molcules super- flues ; c'est sous la Ibrme liquide ou gazeuse que les matires qui doivent s'exhaler traversent les pores du corps vivant ; mais ce sont leur tour les solides qui contiennent les liquides et qui leur impriment une partie de leur mouvement par leurs contractions. Cette action mutuelle des solides et des liquides, ce passage des molcules des uns aux autres , nces- sitait de grands rapports dans leur composition chi- mique ; et efFectivement y les solides des corps or- ganiss sont en grande partie composs d'lments susceptibles de devenir facilement liquides ou ga- zeux. Le mouvement des liquides, exigeant aussi une action continuellement rpte de la part des soli- des , et leur en faisant prouver une , demandait que les solides eussent la fois de la flexibilit et de la dilatabilit ; et c'est, en effet, encore l un carac- tre presque gnral des solides organiss. Cette structure commune tous les corps vivants, ce tissu arolaire dont les fibres ou les lames plus ou moins flexibles interceptent des liquides plus ou moins abondants, est ce qu'on appelle V organisa- tion; et, en consquence de ce que nous venons de dire , il n'j a que les coj'ps organiss qui puissent jouir de la vie. L'organisation rsulte, comme on voit, d'un j4- l^TRODUCTro^^ grand nombre de dispositions qui sont toutes des conditions de la vie ; et l'on conoit que le mouve- ment gnral de la vie doive s'arrter, si son effet est' d'altrer quelqu'une de ces conditions, de ma- nire arrter seulement l'un des mouvements par- tiels dont il se compose. Chaque corps organis, outre les qualits com- munes de son tissu , a une forme propre, non-seule- ment en g-nral et l'extrieur, mais jusque dans le dtail de la structure de chacune de ses parties ; et c'est de cette forme, qui dtermine la direction particulire de chacun des mouvements partiels qui s'exercent en lui, que dpend la complication du mouvement gnral de sa vie , qui constitue son es- pce , et fait de lui ce qu'il est. Chaque partie con- court ce mouvement gnral par une action pro- pre et en prouve des effets particuliers; en sorte que, dans chaque tre, la vie est un ensemble qui rsulte de l'action et de la raction mutuelle de toutes ses parties. La vie en gnral suppose donc l'organisation en gnral , et la vie propre de chaque tre sup- pose l'organisation propre de cet tre , comme la marche d'une horloge suppose l'horloge ; aussi ne voyons-nous la vie que dans des tres tout organiss et faits pour en jouir; et tous les efforts des physi- ciens n'ont pu encore nous montrer la matire s'or- ganisant, soit d'elle-mme , soit par une cause ext- rieure quelconque. En effet, la vie exerant sur les OnCxANTSATrON FN GKNP. AL. l5 lments qui (oit chaque instant partie dn corps vivant , et sur ceux qu'elle y attire , une action con- traire C3 que produiraient sans elle les affinits chimiques ordinaires, il rpug'ne qu'elle puisse tre elle-mme produite par ces affinits , et cependant l'on ne connat dans la nature aucune autre force ca- pable de runir des molcules auparavant spares. La naissance des tres org-aniss est donc le plus grand mystre de l'conomie organique et de toute la nature; jusqu' prsent nous les voyons se dve- lopper, mais jamais se former; il y a plus : tous ceux l'origine desquels on a pu remonter ont tenu d'abord un corps de la mme forme qu'eux , mais dvelopp avant eux; en un mot, un parent. Tant que le petit n'a point de vie propre , mais participe celle de son parent, il s'appelle un germe. Le lieu o le germe est attach, la cause occa- sionelle qui le dtache et lui donne une vie isole varient, mais cette adhrence primitive un tre semblable est une rgle sans exception. La spara- tion du germe est ce qu'on nomme gnration. Tous les tres organiss produisent leurs sembla- bles ; autrement la mort tant une suite ncessaire de la vie , leurs espces ne pourraient subsister. Les tres organiss ont mme la facult de repro- duire dans un degr variable , selon leurs espces , certaines de leurs parties quand elles leur sont enle- ves. C'est ce qu'on nomme le pouvoir de reprodiLc- tion. iG I INTRODUCTION. Le dveloppement des tres organiss est plus ou moins prompt et plus ou moins tendu , selon que les circonstances lui sont plus ou moins favorables. La chaleur , l'abondance et l'espce del nourriture, d'autres causes encore y influent, et cette influence peut tre gnrale sur tout le corps, ou partielle sur certains organes ; de l vient que la similitude des descendants avec leurs parents ne peut jamais tre parfaite. Les diferences de ce genre , entre les tres orga- niss , sont ce qu'on appelle des varits. On n'a aucune preuve que toutes les diffrences qui distinguent aujourd'hui les tres organiss soient de nature avoir pu tre ainsi produites par les circon- stances. Tout ce que l'on a avanc sur ce sujet est hypo- thtique ; l'exprience parat montrer au contraire que, dans l'tat actuel du globe, les varits sont ren- fe r m es d ans des limites assez troites, e t , aussi loin que nous pouvons remonter dans l'antiquit , nous voyons que ces limites taient les mmes qu'aujourd'hui. On est donc oblig d'admettre certaines formes, qui se sont perptues depuis l'origine des choses sans excder ces limites; et tous les tres apparte- nants l'une de ces formes constituent ce que l'on appelle une espce. Les varits sont des subdivi- sions accidentelles de l'espce. La gnration tant le seul moyen de connatre les limites auxquelles les varits peuvent s'tendre, on doit dfinir l'espce, la runion des individus I ORGANISATfON EIN GNRAL. 1^ de^scendus l'un de Vautre ou de parents communs ^ et de ceux qui leur ressemblent autant quds se i^es- semblent entre eux; mais, quoique cette dfinition soit rigoureuse , on sent que son application des individus dtermins peut tre fort difficile, quand on n'a pas fait les expriences ncessaires. En rsum , ral)sorption , Tassimilation , l'exha- lation, le dveloppement, la gnration, sont les fonctions communes tous les corps vivants; la nais^ sance et la rnort^, les termes universels de leur exis- tence ; un tissu arolaiie, contractile, contenant dans ses mailles des liquides ou des gaz en mouve- ment, l'essence gnrale de leur structure ; des sub- stances presque toutes susceptibles de se convertir en liquides ou en gaz, e des combinaisons capables de se transformer aisment les unes dans les autres, le fonds de leur composition chimique. Des fermes fixes, et qui se perptuent par la gnration, dis- tinguent leurs espces, dterminent la complication des fonctions secondaires propres chacune d'elles, et leur assignent le rle qu'elles doivent jouer dans l'ensemble de l'univers. Ces formes ne se produi- sent ni ne se changent elles-mmes ; la vie suppose leur existence ; elle ne peut s'allumer que dans des organisations toutes prpares; et les mditations les plus profondes , comme les observations les plus dlicates , n'aboutissent qu'au mystre de la pr- existence des germes. TOME I* 2 lO lINTKODTJCTIOLV. DIVISION DES ETRES ORGANISES EN ANIMAUX ET EN VGTAUX. Les tres vivants ou organiss ont t subdiviss, ds les premiers temps, en tres anims, c'est--dire sensibles et mobiles^ et en tres inanims , qui ne jouissent ni de l'une ni de l'autre de ces facults , et qui sont rduits la facult commune de vgter. Quoique plusieurs plantes retirent leurs feuilles quand on les touche, que les racines se dirigent constamment vers l'humidit, les feuilles vers l'air et vers la lumire, que quelques parties des vg- taux paraissent mme montrer des oscillations aux- quelles l'on n'aperoit point de cause extrieure, ces divers mouvements ressemblent trop peu ceux des animaux, pour que l'on puisse y trouver des preuves de perception et de volont. La spontanit dans les mouvements des animaux a exig des modifications essentielles mme dans leurs organes simplement vgtatifs. Leurs racines ne pntrant point la terre, ils devaient pouvoir placer en eux-mmes des provisions d'aliments et en porter le rservoir avec eux. De l drive le pre- mier caractre des animaux, ou leur cavit intes- tinale, d'o leur fluide nourricier pntre leurs autres parties par des pores ou par des vaisseaux , qui sont des espces de racines intrieures. L'organisation de cette cavit et de ses apparte- nance^ a d varier selon la nature des aliments, et AlNIMAUX ET VGTAUX. ig les Oprations qu'ils ont subir avant de fournir des sucs propres tre absorbs; tandis que l'atmo- sphre et la terre n'apportent aux vgtaux que des sucs dj prpars et qui peuvent tre absorbs im- mdiatement. Le corps animal , qui avait remplir des fonc- tions plus nombreuses et plus varies que la plante, devant en consquence avoir une organisation beaucoup plus complique; ses parties ne pouvant d'ailleurs conserver entre elles une situation xe, il n'y avait pas moyen que le mouvement de leurs fluides ft produit par des causes extrieures , et il devait tre indpendant de la chaleur et de l'atmo- sphre; telle est la cause du deuxime caractre des animaux , ou de leur systme circulatoire , qui est moins essentiel que le digestif, parce qu'il n'tait pas ncessaire dans les animaux les plus simples. Les fonctions animales exigeaient des systmes organiques dont les vgtaux n'avaient pas besoin : celui des muscles pour le mouvement volontaire , et celui des nerfs pour la sensibilit; et ces deux . systmes n'agissant, comme tous les autres, que par des mouvements et des transformations de liquides ou de fluides , il fallait que ceux-ci fussent plus nom- breux dans les animaux, et que la composition clii- mW[ue du corps animal ft plus complique que celle de la plante; aussi y entre-t-il une substance de plus ( l'azote), comme lment essentiel, tandis qu'elle ne se joint qu'accidentellement dans les vg- 2* / 20 liTRODUCTiON. taux aux trois autres lments gnraux de l'orga- nisation , l'oxygne, l'hydrogne et le carbone. C'est l le troisime caractre des animaux. Le sol et l'atmosphre prsentent aux vgtaux pour leur nutrition de l'eau , qui se compose d'oxy- gne et d'hydrogne , de l'air qui contient de l'oxy- gne et de l'azote ; et de l'acide carbonique qui est une combinaison d'oxvg^ne et de carbone. Pour ti- rer de ces aliments leur composition propre , il fal- lait qu'ils conservassent l'hydrogne et le carbone , qu'ils exhalassent l'oxygne superflu, et qu'ils ab- sorbassent peu ou point d'azote. Telle est aussi la marche de la vie vgtale^ dont la fonction essen- tielle est l'exhalation de l'oxygne, qui s'excute l'aide de la lumire. Les animaux ont, de plus que les vgtaux^ pour nourriture mdiate ou immdiate, le compos vg- tal , o l'hydrogne et le carbone entrent comme parties principales. Il faut, pour les ramener leur composition propre , qu'ils se dbaiTassent du trop d'hydrogne, surtout du trop de carbone, et qu'ils accumulent davantage, d'azote; c'est ce qu'ils font dans la respiration, par le moyen de l'oxygne de l'atmosphre qui se combine avec l'hydrogne et le carbone de leur sang, et s'exhale avec eux sous forme d'eau et d'acide carbonique. L'azote, de queljue part qu'il pntre dans leurs corps, parat y rester. Les rapports des vgtaux et des animaux avec l'atmosphre sont donc inverses; les premiers d- LMENTS ORCAINIQUES. 2 1 font de l'eau et de l'acide carbonique , et les autres en reproduisent. La respiration est la fonction essen- tielle la constitution du corps animal ; c'est elle en quelque sorte qui l'animalise, et nous verrons aussi que les animaux exercent d'autant plus com- pltement leurs fonctions animales , qu'ils jouissent d'une respiration plus complte. C'est dans ces dif- frences de rapports que consiste le quatrime ca- ractre des animaux. DES FORMES PROPRES AUX LMENTS ORGANIQUES DU CORPS ANIMAL, ET DES COMBINAISONS PRINCIPALES DE SES LMENTS CHIMIQUES. Un tissu arolaire et trois lments chimiques sont essentiels tous les corps vivants , un quatrime lment l'est en particulier aux animaux; mais ce tissu se compose de diverses formes de mailles, et ces lments s'unissent en diverses combinaisons. Il j a trois sortes de matriaux organiques ou de formes de tissu, la cellulos , Xd^ fibre muscu- laire et la matire mdullaire ; et chaque forme appartient une combinaison propre d'lments chi- miques ainsi qu'une fonction particulire. La cellulosit se compose d'une infinit de pe^ tites lames jetes au hasard et interceptant de pe- tites cellules qui communiquent toutes ensemble. C'est une espce d'pong qui a la mme forme que le corps entier , et toutes les autres parties la remplissent ou la traversent. vSa proprit est de 2 2 IMKODUCTIOIN'. se contracter imlfiniment quand les causes qui la tiennent tendue viennent cesser : cette force est ce qui retient le corps dans une forme et dans des limites dtermines. La* cellulosit serre forme ces lames plus ou moins tendues que l'on appelle membranes j les membranes contournes en cylindres forment ces tuyaux plus ou moins ramifis que l'on nomme vais- seaux j\es filaments^ nomms^'^re^ , se rsolvent en cellulosit; les os ne sont que de la cellulosit durcie par l'accumulation de substances terreuses. La matire gnrale de la cellulosit est cette comlnnaison qui porte le nom de glatine y et dont le caractre consiste se dissoudre dans l'eau bouil- lante et se prendre^ par le refroidissement^ en une gele tremblante. La matire mdullaire n'a encore pu tre rduite en ses molcules organiques; elle parat l'il comme une sorte de bouillie molle o l'on ne dis- tingue que des globules infiniment petits ; elle n'est point susceptible de mouvements apparents; mais c'est en elle que rside le pouvoir admirable de transmettre au moi les impressions des sens ext- rieurs , et de porter aux muscles les ordres de la vo- lont. Le cerveau , la moelle pinire en sont com- poss en grande partie ; et les nerfs ^ qui se distri- buent tous les organes sensibles , ne sont , quant leur essence, que des faisceaux de ses ramifications. \j7ijihre charnue ou musculaire ^%\ une sorte par- Ll'lMEiN'rS OJ\GArs'lQUES. 20 ticulire de filaments dont la proprit distinctive^ dans l'tat de vie , est de se contracter en se plis- sant quand ils sont touchs ou Trappes par quelque corps , ou quand ils prouvent , par l'intermdiaire du nerf, l'action de la volont. Les muscles, organes immdiats du mouvement volontaire , ne sont que des faisceaux de fibres char- nues; toutes les membranes, tous les vaisseaux qui ont besoin d'exercer une compression quelconque sont arms de ces fibres ; elles sont toujours intime- ment unies des filets nerveux ; mais celles qui con- courent aux fonctions purement vgtatives se con- tractent l'insu du moi, en sorte que la volont est bien un moyen de faire agir les fibres , mais ce moyen n'est ni gnral, ni unique. La fibre charnue a pour base une substance par- ticulire appele fibrine , qui est indissoluble dans l'eau bouillante, et dont la nature semble tre de prendre d'elle-mme cette forme filamenteuse. luejluide nourricier on le sang y tel qu'il est dans les vaisseaux de la circulation , non-seulement peut se rsoudre , pour la plus grande partie , dans les lments gnraux du corps animal , le carbone ^ l'hydrogne, l'oxygne et l'azote, mais il contient dj la fibrine et la glatine presque toutes dispo- ses se contracter et prendre les formes de membranes ou de filaments qui leur sont propres; du moins suilit-il d'un peu de repos pour que'ells s'y manifestent. Le sang manifeste aussi aisment 24 INTRODUCTION. une combinaison qui se rencontre dans beaucoup de solides et de fluides animaux, X albumine , dont le caractre est de se coaguler dans l'eau bouillante, et l'on y trouve presque tous les lments qui peu- vent entrer dans la composition du corps de cha- que animal , comme la chaux et le phosphore qui durcissent les os des animaux vertbrs , le fer qui colore le sang lui-mme et diverses autres parties, la graisse ou l'huile animale qui se dpose dans la cellulosit pour l'assouplir, etc. Tous les liquides et les solides du corps animal se composent d'l- ments chimiques contenus dans le sang; et c'est seulement par quelques lments de moins ou par d'autres proportions que chacun d'eux se distingue, d'o l'on voit que leur formation ne dpend que de la soustraction de tout ou partie d'un ou de plusieurs des lments du sang, et, dans un petit nombre de cas, de l'addition de quelque lment venu d'ailleurs. Ces oprations , par lesquelles le fluide nourri- cier entretient la matire solide ou liquide de tou- tes les parties du corps, peuvent prendre en g- nral le nom de scrtions. Cependant on rserve souvent ce nom la production des liquides, et on donne plus spcialement celui de nutrition la pro- duction et au dpt de la matire ncessaire l'ac- croissement et l'entretien des solides. Chaque organe solide , chaque fluide a la com- position convenable pour le rle qu'il doit jouer , el la conserve tant que la saut subsiste, parce que rORCES ORGANIQUES. 25 le sang la renouvelle mesure qu'elle s'altre. Le sang, en y fournissant continuellement, altre lui- mme la sienne chaque instant ; mais il y est ra- men par la digestion qui renouvelle sa matire^ par la respiration qui le dlivre du carbone et de l'hy- drogne superflus, par la transpiration et diverses autres excrtions qui lui enlvent d'autres principes surabondants. Ces transformations perptuelles de composition chimique forment une partie non moins essentielle du tourbillon vital que les mouvements visibles et de translation : ceux-ci n'ont mme pour objet que de produire ces transformations. DES FORCES QUI AGISSENT DANS LE CORPS ANIMAL. La fibre musculaire n'est pas seulement l'organe du mouvement volontaire ; nous venons de voir qu'elle est encore le plus puissant des moyens que la nature emploie pour oprer les mouvements de translation ncessaires la vie vgtative. Ainsi les fibres des intestins produisent le mouvement p- ristaltique qui fait parcourir ce canal aux aliments; les fibres du cur et des artres sont les agents de la circulation, et, parelle, de toutes les scrtions, etc. La volont met la fibre en contraction par l'in- termde du nerf; et les fibres involontaires^ telles que celles que nous venons de citer , sont aussi toutes animes par des nerfs qui s'y rendeiit ; il 2(3 INTPiODUCTIOI^. est clone probable que ce sont ces nerfs qui les font contracter. Toute contraction, et en gnral tout change- ment de dimension dans la nature , s'opre par un changement de composition chimique, ne ft-ce que par l'afflux ou la retraite d'un fluide impon- drable, tel que le calorique ; c'est mme ainsi que se font les plus violents mouvements connus sur la terre, les inflammations, les dtonnations, etc. Il y a donc grande apparence que c'est par un iluide impondrable que le nerf agit Sur la libre, d'autant qu'il est bien dmontr qu'il n'y agit pas mcaniquement. La matire mdullaire de tout le systme ner- veux est homogne, et doit pouvoir exercer partout o elle se trouve les fonctions qui appartiennent sa nature ; toutes ses ramifications reoivent une grande abondance de vaisseaux sanguins. Tous les fluides animaux tant tirs du sang par scrtion , il n'y a pas douter que le fluide ner- veux ne soit dans le mme cas , ni que la matire mdullaire ne le scrte. D'un autre ct, il est certain que la matire mdub laire est leseulconducteurdu fluide nerveux; tous les autres lments organiques luiservent de cohibants , et l'arrtent, comme le verre arrte l'lectricit. Les causes extrieures qui sont capables de pro- duire des sensations ou d'occasioner des contrac- tions dans la fibre, sont toutes des agents chimi- FOKCES ORGANIQUES. 2^ ques, capables d'oprer des dcompositions, tels que la lumire, le calorique, les sels_, les vapeurs odorantes , la percussion , la compression , etc. , etc. Il j a donc grande apparence que ces causes agis- sent sur le fluide nerveux d'une manire chimique , et en altrant sa composition ; cela est d'autant plus vraisemblable, que leur action s'mousse en se con- tinuant, comme si le fluide nerveux avait besoin de reprendre sa composition primitive pour pouvoir tre altr de nouveau. Les organes extrieurs des sens sont des sortes de cribles qui ne laissent parvenir sur le nerf que l'espce d'agent qui doit l'affecter chaque endroit , mais qui souvent l'y accumulent de manire en aug- menter l'elFet : la langue a des papilles spongieuses qui s'imbibent des dissolutions salines; l'oreille, une pulpe glatineuse qui est fortement branle par les vibrations sonores ; l'il^ des lentilles transparentes qui concentrent les rayons de la lumire , etc. Ce que l'on appelle les irritants ou les agents qui occasionent les contractions de la fibre, exercent probablement cette action en faisant produire sur la fibre, par le nerf, le mme effet qu'y produit la volont ; c'est--dire en altrant le fluide nerveux de la manire ncessaire pour changer les dimen- sions de la fibre sur laquelle il influe ; mais la vo- lont n'est pour rien dans leur action ; souvent mme le 7Jioi n'en a aucune connaissance. Les muscles spars du corps sont encore susceptibles 28 IJNTRODUCTION. crirritatioiT tant que la portion de nerf reste avec eux conserve le }X)uvoir d'agir sur eux, et la vo- lont est videmment trangre ce phnomne. Le fluide nerveux s'altre par l'irritation muscu- laire aussi- bien que par la sensibilit , et que par le mouvement volontaire, et il a de mme besoin d'tre rtabli dans sa composition. Les mouvements de translation ncessaires la vie vgtative sont dtermins par des irritations : les aliments irritent l'intestin , le sang irrite le cur, etc.. Ces mouvements sont tous soustraits la volont, et en gnral (tant que la sant dure), la connaissance du moi j les nerfs qui les produisent ont mme , dans plusieurs parties , une distribution diffrente des nerfs affects aux sensations ou soumis la volont , et cette distribution parat avoir pr- cisment pour objet de les j soustraire. Les fonctions nerveuses, c'est--dire la sensibi- lit et l'irritabilit musculaire , sont d'autant pjus fortes dans chaque point, que leur agent y est plus abondant; et comme cet agent, ou le fluide ner- veux , est produit par une scrtion ^ il doit tre d'autant plus abondant qu'il y a plus de matire mdullaire ou scrtoire, et que cette matire reoit plus de sang. Dans les animaux qui ont une circulation , le sang arrive aux parties par les artres qui le transpor- tent , au moyen de leur irritabilit et de celle du cur. Si ces artres sont irrites , elles agissent plus FORCES ORGANQIUES. 2C) vivement et amnent plus de sang ; le fluide ner- veux devient plus abondant et augmente la sensi- bilit locale ; il augmente son tour l'irritabilit des artres , et cette action mutuelle peut aller fort loin. On l'appelle orgasme ^ et quand elle devient douloureuse et permanente, inflammation. L'irrita- lion peut aussi commencer par le nerf quand il prouve des sensations vives. Cette influence mutuelle des nerfs et des fibres , soit du systme intestinal, soit du systme artriel , est le vritable ressort de la vie vgtative dans les animaux. Comme chaque sens extrieur n'est permable qu' telle ou telle substance sensible , de mme chaque organe intrieur peut n'tre accessible qu' tel ou tel agent d'irritation. Ainsi le mercure irrite les glandes salivaires, les cantharides irritent la vessie, etc. . . , Ces agents sont ce que l'on nomme des spcifiques. Le systme nerveux tant homogne et continu , les sensations et irritations locales le fatiguent tout entier; et chaque fonction, porte trop loin, peut affaiblir les autres. Trop d'aUments empchent de penser ; des mditations trop prolonges affaiblis- sent la digestion, etc. Une irritation locale excessive peut affaiblir le corps entier , comme si toutes les forces de la vie se portaient sur un seul point. Une seconde irritation produite sur un autre ^ INTRODUCTION. point peut diminuer , ou , comme on dit, dtourner la premire ; tel est l'effet des purgatifs , des vsi- catoires, etc. Tout rapide qu'est notre nonc , il doit suffire pour tablir la possibilit de se rendre compte de tous les phnomnes de la vie physique^ par la seule admission d'un fluide tel que nous venons de le d- finir, d'aprs les proprits qu'il prsente. IDE SOMMAIRE DES FONCTIONS ET DES ORGANES DU CORPS DES ANIMAUX, AINSI QUE DES DIVERS DEGRS DE LEUR COMPLICATION. Aprs ce que nous venons de dire des lments organiques du corps , de ses principes chimiques et des forces qui agissent en lui, nous n'avons plus qu' donner une ide sommaire des fonctions de d- tail dont la vie se compose , et des organes qui leur sont affects. Les fonctions du corps animal se divisent en deux classes. Les fonctions animales ou propres aux animaux , c'est--dire la sensibilit et le mouvement volon- taire. Les fonctions vitales, vgtatives, ou communes aux animaux et aux vgtaux; c'est--dire la nu- trition et la gnration. La sensibilit rside dans le systme nerveux. Le sens extrieur le plus gnral est le toucher; son sige est la peau , membrane envelo})pant le FONCTIONS ORGANIQUES. 5l corps entier , et traverse de toute part par des nerfs dont les derniers filets s'panouissent en papilles sa surface, et y sont garantis par l'piderine, et par d'autres tguments insensibles^ tels que poils, cailles, etc. Le got et l'odorat ne sont que des touchers plus dlicats, pour lesquels la peau de la langue et des narines est particulirement orga- nise ; la premire , au moyen de papilles plus bom- bes et plus spongieuses ; la seconde y par son extrme dlicatesse et la multiplication de sa surface toujours humide. Nous avons dj parl de l'il et de l'oreille en gnral. L'organe de la gnration ^ est dou d'un sixime sens qui est dans sa peau int- rieure ; celle de l'estomac et des intestins fait con- natre aussi, par des sensations propres, l'tat de ces viscres. Il peut natre enfin dans toutes les parties du corps , par des accidents ou par des ma- ladies, des sensations plus ou moins douloureuses. Beaucoup d'animaux manquent d'oreilles et de narines; plusieurs d'yeux; il y en a qui sont rduits au toucher, lequel ne manque jamais. L'action reue par les organes extrieurs se pro- page par les nerfs jusqu'aux masses centrales du systme nerveux qui, dans les animaux suprieurs, se composent du cerveau et de la moelle pinire. Plus l'animal est d'une nature leve, plus le cer- veau est volumineux , plus le pouvoir sensitif y est concentr ; mesure que l'animal est plac plus bas dans l'chelle , les masses mdullaires se dispersent; 52 INTRODUCTION, dans les genres les plus imparfaits, la substance ner- veuse toute entire semble se fondre dans lasub- stance gnrale du corps. On nomme tte, la partie du corps qui contient le cerveau et les principaux organes des sens. Quand l'aninial a reu une sensation^ et qu'elle dtermine en lui une volont , c'est encore par les nerfs qu'il transmet celte volont aux muscles. Les muscles sont des faisceaux de fibres charnues dont les contractions produisent tous les mouvements du corps animal. Les extensions des membres, tous les alongements des parties, sont l'effet de con- tractions musculaires, aussi-bien que les flexions et les raccourcissements. Les muscles de chaque ani- ' mal sont disposs en nombre et en direction pour les mouvements qu'il peut avoir excuter; et quand ces mouvements doivent se faire avec quel- que vigueur, les muscles s'insrent des parties dures articules les unes sur les autres, et qui peu- vent tre considres comme autant de leviers. Ces parties portent le nom d'os dans les animaux ver- tbrs , o elles sont intrieures et formes d'une masse glatineuse , pntre de molcules de phos- phate de chaux. Oh les appelle coquilles , crotes, cailles dans les mollusques , les crustacs , les in- .sectes o elles sont extrieures et composes de sub- stance calcaire ou corne, qui transsude entre la peau et l'piderme. Les fibres charnues s'insrent aux parties dures, rOSCTIOlNS ORGANIQUES, 33 par le moyen d'autres fibres d'une nature glati- neuse, qui ont Fair d'tre ]a continuation des pre- mires, et qui forment ce que l'on appelle des ten- dons. Les configurations des Faces articiilaires des par- ties dures limitent leurs mouvements, qui sont en- core contenus par des faisceaux ou des enveloppes attaches aux cts des articulations , et qu'on ap- pelle des ligaments. C'est d'aprs les diverses dispositions de ces ap- pareils osseux et musculaires , et d'aprs la forme et la proportion des membres qui en rsultent, que les animaux sont en tat d'excuter les innombrables mouvements qui entrent dans la marclie, le saut, le vol et la natation. Les fibres musculaires affectes la dip'estion et la circulation ne sont pas soumises la volont ; elles reoivent cependant des nerfs, mais, comme nous l'avons dit, les principaux de ceux qui s'y rendent prouvent des subdivisions et des renfle- ments qui paraissent avoir pour objet de les sous- traire l'empire du moi. Ce n'est que dans les pas- sions et les autres aiFections fortes de Fam que l'empire du moi se fait sentir malgr ces barrires, et presque toujours c'est pour troubler l'ordre de ces fonctions vgtatives. Ce n'est aussi que dans l'tat maladif que ces fonctions sont accompag'nes de sensations. Ordinairement la digestion s'opre sans que l'animal s'en aperoive. TOME I. 3 34- INTRODUCTION. Les aliments , diviss par les mchoires et par les dents, ou pomps quand l'animal n'en prend que de liquides, sont avals par des mouvements mus- culaires de l'arrire-bouche et du gosier , et dposs dans les premires parties du canal alimentaire , or- dinairement renfles en un ou plusieurs estomacs ; ils j sont pntrs par des sucs propres les dissoudre. Conduits ensuite dans le reste du canal, ils y re- oivent encore d'autres sucs destins achever leur prparation. Les parois du canal ont des pores qui tirent de cette masse alimentaire la porrion conve- nable pour la nulriion , et le rsidu inutile est re- jet comme excrment. Le canal dans lequel s'opre ce premier acte de la nutrition est une continuation de la peau, et se compose de lames semblables aux siennes ; les fibres mmes qui l'entourent sont analogues celles qui adhrent la face interne de la peau , et qu'on nomme le pannicule charnu; il se fait dans tout l'in- trieur du canal une tr a nssu dation qui a des rap- ports avec la transpiration cutane , et qui devient plus abondante quand celle-ci est supprime; la peau exerce mme une absorption fort analogue celle des intestins. Il n'y a que les derniers des animaux o les ex- crments ressortent par la bouche, et dont l'intes- tin ait la forme d'un sac sans issue. Parmi ceux mmes o le canal intestinal a deux orifices, il en est beaucoup o le suc nourricier. FONCTIONS ORGANIQUES. 55 absorb par les paroi de l'inleslin^ se rpand im- mdiatemeot dans toute la spongiosit du corps: toute la classe des iosecles parat y apparlenir. Mais compier des arachnides et des vers , le suc nourricier circule dans un systme de vaisseaux clos dont les demies rameaux seuis en dispensent les molcules aux pariies qui doivent en re entrete- nues; les vaisseaux qui portent ainsi le fluide nour- ricier aux pariies se nomment arires ; ceux qui le rapportent au centre de la circulation se nomment veines-, le tourbillon cii'culatoire est tantt simple , tanit double et mme triple ( en comptant celui de la veine porle ) ; la rapidil de son mouvement est souvent aide par les contractions de certains appa- reils charnus que l'on nomme curs, et qui sont pla- cs l'un ou l'autre des centres de circulation, quelqucibis Sous les deux. Dans les animaux vertbrs et sang rouge, le fluide nourricier sort blanc ou transparent des intes- tins, et porte alors le nom de chjle ; il aboutit par des vai^eaux particuliers, nomms lacts , dans le syst- me veineux, o il se mle avec le sang. Des vaisseaux semblables aux lacts, et formant avec eux un ensem- ble appel sjslme lymphatique , rapportent aussi dans le sang veineux le rsidu de la nutrition des parties et les produits de l'absorption cutane. Pour que le sang soit propre nourrir les parties, il faut qu'il prouve de la part de l'lment ambiant, par la respiration, la modilicatior! dont nous avons y S6 INTRODUCTIOf. parl ei-dessus. Dans les animaux qni ont une cir- culation, une partie des vaisseaux est destine porter le sang dans R5. {yiniinallci vcriehrata .^ DIVISION DES AMTVAJX. 49 Ils ont tous le sang rouge, un cur musculaire ; une bouche deux mchoires places l'une au-dessus ou au-devant de Fautre, des organes distincts pour la vue, pour l'oue, pour l'odorat et pour le got, placs dans les cavits de la face ; jamais plus de qua- tre membres; des sexes toujours spars , et une dis- tribution trs semblable des masses mdullaires et des principales branches du systme nerveux. En examinant de plus prs chacune des parties de celte grande srie d'anirnaux, on y trouve toujours quelque analogie, mme dans les espces les plus loignes l'une de l'autre, et l'on peut suivre les de- gradations d'un mme plan , depuis l'homme jus- qu'au dernier des poissons. Dans la deuxime forme, il n'y a point de sque- lette ; les muscles sont attachs seulement la peau , qui forme une enveloppe molle, contractile en di- vers sens, dans laquelle s'engendrent, en beaucoup d'espces, des plaques pierreuses , appeles co- quilles , dont la position et la production sont analo- gues celles du corps muqueux; le systme nerveux est avec les viscres dans cette enveloppe gnrale, et se compose de plusieurs masses parses, runies par des filets nerveux, et dontlesprincipales, places sur l'sophage, portent le nom de cerveau. Des quatre sens propres , on ne distingue plus que les organes de celui du got et de celui de la vue; en- core ces derniers manquent-ils souvent. Une seule famille montre des organes de l'oue. Du reste il y TOME I. 4 5o INTllODUCTION. a toujours un systme complet de circulation , et cls organes particuliers pour la respiration. Ceux de la digestion et des scrtions sont peu prs aussi compliqus que dans les animaux vertbrs. Nous appellerons ces animaux de la seconde forme, Anima.ux mollusques. iyAnlmalia mollusca.) Quoique le plan gnral de leur organisation ne soit pas aussi uniforme , quant la configuration extrieure des parties, que celui des animaux vert- brs , il y a toujours entre ces parties une ressem- blance au moins du mme degr dans la structure et dans les fonctions. La troisime forme est celle qu'on observe dans les insectes, les vers, etc. Leur systme nerveux consiste en deux longs cordons rgnants le long du ventre , renfls d' espace en espace en nuds ou ganglions. Le premier de ces nuds, plac au- dessus de l'sophage , et nomm cerveau , n'est ^ure plus grand que ceux qui sont le long du ventre, avec lesquels il communique par des filets qui em- brassent l'sophage comme un collier. L'enveloppe de leur tronc est divise par des plis transverses en un certain nombre d'anneaux, dont les tguments sont tantt durs, tantt uious, mais oo les muscles sont toujours attachs l'intrieur. Le tronc porte souvent ses cts des membres articuls ; mais iiouvent aussi il en est dpourvu. Nous donnerons ces animaux le nom d'ANiMAUx AiiTicULs. {ydnimalla nrticulataJ) C'est parmi eux que s'observe le passage de la DIVISION DES ANIMAUX. 5l circulation dans des vaisseaux ferms , la nutrition par imbibition , et le passage correspondant de la respiration dans des organes circonscrits, celle qui se fait par des traches ou vaisseaux ariens r- pandus dans tout le corps. Les organes du got et de la vue sont les plus distincts chez eux : une seule famille en montre pour l'oue. Leurs m- choires, quand ils en ont , sont toujours latrales. Enfin la quatrime forme, qui embrasse tous les animaux connus sous le nom de Zoophjtes ^ peut aussi porter le nom d'AisiMAux rayonnes. {AnimaUa radiata*) Dans tous les prcdents , les organes du mouve- ment et des sens taient disposs svmtriquement aux deux cts d'un axe. Il v aune face postrieure et une antrieure dissemblables. Dans ceux-ci, ils le sont comme des rayons autour d'un centre, et cela est vrai , mme lorsqu'il n'y en a que deux sries, car alors les deux faces sont semblables. Ils appro- chent de l'homognit des plantes ; on ne leur voit ni systme nerveux bien distinct , ni organes de sens particuliers: peine apercoit-on dans quelques-uns des vestiges de circulation ; leurs organes respira- toires sont presque toujours la surface de leur corps ; le plus grand nombre n'a qu'un sac sans is- sue , pour tout intestin , et les dernires familles ne prsentent qu'une sorte de pnlpe homogne , i^- bile et sensible (i). (i) JS'. B. Avant mci, les oaturalisles modernes clivisaieut tous Le$ 4* 52 ^ ANIMAUX VERTBRS, PREMIRE GRANDE DIVISION DU RGNE ANIMAL. LES ANIMAUX VERTBRS. Leur corps et leurs membres tant soutenus par une charpente compose de pices lies et mobiles les unes sur les autres, ils ont plus de prcision et de vigueur dans leurs mouvements; la solidit de ce support leur permet d'atteindre une grande taille, et c'est parmi eux que se trouvent les plus grands des animaux. Leur systme nerveux plus concentr , ses parties centrales plus volumineuses , donnent leurs senti- ments plus d'nergie et plus de dure , d'o rsulte une intelligence suprieure et plus de perfectibilit. Leur corps se compose toujours de la tte, du tronc et des membres. La tte est forme du crne, qui renferme le cer- animaux non vertbrs en deux classes , les insectes et les vers. J'ai le premier commenc attaquer cette manire de voir, et prsent une autre division, dans un mmoire lu la socit d^Histoire naturelle de Paris, le 2 1 floral an III, ou le lo mai 1795 , et imprim dans la Dcade plii- losophiffue, ofi je marque les caractres et les limites des mollusques, des crustacs , des insectes , des vers , des chinodermes et des zoopliytes. J'ai distingu les vers sang rouge ou annelides , dans un mmoire lu l'Institut le 11 nivse an X , ou le 3 1 dcembre 1801. J'ai ensuite rparti ces diverses classes en trois embrancliements comparables chacun celui des animaux vertbrs , dans un mmoire lu l'Institut en juillet 181 2, imprim dans les Annales du mus. d'Hist nat. , tome XIX. EN GJNRAL. 63 veau , et de la face , qui se compose des deux m- choires et des rceptacles des organes des sens. Leur tronc est soutenu par Tpine du dos et les ctes. L'pine est compose de vertbres mobiles les unes sur les autres , dont la premire porte la tte et qui ont une partie annulaire et forment en- semble un canal, o se loge cette production mdullaire d'o naissent les nerfs, et qu'on appelle moelle de l'pine. Le plus souvent l'pine se prolonge en une queue> en dpassant les membres postrieurs. Les ctes sont des demi-cerceaux qui garantis- sent les cts de la cavit du tronc ; elles s'articu- lent par une extrmit aux vertbres, et d'ordinaire elles s'attachent en avant au sternum , mais quelque- fois aussi elles n'embrassent point tout le tronc, et il y a des genres o elles sont peine visii)les. 11 n'y a jamais plus de deux paires de membres; mais elles manquent quelquefois l'une ou l'autre ^ ou toutes les deux ; leurs formes varient selon les mouvements qu'elles doivent excuter. Les mem- bres antrieurs peuvent tre organiss en mains , en pieds, en ailes ou en nageoires; les postrieurs, en pieds ou en nageoires. Le sang est toujours rouge et parat avoir une composition propre entretenir cette nergie de sentiment et cette vigueur de muscles, mais dans des degrs divers , et qui correspondent la quan- 54 ANIMAUX 'VERTBRS, tit de respiration , ce qui motive la subdivision des animaux vertbrs en quatre classes. Les sens extrieurs sont toujours au nombre de cinq , et rsident dans deux yeux , deux oreilles , deux narines . les to^uments de la langfue , et ceux de la totalit du corps. Certaines espces ont ce- pendant les yeux oblitrs. ^'' Les nerfs se rendent la moelle par les trous des vertbres , ou par ceux du crne ; ils paraissent s'unir tous cette moelle , qui, aprs avoir crois ses filaments, s'panouit pour former en se ren- flant les divers lobes dont le cerveau se com- pose, et pour se terminer dans les deux votes mdullaires appeles hmisphres, dont le volume correspond l'tendue de l'intelligence. Il y a toujours deux mchoires; le principal mouvement est dans l'infrieure, qui s'lve ou s'a- baisse ; la suprieure est quelquefois entirement fixe ; l'une et l'autre sont presque toujours armes d dents, excroissances d'une nature particulire , assez semblable celle des os pour la composition chimique , mais qui croissent par couches et par transsudation ; une classe entire , cependant ( celle des oiseaux ) , a les mchoires revtues de cornes, et le genre des tortues, dans la classe des reptiles, est dans le mme cas. Le canal intestinal va de la bouche l'anus , prouvant diverses inflexions , divers renflements et rtrcissements^ ayant des appendices, et recevant EN GJNKIIAL. 55 des liqueurs dissolvantes, dont les unes , qui se ver- sent dans la bouche, sont appeles salive; les autres^ qui n'entrent que dans les intestins, portent divers noms : les deux principales sont le suc de la glande nomme le pancras, et la bile, qui est produite par une autre glande fort considrable appele le Foie. Pendant que les aliments digrs parcourent le canal alimentaire , leur partie propre la nutrition , et qui se nomme le chjle , est absorbe par des. vaisseaux particuliers , nomms lacts , et porte- dans les veines ; le rsidu de la nutrition des pariies est aussi report dans les veines par des vaisseaux analogues aux lacts^ et formant avec eux un mme systme, nomm systme desuaisseaiix Ijmphaliques, Les veines reportent au cur le sang qui a servi nourrir les^parties, et que le chjle et la lymphe viennent de renouveler ; mais ce sang est oblig de passer en tout ou en partie dans l'organe de la respi- ration^ pour y reprendre sa nature artrielle, avant d'tre report aux parties par les artres. Dans les trois premires classes, cet organe de respiration est un poumon, c'est--dire un assemblage de cellules oii l'air pntre. Dans les poissons seule- ment , et dans quelques reptiles pendant leur pre- mier ge, ce sont des branchies ou des sries de lames entre lesquelles l'eau passe. Dans tous les animaux vertbrs , le sang qui fournit au foie les matriaux de la bile, est du sang veineux qui a circul en partie dans les parois des in- 56 ANIMAUX VERTBHS. testins , et en partie clans un corps particulier nomm la rate , et qui , aprs s'tre rassembl dans un tronc appel veineportey^e subdivise de nouveau au foie. Tous ces animaux ont aussi une scrtion parti- culire, qui est celle de Y urine ^ et qui se fait dans deux grosses glandes attaches aux cts de l'pine du dos, et appeles j^eis : la liqueur que ces glandes produisent , sjourne le plus souvent dans un rservoir appel la vessie, lues sexes sont spars ; la femelle a toujours un ou deux ovaires, d'o les ufs se dtachent au mo- ment de la conception. Le mle les fconde par la liqueur sminale ; mais le mode de cette fcondation varie beaucoup. Dans la plupart des genres des trois premires classes, elle exige une intromission de la liqueur; dans quelques reptiles , et dans la plupart des pois- sons ;, elle se fait quand les ufs sont dj pondus. SUBDIVISION DES ANIMAUX VERTBRS EN QUATRE CLASSES. On vient de voir quel point les animaux vertbrs se ressemblent entre eux; ils offrent ce- pendant quatre grandes subdivisions ou classes , caractrises par l'espce ou la force de leurs mou- vements, qui dpendent elles-mmes de la quantit LEUH DIVISION. 67 Se leur respiration , attendu que c'esl de la respira- tion que les fibre musculaires tirent l'nergie de leur irritabilit. La quantit de respiration dpend de deux fac- teurs ; le premier est la quantit relative du sang* qui se prsente dans Torgane respiratoire dans un instant donn; le second^ la quantit relative d'oxy- gne qui entre dans la composition du fluide ambiant. La quantit du sang qui respire dpend de la dis- position des organes de la respiration et de ceux de la circulation. Les organes de la circulation peuvent tre doubles, de sorte que tout le sang qui arrive des parties par les veines, soit oblig d'aller circuler dansl'organe respiratoire avant de retourner aux parties par les artres ; ou bien ils peuvent tre simples , de sorte qu'une portion seulement du sang qui revient du corps soit oblige de passer par l'organe respira- toire , mais que le reste retourne au corps sans tre all respirer. Ce dernier cas est celui des reptiles. Leur quan- tit de respiration et toutes les qualits qui en d- pendent varient selon la proportion du sang qui se rend dans le poumon chaque pulsation. Les poissons ont une circulation double, mais leur organe respiratoire est form pour respirer par l'in- termde de l'eau ; et leur sang n'y prouve d'action que del part de la portion d'oxjgne dissoute ou mle dans cette eau , en sorte que leur quantit de 58 ANIMAUX VERTBRS. respiration est peut-tre moindre encore que celle des reptiles. Dans les mammifres, la circulation est double el la respiration arienne est simple, c'est--dire qu'elle ne se fait que dans le poumon seulement ; leur quantit de respiration est donc suprieure celle des reptiles cause de la forme de leur organe circulatoire, et celle des poissons cause de la nature de leur lment ambiant Mais la quantit de respiration des oiseaux est encore suprieure celle des quadrupdes, parce que non-seulement ils ont une circulation double et une respiration arienne, mais encore parce qu'ils respirent par beaucoup d'autres cavits que le pou- mon, l'air pntrant dans tout leur corps, et bai- gnant les rameaux de l'aorte, ou artre du corps, aussi-bien que ceux de l'artre pulmonaire. De l rsultent les quatre sortes de mouvements auxquelles les quatre classes d'animaux vertbrs sont plus particulirement destines : les quadru- pdes, o la quantit de respiration est modre , sont gnralement faits pour marcher et courir en dveloppant de la force j les oiseaux, o elle est plus grande , ont la vigueur de muscles et la lgret ncessaires pour le vol; les reptiles, o elle est plus faible^ sont condamns ramper , et plusieurs d'entre eux passent une partie de leur vie dans une sorte de torpeur; les poissons enfin ont besoin, pour excuter leurs mouvements, d'tre soutenus MAMMIFERES EN GN'RL. 5g dans un liquide spcifiquement presque aussi pesant qu'eux. Toutes les circonstances d'organisation propres chacune de ces quatre classes, et nommment celles qui concernent le mouvement et les sensations ext-^ rieures , sont en rapport ncessaire avec ces carac- tres essentiels. Cependant la classe des mammifres a des ca- ractres particuliers dans sa gnration vivipare, dans la manire dont ses ftus se nourrissent dans la matrice, au mojen du placenta, et dans les n\a~ melles par lesquelles elle allaite ses petits. Au contraire^ les autres classes sont ovipares , et, si on les oppose en commun la premire, on leur trouve des ressemblances nombreuses qui annoncent pour elles un plan spcial d'organisation dans le grand plan gnral de tous les vertbrs. PREMIERE CLASSE DES ANIMAUX VERTEBRES. LES MAMMIFERES. Les mammifres doivent tres placs la tte dit rgne animal, non-seulement parce que c'est la classe laquelle nous appartenons nous-mmes , mais encore parce que c'est celle de toutes qui jouit des facults les plus multiplies , des sensations les. 6o MAMMIFRES, plus dlicates, des mouvements les plus varis, et o l'ensemble de toutes les proprits parat com- bin pour produire une intelligence plus parfaite . plus fconde en ressources , moins esclave de l'ins- tinct, et plus susceptible de perfectionnement. Comme leur quantit de respiration est modre, ils sont en gnral disposs pour marcher sur la terre, mais pour y marcher avec force et d'une manire continue. En consquence, toutes les arti- culations de leur squelette ont des formes trs prci- ses qui dterminent leurs mouvements avec rigueur. Quelques-uns cependant peuvent s'lever dansl'air au moyen de membres prolongs et de membranes tendues ; d'autres ont les membres tellement rac- courcis qu'ils ne se meuvent aisment que dans l'eau , mais ils ne perdent pas pour cela les caractres gnraux de la classe. Ils ont tous la mchoire suprieure xe au crne, l'infrieure compose de deux pices seulement, arti- cule par un condyle saillant un temporal fixe ; le cou de sept vertbres, hors une seule espce qui en a neuf; les ctes antrieures attaches en avant, par des parties cartilagineuses, un sternum form d'un cer- tain nombre de pices la file; leur extrmit de devant commence par une omoplate non articule, mais seulement suspendue dans les chairs, s'ap- puyant souvent sur le sternum par un os interm- diaire nomm clavicule. Cette extrmit se continue par un bras , un avanl-bras et une main forme elle- EN GNRAL. 6l mme de deux ranges d'osselets appeles poignet ou carpe; d'une range d'os nomme mtacarpe , et de doigts composs chacun de deux ou trois os nomms phalanges. Si l'on <^xcepte les ctacs, ils ont tous la pre- mire partie de l'extrmit postrieure fixe l'- pine et formant une ceinture ou un bassin qui, dans la jeunesse,- se divise en trois paires d'os, l'ilon qui tient l'pine, le pubis qui forme la ceinture ant- rieure, et l'ischion qui forme la postrieure. Au point de runion de ces trois os est la fosse o s'arti- cule la cuisse , qui porte elle-mme la jambe, forme de deux os, le tibia et le pron; cette extrmit est termine par le pied , lequel se compose de parties analogues celles de la main ; savoir, d'un tarse, d'un mtatarse et de doigts. La tte des mammifres s'articule toujours par deux condjles sur leur atlas ou premire vertbre. Leur cerveau se compose toujours de deux hmi- sphres, runis par une lame mdullaire dite corps calleux, renfermant deux ventricules, et envelop- pant les quatres paires de tubercules appeles corps cannels, couches optiques, nates et testes. Entre les couches optiques est un troisime ventricule qui communique avec le quatrime situ sous le cer- velet; les jambes de leur cervelet forment toujours sous la moelle allonge une prominence transverse appele pont de Yarole. Leur il , toujours log dans son orbite , prserv 62 MAMMTFUES, par deux paupires et le vestige d'une troisime, a son cristallin fix par le procs-ciliaire et sa scl- rotique simplement celluleuse. Dans leur oreille , on irouve toujours une cavit nomme caisse , qui communique avec l'arrire- bouche par un canal nomm trompe, et est ferme en dehors par une membrane nomme tjmpan, et contient une chane de quatre osselets appels mar- teau, enclume, lenticulaire, et trier; un vestibule sur l'entre duquel appuie l'trier et qui commu- nique avec trois canaux semi-circulaires ; enfin un limaon qui donne par une de ses rampes dans la caisse , par l'autre dans le vestibule. Leur crne se subdivise comme en trois ceintures formes : l'antrieure , par les deux frontaux et l'thmode ; l'intermdiaire , par les paritaux et le sphnode ; la postrieure , par l'occipital. Entre l'occipital, les paritaux elle sphnode, sont inter- cals les temporaux , dont une partie appartient ]3roprement la face. Dans le ftus , l'occipital se divise en quatre par- ties : le corps du sphnode en deux parties moyen- nes qui se subdivisent elles-mmes , et en outre en trois paires d'ailes latrales ; le temporal en trois , <]lont l'une sert complter le crne , l'autre ren- fermer le labyrinthe de l'oreille , la troisime former les parois de la caisse, etc. Ces parties d'os, encore plus multiphes dans le premier ge de l'em- brjon , s'unissent plus ou moins promplement selon EN GNRAL. 65 les espces , et les os eux-mmes finissent par s'unir entre eux dans les adultes. Leur face est forme essentiellement par les deux maxillaires, entre lesquels passe le canal des nari- nes , et qui ont en avant les deux intermaxillaires, en arrire les deux palatins ; entre eux descend la lame impaire de l'thmode , nomme vomer ) sur les entres du canal nasal sont les os propres du nez ; ses parois externes adhrent les cornets infrieurs ; les cornets suprieurs , qui occupent sa partie sup- rieure et postrieure, appartiennent l'thmode. Le jugal unit de chaque ct l'os maxillaire au tem- poral , et souvent au frontal ; enfin , le lacrjmal occupe l'angle interne de l'orbite , et quelquefois une partie de la joue. Ces os prsentent aussi des subdivisions plus nombreuses dans l'tat d'embryon. Leur langue est toujours charnue et attache un os appel hyode , compos de plusieurs pices, et suspendu au crne par des ligaments. Leurs poumons, au nombre de deux , diviss en lobes, composs d'une infinit de cellules, sont tou- jours renferms sans adhrence dans une cavit forme par les ctes et le diaphragme , et tapisse par la plvre; leur organe de la voix est toujours l'extrmit suprieure de la trache artre ; im prolongement charnu, nomm voile du palais , ta- blit une communication directe entre leur larynx et leurs arrire-narines. Leur sjour la surl'ace de la terre les exposaut G4 MAMMIFRES, moins aux alternatives du froid et du chaud , leur corps n'a que l'espce moyenne de tgument , le poil , qui mme est gnralemeut rare dans ceux des pays chauds. Les ctacs qui vivent entirement dans l'eau , sont les seuls qui en manquent absolument. Leur cavit abdominale est tapisse d'une mem- brane appele pritoine ; et leur canal intestinal est suspendu un repli de ce pritoine , nomm ms- entre , qui contient de nombreuses glandes con- globes dans lesquelles se ramifient les vaisseaux lacts f une autre production du pritoine, nomme piploon, pend au-devant et au dessous des intestins. L'urine, retenue pendant quelque temps dans une vessie , sort, dans les deux sexes, un trs petit nombre d'exceptions prs, par les orifices de la g- nration. Dans tous les mammifres, la gnration est essen- lement vivipare ; c'est--dire que le ftus, imm- diatement aprs la conception , descend dans la matrice, enferm dans ses enveloppes, dont la plus extrieure est nomme chorioii^ et l'intrieur amniosj il se fixe aux parois de cette cavit par un ou plu- sieurs plexus de vaisseaux , appels placenta qui tablissent entre lui et sa mre une communication, d'o il tire sa nourriture , et probablement aussi son oxygnation ; et nanmoins les ftus de mammi- fres ont dans les premiers temps de la grossesse une vsicule analogue celle qui contient le jaune EN GNRAL. 65 dans les ovipares; et recevant de mme des Tais- seaux du msentre. Ils ont aussi une autre vessie extrieure , que l'on a nomme allantode et qui communique avec celle de l'urine , par im canal appel l'ou raque. La conception exige toujours un accouplement effectif , 011 le sperme du mle soit lanc dans la matrice de la femelle. Les petits se nourrissent pendant quelque temps , aprs leur naissance , d'une liqueur particulire celte classe ( le lait ) , laquelle est produite par les mamelles , ds l'instant du part , et pour aussi long-temps que les petits en ont besoin. Ce sont les mamelles qui ont valu cette classe son nom de M mammifres, attendu que lui tant exclusivement propres , elles la distinguent mieux qu'aucun autre caractre extrieur (i). DIVISION DE LA CLASSE DES MAMMIFRES EN ORDRES. Les caractres variables qui tablissent les diver- sits essentielles des mammifres entre eux , sont pris des organes du toucher , d'o dpend leur plus ou moins d'iiabilel ou d'adresse, et des or- (i) On verra cependant les doutes auxquels donne lieu, cet e'gard, la famille des monotrmes. TOME 1. 5 66 MAMMIFRES. ' ganes de laTnaiiducation,qui dterminent la nature de leurs aliments ^ et entranent aprs eux , non- seulement tout ce qui a rapport la fonction diges- tive ,, mais encore une foule d'autres diffrences, relatives mme l'intelligence. La perfection des organes du toucher s'estime d'a- prs le nombre et la mobilit des doigts , et d'aprs la manire plus ou moins profonde dont leur ex- trmit est enveloppe dans l'ongle ou dans le sabot. Un sabot qui enveloppe tout--fait la partie du doigt qui touche terre, y mousse le tact , et rend e pied incapable de saisir. L'extrme oppos est quand un ongle form d'u!:e seule lame ne couvre qu'une des faces du bout du doigt, et laisse l'autre face toute sa dlicatesse. Le rgime se juge par les dents mchelires , la forme desquelles rpond toujours l'articulation des mchoires. Pour couper de la chair , il faut des mchelires tranchantes comme une scie^ et des mchoires ser- res comme des ciseaux , qui ne puissent que s'ouvrir ou se fermer. Pour broyer des grains ou des racines^ il faut des mchelires couronne plate ^ et des mchoires qui puissent se mouvoir horizontalement ; il faut encore, pour que la couronne de ces dents soit toujours in- gale comme une meule, que sa substance soit forme de parties ingalement dures ; et dont les unes s'usent plus vite que les autres. DIVISlOrS ,E ORDRES. 6^ lies animaux sabot sont tous de ncessit her- bivores ou couronnes cls mclielires plates, parce que leurs pieds ne leur permettraient pas de saisir une proie vivante. Les animaux doigts onguiculs taient suscep- tibles de plus de varits; il y en a de tous les r- gimes ; et outre la forme des mchelires , ils dif- frent encore beaucoup entre eux par la mobilit et la dlicatesse des doigts. On a surtout saisi cet gard un caractre qui ijflue prodigieusement sur l'adresse et multiplie leurs moyens d'industrie ; c'est la facult d'opposer le pouce aux autres doigts ., pour saisir les plus petites choses, ce qui constitue la main proprement dite; facult qui est porte son plus haut degr de perfection dans l'homme, o l'ex^ trmit antrieure tout entire est libre et peut tre employe la prhension. Ces diverses combinaisons qui dterminent rigou- reusement la nature des divers mammifres , ont donn lieu distinguer les ordres suivants : Parmi les onguiculs, le premier, qui est en mme temps privilgi sous tous les autres rapports, r homme , a des mains aux extrmits antrieures seulement; ses extrmits postrieures le soutien- nent dans une situation verticale. L'ordre le plus voisin de l'homme , celui des cjua- drumanes y a des mains aux quatre extrmits. Un autre ordre , celui des carnassiers y n'a point de pouce libre et opposable aux extrmits antrieures. 5 68 MAMMIFRES. Ces trois ordres ont d'ailleurs chacun les trois sortes de dents , savoir : des mchelires , des ca- nines et des incisives. Un quatrime, celui des rongeurs y dont les doigts diffrent peu de ceux des carnassiers , manque de canines, et porte en avant des incisives disposes pour une sorte toute particulire de manducation. Viennent ensuite des animaux dont les doigts sont dj fort gns, fort enfoncs dans de grands on- gles, le plus souvent crochus, et qui ont encore cette imperfection de manquer d'incisives. Quelques- uns manquent mme de canines, et d'autres n'ont point de dents du tout. Nous les comprenons tous sous le Dom d^dents. Cette distribution des animaux on^fuiculs serait parfaite et formerait une chane trs rgulire , si la Nouvelle-Hollande ne nous avait pas fourni r- cemment une petite chane collatrale, compose des animaux bourse y dont tous les genres se tien- nent entre eux par l'ensemble de l'organisation , et dont cependant les uns rpondent aux carnas- siers, les autres aux rongeurs, les troisimes aux dents, par les dents et par la nature du rgime. Les animaux sabots, moins nombreux, ont aussi moins d'irrgularits. Les ruminants composent un ordre trs^distinct, par ses pieds fourchus , sa mchoire suprieure sans vraies incisives, et ses quatre estomacs. Tous les autres quadrupdes sabots se laissent DIVISION EN OIIDRBS. 69 runir en un seul ordre que j'appellerai pachyder- mes ou jumenta^ except V lphant ^ qui pourrait faire un ordre part, et qui se lie par quelques rapports loigns avec l'ordre des rongeurs. Enfin viennent les mammifres qui n'ont point du tout d'extrmits postrieures , et dont la forme de poisson et la vie aquatique pourraient engager faire une classe particulire , si pour tout le reste leur conomie n'tait pas la mme que dans la classe o nous les laissons. Ce son t les poissons sang chaud des anciens ou les ctacs, qui , runissant la force des autres mammifres l'avantage d'tre soutenus par l'lment aqueux , comptent parmi eux les plus gigantesques de tous les animaux. PREMIER ORDRE DES MAMMIFRES. LES BIMAKES ou L'HOMME. L'homme ne forme qu'un genre , et ce genre est unique dans son ordre. Comme son histoire nous intresse plus directement et doit former l'objet de comparaison auquel nous rapporterons celle des autres animaux, nous la traiterons avec plus de dtail. Nous exposerons rapidement ce que l'homme offre de particulier dans chacun de ses systmes or- ganiques, parmi tout ce qu'il a de commun avec les 70 MAMMIFRES. autres mammifres; nous examinerons les avan- tages que ces particularits lui donnent sur les autres espces; nous ferons connatre ses principales races et leurs caractres distinctifs; enfin nousindiquerons l'ordre naturel du dveloppement de ses facults , soit individuelles, soit sociales. Conformation particulire de V homme. Le pied de l'homme est trs diflerent de celui des singes : il est large; la jambe porle verticalement sur lui : le talon est renfl en dessous ; ses doigts sont courts et ne peuvent presque se ployer; le pouce, plus long, plus gros que les autres , est plac sur la mme ligne , et ne leur est point opposable; ce pied est donc propre sup- porter le corps , mais il ne peut servir , ni saisir , ni grimper, et comme de leur ct les mains ne servent point la marclie , l'iiomme est le seul animal vraiment bimane et bipde. Le corps entier de l'homme est dispos pour la sta- tion verticale. Ses pieds, comme nousvenonsdele voir, lui fournissent une base pltis large que ceux d'aucun mam- mifre; les muscles qui retiennent le pied et la cuisse dansTtat d'extension sont plus vigoureux , d'o rsulte la saillie du mollet et de la fesse; les flchisseurs de la jambe s'attachent plus haut, ce qui permet au genou une extension complte , et laisse mieux paratre le mol- let; le bassin est plus large , ce qui carte les cuisses et les pieds . et donne au tronc une forme pyramidale fa- vorable l'quilibre : les cols des os des cuisses forment, avec le corps de l'os, un angle qui augmente encore l'cartement des pieds et largit la base du corps; enfin la tte , dans cette situation verticale, est en quilibre sur le tronc , parce que son articulation est alors sous le milieu de sa masse. l'homme. 7* Quand rhomme le voudrait , il ne pourrait marcher commodment quatre ; son pied de derrire court et presque inflexible , et sa cuisse trop longue, ramneraient son genou contre terre,* ses paules cartes et ses bras jets trop loin de la ligne moyenne , soutiendraient mal le devant de son corps; le muscle grand dentel, qui, dans les quadrupdes, suspend le tronc entre les omo- plates comme une sangle, est plus petit dans l'homme que dans aucun d'entre eux; la tte est plus pesante cause de la grandeur du cerveau et de la petitesse des sinus ou cavits des os, et cependant les moyens de la soutenir sont plus faibles, car l'homme n'a ni ligament cervical , ni disposition des vertbres propre les em- pcher de se flchir en avant; il pourrait donc tout au plus maintenir sa tte dans la ligne de l'pine , et alors ses yeux et sa bouche seraient dirigs contre terre; il ne verrait pas devant lui; la position de ces organes est au cont"aire parfaite, en supposant qu'il marche de- bout. Les artres qui vont son cerveau ne se subdivisant point , comme dans beaucoup de quadrupdes , et le sang ncessaire pour un organe si volumineux s'y portant avec trop d'aflluence, de frquentes apoplexies seraient la suite de la position horizontale. L'homme doit donc se soutenir sur ses pieds seule- ment. Il conserve la libert entire de ses mains pour les arts, et ses organes des sens sont situs le plus favo- rablement pour l'observation. Ces mains, qui tirent dj tant d'avantages de leur libert, n'en ont pas moins dans leur structure. Leur pouce j plus long proportion que dans les singes, donne plus de facilit pour la prhension des petits objets; tous les doigts^ except l'annulaire, ont des mouvements spars, ce qui n'est pas dans les autres animaux, pas mme dans les singes. Les ongles ne gar- nissant qu'un des cts du bout du doigt j prtent un -jl MAMMFEKES. appui au tact sans rien lui ter de sa dlicatesse. Les bras qui portent ces mains ont une attaclie solide par leur large omoplate et leur forte clavicule , etc. L'homme, si favoris du ct de l'adresse , ne l'est point du ct de la force. Sa vitesse la course est beau- couj) moindre que celle des animaux de sa taille ; n'ayant ni mcboires avances, ni canines saillantes, ni ongles crochus, il est sans armes offensives ; et, son corps n'ayant pas mme de poils sa partie suprieure ni sur les c- ts, il est absolument sans armes dfensives; enfin, c'est de tous les animaux celui qui est le plus long-temps prendre les forces ncessaires pour se subvenir lui- mme. Mais cette faiblesse a t pour lui un avantage de plus, en le contraignant de recourir ses moyens intrieurs, et surtout cette intelligence qui lui a t accorde un si haut degr. Aucun quadrupde n'approche de lui pour la gran- deur et les replis des hmisphres du cerveau, c'est-- dire de la partie de cet organe qui sert d'instrument princij^al aux oprations intellectuelles; la partie pos- trieure du mme organe s'tend en arrire de faon recouvrir le cervelet; la forme mme de son crne an- nonce cette grandeur du cerveau, comme la petitesse de sa face montre combien la partie du systme nerveux affecte aux sens externes est peu prdominante. Cependant ces sensations extrieures, toutes d'une force mdiocre dans l'homme , y sont aussi toutes dli- cates et bien balances. Ses deux yeux sont dirigs en avant; il ne voit point de deux cts la fois comme beaucoup de quadrupdes, ce qui met plus d'unit dans les rsultats de sa vue et fixe davantage son attention sur les sensations de ce genre. Le globe et l'iris de son il sont l'un et l'autre peu variables, ce qui restreint l'activit de sa vue une distance et un degr de lumire dtermins. La con- l'homme. 75 que de son oreille peu mobile et j)eu tendue n'aug- mente pas l'intensit des sons, et cependant c'est de tous les animaux celui qui distingue le mieux les into- nations. Ses narines, plus compliques que celles des singes , le sont moins que celles de tous les autres genres, et cependant il parat le seul dont l'odorat soit assez d- licat pour tre affect par les mauvaises odeurs. La dli- catesse de l'odorat doit influer sur celle du got, et l'homme doit d'ailleurs avoir de l'avantage, cet gard, au moins sur les animaux dont la langue est revtue d'caills; enfin , la finesse de son touclier rsulte, et de celle de ses tguments , et de l'absence de toutes parties insensibles , aussi-bien que de la forme de sa main mieux faite qu'aucune autre pour s'adapter h toutes les petites ingalits des surfaces. L'homme a une prminence particulire dans les or- ganes de sa voix; seul des mammifres, il peut articuler des sons ; la forme de sa bouche et la grande mobilit de ses lvres en sont probablement les causes; il en r- sulte pour lui un moyen de communication bien pr- cieux, cardes sons varis sont, de tous les signes que l'on pourrait employer commodment pour la transmission des ides, ceux que l'on peut faire percevoir le plus loin et dans plus de directions la fois. Il semble que jusqu' la position du cur et des gros vaisseaux soit relative la station verticale ; le cur est pos obliquement sur le diaphragme , et sa pointe rpond gauche , ce qui occasione une distri- bution de l'aorte diffrente de celle de la plupart des quadrupdes. L'homme parat fait pour se nourrir principalement de fruits, de racines et d'autres parties succulentes des vgtaux. Ses mains lui donnent la facilit de les cueillir; ses mchoires courtes et de force mdiocre d'un ct , ses canines gales aux autres dents , et ses molaires tubercu- leuses de l'autre, ne lui permettraient gure ni de patre 74 MAMMIFllDS. de l'herbe , ni e dvorer de la chair, s'il ne prparait ees aliments par la cuisson ; mais une fois qu'il a possd Je feu, et que ses arts l'ont aid saisir ou tuer de loin les animaux, tous les tres vivants ont pu servira sa nourriture, ce qui lui a donn les moyens de multi- plier infiniment son espce. Ses organes de la digestion sont conformes ceux de la mastication; son estomac est simple, son canal intes- tinal de longueur mdiocre, ses gros intestins bien mar- qus , son csecum court et gros , augment d'un appen- dice grle , son foie divis seulement en deux lobes et un lobule; son piploon pend au-devant des intestins jusque dans le bassin. Pour complter l'ide abrge de la structure anato- mique de l'homme , ncessaire pour cette introduction, nous ajouterons qu'il a trente-deux vertbres, dont sept cervicales , douze dorsales , cinq lombaires , cinq sacres, et trois coccygiennes. De ses ctes , sept paires s'unissent au sternum par des alonges cartilagineuses , et se nom- ment vraies ctes; les cinq paires suivantes sont nommes fausses ctes. Son crne l'ge adulte a huit os; savoir, un occipito-basilaire , deux temporaux, deux paritaux, un frontal, un ethmode et un sphnodal. Les os de sa face sont au nombre de quatorze; deux maxillaires, deux juj^aux , dont chacun joint le temporal au maxil- laire du mme ct par une espce d'anse nomme ar- cade zygomatique ; deux nasaux, deux palatins en ar- rire du palais , un vomer entre les narines , deux cor- nets du nez dans les narines , deux lacrymaux aux cts internes des orbites^, et l'os unique de la mchoire inf- rieure. Chaque mchoire a seize dents, quatre incisives tranchantes au milieu^ deux canines pointues aux coins, et dix molaires couronnes tuberculeuses , cinq de chaque ct : ce sont en tout trente-deux dents. Son omoplate a au bout de son pine ou arrte saillante une tubrosit, dite acromion, laquelle s'attache la clavi- l'i^mme. 75 cille et, au-dessus de son arliculalion^ une pointe nomme bec coracode, pour l'attache de quelques mus- cles. Le radius tourne compltement sur le cubitus cause de la manire dont il s'articule avec l'humrus. Le carpe a huit os, quatre par chaque range; le tarse en a sept; ceux du reste de la main et du pied se comp- tent aisment d'aprs le nombre des doigts. L'homme jouissant , au moyen de son industrie , d'une nourriture uniforme , est en tout temps dispos aux ])]ai- sirs de l'amour sans y tre jamais entran avec fureur; son organe mle n'est point soutenu par un axe osseux; le prpuce ne le retient pas attach l'abdomen; mais il pend au-devant du pubis : des veines grosses et multi- plies, qui reportent aisment dans la masse de la cir- culation le sang des testicules, paraissent contribuer cette modration de dsirs. La matrice de la femme est une cavit simple et ovale; ses mamelles, au nombre de deux seulement, sont situes sur la poitrine , et rpondent la facilit qu'elle a de soutenir son enfant sur ses bras. Dveloppement physique et moral de rhommc. La porte ordinaire dans l'espce humaine n'est que d'un petit; sur cinq cents accouchements, il n'y en a qu'un de deux enfants; il est beaucoup plus rare en- core d'en voir de plus nombreux. La dure de la gesta- tion est de neuf mois. Un ftus d\in mois a ordinaire- ment un pouce de haut; deux mois, il a deux pouces et un quart; trois mois, cinq pouces; cinq mois, six ou sept pouces ; sept mois, onze pouces; huit mois , quatorze pouces; neuf mois , dix-huit pouces. Ceux qui naissent moins de sept mois ne vivent point pour la plupart. Les dents de lait commencent paratre quelques mois aprs la naissance, en commenant par celles du mi- lieu. Ji y en a vingt deux ans, qui tombent successi- y6 MAMMIFRES. vement vers la septime anne, pour tre remplaces par d'autres. Des douze arrire-molaires, qui ne doivent pas tomber , il y en a quatre qui paraissent quatre ans et demi , quatre neuf ans ; les quatre dernires ne pa- raissent quelquefois qu' la vingtime anne. Le ftus croit davantas^e mesure qu'il approclie de 1 -Tir ^ ' 1 la naissance. JL entant, au contraire, crot toujours de moins en moins. Il a sa naissance plus du quart de sa hauteur; il en atteint moiti deux ans et demi; les trois quarts neuf ou dix ans. Ce n'est gure qu' dix- huit ans qu'il cesse de crotre. L'homme passe rare- ment six pieds, et il ne reste gure au-dessous de cinq. La femme a ordinairement quelques pouces de moins. La pubert se manifeste par des signes extrieurs , de dix douze ans dans les filles , de douze seize dans les garons. Elle commence plus tt dans les pays chauds. L'un et l'autre sexe produisent rarement avant l'poque de cette manifestation, A peine le corps a-t-il atteint le terme de son accroisse- ment en hauteur , qu'il commence paissir ; la graisse s'accumule dans le tissu cellulaire. Les diffrents vais- seaux 'obstruent graduellement ; les solides se roidis- sent ; et aprs une vie plus ou moins longue , plus ou moins agite , plus ou moins douloureuse , arrivent la vieillesse, la caducit, la dcr])itude et la mort. Les hommes qui passent cent ans sont des exceptions rares; la plupart prissent long-temps avant ce terme, oude ma- ladies, ou d'accidents, ou mme simplement de vieillesse. L'enfant a besoin des secours de sa mre bien plus long-temps que de son lait, d'o rsulte pour lui une ducation intellectuelle en mme temps que physique , et entre tous deux un attachement durable. Le nombre peu prs gal des individus des deux sexes , la diffi- cult de nourrir plus d'une femme quand les richesses ne supplent pas la force, montrent que la monogamie est la liaison naturelle notre espce , et comme dans ^ L HOMME. 77 toutes celles o ce genre d'union existe, le j^)re prend part Fducation du petit. La longueur de cette duca- tion lui permet d'avoir d'autres enfants dans l'intervalle, d'o rsulte la perptuit naturelle de l'union conjugale; comme de la longue faiblesse des enfants rsulte la sub- ordination de famille , et par suite tout l'ordre de la socit , attendu que les jeunes gens qui forment les familles nouvelles conservent avec leurs parents les rap- ports dont ils ont eu si long- temps la douce habitude. Cette disposition se seconder mutuellement multiplie l'infini les avantages que donnaient dj l'homme isol son adresse et son intelligence ,* elle l'a aid dompter ou repousser les autres animaux, et se pr- server partout des intempries du climat, et c'est ainsi qu'il est parvenu couvrir la face de la terre. Du reste, l'homme ne parat avoir rien qui ressemble de l'instinct, aucune industrie constante et produite par des images innes; toutes ses connaissances sont le rsultat de ses sensations , de ses observations , ou de celles de ses devanciers. Transmises par la parole, fcon- des par la mditation , appliques ses besoins et ses jouissances , elles lui ont donn tous ses arts. La parole et l'criture , en conservant les connaissances acquises , sont pour l'espce la source d'un perfectionnement in- dfini. C'est ainsi qu'elle s'est fait des ides, et qu'elle a tir parti de la nature entire. Il y a cependant des degrs trs diffrents dans le dve- loppement de l'homme. Les premires hordes, rduites vivre de chasse, de pche, ou de fruits sauvages, obliges de donner tout leur temps la recherche de leur subsistance , ne pou- vant beaucoup multiplier parce qu'elles auraient dtruit le gibier , faisaient peu de progrs ; leurs arts se bor- naient construire des huttes et des canots ; se couvrir de peaux , et se fabriquer des flches et des filets ; elles n'observaient gure que les astres qui les guidaient dans 78 MAMMIFIIES. leurs courses, et quelques objets naturels dont les pro- prits leur rendaient des services ; elles ne s'associrent que le chien , parce qu'il avait un penchant naturel pour le mme genre de vie. Lorsque l'on fut parvenu dompter des animaux herbivores, on trouva dans la pos- session de nombreux troupeaux une subsistance toujours assure, et quelque loisir, que l'on employa tendre les connaissances; ou mit quelque industrie dans la fa- brication des demeures et des vtements; on connut la proprit et par consquent les changes , la richesse et l'ingalit des conditions, sources d'une mulation noble et de passions viles ; mais une vie errante pour trouver de nouveaux pturages , et suivre le cours des saisons , retint encore dans des bornes assez troites. L'homme n'est parvenu rellement multiplier son espce un haut degr, et porter trs loin ses connais- sances et ses arts, que depuis l'invention de l'agriculture et la division du sol en proprits hrditaires. Au moyen de l'agriculture , le travail manuel d'une partie seule- ment des membres de la socit nourrit tous les autres, et leur permet de se livrer aux occupations moins n- cessaires , en mme temps que l'espoir d'acqurir par l'industrie une existence douce pour soi et pour sa pos- trit , a donn l'mulation un nouveau mobile. La dcouverte des valeurs reprsentatives a port cette mu- lation au plus haut degr, en facilitant les changes, en rendant les fortunes la fois plus indpendantes et susceptibles de plus d'accroissement ; mais par une suite ncessaire , elle a port aussi au plus haut degr les vices de la mollesse et les fureurs de l'ambition. Dans tous les degrs de dveloppement de la socit , la propension naturelle tout rduire des ides gn- rales , et chercher des causes tous les phnomnes, a produit des hommes mditatifs , qui ont ajout des ides nouvelles la masse de celles que l'on possdait; et tant que les lumires n'ont pas t communes, ils ont ^ L HOMME. 79 presc[ue tous cherch se faire de leur siiprioril un moyen de domination en exagrant leur mrite aux yeux des autres , et en dguisant la faiblesse de leurs connais- sances par la propagation d'ides superstitieuses. Un mal plus irrmdiable est l'abus de la force : au- jourd'hui que l'homme seul peut nuire l'homme , il est aussi la seule espce qui soit continuellement en guerre avec elle-mme. Les sauvages se disputent leurs forts, les nomades leurs pturages; ils font aussi souvent qu'ils le peuvent des irruptions chez les agriculteurs pour s'emparer sans peine des rsultats d longs travaux. Les peuples civiliss eux-mmes, loin d'tre satisfaits de leurs jouissances , combattent pour les prrogatives de l'orgueil ou pour le monopole du commerce. De l la ncessit des gouvernements pour diriger les guerres nationales , et pour rprimer ou l'duire des formes rgles les querelles particulires. Des circonstances plus ou moins favorables ont retenu l'tat social certains degrs , ou ont avanc son dve- loppement. Les climats glacs du nord des deux continents, les impntrables forts de l'Amrique, ne sont encore ha- bits que par des sauvages chasseurs ou pcheurs. Les immenses plaines sablonneuses ou sales du centre de l'Asie et de l'Afrique sont couvertes de peuples pas- teurs et de troupeaux innombrables ; ces hordes , demi- civilises , se rassemblent chaque fois qu'un chef enthou- siaste les appelle , et fondent sur les pays cultivs qui les entourent, pour s'y tablir et s'y amollir, jusqu' ce que d'autres pasteurs viennent les y subjuguer : c'est la vri- table cause du despotisme qui a cras dans tous les temps l'industrie ne dans les beaux climats de la Perse , de l'Inde et de la Chine. Des climats doux, des sols naturellement arross, et riches en vgtaux, sont les berceaux naturels de l'a- griculture et de la civilisation; et quand leur. position 8o ^ MAMMIFRES. les met l'abri des irruptions des Barbares, tous les genres de lumires s'y excitent mutuellemenl : telles fu- rent, les premires en Europe , la Grce et l'Italie ; telle est aujourd'hui presque toute cette heureuse partie du monde. Il y a cependant aussi des causes intrinsques qui pa- raissent arrter les progrs de certaines races, mme au milieu des circonstances les plus favorables. Varits de l'espce humaine. Quoique l'espce humaine paraisse unique , puisque tous les individus peuvent se mler indistinctement, et produire des individus fconds, on y remarque de cer- taines conformations hrditaires , qui constituent ce qu'on nomme des races. Trois d'entre elles surtout paraissent minemment distinctes : la blanche , ou caucasique ; la jaune , ou inon- golique; la ngre, ou tliiopique. La caucasique, laquelle nous appartenons, se dis- tingue par la beaut de Tovale que forme sa tte ; et c'est elle qui a donn naissance aux peuples les plus civiliss , ceux qui ont le plus gnralement domin les autres ; elle varie par le teint et par la couleur des cheveux. La mongolique se reconnat ses pommettes saillan- tes, son visage plat, ses yeux troits et obliques, ses cheveux droits et noirs, sa barbe grle, son teint olivtre. Elle a form de grands empires la Chine et au Japon, et elle a quelquefois tendu ses conqutes en-de du grand dsert; mais sa civilisation est toujours reste stationnaire. La race ngre est confine au midi de l'Atlas : sou teint est noir, ses cheveux crpus , son crne comprim, et son nez cras; son museau saillant et ses grosses l- vres , la rapprochent sensiblemen t des singes : les peu- plades qui la composent sonl toujours restes barbares. L HOMME. 8 On a appel caucasique la race dont nous descendons, parce que les traditions et la filiation des peuples , seni- bleut la faire remonter jusqu' ce groupe de montagnes situ entre la mer Caspienne et la mer Noire , d'o elle s'est rpandue comme en rayonnant. Les peuples du Caucase mme, les Circassiens et les Gorgiens, passent encore aujourd'hui pour les plus beaux de la terre. On peut distinguer les principales branches de cette l'ace par l'analogie des langues. Le rameau aramen ou de Syrie ^ s'est dirig au midi; il a produit les Assyriens , les Chaldens , les Arabes toujours indompts , et qui , aprs Mahomet, ont pens devenir matres du monde; les Phniciens, les Juifs, les Abyssins^ colonies des Arabes : il est trs probable que les Egyptiens lui ap- partenaient. C'est dans ce rameau, toujours enclin au mysticisme, que sont nes les religions les plus rpan- dues. Les sciences et les lettres y ont fleuri quelquefois , mais toujours avec des formes bizarres, un style figur. Le rameau indien, germain et plasgique^ est beau- coup plus tendu, et s'est divis bien plus ancienne- ment; cependant, l'on reconnat les affinits les plus multiplies entre ses quatre langues principales : le san- scrit , langue aujourd'hui sacre" des Indous , mi^e de la plupart des langues de l'Indostan; l'ancienne langue des Pelages, mre commune du grec, du latin, de beau- coup de langues teintes, et de toutes nos langues du midi de l'Europe; le gothique ou tudesque, d'o sont drives les langues du nord et du nord-ouest , telles que l'allemand , le hollandais , l'anglais , le danois, le sudois et leurs dialectes; enfin, la langue appele es- clavonne, et d'o descendent celles du nord-est, le russe j le polonais, le bohmien et le vende. C'est ce grand et respectable rameau de la race cau- casique , qii a port le plus loin la philosophie , les sciences et les arts , et qui en est depuis trente sicles le dpositaire. TOMK . 6 82 MAMMIFRES. Il avait t prcd en Europe par les Celtes, dont les peuplades venues par le nord, et autrefois trs ten- dues, sont maintenant confines vers les pointes les plus occidentales, et par les CantaLres passs d'Afrique en Espagne, et aujourd'hui presque fondus parmi les nom- breuses nations dont la postrit s'est mle dans cette presqu'le. Les anciens Perses ont la mme origine que les In- diens, et leurs descendants portent encore prsent les plus grandes marques de rapports avec nos peuples d'Europe. Le rameau scytlie et tartare , dirig d'abord vers le nord et le nord-est , toujours vagabond dans les immen- ses plaines de ces contres, n'en est revenu que pour dvaster les tablissements plus heureux de ses frres ; les Scythes, qui firent si anciennement des irruptions dans la haute Asie; les Parthes, qui y dtruisirent la domination grecque et romaine ; les Turcs , qui y ren- versrent celle des Arabes, et subjugurent en Europe les malheureux restes de la nation grecque , taient des essaims de ce rameau ; les Finlandais , les Hongrois , en sont des peuplades en quelque sorte gares parmi les nations esclavonnes et tudesques. Le nord et l'est de la mer Caspienne , leur patrie originaire , nourrissent en- core des peuples qui ont la mme origine et parlent des langues semblables; mais ils y sont mls d'une infinit d'autres petites nations d'origines et de langues diverses. Les peuples tartares sont rests plus intacts dans tout cet espace d'o ils ont si long-temps menac la Russie , et o ils ont enfin t subjugus par elle , depuis les bouches du Danube jusqu'au-del de l'Irtisch. Cepen- dant les Mongoles, dans leurs conqutes, y ont ml leur sang, et l'on en voit surtout beaucoup de traces chez les petits Tartares. C'est l'orient de ce rameau tartare de la race cauca- sique que commence la race mongolique, qui domine l'homme. 83 ensuite jusqu' l'Ocan oriental. Ses branches, encore iomades , les Calmouques, les Kalkas^ parcourent le grand dsert. Trois fois leurs anctres, sous Attila, sous Gengis et sous Tamerlan, ont port au loin la terreur de leur nom. Les Chinois en sont une branche la plus anciennement civilise , non-seulement de cette racCi mais de tous les peuples connus. Une troisime branche ( les Mantchoux ) a conquis rcemment la Chine, et la gouverne encore. Les Japonais et les Co- rens, et presque toutes les hordes qui s'tendent au nord- est de la Sibrie, sous la domination des Russes, y appartiennent aussi en trs grande partie, et l'on y rapporte mme aujourd'hui les habitants originaires des Mariannes, des Carolines et des Iles les plus voisines de cet Archipel. Si l'on en excepte quelques lettrs chi- nois , les peuples de race mongolique sont gnralement adonns aux difTx'entes sectes du bouddisme ou reli- gion de Fo. L'origine de cette grande race parat tre dans les monts Alta, comme celle de la ntre dans le Caucase ', mais il n'est pas possible de suivre aussi bien la filiation de ses diiTrentes branches. L'his'toire de tous ces peu- ples nomades est aussi fugitive que leurs tablissements; et celle des Chinois , concentre dans leur empire , ne donne que des notions courtes et peu suivies des peuples qui les avoisinent. Les affinits de leurs langues sont aussi trop peu connues pour diriger dans ce labyrinthe. Les langues du nord de la pninsule au-del du Gange ont, aussi-bien que celle du Thibet, quelques rapports avec la langue chinoise, au moins par leur nature, quelques gards monosyllabique, et les peuples qui les parlent ne sont pas sans ressemblance avec les autres Mongoles pour les traits; mais le midi de cette pnin- sule est habit par les Malais, peuple beaucoup plus rapproch des Indiens par les formes, et dont la race et la langue se sont rpandues sur les ctes de toutes les 6* ^ 8+ ~ MAMMIFRES. Iles de l'ai'cliipel indien. Les innombrables petites les de la mer du Sud sont peuples aussi par une belle race, qui parat tenir de prs aux Indiens, et dont la langue a beaucoup de rapports avec le malai; mais dans l'intrieur des grandes les , surtout dans les lieux les plus sauvages, babitent d'autres hommes teint noir, visage de ngre, tous extrmement barbares, que l'on a nomms Alfourous; et sur les ctes de la nouvelle Gui- ne et des les voisines sont d'autres ngres presque sem- blables ceux de la cte orientale de l'Afrique , que l'on a appels Papous; c'est aux Alfourous que l'on rapporte les babitantsde la nouvelle Hollande, etl'onassure que ceux de la terre de Dimen sont plutt des Papous (i). Ni ces ]\falais ni ces Papous ne se laissent aisment rapporter l'une des trois grandes races ; mais les pre- miers peuvent -ils tre nettement distingus de leurs voisins des deux cts , les Indous caucasiques et les Chi- nois mongoliques ? Nous avouons que nous ne leur trou- vons pas encore de caractres suffisants pour cela. Les Papous sont-ils des ngres anciennement gars sur la mer des Indes ? On n'en a pas encore de figures ni de descriptions assez nettes pour rpondre cette question. Les habitants du nord des deux continents , les Sa- moydes, les Lapons, les Esquimaux, viennent, selon quelques-uns, de la race mongole; selon d'autres, ils ie sont que des rejetons dgnrs du rameau scytbe et tartare de la race caucasique. Les Amricains eux-mmes n'ont pu encore tre rame- ns clairement ni l'une ni l'autre de nos races de l'an- cien continent, et cependant ils n'ont pas non plus de caractre la fois prcis et constant qui puisse en faire (i) P^oryez, sur les diverses races qui peuplent les les de la mer des Indes et de rOcan pacifique , la dissertation de MM. Lesson et Garnot, dans la Zoologie du Voyage de la Coquille , p. i-ii3. Sur les langues des nations asiatiques et sur leurs rapports mutuels , consultez VAsiapo^ /;^,'/oa de M. Klaprotli, QUADRUMAINES. 85 une race particulire. Leur leint rouge de cuivre ri en est pas un suffisant; leurs cheveux gnralement noirs et leur barbe rare les feraient rapporter aux Mongoles, si leurs traits aussi prononcs, leur nez aussi saillant que les ntres , leurs yeux grands et ouverts , ne s'y opposaienb et ne rpondaient nos formes europennes; leurs lan- gues sont aussi innombrables que leurs peuplades , et l'on n'a pu encore y saisir d'analogies dmonstratives ni entre elles ni avec celles de l'ancien Monde (i). DEUXIME ORDRE DES MAMMIFRES. LES QUADRUMANES. Indpendamment des dtails anatomiques qui la distinguent de l'homme, et que nous avons ex- poss, cette famille diffre de notre espce par le caractre trs sensible , que ses pieds de derrire ont les pouces libres et opposables aux autres doigts, et que les doigts des pieds sont longs et flexibles comme ceux de la main ; aussi toutes les es23ces grimpent - elles aux arbres avec facilit , tandis qu'elles ne se tiennent et ne marchent debout qu'avec peine, leur pied ne se posant alors que sur le tranchant extrieur, et leur bassin troit ne fa- vorisant point l'quilibre. Elles ont toutes des in- testins assez semblables aux ntres , les yeux dirigs en avant, les mamelles sur la poitrine, la verge pendante, le cerveau trois lobes de chaque ct, (i) Voyez^ sur les Amricains , outre le Voyage de M. de Humbokli, i riche en documents importants, les Dissertalions deV^ater, de Mitcliit!. 86 MAMMIFRES. dont le postrieur recouvre le cervelet, la fosse tem- porale spare de Torbite par une cloison osseuse ; niais pour le reste elles s'loignent de notre forme par degrs , en prenant un museau de plus en plus along , une queue , une marche plus exclusivement quadrupde ; nanmoins , la libert de leurs avant- bras et la complication de leurs mains leur per- mettent toutes beaucoup d'actions et de gestes semblables ceux de l'homme. On les divise depuis long-temps en deux genres , les singes et les makis, devenus aujourd'hui en quel- que sorte par la multiplication des formes secon- daires, deux petites familles, et entre lesquels il faut placer un troisime genre , celui des ouistitis , qui ne se rapporte bien ni l'un ni l'autre. , LES SINGES. ( SIMIA. Linn. ) Sont tous les quadrumanes qui ont chaque mchoire quatre dents incisives droites, et tous les doigts des ongles plats; deux caracti^es qui les rapprochent de l'homme plus que les genres suivants; leurs molaires n'ont aussi, comme les ntres, que des tubercules mousses, et ils vivent essentiellement de fruits; mais leurscanines, dpassant les autres dents, leur fournissent une arme qui nous manque, et exigent un vide dans la m- choire oppose , pour s'y loger quand la bouche se ferme. On peut les rpartir, d'aprs le nombre de leurs molai- res, en deux principaux sous-genres, qui se subdivi- sent eux-mmes en des groupes nombreux (i). (i) iV. B. Bul'fon avait subdivis les singes en cinq tribus : \c% singes propres , sans queue j les papions , queue courte ^ les louerions , queue longue, fesses calleuses j les sapajous ^ queue lonjjue et prenante, sans QUADRUMANl^S. 87 Les Singes proprement dits, ou de Tancien continent , Ont le mme nombre de mclielires que Thomme, mais diffrent d'ailleurs entre eux par des caractres qui ont fourni les subdivisions suivantes : Les Orangs (1). (Simia. Erxl. Pithecus. Geoffr. Vul(^. Hommes sauvages). Sont les seuls singes de l'ancien continent qui n'aient point de callosits aux fesses, et leur os hyode, leur foie et leur cacum ressemblent ceux de l'homme. Leur nez ne saille point, ils n'ont point d'abajoues, ni aucun vestjge de queue. Les uns ont les bras assez longs pour atteindre terre quand ils sont debout^ et les jambes au contraire trs courtes. Ce sont les orangs proprement dits. JJOrang-Outang. {Simia satyrus. L.) Audeb., pi. 2,Fr. Cuv., pi. 2. (2) Passe pour tre de tous les animaux celui qui ressemble le plus l'homme par la forme de sa tte, la grandeur callosits \ les sagouins^ queue longue et non prenante, sans callosite's 5 et Erxieben , adoptant cette division , avait traduit ces noms par simia , papio , cercopithecus , cehus et callilhrix. C'est ainsi que les noms de ce^M^ et de callitlirix qui, dans les anciens, dsignaient des singes de l'Afrique et des Indes , ont t' transporte's des singes d'Amrique. Le genre des papions , fond uniquement sur la brivet de la queue , n'a pu tre conserv, parce qu'il rompait trop les rapports naturels, et tous les autres ont d tre subdiviss; il a t ncessaire enfin de mettre hors de rang le genre des ouistitis , que l'on comprenait dans celui des sagouins, mais qui ne rpond pas entirement aux caractres communs des autres singes. (i) Orang est un mot malais , signifiant tre raisonnable j et qui s'ap- plique l'homme, Torang-outang et l'lphant. Outang yeut dira suuuage ou des bois. C'est pourquoi les voyageurs traduisent orang- outang par homme des bois. (2) La seule bonne figure de l'orang-outang a' t long-temps celle de p^osmaer, faite d'aprs un individu quia vcu La Haye. Celle de Buffon, Suppl. VII, pi. I, pche tous gards; celle d^yillamand ( Buff. d'HoU. XV, pi. XL ) est un peu meilleure ; elle a t^ copie dans Schreber , pi. n B. Celle de Camper ^ copie ib. , pi. 11 , C. , ne manque pas d'exac- titude; mais on voit trop qu'elle est faite d'aprs un cadavre. Bontius , Md.ind.845n'en donne qu'une tout--fait imaginaire, quoique Linnus en ait fait le type de son troglodyte ( Amn. ac, VI , pi. i , i. ). Il y en a d'assez bonnes dans la trad. angl. du prsent ouvrage, et dans le voyage de Krusenstern , pi. 94 et qS, mais toujours d'aprs djeunes sujets. 88 MAMMirliES. de son front et ]e volume de soli cerveau, mais )es expres- sions exagies de quelques auteurs sur cette ressem- blance tiennent en partie ce que Ton n'en avait vu que djeunes individus , et tout fait croire qu'avec l'ge, son museau devient beaucoup plus prominent. Il a le corps couvert de gros poils roux, la face bleutre, les pouces de derrire trs courts comparativement aux doigts. Ses lvres peuvent s'alonger singulirement, et jouissent d'une grande mobilit. On a fort altr son histoire, par le m- lange que l'on en a fait avec celle des autres grands singes, et surtout du Cliimpans. Apres l'avoir soumise une critique svre, on trouve que TOrang-Outang n'habite que les contres les plus orientales , comme Ma- laca, la Cocliinchine , et surtout la grande le de Borno , d'o on l'a fait venir par Java, mais trs rarement. Jeune ^ et tel qu'on l'a vu en Europe , c'est un animal assez doux , qui s'apprivoise et s'attache aisment, qui , par sa confor- mation, parvient imiter un grand nombre de nos ac- tions; mais dont l'intelligence ne parat pas s'lever autant qu'on l'a dit, ni mme surpasser beaucoup celle du chien. Camper a dcouvert et bien dcrit deux sacs membra- neux qui communiquent avec les ventricules de la glotte de cet animal, et qui assourdissent sa voix; mais il a eu tort de croire que les ongles manquent toujours ses pouces de derrire. Un singe de Borno , qui n'est encore connu que par son_ squelette, et que l'on a nomm PoJigo (i), res- semble tellement l'Orang-Outang parles proportions de ( i) Aiideb. Singes, pi. anat. II. Ce nom depongo , corrompu de celui de hoggo, (jneFon donne en Africfue au cliimpans ou au mandrill, a e'te' appli- <|u par Buff'on une prtendue grande espce d^orang-outang, qui n^etait [u le produitimaginaire de ses combinaisons. Wurmb, naturaliste de Bata- via , l'a transporte cet animal-ci, qu'il a dcrit le premier, et dont Buffon n'avait nulle ide. Voyez les Mm. de la soc. de Batavia, tome II, p. 2/j5. La pense qu'il pourrait tre un orang adulte m'est venue la vue d'une tctc d'ovang ordinaire, museau beaucoup plus saillant que celles de trs jeunes individus que l'on a dcrites jusqu' ce jour; jcl'si fait connatre dansun mmoire lu l'Acadmie des Se. en 1818. M. Tilesius et M. Bu- dolphi paraissent Tavoir eue aussi de leur ct. Voyez les Mm. de l'Ac. dt Berlin pour 1824? P- '3i. QUADIlUMAiXES. 8() toutes ses parties et par toutes les dispositions des trous c des sutures de sa tte, que, malgr ia grande promi- nence de son museau, la petitesse de son crne et la liau- leur des branches de sa mchoire infrieure, on peut le croire un adulte, sinon de l'espce de l'orang-outang, du moins d'une espce trs voisine. La longueur de ses 3ra3, celle des apophyses de ses vertbres cervicales, et la tub- rosit de son calcanum , peuvent lui faciliter la station et la marche sur deux pieds. C'est le plus grand de tous les singes , et un animal des plus redoutables^ il approclie de la taille de l'homme. Dans les autres Orangs, les bras ne descendent que jus- qu'aux genoux. Ils n'ont point de front, et leur crne fuit immdiatement derrire la crle des sourcils. On pourrait leur rserver le nom de Chimpanss. Le Chimpanse. [Simia troglodytes , L.) (i) Couvert de poils noirs ou bruns, rares en avant. Si l'on s^en fiait au rapport des voyageurs , il approcherait de la taille de l'homme, ou la surpasserait- mais on n'en a \n encore en Europe aucune partie qui indiqut cette gran- deur. Il habite en Guine et au Congo, vit en troupes, se construit des huttes de feuillages, sait s'armer de pierres et de btons, et les emploie repousser loin de sa demeure les hommes et les lphants^ poursuit, dit-on, les n- gresses, et les enlve quelquefois dans les bois, etc. Les naturalistes l'ont presque tous confondu avec VOrang- Oiitang. En domesticit, il est assez docile pour tre dress marcher, s'asseoir et mangera notre manire. ([) C est le quoja's morou ou le satyre d'Angola de Tnlpius, qui eu donne une mauvaise figure (Obs. med,, p. a^i.'), et le yc?r''?2e'<2; beaucoup mieux repre'sentc par Tyson (Anat. oi Si Pygmy ^ pi, i), et copie' jiar Schreber, pi. I. B. Scotin en avait donn une autre figure passable copie'e Amn. acad. V^I^ pi. l-,fig- 3, et SclirpJ).^ 1. C, Un individu qui ave'cu cliez Buffon., et que l'on conserve au musum, est reprsente', quoiffiie assez mal , Hist. nat, XIV , I , o il est nomm Jocko. le mme individu (Bst beaucoup mieux dans Lecat ( Trait du monuement musc. , pi. 1 , jg. T.), sous le nom de Ouimpesd,- c'est aussi ui que donne yiudebe) l ., mais d'aprs l'empaill seulement l ic nomme Pongo. go MAMMIFRES. On spare inaintenant des Oiangs Les GBBONS. (HiLOBATES. Hig.) Qui ont , avec les longs bras de TOrang propre^ et le front abaiss du Cliimpans^ les fesses calleuses comme les gue- nons, mais diffrent de celles-ci, parce qu'ils manquent de queue et d'abajoues. Ils vivent tous dans les parties les plus recules des Indes et de leur archipel. ^ Le Gibbon noir. {Simia lar. L.) Buff. XIV, ii. Onko.Yvdi. Cuv. pi. 5 et 6. Est couvert de grossiers poils noirs, et a le visage en- tour d'un cercle blanchtre. Le Gibbon brun. {Hilob. agilis. Frd. Cuv. pi. 3 et 4) Petit Gibbon. Buffon. XIV. m. Est brun , et a le tour du visage et le bas du dos d'un fauve ple. Les jeunes sont d'un blanc jauntre uniforme. Son agilit est extrme^ il vit par paires^ et son nom ma- lais wouwou est tir de son cri. Le Gibbon cendr. {Sim, leiicisca. Schreb. pi. 3 B.) Couvert d'une laine douce et cendre, visage noir, se tient dans les roseaux et grimpe aux plus hautes tiges des bambous, s'y balanant avec ses longs bras. On le nomme aussi V70UV70U. On pourrait distinguer des autres Gibbons : Le Siamang. {Simia Syndactyla. Rafl.) Frd. Cuv. ,pl. 2. Qui a le deuxime et le troisime doigt des pieds de derrire unis ensemble par une membrane troite sur toute la longueur de la premire phalange. Il est noir et a le menton et les sourcils roux , vit en troupes nombreuses qui sont conduites par des chefs courageux et vigilants, et font retentir les forts de cris pouvantables au lever et au coucher du soleil. Son larynx a un sac membraneux. Tous les singes de notre ancien continent qui vont suivre, ont le foie divis en plusieurs lobes ^ le caecum gros, court et sans appeadice ; l'os hyode en forme de bouclier. QUADRUMANES. Ql Les Guenons. (Vulg. Singes queue, CERCOPiTHECusErxl. : en partie.) (i) A museau mdiocrement prominent ( de 60 )5 des aba- joues 5 une queue j les fesses calleuses ; la dernire m.olaire d'en bas quatre tubercules comme les autres. Leurs espces trs nombreuses, de grandeurs et de couleurs trs varies , remplissent rAfrique, vivent en troupes, et font de grands dgts dans les jardins et les champs cultivs. Elles s'appri- voisent encore assez aisment. Le Patas. ( Simia ruhra. Gm. ) Buff. XIV, xxv , xxvi. Frd. Cuv. 23. Fauve roux assez vif en dessus, blanchtre en dessous; un bandeau noir sur les yeux, quelquefois surmont de blanc. Du Sngal. Le Mangabey collier. {Simia thiops. L.) Buff. XIV, XXXIII. Frd. Cuv. 24. Brun de chocolat en dessus, blanchtre en dessous et sur la nuque 5 calotte d'un roux vif, paupires blanches. Buffon le dit de Madagascar; Hasselquist d'Abyssinie. En effet, Sonnerat affirme qu'il n'y a point de singes Madagascar. Le Mangahey sans collier. ( Simia fuliginosa. Geoff. ) Buff. XIV, XXXII. Frd. Cuv. 25. Brun de chocolat, uniforme en dessus, fauve ple en dessous , les paupires blanches. Buffon le dit de Mada- gascar, et le croit une varit du prcdent. Le Callitriehe. {Simia saha. L.) Buff. XIV, xxxvii. Fr. Cuv. 19, Verdtre en dessus, blanchtre en dessous^ la face noire, les touffes des joues jauntres, le bout de la queue jaune. Du Sngal (2). (i) Cercopithecus : singea queue, nom usit chez les anciens Grecs. (2) Le nom de caZ/ii/mx est, dans Pline, 1. VIII, c. 54, celui d'un singe d'tliiopie, muni d'une barbe et d'une queue floconneuse, qui tait vraisemblablement Vouanderou, Buffon Fa appliqu arbitrairement l'espce ci-dessus. j2 MAMMIFRES. Le Malbrouc. Buff. [Simia faunus. Gni. ) Buff. XIV, xxix. Simia cynosuros scopol. Schr. pi. XIV. G. Frd. Ciiv. pl.22. Var.ducailitridie.Audeb.,4^fam., 2^sect.,pl.5.(i) Verdtre en dessus, cendr sur les membres, la face couleur de chair , point de jaune la queue, un bandeau blanc et un noir sur les sourcils; le scrotum d'une belle couleur d'outre-mer. Le Vervet. (iS". ejythropyga. Frd. Cuv. pi. 21.) Diffre du Malbrouc par un scrotum entour de poils blancs et des poils roux autour de l'anus, et le Grwet {S. gmecf.) Frd. Cuv. 21, par un scrotum vert, entour de poils fauves. Le Talapoin. {S, melarJana^ y . Cuv . pi. 18.) Buff. XIV. pi. 10. Est verdtre dessus; les touffes des joues jauntres; le nez noir au milieu d'une face couleur de chair. La Mone {Simia jnonaei S. monacha. Schr. ) Buff. XIV, XXXVI. Frd. Cuv. i3. Corps brun , membres noirs, poitrine , intrieur des bras et tour de la tte blanchtres; bandeau noir sur le front; une tache blanche de chaque ct de la racine de la queue. Le Rolowai {Simia diana. L. ) Exquima Margr. (2) Audeb. IV^ Fam. sect. Il, pi. vi , et Buff. Supp. \II , xx. Noirtre pointill de blanc en dessus, blanc en dessous, la croupe d'un roux pourpr, la face noire, entoure de blanc, et une petite barbe blanchtre au menton. ]>e Moustac {Simia cephiis. Lo) Buff. XIV, xxxiv. Fr. C. 17. Cendr bruntre, une touffe jaune au devant de chaque oreille, une bande bleu clair, en forme de chevron ren- vers, sur la lvre suprieure. (i) Le cercop. barhaius de Clusius, que Linn, cile comme exemple de son faunus , est plutt un ouanderou qu'un malbrouc, (2) La figure, jointe la description de Texquima dans Margrave, est celle d'une ouarine; et celle de l'exquima est la description de Vouarinc ou Quariba. Celle transposition a caus depuis beaucoup d'erreurs de sy- nonymie. QUADRUMAIS^ES. 93 luAscagtie {Simia-petaiirista. Gm. ) Aude}3. lY'' Fa m. sect. 11^ pi. XIII. Frcd. Cuv. pi. 16. Biun olivtre eu dessus , gris en dessous^ visage I)leUj uez blafic, touffe blanche devant chaque oreille, mous- tache noire. Le Ilocheur {Siniia nictiLans, Gm. ) Audeb. ib. XIV, Frcd. Cuv. i3. Noir ou brun pointill de blanc^ le nez seul blanc aumi- lieud'unvisageiioir,letourdeslvreset des yeux roussatre. Ces cinq dernires espces^ toutes petites , joliment va- , vies en couleur, et d'un naturel trs doux^ sont com- munes eil Guine'e. (i) Les Semnopithques. Frd. Cuv. Diffrent des guenons par un petit tubercule qu'ils ont de plus la derniremolaire d'en bas. Cesont des singes des con- tres orientales , auxquels leurs membres alongs et surtout leur trs longue queue, donnent un air particulier. Leur mu- seau n'est gurepl us saillant qu'aux gibbons, et ils ont comme eux les fesses calleuses. Ils paraissent mme manquer aussi d'abajoues. Leur larynx est muni d'un sac. Le plus anciennement connu est : Le Doue. {Simia nemus. L.) Buff. XV, xli , Fr. C. pi. ii. Remarquable par les couleurs vives et varies de son pe- lage ^ gris sur le corps et les bras, noir sur les mains , les cuisses et les pieds, d'un roux vif sur les jambes* la queue et une grande tache triangulaire sur les reins blanches^ son visage est orang, et il a un collier roux et noir, et des touffes de poils jaunes sur les cts de la tte. 11 habite la Cochinchine (2). (1) Pennant a dcrit certaines guenons sans pouces, sim. polyconios cl sim. Jerrughiea , dont Iliger a fait son genre colohiis ^ mais je n'ai pu encore les voir ^ c'est pourquoi je n'ai pas cru devoir en parler. M. Tem- mins nous assure que leur tte et leurs dents ressemblent celles des scmnopitliques. (2) M. Diard ayant envoy plusieurs doues de la Cociincliine au mu- sum d'Histoire naturelle , on s'est assure qu'ils ont des callosite's , qui leur avaient t refuses par Buffon, parce qu'il n'en avait vu qu'un indi- vidu altr par l'empaillage : ainsi il faut supprimer le genre lasiopyga d'liger, qui n'est fond que sur cette erreur. g4 * MAMMIFRES. Une autre espce se fait remarquer par la forme trs extra- ordinaire de son nez. C'est Le Nasixjue ou liahau. {Simia nasica. Sclir. ) Buff. Supp. YII, XI et XII. Fauve ^ teint de roux , le nez excessivement long et saillanten formede spatulechancre. Ce singe vit Borno en grandes troupes, qui s'assemblent matin et soir sur les branches des grands arbres aux bords des rivires r kahaii est son cri. On le dit aussi de la Cocliinchine. On compte encore dans ce sous-genre : UEntelle. (S. entelliis.T)uh.) Fr. C. pi. Set g. D'un gris jauntre ple ^ des poils noirs aux sourcils et aux cts de la tte , dirigs en avant. Du haut Bengale. C'est une des espces vnres dans la religion des brames. Le Cimepaye. {S. melalophos. Rafl. ) Fr. C. pi. 7. D'un beau roux , trs vif ^ le dessous blanc , la face bleue et une crte de poils noirs sur la tte, d'une oreille l'autre. Le Croo. {S. comata. Desm. S. cristaia Rafl. ) Fr. C. pi. n. Preshytis mitrata Kotzeb. D'un beau cendr | le dessous blanc , ainsi qu'une touffe au bout de la queue. La crte noire aux sourcils, et les poils du sommet de la tte alongs et relevs. Le Tchincou. {S. maura. L.) Fr. C. pi. 10. Tout noir, les jeunes d'un brun fauve. Ces trois der- niers sont des les de la Sonde (i). Les Macaques (2). Ont comme les semnopithques un cinquime tubercule (i) Il y a quelque variation pour leurs noms malais. Eafles ( traus. Lin. xni) , nomme le S. comata^ chinkauj le S. maura^ lotong. Aj. S. fascicularis , ou Kra, Rafles, ib, (2) Macaco , macaque , est le nom ge'nrique des singes la cte de Guine'e et parmi les ngres transporte's aux colonies. Margrave en indique une espce dont il dit qu'elle a naies datas bifidas ^ et ces mots vagues, employe's uniquement d'aprs lui, sont reste's dans le caractre que l'on appli^e au macaque de Buffon , quoiqu'on n'y voie rien de tel. QUADRUMANES. 96 leurs dernires molaires, et comme les guenons, des callo- sits et des abajoues. Leurs membres sont plus gros et plus courts qu'aux premiers, et leur museau plus saillant, leur arcade surcilireplus renfle qu'aux uns et auxautres. Assez dociles dans leurs premires annes, ils deviennent intraita- bles avec l'ge. Us ont tous un sac qui communique avec le larynx sous le cartilage thyrode, et qui se remplit d'air quand ils crient. Leur queue est pendante et ne prend point de part leurs mouvements : ils produisent de bonne heure, mais ils ne sont tout--fait adultes qu' quatreou cinq ans. Leurgo.sta- tion dure septniois^ les femelles ont souvent dans le temps du rut d'normes gonflements aux parties postrieures (i). La plupart viennent des Indes. he Macaque crinire. {Sini, silenus et leonina. L, etGm.) Ouanderou de Buff. Audeb. U^ Fam. sect. , pi. m. Noir; une crinire cendre et une barbe blanchtre lui entourent la tte. De Ceylan. Le Bonnet chinois. {Simia sinica. Gm. ) Buff. XIV, xxx Fr. C. 3o. Brun fauve assez vif dessus, blanc dessous ; la face cou- leur de chair , les poils du sommet de la tte disposs en rayons et formant une sorte de chapeau. Du Bengale, de Ceylan. Le Toque. {S. radiata. Geoff.) Fr. C. 29. En diffre par une teinte verdtre. Le Macaque de Buff. ( Simia cynoniolgos et cynocephalus. L.) Buff. XIV, XX. Fr. C. 26 et i'^^ Verdtre en dessus , jauntre ou blanchtre en dessous, les oreilles et les mains noires, la face et le scrotum tanns (2). \J Aigrette. {Simia aygula, L.) Buff. XIV, xxi^ parat n'en tre qu'une varit , distingue par un bou- quet de poils plus long au sommet del tte. (1) C'est ce qui a fait dire lien , que l'on voit dans les Indes des singes qui ont une chute de matrice. (2) Aj. le Macaque face noire. Fr. Cav. mammif. 28 , et les autres espces dcrites dans le mnic ouvrage. /' (JU MAMMIFERES. Quelques espces de macaques se distinguent par une queue' courte. Le Rhsus. Audeb. Fam. II. pi. Paias queue courte j ih. pi. iv^ et But. Supp. XIV, pi. XVI j le premier maimoii reprsent par Buff. XIV y pi. xix (i). Gristre j teint de fauve la tte et au croupion , quel- quefois sur tout le dos , la face couleur de chair, la queue passant le jarret. Du Bengale (2). Le Maimon. ( Simia nemestrina , L. et Simia platypigos. Schreb.) Audeb. il'' Fam. sect. I, pi. 11. Er.^uv. mammif. sous le nom de singe queue de cochon. Brun fonc dessus^ une bande noire commenant surla tte et s'affaibliasant le long du dos j jauntre autour de la tte et aux membres 3 la queue grle recoquille. (3) Les Magots. ( Inuus. Cuv. ) Ne sont que des Macaques auxquels un petit tubercule tient lieu de queue. Le Magot commun. ( S. SihanuSy pithecus et inuus. L. ) Buff. XIV, 7. 8. Fr. Cuv. mammif. Couvert tout entier d'un poil gris brun clair, est de tous les singes, celui qui supporte le plus aisment notre climat. Originaire de Barbarie, on dit qu'il s'est natura- lis dans les parties les moins accessibles du rocher de Gi- braltar (4)- (i) Les deux mdividus qui ont servi Audebert sont au musum. Je les ai examine's 5 ils ne font qu^une espce. {2) Le macacjue queue courte de Buff. , Suppl. VII, pi. XIII ( Sim. erytrlia, Sclir. ) me parat un vrai macaque (6\ cyiiomolgos) ^ dont la queue tait coupe. (3) Aj. le macaque de Vlnde : et le macaque jace rouge, Fred. Cuv. mammif. (4) Le pithqxie de Buff. , Suppl. Vl , pi. 4 et 5 , n'elait qu'un jeune magot. Son petit cynoce'pliale , i&. , pi. 6 , et les grands et petits cjnoce'- piinles de Prosper Alpin sont aussi de cette espce. WS-;;>:(3f est le nom grec du singe en gnral, et le singe dont ' QUADRUMANES. 97 Les Cynocphales ( Cynocphalus. C. ) ( i ) Ont avt^x les dents, les abajoues, les callosits des prc- dents, un museau along et comme tronque an bout, o sont perces les narines , ce qui le fait ressemblera celui d*un chien plus ([ue ceux des autres sin^^es j leur queue varie en longueur. Ce sonten gnral de grands singes froces et dan- gereux : la plupart vivent en Afrique. Le Papion. 13uff. {Simiasphynx. L. ) D'un jaune tirant plus ou moins sur le brun les touffes des joues fauves, le visage noir, la queue lojigue {1). On en voit de plusieurs grandeurs , qui ne diffrent probable- ment que par Tge. Adulte, il effraie par sa frocit et sa lubricit brutale. De Guine. 11 y en a une espce voisine, queue plus courte , pelage plus verdtre , touffes des joues blanchtres, visage couleur de chair. ( S. Cynoc- phalus.) Le Babouin , Fr. Cuv. Mm. du Mus. IV. pi, xix. Le Papion noir. {Simia porc aria. ^o. S. ursifia, Penn. iS". sphyngiola, Herm. La guenon face alonge. Penn. et Ijuff. Supp. \ll, pi. XV. Singe noir de Vaillant. (3) Chacina. Fr. Cuv. Manimif. ) D'un noir glac de jauntre ou de verdtre, surtout au front, les touffes des joues grises , le visage et les mains noirs. Sa queue descend jusqu'au talon et se termine par un bouquet de poil. L'adulte a une forte crinire; du reste Galien a donne l'anatomie, n'est j)as autre chose qu'un magot, quoique Camper ait pens que c'tait Torang-outang. M. de Blainvilie s'est aperu de cette me'prise, et je l'ai constate en comparant avec ces deux espces tout ce que Galicu dit de l'anatomie de son pit}i({ue. (i) Cynocphale, tte de cliien , nom trs connu chez les anciens surtout parce que cet animal jouait un {jrand l'ie clans les figures symbo- liques des E ( Simia fatuellus. Gm, ) Buff. Sup, VIL 29. A de chaque ct du front une petite touffe de poils noirs. (2) (i) Les sajous elles sais varient si fort du brun au jauntre et au blan- chtre, qu^pa serait tent d^eu faire beaucoup d'espces, si Ton n'avai,t les yariles intermdiaires. Tels sont les sim. trpida ^ syrichta y lugubrls, Jlauia , L. et Sciireb. , ainsi que quelques-uns de ceux que distingue M. Geoffroy, Ann. du mus. XIX , 1 1 1 et 1 1 2. Spix vient encore de les multiplier, selon nous, assez lgrement. Nous rapprochons du sajou{sim. apella.Ti.) le ebus rpii4.f5, pr,Max., qui ne nous parat mme que le sajou vieux. Le ceb. macrcephalus , Spix, j pi. I, ne nous parat pas non plus en diffrer par l'espce. Nous rappro- chons du sa (S. capucina, L.) le sa gorge blanche , Buff. [S. hypo- teucos'^,\e cehus libldinosus, Spx , 2 j le ce. xanthosternus , pr. Mas., ou \cceb. xanthocephalus, Sptx, 3 5 le ceb. cucullatus ^ id., 6. Nous serions plus disposs regarder comme des espces pari : le s(jKU pieds dore's , Frd. Cuv. j le sajou brun , id. , pu ceb. unicolorr, Spix., pi. 4^ \esiin.Jlav>ia, Schreb. 3 i B, dont le ceb. gracilis, Spix,, pi. 5, ne nous semble diffrer queparl'empaillage^ mais il faudra encore de nom- breuses observations, faites dans les lieux que ces animaux habitent, avant (^ue l'on puisse se flatter de ne pas en tablir les espces arbitrairement. (2) Ici doivent venir le ccbus cirrhijer, Geoffr. , et le ceb. du mme nom, pr. Max., mais qui est diffrent. Ceb. crislatus, Fr. Cuv. QUADIUIMAINES. lOO Le naturel de ces singes est doux, leurs mouvements vifs et lgers : on les apprivoise aisment. Leur petit cri flt leur a fait donner le nom de singes pleureurs. Dans les Samiris , la queue est dprime et cesse pres- que d'tre prenante , la tte est trs plate j il y a la cloi- son interorbitaire du squelette un espace membraneux. Nousn'en connaissonsqu'un. Le Samiri. ( Simia sciurea. ) Buff. XV , x. Grand comme un cureil, d'un gris jauntre; les avant- bras, les jambes et les quatre mains d'un jaune fauve ; le bout du museau tout noir. Ceux es singes d'Amrique qui n'ont pas la queue du tout preriante s'appellent en gnral Sakis. Plusieurs ont la queue trs longue et touffue, ce qui les fait nommer aussi singes queue de renard ; leurs dents saillent en avant plus que dans les autres singes. Ce sont les Pithecia de Desmarets et d'Ili- ger Le Yark. { Simia pithecia. L.) Buff. XV, xii. Pithecia- inusta. Spix. pi. io. Noirtre; le tour du visage blanchtre. he Saki gris. Piih. hirsuta. Spix. pi. 8. Gris, mains jauntres. Le Saki noir. {Simia satanas. Hofmansegg. ) Humb, Obs. zool. L. xxvii. Tout noir. Le Saki ventre roux ou Singe de nuit. ( Pithecia rufi- ventris. Geoff. ) Buff. Supp. VU, xxxi. pith. capilla- mentosa. Spix. pi. ii. Brun , ventre roux. Spix en distingue les espces dont laqueue^ quoique touffue, (i) Tous les singes d'Ame'rique queue non prenante, et les ouistitis, portent dans Buffon , en commun, le nom de sagouins ( callithrix erxl. ). Ce nom de sagouin ou agui appartient en effet , au Brsil, tous les pe- tits quadrumanes queue non prenante. ZV. B. M. Geoffr. , Ann. mus. XIX, i i2<-i i3 , donne en commun ses callithrix, qui ne sont qu'ui^e division de ceux d'Erxleben, aux noc- tliores et aux pithecia , le nom de gopithcfue. 10^ MAMMIFRES. est moins longue que le corps. Ce sont ses Brachiuuus. Son Br, Ouaraki, Sp., pi' B, a le corps fauve , la tte , le cou , les bras et les pieds noirs. On doit y joindre , si toutefois c'est une autre espce , le Sim. melanocephala, Hum!). Obs. zool. pi. 2g. Fauve, tte noire. Il y en a aussi (les Callithrix. Geoff. ou Sagouins ^ Fr. Cuv. ) dont la queue est grle , et dont les dents n'ont point de saillie. On leur a pendant quelque temps associ les samiris, mais la tte des sagoins est plus haute, et leurs canines beaucoup moins longues. Telssont : Le Sagouin masque. {Call. personala. Geoff. ) Spix. pi. 12. CalL nigrifrons. d. , t5. Gris fauve, tte et mains noires. Le S. en deuil ou la veuve ( Sim, lugens. Humb. ) Noirtre avec un large hausse-col blanc; dont le Call, amicta. Geoff. Sp. pi. i3. et Call. torquata. Hofmanseg , doivent peu diffrer (i). Les NocTHORES,Frd.Cuv., ou. NyctipithecuSj Spix, nomms mal propos Aotus par lliger. Se diffrent des sagouinsque par de grands yeux nocturnes, des oreilles en partie caches sous le poil. On n'en connat qu'un , Le Douroucouli. Humb. Obs. zool. 28 {Noctliora trivirgata. Y\\m Cuv. Mammif.) NyctipitJi, vociferans. Spix. pi. 18. Cendr dessus , fauve dessous , une ligne verticale noire sur le milieu du front et une sur chaque tempe. C'est un animal nocturne de l'Amrique mridionale. (2) Tous ces animaux sont de la Guyaune ou du Brsil. Les Ouistitis. (Hapale, lliger. Arctopithecus , Geoff.) Forment un petit genre, semblable aux sakis, et qui a long- temps t confondu avec eux dans le grand genre (i) Aj. Call. melanochir.., pr. Max. C. cinerascens , Spix, pi. 1^, en est le jeune ge, selon M. Teimraink. C. cM/^/e , Spix i pi. 17. C. Gigo, id., pi. 16. iV. B. Ce nom de Gigo ou Guigo est donne' par le pr. Maxim, son Mlanocliii\ en sorte qu^on doit le croire gnrique. (j) Aj. JYyclipithec, fellnus ^YiVK.yX. 18. QUADRUMANES. lo5 des singes; ils ont, en effet, comme les singes d'Amri- que en gnral, la tte ronde, le visage plat, les narines latrales, les fesses velues, point d'abajoues, et, comme les sakis en particulier, la queue non prenante; mais ils n'ont que vingt mclielires , comme les singes de l'an- cien continent; tous leurs ongles sont comprims et pointus, except ceux des pouces de derrire, et leurs pouces de devant s'cartent si peu des autres doigts , qu'on ne leur dunne qu'en hsitant le nom de quadru- manes. Ce sont tous de petits animaux de forme agra- ble , et qui s'apprivoisent aisment. M. Geoffroy distingue les ouistitis proprement dits, qu'il nomme Jacchus, et qui ont pour caractres des incisives in- frieures pointues, places sur une ligne courbe, et galant les canines. Leur queue est bien fournie et annele; leurs oreilles ont d'ordinaire un pinceau de poils. JJOustiti commun. [Sim. jacchus. L.) Titiy au Paraguay, Buff. XV , xv. A queue assez touffue, colore par anneaux de brun et de blanchtre, corps gris-brun , deux grandes touffes de poils blancs devant les oreilles. De presque toute l'Am- rique mridionale, (i) M. Geoffroy nomme Midas , les espces incisives in- frieures tranchantes, places presqu'en ligne droite, et moindres que les canines. Leur queue est moins paisse et non anncle. le Pinche. {Simia dipus. L. ) Buff. , XV xvii. Gris, onde de brun , de longs poils blancs sur la tte , (i) Il est difficile trtablir des limites bien spcifiques entre les ouisti* tis de differeutes couleurs. Le Jacch. peniclllatus, Geoffr,, Spix., pi. 26, a une tache blanche au front, et les touffes des oreilles brunes ou noires. Son J. leucocephalus , pr. Max. , 2e liv. , a les mmes touffes , mais le blanc y occupe toute la tte et le devant du cou. Son J. humeralifer a les e'paules , la poitrine et les bras blancs. hc jacch. alblcollis , Spix. , pi. 25, a la tache du front, les touffes des oreilles et un large collier blancs. II y en a , au contraire, o tout le blanc a disparu. Voyez Annal, du mus. , XIX, p. 1 1 g- 122. 106 MAMMI FEUES. pendants derrire les oreilles; la queue grle et rousse. Des bords de la rivire des Amazones (i). Le Tamarin. {Simia midas. L. ) Mid. Rufimanus. Geoff. Buff. XV , XIII. Noir , les quatre mains jauntres. De la Guyanne. Le Tamarin ngre. {Mid. ursulus. Geoff.) Buff. Sup. Vil, -s-^yiii. Mid.Fuscicollis. Spix.pl. 20. Tout noir , des ondes rousstres sur le dos. Le Tamarin lvres blanches. {Mid. Lahiatus. Geoff.) M. Nigricollis. Spix. 2 1 , Noir, la croupe rousstre, le tour du museau blanc. Le Marikina. {Simia rosalia. L. ) Vulg. singe lion. Buff. XIV, XVI. Jauntre, la tte entoure d'une crinire fauve dor, la queue brune au bout. De Surinam. Le Marikina noir. {Hapale chrysomelas.Vw Max. i"" livr.) Noir; les avant-bras, le dessus de la queue et une cri- nire autour de la tte, d*un roux dor vif. Le Mico. { Sim. argentata. L. ) Buff. XV, xviii. Gris-blanc argent , quelquefois tout blanc; la queue brune. De la rivire des Amazones Les Makis. {Lemur. L.) Comprennent , selon Linnaeus , tous les quadrumanes qui ont l'une ou l'autre mclioire les incisives en nombre diffrent de quatre, ou du moins autrement diriges que dans les singes. Ce caractre ngatif ne pouvait manquer d'embrasser des tres assez diffrents , et ne runissait mme pas tous ceux qui doivent aller (1) Je souponne le mid. bicolor, Spix., pi, 24 > de n'tre qu'une va- rit du S. dipus. , et son M. mystax du M. labiatus. (2) Le S> leonina , Humb. Obs. I , pi. 5, est brun et a la face noire et les lvres blanches , comme cette espce ^ mais il parat que les ix>ils de son cou sont plus pais, et forment une crinire comme aux /ar/^ma. Aj. Midas chrysopygus.^allevcr. QUADRUMANES, IO7 ensemble. M. Geoffroy a tabli dans ce genre plusieurs divisions mieux caractrises. Ces animaux ont les qua- tre pouces bien dvelopps et opposables , et le premier doigt de derrire arm d'un ongle pointu et relev; tous les autres ongles sont plats. Leur pelage est laineux; leurs dents commencent nous montrer des tubercules aigus, engrenant les uns dans les autres, comme dans les insectivores. Les Maris proprement dits. ( Lemur. ) Ont six incisives en bas, comprimes et coucbes en avant; quatre en liaut, droites, dont les intermdiaires sontcartes l'une de l'autre; des canines tranchantes, six molaires de chaque ct en haut, six en bas; des oreilles peu volumi- neuses. Ce sont des animaux trs agiles , que l'on a nomms singes museau de renard , cause de leur tte pointue. Ils vivent de fruits. Les espces en sont'nombreuses, et n'habi- tent que dans l'le de Madagascar, o elles paraissent rem- placer les singes, qui, dit-on, n'y existent pas. Elles ne diffrent gure entre elles que par les couleurs. Le Mococo. ( Lemur calta. L. ) Buff. Xll, xxii. Gris-cendr , queue annele de noir et de blanc. Le Vari. ( Lemur macaco. L. ) Buff, XIII , xxvii. Vari par grandes taches de noir et de blanc. Le Maki rouge. ( Lemur ruber. Pron. ) Fr, Cuv. Mammif. Roux-maron vif, la tte, les quatre mains , la queue et le ventre noirs, une tache blanche sur la nuque, une touffe rousse chaque oreille. Le Mongous. ( Lemur mongos. L. ) Buff. XIII , xxvi. Tout brun , le visage et les mains noires, et d'autres es- pces voisines ou varits, telles que : Le Mongous a front blanc. ( Lemur albifrons. Geoff. ) Audeb. Makis, pi. m. Brun , le front blanc, etc. (1). ( i) Aj. le maki noir L. nigep-, Edw. 218. Le maki front noir ( L. mgrifrons , (ieoffr. ). Le maki ttc noire (h. melanocephalus), Fr. C. 108 MAMMIFRES. Les Indris. ( Lichanotus. Ilig. ) Ont les dents comme dans les prcdents^ except qu'il n'y en a que quatre en bas. On n'en connat qu'une espce , sans queue , de trois pieds de haut, noire, face grise ^ derrire blanc {Lemur indri ) , Sonnerat, II'' Voy. , pi. Lxxxyi ^ que les habitants de Madagascar apprivoisent et dressent comme un chien pour la chasse (i). Les Loris, vulg. Singes paresseux. ( Stenops. llig. ) Ont les dents des makis j seulement des pointes plus ai- gus aux mchelires ', le museau court d'un doguin 5 le corps grle ^ point de queue, de grands yeux rapprochs, la lan- gue rude. Ils se nourrissent d'insectes, quelquefois de petits oiseaux ou quadrupdes, et sont d'une lenteur excessive la marche; leur genre de vie est nocturne. M. (]arlisle leur a trouv , la base des artres des membres , la mme division en petits rameaux que dans les vrais paresseux. On en connat deux espces, l'une et l'autre des Indes orientales. Le Loris paresseux ou le Paresseux du Bengale, {Lemur tardigradus. L. ) Buff. Sup. Vil, xxxvi. Gris-fauve, une raie brune le long du dos. 11 lui manque quelquefois deux incisives en haut (2). LeLoris grle, {Lemur gracilis.)BuH. XIII, xxx, et mieux, Seb. 1, XLVii. Gris -fauve, sans raie dorsale _, un peu plus petit que Le maki fraise Xje maki roux , Audeb. , pi. 2 , etc. Mais il n^est pas certain que plusieurs de ces espces ne rentrent les unes dans les au- tres. Voyez Geoffr. , Ann. mus., XIX, p. 160 et p. ( i) JJ indri longue queue ou maki bourre ( Lemur laniger, Gm. ) , Sonnerat, 2c Voy,, pi. lxxxvii , a besoin d^tre revu. (2) Sa de'marche lente, qui l'avait fait prendre pour un paresseux, a engage quelques auteurs soutenir , contre Buifon et contre la vrit', que le genre des paresseux existe aussi en Asie. QUADRUMANES. lOQ le piccdent , nez plus relev pav une saillie des itei- niaxillaires (i). Les Galago , Geoff. ( Otolicnus. IHig". ) Ont les dents et le l^^ime insectivore des prcdents j des tarses alongs ^ qui donnent leurs pieds de derrire une dimension disproportionne; une longue queue touffue , de larges oreilles membraneuses, et de .orands yeux qui an- noncent une vie nocturne. On en connat plusieurs espces, toutes d'Afrique (2). Il parat que Ton doit y rapporter aussi un animal de ce pays-l { Leniur potto , Gm. ), Bosman. Voy. en Guin. p. i5'i, n 4; auquel on attribue une lenteur comparable celle des loris et des paresseux. Les Tarsiers. (Tarsius.) Ont les tarses alongset tous les autres dtails de la forme des prcdents ; mais l'intervalle entre leurs molaires et leurs incisives est rempli par plusieurs dents plus courtes : les in- cisives mitoyennes d'en haut s'alongent et ressemblent des canines. Leur museau est trs court^ et leurs yeux encore plus grands qu' tous les prcdents. Ce sont aussi des ani- maux nocturnes , et qui vivent d'insectes, ils viennent des Moluques. ( Lemur spectrum. Pall. ) , Buff. Xll, ix (3). (i) Sur cette difierence du nez, M. Geoffroy fait, de la premire es- pce, son genre nycticebus; del seconde, son genre loris. (2) Le^rand galago, de la taille d'un lapin ( Galago crassicaudatus ^ Geoffr.). Le moyen, de la taille d'un rat ( Galago senegaleiisis , id. ), Schreb. XXXVIII, Bb, Audeb.Gal.pl. i. Le petit, encore un peu moindre, Brown, ill. 44 Comparez aussi le galago deDemidof, Fiscier, Me'm. des nat. de Moscou , I , pi. i. (3) Comparez le Tarsius fuscomanus.Yi&chav, Kxisit. esMdkis, pi. m. et le Tarsius bancanus. Horsfie'd. Jav. iV. B. Les voyageurs devront rechercber quelques animaux dessine's par Commerson , et que M. Geoffroy a fait graver, Ann. mus. XX, x , sous le nom de clieirogaleus. Ces figures semblent annoncer un nouveau genre ou sous-genre de quadrumanes. MO MAMMIFRES, TROISIME ORDRE DES MAMMIFRES. LES CARNASSIERS. Foraient une runion considrable et varie de quadrupdes onguiculs , qui possdent^ comme l'homme et les quadrumanes , Iqs trois sortes de dents, mais qui n'ont pas de pouce opposable leurs pieds de devant. Ils vivent tous de matires animales, et d'autant plus exclusivement, que leurs mchelires sont plus tranchantes. Ceux qui les ont en tout ou en partie tuberculeuses , prennent aussi plus ou moins de substances vgtales, et ceux qui les ont hris- ses de pointes coniques se nourrissent principale- ment d'insectes. L'articulation de leur mchoire infrieure , dirige en travers, et serre comme un gond , ne lui permet aucun mouvement horizontal : elle ne peut que se fermer et s'ouvrir. Leur cerveau, encore assez sillonn, n'a point de troisime lobe, et ne recouvre point le cervelet, non plus que dans les familles suivantes ; leur orbite n'est point spar de leur fosse temporale dans le squelette 5 leur crne est rtrci et leurs arcades zvgomatiques cartes et releves pour donner plus de volume et plus de force aux muscles de leurs xiichoires. Le sens qui domine chez eux est celui de l'odorat, et leur membrane pituitaire est gn- ralement tendue sur des lames osseuses trs mul- CAPiINASSERS. 111 tipliees. L'avant-bras peut encore tourner dans pres- que tous, quoiqu'avec moins de facilit que dans les quadrumanes, et ils n'ont jamais aux pieds de de- vant de pouces opposables aux autres doigts. Leurs intestins sont moins volumineux , cause de la na- ture substantielle de leurs aliments, et pour viter la putrfaction que la chair prouverait en sjour- nant trop long-temps dans un canal prolong. Du reste, leurs formes et les dtails de leur or- ganisation varient beaucoup et entranent des va- rits analogues dans leurs habitudes, au point qu'il est impossible de ranger leurs genres sur une mme ligne , et que l'on est oblig d'en former plusieurs familles qui se lient diversement entre elles par des rapports multiplis. Premire Famille des Carnassiers. LES CHIROPTRES Ont encore quelques affinits avec les quadru- manes, par leur verge pendante et parleurs ma- melles places sur la poitrine. Leur caractre dis- I tinctif consiste dans un repli de la peau qui prend aux cts du cou , s'tend entre leurs quatre pieds et leurs doigts, les soutient dans l'air, et permet mme de voler ceux qui ont les mains assez d- veloppes pour cela. Cette disposition exigeait de fortes clavicules et de larges omoplates pour que l'paule eut la solidit requise ; mais elle tait in- 112 MAMMIFERES. ^ compatible avec la rotation de ravant-bras, qui aurait affaibli la force du choc ncessaire au vol. Ces animaux ont tous quatre grandes canines, mais le nom])re de leurs incisives varie. On n'en a fiiit long-temps que deux genres d'aprs l'tendue de leurs organes du vol , mais le premier des deux exige plusieurs subdivisions. Les Chauve-Souris. (Vespektilio. Lin.) Ont les brasj^es avant-bras et les doigts excessivement alongs ,' et formant , avec la membrane qni en remplit les intervalles, de vritables ailes, autant et plus ten- dues en surface que celles des oiseaux. Aussi les cbauye- souris volent-elles trs haut et trs rapidement. Leurs muscles pectoraux ont une paisseur proportionne aux mouvements qu'ils doivent excuter, et le sternum a dans son milieu une arle pour leur donner attache, comme celui des oiseaux. Le pouce est court, et arm d'un ongle crochu , qui sert ces animaux se suspendre et ramper. Leurs pieds de derrire sont faibles, divi- ss en cinq doigts presque toujours gaux et arms d'on- gles tranchants et aigus. Il n'y a point de caecum leurs intestins. Leurs yeux sont excessivement petits, mais leurs oreilles sont souvent trs grandes , et forment avec leurs ailes une norme surface membraneuse, presque g nue, et tellement sensible, que les chauve-souris se di- ^ rigent dans tous les recoins de leur labyrinthe, mme I aprs qu'on leur a arrach les yeux, probablement par la seule diversit des impressions de l'air. Ce sont des animaux nocturnes qui , dans nos climats , passent l'hiver en lthargie. Ils se suspendent pendant le jour dans des lieux obscurs. Leur porte ordinaire est de deux petits, qu'ils tiennent cramponns leurs mamelles , et dont la grosseur est considrable pro|)ortion de celle de leur mre. CARNASSIEKS. Il5 Ce genre est trs nombreux , et prsente beaucoup de subdivisions. Il faut d'abord en sparer. Les Roussettes. (Pteroptjs. Brsss. ) Qui ont des incisives tranchantes chaque mchoire et des mchelircs couronne plate (i) j aussi vivent-elles en grande partie de fruits dont elles dtruisent beaucoup j elles savent cependant trs bien poursuivre les oiseaux et les petits qua- drupdes. Ce sont les plus grandes chauves-souris, et on mange leur chair. Elles habitent dans les Indes-Orientales. Leur membrane est chancre profondmmit entre leurs jambes 5 elles n'ont point ou presque point de queue j leur doigt index, de moiti plus court que le mdius , porte une troisime phalange et un petit ongle qui manque dans les autres chauve-souris mais les doigts suivants n'on chacun que deux phalanges; leur museau est simple, leurs narines cartes , leur oreille mdiocre , sans oreillon , et leur lan- gue hrisse de piquants recourbs en arrire; leur estomac est un sac trs along et ingalement renfl. On n'en d- couvert que dans l'Asie mridionale et l'archipel des Indes. I. Roussettes sans queue , quatre incisives chaque mchoire (2). La Roussette noire. ( Pter. edulls. Geoff. ) D'un brun noirtre, plus fonc en dessous; prs de quatre pieds d'envergure. Des les de la Sonde, des Moluques, oii elle se tient le jour suspendue en grand nombre aux arbres. On est oblig de garnir les fruits de filets, pour les prserver de ses dvastations. Son cri est fort et res- semble celui de l'oie. Elle se prend au moyen d'un sac qu'on lui tend au bout d'une perche; les indignes trou- vent sa chair dlicate , mais elle dplait aux Europens, cause de son odeur- de musc (3). (i) Les mchelires ont proprement deux saillies longitudinales et pa- rallles, spares par un sillon , et qui s\isent par la dtrition. (2) Linnceus les confondait sous son espce du vespertilio vampirus. (3) Selon M. Temmink, la Roussette cV Edwards, Geoff. , Edw. 108 , fauve dos brun fonc , n'est que le jeune ge de cette espce. TOME I. 8 1 l4 MAMMIFRES. La Roussette. ( Pter. vulgaris. Geoff. ) Buff. X , xiv. Brune ^ la face et les cts du dos fauves. Des les de France et de Bourbon , o elle habite sur les arbres dans les forts. On a compar sa chair celle du livre et de la perdrix. La Roussette collier j Roulette de Buff on. ( Pter, ruhri- collis. Geoff. ) Buff. X, xvii. Gris-brun , le cou rouge. Des mmes les, o elle vit dans les arbres creux et les trous des rochers (i). 1. Roussettes v^ec une -petite queue ^ quatre incisives chaque mchoire. M. Geoffroy a, le premier, fait connatre des espces de cette subdivision. Une d'elles , laineuse et grise ( Pter. cegyptiacus ) , vit en Egypte dans les souterrains^ une autre , rousstre^ queue un peu plus longue et demi engage dans la membrane ( Pfer. amplexicaudus)^ Ann. Mus., t. XV, pi . IV, vient de l'archipel desIndes , etc. (2) 3. D'aprs les indications de M. Geoffroy , nous dtachons encore des roussettes les cephalotes , qui ont les mmes m- chelires, mais o l'index, court et pourvu de ses trois pha- langes comme celui des prcdentes^ manque cependant d'ongle. Les membranes de leurs ailes, au lieu de se joindre aux flancs, se runissent l'une l'autre sur le milieu du dos , auquel elles adhrent par une cloison verticale et longitudi- nale. Elles n'ont souvent que deux incisives. La Cphalote de Prou. {Cephalotes Peronii. Geoff. ) Geoff. Ann. du Mus., XV, pi. iv. Brune ou rousse. De Timor. Une fois les roussettes retranches, il reste les vraies CHAUVE-SOURIS, qui sont toutes insectivores, et ont toutes des (i) Ajoutez Pter. mdius. Pter. phops. Pter. poUocephalus. Pter. dasyrnallus, Temm. Mamm. pi. x. Pter. pallidus. Pter. Keraudrenius., Quoy et Gaym.,Voy. de Freycinet, Pter. grlseus, Geoff. An. Mus. pi. 3. XV, vi ^ Cop. Temm., pi. xi. Pter. personatus. Pter. melanocephalus , Temm. pi. xii. (2) Aj. Pter. slramineus. Pter. marginotus, Geoi.y]oc. cit. }'l.,v. Pter. minimus, id. ou kiodote , Fr. C. ; ou Pter. rostratus, Horsf. CARINASSIERS. Il5 mchelires au nombre de trois de chaque ct chaque m- choire, hrisses de pointes coniques prcdes d'un nombre variable de fausses molaires. Leur index n'a jamais d'ongle, et, UM seul sous-genre except, leur membrane s'tend tou- jours entre les deux jambes. On doit les diviser en deux principales tribus. La premire a au doigt mdius de l'aile trois phalanges ossifies , mais les autres doigts et l'index lui-mme n'en ont que deux. A cette tribu, qui est presque entirement trangre, appartiennent les sous-genres suivants. Les Molosses. (Molossus. Geoff. Dysopes. lliger.) A museau simple , . oreilles larges et courtes, naissant prs de l'angle des lvres, et s'unissant l'une l'autre sur le museau , l'oreillon court et non envelopp par la conque. Leurqueue occupe toute lalongueurde leurmembrane inter- fmorale, et s'tend le plus souventau-del. On neleur compte presque toujours que deux incisives chaque mchoire; mais, selon M. Temmink, plusieurs en auraient d'abord six en bas, dont il se perdrait successivement quatre. Les DiNOPS de M. Savi sont de ces moloses six inci- sives infrieures. l y en a une espce en Italie {Dinops cestonii. Savi ), Giorn. de letter., n 21, p. 23o. M. Geoffroy a nomm Nyctinomes ceux o il a compt quatre incisives infrieures (i). On n'avait d'abord dcouvert de molosses qu'en Amri- que (2) ; mais on en connat aujourd'hui des deux conti- (1) Le nyctlnome < Egypte , Geoffr. , Eg. Mammif. , pi. 11, f. 2 , et Temm. , Monog. des Mamm. , pi. xix. Le Nfctinomc du Brsil^ Isid. Geoffr., Ann. des Se. nat., , pi. xxii, on Mol. iiasutus , Spix, pi. xxxv, f. 7. Le JY. grle (iV. Tenais, Horsf., Jav., no 5. ), et Temm., Monog., pi. xTx bis. (2) Buifon en a trois, confondus par Gmel. sous le nom commun de T^espertilio molossus : IM. longicaudatus , Buff. X, xix ,2. M.fusci- venter, ib. 1. Wl. g^M^^a/ze/z^w , id., Supp. YIT, lxxv. Depuis lors ils se sont mutiplie's. M. rufus ^ Geoffr. , Ann., Mus. VI , i55. M. alecto, Temm. , Monogr. , pi. xx. M. Ahrasus , Temm., ib. , pi. xxi. M. T^ox Naitcrer , Temm., pL xxii, i. M. Oi*cM/-*, Geoff., Temm., jb. , p], xxi , 1. Mais ces espces n'ont pas e!t suffisamment compares 8* Il6 MAMMIFRES. nents (i). Plusieurs ont le pouce des pieds de derrire plus spar que les autres doigts, et mobile sparment, carac- tre sur lequel, dans une espce o. il est trs prononc, M. lorsfield a tabli son genre Cheiromeles (2). C'est probablement ici qu'il faut encore placer les Thirop- TERA de Spix, qui paraissent avoir plusieurs des caractres des Molosses, et dont le pouce porte une petite palette con- cave qui leur est particulire et peut leur servir se mieux cramponner (3). Les Noctilions. ( Noctilio. Linn. Ed. XII. ) A museau court renfl, fendu, comme en un double bec de livre, garni de verrues et de sillons bizarres, oreilles spares; ils ont quatre incisives en haut et deux en bas j leur queue est courte et libre au-dessus de leur membrane interfmorale. L'espce la plus connue est d'Amrique, de couleur fauve uniforme, {l^esp. leporinus. Gm.) Schreb. lx. (4) Les Phyllostomes. {Plvyllostoma. Cuv. et Geoff. ) Dont le nombre rgulier des incisives est de quatre chaque mchoire, mais o une partie de celles d'en bas tombent souvent, rejetes par l'accroissement des canines, et qui se distinguent en outre par la membrane en forme de feuille releve en travers sur le bout de leur nez. Le tragus de leur oreille reprsente une petite feuille plus ou moins dentele. Leur langue, qui peut s'alonger beaucoup, se celles de Buffon , ni aux M. iirsinus^ Spix , pi, xxxv , f . 4 et M. fu- marius , ib. ,1. 5 et 6, (i) M. pUcaius ( Vespert. plicatus, Buchan. ) , Trans. linn. , Y, pi. XIII. M. de JRuppel (Dysopes ruppelii , Temm. , Monogr., pi xviii.) (2) Cheiromeles torqiiatus , Horsfield , Jav. , ou Dysopes cheiropus , Temm. , Monog. , pi. xvii. (3) TJiir. tricolor^ Spix, 36, f. 9. Nous ne plaons ce sous-genrc qu'avec doute , parce que sa description est incomplte. (4) Le IV. dorsatiis^ Geoff. ou lYvUtatuSj Pr. Max., a une bande blan- chtre le long du dos. Le JY. albwenter^ Spix, 35 , 2 et 4 5 cs^fauve dessus, blanc dessous, et un peu plus petit. Aj. N. rufus, Spix, 35, i. CARNASSIERS. J IJ termine par des papilles qui paraissent disposes pour for- mer un organe de succion , et leurs lvres ont aussi des tu- bercules arrangs symtriquement. Ce sont des animaux d'Amrique^ qui courent terre mieux que les autres chauve- souris , et qui ont l'habitude de sucer le sang des animaux. I. Phyllostomes sans queue. ( Vampirus. Spix. ) Le Vampire, ( V, spectrum.\j.) Andira-guau des Brasiliens. Seb. Lviii. Geoff. Ann. Mus. XV, xii^ 4* A feuille ovale creuse en entonnoir j brun-roux, grand comme une pie. De l'Amrique mridionale. On l'a accus dfaire prir les hommes et les animaux en les suant, mais il se borne faire de trs petites plaies qui peuvent quelquefois tre envenimes par le climat (i). 2. Phyllostomes queue engage dans la membrane in terje'mora le . Le Fer de lance. ( V. hastatus. L. ) Buff. XIII, xxxiii. Feuille du nez en forme de fer de lance , bords entiers (2). 3. Phyllostomes h queue libre au-dessus de la membrane. Le Fer crnel. ( Fh, crenulatum Geoff. Ann. du Mus. XV,pl. X. ) Feuille du nez en forme de fer de lance dentel au bord. M. Geoffroy, Mm. du Mus. IV, p. 4i8> distingue des phyllostomes, les espces langue troite susceptible d'alon- gement et garnie de papilles semblables des poils; et il les nomme Glossophages. Toutes ces espces sont aussi d'Amrique (3). (i) Ajoutez : La luneUe. ( Vesp. perspicillatus . L. ) Buff.,Sup. VII , Lxxiv. Et les trois espces donnes d'aprs Azzara, par M. Geoff., Ann, du Mus-, VI, 181 - 182. (2) Ajoutez : Philost. elongatum, Geoff., Ann. Mus., XV, ix. (3) Vespertilio soricinus, Pall., Spicil., Fascic. III , pi. m et iv, Coi Buff. Suppl. III, pi. 53. Glossoplu amplexicaudatus, Geoff. , Mem. Mus., IV, pi. 8, F. C. Gl. cauclifery Id., ib,, pi. i7,Fig. A. et B, 11 8 MAMMIFERES. La deuxime grande tribu des chauves-souris n'a Tindex qu'une phalange ossifie, et les autres doigts en ont chacuu deux. On divise aussi cette tribu en plusieurs sous-genres. Les Megadermes. ( Geoff. Ann. du Mus. XV. ) Qui ont sur le nez une feuille plus complique que celle des phyllostomes , l'oreillon grand, le plus souvent fourchu , les conques des oreilles trs amples et se soudant l'une l'autre sur le sommet de la tte , la langue et les lvres lisses, la membrane interfmorale entire et sans queue. Ils ont quatre incisives en bas 5 mais ils en manquent en haut , et leur os intermaxillaire reste cartilagi- neux. Ils sont tous de l'ancien continent, soit d'Afrique, comme \si Feuille. { 3Ieg. frons.y GeoH.) Du Sngal , feuille du nez ovale presque aussi grande que la tte; ou de l'archipel des Indes, comme le spasme de Ternate {Ves~ pert. spasma, L. Seb., I, lvi) La lyre, Geoff., Ann. Mus., XV, pi. XII. Le trfle de Java, Id.,ib., etc. On les distingue entre eux par la figure de leurs feuilles, comme les phyllostomes. Les Rhinolophes. ( Rhinolophus Geoff. et Cuv. ) Vulgaire ment Fers-a-cheval. Qui ont le nez garni de membranes et de crtes fort com- pliques, couches sur le chanfrein , et prsentant en gros la figure d'un fer cheval; leur queue est longue et place dans la membrane interfmorale. Us ont quatre incisives en bas et deux trs petites en haut dans un os intermaxillaire cartilagineux. Il y en a deux espces trs communes en France et d- couvertes par Daubenton. Le grand Fer-a-cheval. ( Vesp.ferrum equinuiu. L. ) Buff. ou Rhinolophe hfer. Geoff. Ann. mus. XX, pi. v , et le petit. ( Vesp. hipposideros. Bechst. ) Buff. YII, xvii, 2 et XX. Geoff., loc. cit. Qui habitent les carrires, s'y tenant isols, suspendus CARNASSIERS. 1 ig par les pieds , et s'euveloppant de leurs ailes de manire k ne laisser voir aucune autre partie de leur corps (i). Les Nyctres. ( Nycteris. Cuv. et Geoff.) Dont le chanfrein est creus d'une fosse longitudinale marque mme sur le crne et borde d*un repli de la peau qui la recouvre en partie. Leurs narines sont simples. Ils ont quatre incisives en haut sans intervalles et six en bas ^ leurs oreilles sont grandes , non runies , et leur queue est comprise dans la membrane interfmorale. Ce sont des esp- ces d'Afrique. Daubenton en a dcrit une sous le nom de campagnol volant^ Buff.,X^pl. xx^ fig. i et i, {v. hispdus, Linn., Sclireb., L\L );M. Geoffroy en a trouv d'autres en Egypte (2). Les Rhinopomes. (Geoff.) Ont sur le chanfrein un fosse moins marque, les narines au bout du museau et une petite lame au-dessus prsentant une espce de boutoir; leurs oreilles sont runies , et leur queue dpasse de beaucoup la membrane. On en connat un d'Egypte j o il se tient surtout dans les pyramides (3). Les Taphiens. (Taphozous. Geoff. ) Ont au chanfrein une fossette arrondie^ mais leurs narines n'ont point de lames releves, leur tte est pyramidale, et on ne leur compte que deux incisives en haut, ils en manquent mme souvent^ leurs incisives infrieures sont au nombre de quatre et trilobes, leurs oreilles sont cartes et leur queue libre au-dessus de la membrane. Les mles ont sous la gorge une cavit transversale. Un petit prolongement de la membrane de leurs ailes forme une sorte de poche prs (i) Ajoutez les quatre autres espces reprsente'es, Geoff., Ann. Mus. , XX , pi. V , dont une est le vesp. speoris, Sclir.,LlX, B., et Pe'ron.Voy. Aux Terres aust. pi. 35. (2) JSyctre de la Thbade^ 29, Mammif.,i, a, 2 5- et Ann. Mus., XX, pi. I. iV". de Java , Geoffr., Ann. Mus. XX, pi. i. (3) Rhinopome Microphylle^ Geoff. j P'^espertilio microphyllus , Schr. 120 MAMMIFERES. du carpe (i). M. Geoffroy en a dcouvert une espce dans les catacombes d'Egypte (2). Les Mormoops. Leach. Ont quatre incisives chaque mchoire ^ les suprieures assez grandes j les infrieures trilobes j leur crne est singu- lirement lev, comme une pyramide au-dessus du museau^ et de chaque ct du nez est uoe lame triangulaire qui va rejoindre l'oreille (3). Les Chauves-souris communes ou Yespertilions. (Yespertilio. Cuv. et Geoff. ) Qui ont le museau sans feuille ni autres marques distinc- tives, les oreilles spares, quatre incisives en haut, dont les deux moyennes cartes, et six en bas tranchant un peu dentel : leur queue est comprise dans la membrane. Ce sous- genre est le plus nombreux de tousj on en trouve des espces dans toute les parties du monde. Nous en comptons six ou sept en France. Les unes ont l'oreillorf en forme d'alne, et c'est cette division qu'appartient l'espce la plus connue ou La Chaude ' souris ordinaire. ( Vesp. murinus. Linn. Y. TJirofw. Kuhl.) Buff. \11I, XVI. A oreilles oblongues de la longueur de la tte, poil brun, marron dessus, gris-clair dessous^ les jeunes, gris- cendr. On a observ depuis peu en Europe quelques espces plus petites mais voisines (4). (1) C'est ce qui avait fait nommer par Iliger, saccopterix , celui de ses genres qui comprend les taphiens. (2) Le TapLien filet, Eg. Mammif., I, i, i. Le taphien perfore', ib. ni, L., qui ne parat pas diffrer du lerot volant, Daub, T. seiegalensis^G. Ajoutez le Kesp. lepturus, Gm., Sclir., LVIL Le T. des Indes ( V. brachmanus, G. ). Le T. de l'Isle-de-France, (T. mauritianus, G.). Le T. roux ( T. rufus, Wils., Amer. Oruith., tom. VI , pi. l , n 4* ) Le T. aux longues mains [ T. longimanus. Hardw. ), Trans. Linn. , tome, pi. XVII ? (3) L'espce (Mormoops Blaiuvillii, Leacli., Trans. Linn., XIII) est de Java. (4) Le V. de Beschstein (V. beschsteinii, Leisler ), Kuhl, Chauves. CARNASSIERS. 121 D'autres vespeitilionsontroreillou anguleux. Telle est : La Srotine. ( /^. serotinus. L.) Buff. YIII, xviii^ 2. Manon-fonc^ ailes et oreilles noirtres, la conque de celles-ci triangulaire, plus courte que la tte. La fe- melle est plus ple. On la trouve sous les toits des glises et autres difices peu frquents (i). D'autres encore ont l'oreillon en forme de croissant. La Noctule. ( V. noctula. L.) Buff. YHl , xviii, i. Y. -pro- terus. Kulil. V . lasiopterus Sclireb. 58. B. Fauve, oreilles triangulaires, plus courtes que la tte, l'oreillon arrondi^ un peu plus grande que la srotine. On la trouve dans les creux des vieux arbres, etc. La Pipistrelle. ( V ,pipistrellus. Gm. ) Buff. YIII, xix^ i. La plus petite de ce pays-ci 5 brune noirtre, oreilles triangulaires (2), M. Geoffroy spare encore des vespertilions Les Oreillards. (Plecotus. Geoff. ) Dontles oreilles , plus grandes que la tte, sont unies l'une l'autre sur le crne, comme dans les megadermes, les rhinopomes, etc. Leur oreillons est grand et lancol, et il y a un opercule sur leur trou auditif. L'espce vulgaire (/^e^-p. aurituSy L.), Buff., YIII, xvii, i, est plus commune encore ici que la chauve-souris; ses oreilles galent presque son corps. Elle habite les maisons, les cuisines, etc. Nous en avons une autre, dcouverte par Daubenton , la harbastelle ( Vesp, harbastelluSy d'Allem.^ pi. xxii. Le V. moustaches ( Mystacinus, id.), Ib. 18. V. Daubentoni, Leisler, KuhL, pi. xxv , 2. V. Natlereri^ Kuhl., pi. xxin, etc. Aj. en espces e'trangres : V. emarginatus, Geoff., Ann. Mus. , VIII, pi. XLvi. V. pictuSjTu., ou kii ii^oula de Jay a, Seb. , I, pi. Lvi, f. 23. V. polfirixj Isid. Geoff., Ann. des Se. nat., III, p. 44o- ^- lei^is, Ici., ib,, etc. (i) Aj. V. carolinensis, Geoff., Ann. Mus., VIII, pi. XLvn. (2) Aj. le V. de Kuhl (V. Kuhlii. Natterer.) , Kuhl, Chauves. d'Allem., p. 55. J22 MAMMIFRES. Gm.), Buff., Vll y XIX , 2. Brune , oreilles bien inoins grandes (i). Enfin les Nycticees {Rafinesque) , ont, avec les oreilles mdiocres 7 et le museau simple des vespertilions , deux incisives seulement la mchoire suprieure. Les espces connues sont de l'Amrique septentrionale (2). Les Galopithques. (Galeopithegus. Pall.). Vulg. Chats volants. Diffrent gnriquement des chauves-souris, parce que les doigts de leurs mains ^ tous garnis d'ongles tranchants, ne sont pas plus alongs que ceux des pieds; en sorte que la membrane qui en occupe les intervalles et s'tend jusqu^aux cts de la queue, ne peut gure remplir que les fonctions de parachute. Leurs canines sont denteles et courtes comme leurs molaires. En haut sont deux in- cisives aussi denteles , trs cartes l'une de l'autre; en bas six , fendues en lanires troites comme des peignes, structure tout--fait particulire ce genre. Ces animaux vivent sur les arbres dans l'archipel des Indes, et y poursuivent les insectes, et peut-tre les oiseaux ; en juger par la dtrition que leurs dents prouvent avec l'ge, ils doivent aussi se nourrir de fruits. Ils ont un grand csecum. (i) Aj. V oreillard de Timor ( Plec. timoriensis , Geoff). L'or, voile' ( PI. velatus. Isid. Geoff). L'or, de Mauge'. (PI. Maugei. Desmr. ). L'or, cornu, {^Plec. cornutus, Fabre). Le Vesp. megalotis, Eafin. JV. B. Notre plan ne nous permeUant de classer que des animaux dont nous avons constat les caractres par nos propres observations ou d aprs des descriptions et des figures bien compltes, nous avons e't oblige' d'omettre plusieurs des genres de MM. Leacli , Rafinesque , etc. j et nous devons faire observer ici , en gne'ral , qu'il n'est point de famille qui ait besoin plus que celle des chauves-souris d'une revue faite sur na- ture et non par voie de compilation. (2) Vespertilio lasiurus, Schreb., LXII , B. V. noi^ehora censisj Penn. Quadr., pi. xxxi , f. 2. Vesp. borbonicus., Geoff., Ann. Mus. , VIII , pi. XLVI. CARNASSIERS. 123 On n'en connat distinctement qu'une espce , pelaj^e gris-roux en dessus , rousstre en dessous , varie et raye de diffrents gris dans la jeunesse. C'est le Lemurvolans. Linn.^ Audeb., Galaeop. , pi. i et ii. Elle habite aux Mo- luques, aux les de la Sonde, etc.... Tous les autres carnassiers ont les mamelles si- tues sous le ventre. LES INSECTIVORES. Qui en forment la deuxime Famille , Ont , comme les chiroptres , des mchelires hrisses de pointes coniques, et une vie le plus so|tvent nocturne ou souterraine : ils se nourrissent principalement d'insectes, et^ dans les pays froids, beaucoup d'entre eux passent l'hiver en lthargie. Ils n'ont pas, comme les chauves-souris, de mem- branes latrales, et ne manquent cependant jamais de clavicules; leurs pieds sont courts et leurs mou ve- mens faibles , leurs mamelles places sous le ventre, et leur verge dans un fourreau ; aucun n'a de cae- cum , et tous appuient la plante entire du pied sur la terre en marchant. Ils varient par la position et la proportion rela- tives de leurs incisives et de leurs canines. Les uns ont de longues incisives en avant, sui- vies d'autres incisives et de canines toutes moins hautes mme que les molaires , genre de dentition dont les tarsiers^ parmi les quadrumanes, nous ont dj donn un exemple , et qui rapproche un peu ces animaux des rongeurs. D'autres ont de grandes ca- 124 MAMMIFRES. nines cartes^ entre lesquelles sont de petites in- cisives, ce qui est la disposition la plus ordinaire aux quadrumanes et aux carnassiers ; et ces deux dispositions dentaires se trouvent dans des genres d'ailleurs trs semblables pour les tguments, les formes des membres et le genre de vie. ^ Les HPdssoiNS. (Emnaceus. Lin.) Ont le corps couvert de piquants au lieu de poils. La peau de leur dos est garnie de muscles tels que l'animal, en flcliissant la tte et les pattes vers le ventre , peut s'y renfermer comme dans une bourse, et prsenter de toutes parts ses piquants l'ennemi. Leur queue est trs courte, et tous leurs pieds ont cinq doigts. Il y a cha- cune de leurs mchoires six incisives, dont les mitoyen- nes sont plus longues; et de chaque ct trois fausses molai- res, trois molaires hrisses, et une petite tuberculeuse. Le ^em^o/z ordinaire. {Erinaceus europus Lin. ) Buff. Yni,vi. A oreilles courtes, assez commun dans les bois et dans les haies, passe Tliiver dans son terrier, et en \essort au printemps avec des vsicules sminales d'une ampleur et d'une complication incroyables-^ Aux insectes qui font son rgime ordinaire, il mle les fruits, qui lui usent un cer- tain ge les pointes de ses dents. On se servait autrefois de sa peau pour serancer le chanvre. Le Hrisson longues oreilles. {Erinaceus auritus.VaW.) Schreb. CLXll. Plus petit que le vulgaire , oreilles grandes comme les deux tiers de la tte; d'ailleurs semblable au ntre par la forme et par les murs : il habite depuis le nord de la mer Caspienne jusqu'en Egypte (i). (i) Pallas a remarque , comme un fait intiessant , que les hrissons mangent des centaines de cantharides sans en souffrir, taudis qu'une seule cause des tourments horribles aux chiens et aux chats. CARNASSIERS. 125 Les Tenrecs. Cuv. (Centenes. Iliger. ) Ont le corps couvert d'pines comme les hrissons; mais ils ne jouissent pas de la facult de se rouler aussi compltement en boule : ils maiMjuent de queue ; leur museau est trs pointu, et leurs dents sont trs diff- rentes. Chacune de leurs mchoires a quatre ou six in i cisives et deux grandes canines. Derrire leurs canines sont une ou deux petites dents et quatre molaires trian- gulaires et hrisses. On en trouve Madagascar trois espces, dont la premire a t naturalise l'le de France. Ce sont des animaux nocturnes, qui passent trois mois de l'anne en lthargie , quoique habitants de de la zone torride. Bruguire assure mme que c'est pendant les plus grandes chaleurs qu'ils dorment. Le Tenrec. {Erinaceiis ecaudatus. Lin.) Bufr. XII, lvi. Couvert de piquants roides , incisives chancres , au nombre de quatre seulement en bas. C'est le plus grand des trois : il surpasse notre hrisson. he Tendrac. {Erinaceussetosus. Lin.) Buff. XII , lvii. A piquants plus flexibles, plus semblables des soies; six incisives chancres chaque mchoire. Le Tenrec ray (0* ( Erinaceus semi-spinosus. ) Couvert de soies et de piquants mls , ray de jaune et de noir; ses incisives, au nombre de six, etses canines, sont toutes grles et crochues : il est peine de la taille de la taupe. Les Cladobates. (Cladobates. Fr. Cuv.) Tupaia. Rafles. Sont un genre nouvellement caractris de l'archipel (i) Buff., Supp. ll, pi. XXXVII , l'a pris , mal propos , pour un jeune tenrec. Sonnerai, Voy. la Chine, II, p. 1 4^, en de'crit mal les dents. l26 MAMMTFUES. des Indes, dont les dents ont assez de rapports avec celles des hrissons , si ce n'est que leurs incisives mi- toyennes suprieures sont moins longues proportion , qu'ils en ont quatre d'alonges la mchoire infrieure, et qu'ils manquent d tuberculeuse en arrire. Ce sont des aniuaux couverts de poils, longue queue velue, qui, l'opposite des autres insectivores, montent sur les arbres avec agilit comme les cureils; mais leur museau pointu les en fait distiguer , mme de loin (i). Les Musaraignes. (Sorex. Lin.) Sont des animaux gnralement petits et couverts de poils. Sur chaque flanc on leur trouve, sous le poil ordinaire , une petite bande de soies roides et serres, entre lesquelles suinte, l'poque du rut, une humeur odorante , produite par une glande particulire. (2)Leurs deux incisives suprieures mitoyennes sont crochues et dentes la base; les infrieures , couches et prolon- ges : cinq petites dents de chaque ct suivent les pre- mires, et deux seulement les secondes. Il y a, de plus, chaque mchoire, trois molaires hrisses, et celle d'en haut en arrire , une petite tuberculeuse. Ces ani- maux se tiennent dans des trous qu'ils creusent en terre, ne sortent gure que vers le soir , et vivent de vers et d'insectes. On n'en a long-temps remarqu en France qu^une espce. La Musaraigne commune ou Musette. ( Sor. araneus. Lin. ) Buff. \m, X, I. Grise dessus, cendre dessous , queue carre, d'un tiers moins longue que le corps, les dents blanches, l'oreille nue et dcouverte : elle est assez rpandue la campagne dans les prs, etc. .On Fa accuse de causer une (i) Le banxring {cladobates javanica., Fr. Cuu.y^ Tiipaia jaucmica, Horsf.jJav. Tue tajia (cl. tana,Tv. Cia'\ Tiip. tana, Horsf.); Le press. ( cl.Jerruglnea, Fr. Cuv.; Tup ferru^inea^ Rafle.) (2) Voyez Geoffr., mem. du Mus., tom. i. p. 299. CAUINASSIERS. 1 27 maladie aux chevaux par sa morsure j mais cette imputa- tion est fausse ^ et tient peut-tre ce que les chats tuent bien la musaraigne , mais refusent de la mangera cause de son odeur Daubenton a fait connatre : Ya Musaraigne d'eau. (^Sorexjbdiens Gvn. S. Daubentonii. Blumenb.)Buff. VU, XI. Un peu plus grande que la commune. Noire dessus , blanche dessous, queue comprime au bout , d'un quart moindre que le corps : ses incisives sont rousses au bout, son oreille entoure de blanc, en grande partie cache dans le poil, peut se fermer presque hermtiquement quand elle plonge , et les cils roides qui bordent ses pieds lui don- nent de la facilit pour nager j aussi frquente-t-elle de prfrence les bords des ruisseaux. On a encore observ en Europe diverses musaraignes qui diffrent quelques gards des prcdentes ; mais comme dans ce genre l'ge et la saison influent sur les couleurs du pelage , on n'est pas certain que ce soient toutes des espces constantes, (i). Les pays trangers ont aussi les leurs, dont la plus re- marquable est la M. queue de rat {S. myoswus. Pall. ), Act. petrop., 1781 , ^'part. pi. 4* Mus. musque de Vlnde, Buff., Supp., VII j, 71 , qui a les formes et les couleurs de notre M. commune, ses grandes oreilles nues, mais dont la queue est ronde et garnie seulement de poils clair sems , et qui gale presque en grandeur notre sur- (i) LeiS". /eMCO(io/z., Schr., i5g, D.,ne me parat pas diffrer de la musa- raigne commune. Je souponne beaucoup les S. tetragonurus et con- strictus d'Herra. Schr.,i59, B. et C, ou Geoff., Ann, Mus., XVII , pi. 11, f. 3 , et pi. m , f. I , et mme le S. remifer^ Geoff , Ann. Mns,, XVII , pi. II , f. I , d'tre des ges de la musaraigne d'eau. Le remifer^ surtout , qui a tantt le ventre blanchtre , tantt noir : le S. lineatus, Geoff., Ib., 181, me parat une varie'te' accidentelle d'ge du tetragonurus. Le sorex minutus, Laxmann , Sclireb. , 161 , B. , n'est qu'un individu mutile' du S. pygmus j Pall. Il n'en est pas de mme du sorex etruscus , Savi, moiti' plus petit que notre espce commune , noirtre , oreilles nues , museau et pattes blan- clilres, queue ronde, etc. C'est bien une espce part. 128 MAMMIFERES. mulot. Elle rpand une forte odeur de musc , qui im- prgne tout ce qu'elle touche. On la trouve dans toutes les Indes , et une partie de l'Afrique; et elle est du nombre des animaux embaums parles anciens Egyptiens (i). Les Desmans, (Mygale. Cuv.) Diffrent des musaraignes par deux trs petites dents places entre les deux grandes incisives d'en Las, et parce que leurs deux incisives suprieures sont en trian- gle et aplaties. Derrire ces incisives sont six ou sept petites dents, et quatre molaires hrisses. Leur museau s'alonge en une petite trompe trs flexible, qu'ils agi- tent sans cesse. Leur queue longue, cailleuse et aplatie sur les cts, et leurs pieds cinq doigts, tous runis par des membranes , en font des animaux aquatiques. Ils ont l'il trs petit, et point d'oreilles extrieures. Le Desman de Russie , vulg. Rat musqu' de Russie. ( Sorex moschatus , Lin. ) Buff. X, i. Pall. Act. petrop. 1781, part. IL pi. 5. Presque aussi grand qu'un hrisson , noirtre en dessus, blanchtre en dessous, la queue d'un quart moin s longue que le corps j fort commun le long des rivires et des lacs de la Russie mridionale. 11 s'y nourrit de vers , de larves d'in- secles, et surtout de sangsues, qu'il retire aisment de la vase avec son museau mobile ; son terrier , creus dans la (i) Je regarde le S. myosurus de Pall. et de Geoff., Ann. Mus, XVII, pi. ni , f. 2 5 le iS". capensis , id. , ib. , p. 11 , f. 2 5 le S. indicus , id. , Mm. an Mus. I, pi. xv , f. i, comme des ges ou des varite's d'une mme espce , laquelle je rapporte encore le S. giganteiis, Isid. Geoff., Me'ra. du IMiis. XV, pi. jv, f. 3; peut-tre mme le sorex fiavescens ^ sid. Geoff., ib. Seba la repre'sente Mus. I, pi. xxxi , f. j et 11 , pi. Lxiii , f. 5,) et la varit' blanche, T, pi. xlvii, f. 4- Aj. le S: mu- rimis, Lin., de Java, de la taille de la souris, gris, oreilles nues, queue ronde , presque aussi longue que le corps. Le S. hreuicauthis , Say, de l'Ame'r. sept., noirtre, oreilles caches , queue du quart de la lon- gueur dncorps. Le S. pansus, id., oreilles nues. Le S. suaveolens, Pall., et les autres espces qu'il indique dans sa Zoographie russe. Ce genre n'a gure moins besoin d'une revue que celui des chauves-souris. CARlNASSlElvS. J2t) ber^o , commence sous l'eau, et s'lve de manire que le fond reste au-dessus du niveau dans les plus grandeji eaux. Cet animal ne vient point sec volontairement; mais on en prend beaucoup dans les filets de pcheurs. Son odeur musque vient d'une pommade scrte dans de petits follicules qu'il a sous la queue. Elle se communique mme la chair des brochets qui mangent des desmans. On tiouve dans les ruisseaux des Pyrnes une petite espce de ce ^enre queue plus longue que le corps , que M. Geoffroy a fait connatre. Ann. du Mus., tom. XVi , ^1. v , f. I. ( My^^ pyrenacay H. ) Les Chrysochlores. (Chrysoghloris. Lacp.) Ont, comme le genre J:)rcdent, deux incisives en haut et quatre en bas; mais leurs mchelires sont hautes, distinctes et presque toutes en forme de prismes triangulaires; leur museau est court , large et relev, et leurs pieds de devant ont seulement trois ongles, dont l'extrieur trs gros, extrmement arqu, pointu, leur donne un moyen puissant de creuser et de fendre la terre; les autres vont en diminuant. Ceux de derrire en ont cinq de grandeur ordinaire. Ce sont des animaux souterrains dont le genre de vie est semblable celui des taupes. Leur avant-bras est soutenu , pour creuser, par un troisime os plac sous le cubitus. La Chrysochlore du Cap , vulg. Taupe dore. ( Talpa asia- tica. Lin.) Schreb. CLVII, et mieux Brown. ill. XLiV. Un peu moindre que nos taupes, sans queueapparente; le seul quadrupde connu qui prsente quelques nuances de cesbeaux reflets mtalliques dont brillent tan td'oiseauxj de poissons et d'insectes. Son poil est d'un vert changeant en couleur de cuivre ou de bronze ; ses oreilles n'ont au^ cune conque, et l'on ne peut apercevoir ses yeux (i). (:) La taupe rouge d'Amrique de Se'ba , , pi, xxxii , f. i {talpa ruhra, L,), n'est trs probablement qu'une clirysoclore du Cap repve'sente'e d'aprs un inclivi'lu sec, car daas cet tat le poil parat pourpre^ mais l^ TOME 1. ~ 9 lO MAMMIFRES. Elle habite en Afrique, et non pas en Sibrie, comme on l'a dit faussement. Les Taupes. (Talpa Lin.) Sont CD il nues Je tout le monde par leur vie souterraine , et parleur forme minemment approprie ce genre de vie. Un bras trs court, attach par une longue omoplate, soutenu par une clavicule vigoureuse, muni de mus- cles normes, porte une main extrmement large, dont la paume est toujours tourne en dehors ou en arrire : cette main est tranchante son Lord infrieur; on y dis- tingue peine les doigts; mais les ongles qui les termi- nent sont longs, forts, plats et tranchants. Tel est l'in- strument que la taupe emploie pour dchirer la terre et pour la pousser en arrire. Son sternum a , comme celui des oiseaux et des chauve-souris, une arte qui donne aux muscles pectoraux la grandeur ncessaire leurs fonctions. Pour percer la terre et la soulever, la taupe se sert de sa tte alonge, pointue , dont le museau est arm au bout d'un osselet particulier, et dont les mus- cles cervicaux sont extrmement vigoureux. Il se forme mme un os particulier dans le ligament cervical. Le train de derrire est faible , et l'animal, sur la terre, se nieut aussi pniblement qu'il le fait avec vitesse dessous. Il a l'oue trs fine et le tympan trs large , quoique l'o- reille externe lui manque; mais son il est si petit, et tellement cach par le poil , qu'on en a ni long-temps l'existence. Ses organes gnitaux ont cela de particulier, que ses pubis ne se joignent point, ce qui lui permet, malgr l'ti'oitesse de son bassin, de produire des petifs assez gros. L'urthre de la femelle passe au travers de son *ica/2cleFei-nancls, aj?.'X.XY, que l'on regarde comme un de ses synony- mes , parat plutt, cause de ses deux longues dents chaque mchoire et cle son rgime vgtal , un rat-taupe ou tel autre rongeur souterrain , tel que le dijdosLomu. CARNASSIERS* l3l clitoris. Elle a six mamelles. Ses mchoires sont faibles, et sa nourriture consiste en insectes , en vers et en quel- ques racines tendres. On lui compte six incisives en haut, huit en bas. Ses canines ont deux racines, ce qui les fait participer de la nature des fausses molaires ; derrire elles sont en haut quatre fausses molaires, en bas trois, et en- suit!* trois molaires brisses. Notre Taupe commune. ( Talpa europa , Lin. ) Buff. Ym,xii. A museau pointu, poil fin et noir; on en trouve quelques individus blancs, fauves et pies. C'est un animal trs incommode par les dgts qu'il fait dans les terrains cultivs. Selon M. Harlan , respce existe aussi dans l'Amrique septentrionale. M. Savi a trouv dans les Appennins une taupe tout-- fait aveugle, quoique d'ailleurs semblable la commune } il Fa nomme talpa oca. Les Cokdylures. (Condylura. Iliger. ) Semblent runir les deux sortes de dentitions des in- sectivores; leur mchoire suprieure, sont deux lai'ges incisives triangulaires , deux extrmement petites et grles, et de chaque ct une forte canine; l'infrieure, quatre incisives coucbes en avant, et une canine poin- tue, mais petite. Leurs fausses molaires suprieures sont triangulaires, cartes; les infrieures tranchantes et denteles. Par leurs pieds et par tout leur extrieur, ils res- semblent la taupe , mais leur queue est plus longue, et ce qui surtout les en distingue beaucoup , c'est que leurs narines sont entoures de petites pointes cartilagineuses et mobiles qui reprsentent une sorte d'toile quand elles s'cartent en rayonnant. On en connat surtout une espce de l'Amrique sep 9* 1J2 MA.MMIFERES. lentiionale ( Sorex cristatiis , I . ) (i). Semblable notre taupe, au nez prs, mais queue plus que double en lon- . f;ueur. Les Sgalopes. (Scalops. Cuv.) Ont des dents assez semblables celles des desmaiis , si ce n'est que leurs petites ou fausses molaires ont moins nombreuses; leur museau est simplement pointu comme celui des musaraignes; et leurs mains sont lar- gies, armes d'ongles forts, en un mot propres creuser la terre, et entirement semblables celles des taupes, aussi ont-ils le mme genre de vie. Letirsyeux sont aussi petits, leurs oreilles aussi caches que dans les taupes. La seule espce connue , Le iS'cfl/o^e du Canada. {Sorex aquaticuG, Lin.) Sclireb. CLMIl. Parat habiter une trs grande partie d TAmrique septentrionale, le long des rivires. A l'extrieur, il ressem- ble s'y mprendre notre taupe commmune. LES CARNIVORES Formeront une troisime Famille de Carnassires. Quoique l'pithte de carnassiers convienne tous les onguiculs trois sortes de dents non quadru- manes , puique tous se nourrissent plus ou moins de matires animales, cependant il en est beau- (i) Ccsl le condfluia d'IIiger, mais les caractres qu'il indique, pris de la figure de La Faille , copie dans Buff, , suppl. YI, xxxvm, r, et sur lesquels il a compose le nom du genre, sont faux. M. Desmarets est ^e pre- mier qui ait bien fait connatre les dents de cet animal. M. Harlan dcrit une espce, cond. macroura , qui n'a autour des narines que de trs courtes pointes , ;t queue comprime ocailleuse , et il lui associe, comme troisime espce , le talp. longicauiata de Pennant, Hist., no 44^- .4"''! parat cependant n'avoir pas observ par lui-mme. CA.RNASSIERS. l55 coup, et spcialement les deux familles prc- dentes, que leurs faiblesse et les tubercules coni- ques de leurs mchelires rduisent presque vivre d'insectes. C'est dans la famille actuelle que l'apptit sanguinaire se joint la force ncessaire pour y subvenir. Elle a toujours quatre grosses et longues canines cartes, entre lesquelles sont six incisives chaque mchoire, dont la seconde des infrieures a sa racine un peu plus rentre que les autres. Ses molaires sont , ou entirement tranchantes ou m- les seulement de parties tubercules mousses, et iion#irisses de pointes coniques. Ces animaux sont d'autant plus exclusivement carnivores que leurs dents sont plus compltement tranchantes, et l'on peut presque calculer la propor- tion de leur rgime d'aprs l'tendue de la surface tu- berculeuse de leurs dents compare la partie tran- chante. Les ours, qui peuvent entirement se nourrir de vgtaux, ont presque toutes leurs dents , tuber- culeuses. Les molaires antrieures sont 1 es-plus tranchantes; , ensuite vient une molaire plus grosse que les autres, qui a d'ordinaire un talon tuberculeux plus ou moins large, et derrire elle on trouve une ou deux petites dents entirement plates. Aussi, c'est avec ces petites dents du fond de la bouche que les chiens, mchent l'herbe qu'ils avalent quelquefois. Nous, appellerons^ avec M. Frdric Cuvier, cette grosse molaire d'en haut, et celle qui lui rpond en ba ^^ l34: MAMMIFRES, carnassires y les antrieures pointues, fausses mo- laires, et les postrieures mousses, tuberculeuses. On conoit facilement que les genres qui ont moins de fausses molaires, et dont les mchoires sont plus courtes, sont ceux qui ont le plus de force pour mordre. C'est d'aprs ces diffrences que les genres peu- vent s'tablir le plus srement. Il faut cependant y joindre la considration du pied de derrire. Plusieurs genres a])puient, comme ceux des deux familles prcdentes, la plante entire du^ied sur la terre, lorsqu'ils marchent ou qu'ils se tien- nent debout, et l'on s'en aperoit aisment par l'absence de poils sous toute cette partie. D'au 1res en plus grand nombre ne marchent que sur le bout des doigts en relevant le tarse. Leur course est plus rapide , et cette premire diffrence s'en joignent beaucoup d'autres dans les habitudes et mme dans la conformation intrieure. Les uns > et les autres n'ont pour toute clavicule qu'un ru- diment osseux suspendu dans les chairs. LES PLANTIGRADES. i Forment cette premire tribu qui marclie sur la plante entire , ce qui leur donne plus de faci- lit pour se dresser sur leurs pieds de derrire. Ils participent la lenteur , la vie nocturne des in- sectivores, et manquent^ comme eux, de coocnm : CAUTNASSIERS. ] 55 Ja plupart de ceux des pays froids passent Fliivcr en lthargie. Ils ont tous cinq doigts tous les pieds. Les Ours. (Ursus. Lin. ) Ont trois grosses molaires de chaque ct (i) , chaque mchoire, entirement tuberculeuses, dont la poslrieure d'en haut et l'antrieure d'en haut sont les plus longues. Elles sont prcdes d'une dent un ]>eu plus tranchante , qui est la carnassire de ce genre , et d'un nombre variable de tr^s petites fausses molaires, qui tombent quelquefois de bonne heure. Cette denti- tion, presque de frugivore, fait que, malgr leur extrme force, ils ne mangent gure de chair que par ncessit. Ce sont de grands animaux corps trapu , membres pais, queue trs courte : le cartilage de leur nez est prolong et mobile. Ils se creusent des antres ou se con- struisent des cabanes o ils passent l'hiver dans une somnolence plus ou moins profonde, et sans prendre d'a- liments. C'est dans cette retraite que la femelle met bas. Les espces ne se distinguent pas aisment par des caractres sensibles. On compte : U Ours brun et Europe. {Ursus arctos. Lin.) Bnff. Vll; XXXI. A front convexe, pelage brun , plus ou moins laineux dans la jeunesse, et devenant plus lisse avec l'j^e. On en voit de gristres^ de presque jaunes , d'autres d'un brun reflets presque argents : la hauteur relative de leurs jambes varie galement , et le tout sans rapport constant avec l'ge ou le sexe. La livre du premier ge est ie plus souvent un collier blanchtre j qui dans quelques varits persiste plus ou moins long-temps, et mme toute la vie. (i) N. B. Nous ne rpterons plus ces mois de clia((uc cte, elc. , il est entendu que nous ne parlerons plus (|ue des molaires d'un cte , celles de l'aulrt' tant les mmes. i56 MAMMIFRES. Cet animal liabite dans ics hautes montagnes et dans les grandes forts de toute l'Europe et d'une (grande partie de TAsie^ il s'accouple en juin , met bas en 'janvier; niche, quelquefois trs haut dans des arbres ; sa ciiair est bonne nian^jer quand il est jeune : on estime ses pattes tout ^e. On croit pouvoir en distinguer Voiirs noir d'Europe : ceux qu'on nous a donns pour tels avaient le front plat et le pelage laineux et noirtre; mais leur origine ne nous parat pas bien authentique (i). XJOurs noir de V Amrique septentrionale ( Ursus Anieri- canus. Gm. ) Frd. Cuv. Mammif. Slireb. f\. \^\. B. Est une espcebien distincte^ front plat^ pelage noiret lisse^ museau fauve. Nous lui avons toujours trouv les petites dents derrire la canine plus nombreuses qu'aux ours d'Europe : on en a vu des individus entirement fauves. Il vit ordinairement de fruits sauvages, dvaste souvent les champs , et se rend a la cte ^ pour y pcher , quand le poisson est abondant. Il n'attaque gure lesqua- drtipdes que faute d'aliments. On estime sa chair. Il y a dans lesCordilires une autre ours noir, gorge et museau blanc , et grands sourcils fauves qui s'unis- sent sur le chanfrein. ( U. ornatus. Frd. Cuv. Mammif. ) Les Indes orientales produisent aussi plusieurs ours de couleur noire ^ tels que : - UOurs Malais. ( U. malaianus. lorsfield. Jav. ) De lapresqu'ie au-del du Gange etdesles del Sonde; lisse^ noir, le museau fauve, une tache de mme couleur en forme de cur sur la poitrine. U cause de grands dom- mages en grimpant au sommet des cocotiers pour dvorer leur cime, et boire le lait de leurs fruits. IJ Ours du Tliihet. ( / thihetanus. Fr. Cuv. Mammif. ) Noir, la lvre infrieure et une grande marque en forme (i) Il n'est pas encore bien prouv ponr nous que Tours cendre' , Fours terrihle de PAmorique seplentrionale , soit cliifreni, par respce, de, Tovirs brun d'Europe. CARTNASSIERS. iSj d'Y; sur ia poitrine, blanches 5 son profil est pins droit et ses ongles plus faibles. Des montagnes du nord de l'Inde. Mais le plus remarquable de ces ours des Indes est L'Ours Jongleur. Frd. Cuv. Mainmif. ( U. labiatus. Blainv. Z7. longirostris. Tiedeni.) Qui a le cartilage du nez dilat , le bout del lvre infrieure along , et l'un et l'autre mobiles, et qui prend avec l'ge des poils trs touffus autour del tcte. La facilit avec laquelle il perd ses incisives l'a fait prendre autrefois pour un paresseux(i). !1 estnoir, tale museau et les bouts des pieds fauves ou blanchtres, et un demi- collier ou une tache en forme d'Y sous le cou et la poitrine. (7cst l'espce que les bateleurs indiens aiment conduire cause de sa difformit. L' Ours blanc de la mer glaciale. { Ursus maritimus. Li n . ) ( Ji v. Mnag. du Mus., in-8'', p. 68. Copi Schreb., pi. i4i' Est encore une espce bien distincte par sa tte alonge et aplatie , et par son pelage blanc et lisse. U poursuit les l)hoques et autres animaux marins. Des rcits exagrs de sa voracit l'ont rendu fort clbre. Les Ratons. ( Procyon. Storr. ) # Ont trois arrire-molaires tuberculeuses, dont les su- prieures sont presque carres , et trois fausses molaires pointues en avant, formant une srie continue jusqu'aux canines, qui sont droites et comprimes. Leur queue est longue; mais tout le reste de leur extrieur reprsente en petit celui de l'ours. Ils n'appuient la plante entire du pied que lorsqu'ils sont arrts, et relvent le talon quand ils marchent. Le Raton ou. Raccoon des Anglo-i\mricains , Mapach des Mexicains. ( Ursus lotor. Lin. ) Buff. YII, xLin. Gris-brun, le museau blanc, un trait brun en travers des yeux , la queue annele de brun et de blanc ^ animal ( 1) C'est le Brculypus ursinus de Sbaw, el le genre pRoCHiLUsd'Ilujer. Voyele Journ. de J'iiys. de 1792;, toaie xl, j). i36. l38 MAMMIFRES. de la taille (Viin blaireau y assez facile apprivoiser, remar- quable par le singulier instinct de ne manger rien sans l'avoir plong dans l'eau. Il vient de i'Anj.rique septen- trionale , se nourrit d'ufs , chasse aux oiseaux , etc.... Le Raton crabier. { Ursus cancrivorus. ) Buff. Supp. VI 7 XXXII. Cendr-brun-clair uniforme ; les anneaux del queue moins marqus. De l'Amrique mridionale. Les Panda. ( Ailurus. Frd. Guv. ) * Paraissent se rapproclier des ratons par leurs canines t ce que l'on connat de leurs autres dents, si ce n'est qu'ils n'ont qu'une fausse molaire. Leur tte est courte, leur queue longue, leur marclie plantigrade, leurs doigts au nombre de cinq, avec des ongles demi rtractiles. On n'en connat qu'un : he. Panda clatant. {Aihinis refulgens. Frd. Cuv. Mammif.) ^a/-^zVzc'A. Trans.Lin. XV. p. 161. De la taille d^uii grand chat, pelage doux et fourni; eji dessus d'un roux de cannelle le plus brillant, plus fauve vers l'arriie , et d'un noir profond en dessous. Sa tte est blanchtre, et sa queue annele de brun. Ce qua- drupde, originaire des montagnes du nord de l'Inde , et l'un des plus beaux que l'on connaisse, a tenvoypar mon beau-fils, feu M, Alfred du Vaucel, Les Benturongs. (Igtides. Valencenncs.) Ont encore des rapports avec les ratons par leurs dents; mais leurs trois arrire-molaires suprieures sont beaucoup plus petites et moins tuberculeuses , et cela est surtout vrai de la dernire de toutes c chaque mclioije qui est trs petite et peu prs simple. Ils sont couverts tie longs poils, et en ont un bouquet chaque orei'le. Leur queue longue et velue a de la disj)osition s'en- rouler comme si elle tait ])renante. Ce sont galement des animaux de;; Indes dont nous CARNASSIERS. IO9 devons la connaissance feu M. du Vauccl. Une espce {Ict. albifrons. Fr. Cuv. ) Ann. des Se. nat., IV, pL i, est grise et a la queue et les cts du museau noiisj de la taille d'un grand chat. Originaire du Boutan. Et une autre [Ict. ater., Fr. Cuv., Mammif.), est noire, museau blanchtre , de la taille d'un fort chien : elle vient de la presqu'le de Malaca ( i). Les Coatis. (Nasua. Storr.) Joignent aux dents, la queue, la vie nocturne et la marche tranante des ratons, un nez singulirement along et mobile. Leurs pieds sont demi palms , et cependant ils grimpent aux arbres ; leurs ongles alongs leur servent fouir. Ils viennent des parties chaudes de l'Amrique, et se nourrissent peu prs comme nos martes. Le Coati roux. ( Viverra nasua* Lin. ) Buff. YIH, xlvui. Fauve-roMsstre , le museau et des anneaux la queue bruns. Le Coati brun. ( Viverra narica. Lin. ) Buff. VIII , xlviii. Brun^ des taches blanches Toeil et au museau. On ne peut gure placer qu'ici le genre singulier des KijNKAJOUS ou POTTO, Cuv. ( Cej'coleptes , Iliger ), qui joint la marche plantigrade une queue longue et pre- nante comme celle des sapajous, un museau court, une langue grle et extensible; deux mclielires pointues en avant, et trois tuberculeuses en arrire. On n'en connat qu'une espce {viverra caudivolvula Gm.), Buff., Supp. m, L, et mieux, Frd. Cuv.,Mammif., des parties chaudes de l'Amrique et de quelques-unes des grandes Antilles, o. elle se nomme po^^o/ grande comme une fouine , poil laineux , d'un gris ou brun jauntre; nocturne, d'un naturel assez doux, et pouvant vivre de fruits , de miel , de lait, de sang, etc (i) Aj. YIctide dor. Fred. Cuv. l/|0 MIMMIIRES, Les Blaireaux. (Mles. Storr. ) Que Linnus plaait , comme les ratons , dans le genre des ours, ont une trs petite dent derrire la canine, puis deux molaires pointues , suivies en haut d'une que l'on commence reconnatre pour carnassire au vestige de trancLantqui se montre sur son cl externe; derrire elle en est une tuberculeuse carre, la plus grande de toutes; en bas , la pnultime commence aussi montrer de la^ssemblance avec les carnassires infrieures; mais comme elle a son bord interne deux tubercules aussi levs que son trancbant, elle joue le rle de tubercu- leuse : la dernire d'en bas est trs petite. Ce sont des animaux marche rampante et vie noc- turne comme tous les prcdents , dont la queue est courte, les doigts trs engags dans la peau, et qui se distinguent en outre minemment par une poche situe sous la queue, et d'o suinte une humeur grasse et ftide. Leurs ongles de devant trs alongs les rendent habiles fouir la terre. Le Blaireau d'Europe. {Ursus mles. Lin.) Buff. VH; vu. Gristre dessus, noir dessous, une bande noirtre de cha- que ct de la tte. Le blaireau d'x\mriqie, Mel. hudsonniSy n'en diffre pas beaucoup. Les Gloutons. ( Gulo. Storr. ) Avaient aussi t placs dans le genre des ours, par^ Linnaeus; mais ils se rapprochent davantage des martes par leurs dents, aussi-bien que par tout leur naturel, et ne tiennent plus aux ours que par leur marche planti- grade. Ils ont trois fausses molaires en haut et quatre en bas, en avant de la carnassire, qui est bien caractrise, et derrire elle une petite tuberculeuse, qui la m- choire suprieure est plus large que longue. Leur car- nassire suprieure n'a qu'un petit tubercule intrieur. CARNASSIERS. 1 /j t {5'est peu prs le mme systme dentaire des martes. Ce sont des animaux queue mdiocre, avec un pli dessous au lieu de poclie, et d'ailleurs assez semblables aux blai- reaux pour le port. L'espce la plus clbre est le glouton du nord, rossoniak des Russes ( Ursus Gulo, Lin. ), Buff., Supp. ll , xlviii. Grand comme nOtre blaireau , ordinairement d'un beau poil marron-fonc , avec un disque plus brun sur l dos, mais quelquefois de teintes plus ples, il babite les pays les plus glacs du Nord, passe pour trs cruel , chasse la nuit , ne s'assoupit point pendant l'hiver, se rend matre des plus grands animaux, en sautant sur eux de dessus un arbre. Sa voracit a t ridiculement exagre par quelques auteurs. Le p^oherenne du nord de L'Amrique {Ursus luscus , Lin.) , Edw., io3, ne parat pas en diffrer par des caractres constants. U a des teintes en gnral plus ples. Les pays chauds produisent quelques espces qui ne peu- vent tre ranges qu'auprs des gloutons, n'en diffrant que par une fausse molaire de moins chaque mchoire, et par une longue queue. Telles sont celles que les Espa- gnols d'Amrique nomment furets {huroJis), et qui ayant en effet les dents de nos putois et de nos furets, ont aussi le mme genre de viej mais elles s'en distinguent par leur marche plantigrade. Le Grison. { P^werra vittata.lAw.) Buff. Supp. VIl , xxiii et XXV. Noir, le dessus del tte et du cou gris, une bande blanche allant du front aux paules. Le Taira. {Mustela barhara. Lin. ) Buff. Supp. Yll , lx. Brun , le dessus de la tte gris , une large tache blanche sous la gorge. Ces deux animaux s'tendent dans toutes les parties chaudes de l'Amrique , et rpandent une odeur de musc. Leurs pieds sont un peu palms, et il parat qu'on les a pris quelquefois pour des loutres (i). (i) On juge par la description que Margrave donne de son caric^ueibciu, ll\2 MAMMIFRES. Les Ratels ont encore une fausse molaire de moins que les (jrisons chaque mchoire, et leur tuberculeuse d^en haut est peu dveloppe, en sorte qu'ils se rapprochent des chats pourles dents, maistoutleur extrieur est celui du grison, ou d'un blaireau : jambes basses, pieds plantigrades, cinq doigts partout , des ongles trs forts, etc.. On n'en connat qu'un ( Viverra mellivora. , Sparm., et Kiv. capensis, Sclireb., pi. i25), de la taille du blaireau d'Europe, gris dessus, noir dessous , avec une ligne blan- che entre ces deux couleurs, quelquefois aussi presque tout blanc en dessus , qui habite au cap de Bonne-Esp- rance, et creuse la terre avec ses longues griffes de de- vant pour dcouvrir les rayons de miel des abeilles sau- vages. LES DIGITIGRADES. Forment la seconde tribu des carnivores, celle qui marche sur le bout des doigts. Il y en a une premire subdivision qui n'ont qu'une tuberculeuse en arrire de la carnassire d'en haut ; ce sont les animaux que l'on a nomms vermijormes , cause de la longueur de leur corps et de la brivet de leurs pieds, qui leur permettent de passer par les plus petites ouvertures. Ils man- quent de caecum comme tous les prcdents, mais Be tombent point l'hiver en lthargie. Quoique petits et faibles, ils sont trs cruels^ et vivent sur- tout de sang. Linnseus n'en faisait qu'un genre ^ celui des Martes. (Mustela. Lin.) Que nous diviserons en quatre sous-genres. doiiL Buion a applique le nom sa saricovienne , vol. XIII , p. Sig , qu'il a entendu parler du laia. GARTNASSIERS. l/f^ Les Putois. (Putorius. Cuv. ) <^ Sont les plus sanguinaires de tousj leur carnassire d'en bas n'a point de tubercule intrieur; leur tuberculeuse d'en haut est plus large que longue; ils n'ont que deux fausses molaires en haut et trois en bas. On les reconnat l'ext- rieur leur museau un peu plus court et plus gros que celui des martes. Ils rpandent tous une odeur infecte. Le Putois cominiui. {Mustelaputorhis. L.) Buff. VU, xxiii. Brun ^ flancs jauntres avec des taches blanches la tte, est la terreur des poulaillers et des garennes. Le Furet. {Mustela furo. L.) Buff. Yi ^ xxv^ xxvi. Jauntre, avec des yeux roses, n'est peut-tre qu'une varit du putois. On ne le trouve en France que domesti- que, et on l'y emploie pour poursuivre les lapins dans leurs terriers. Il nous vient d'Espagne et de Barbarie. Le Putois de Pologne ou perouasca. ( Mustela sarmatica. ) Pall. , Spic. Zool. XIY, IV , I ; Schreb. CXXXl. Brun, tachet partout de jaune et de blanc. Sa peau s'emploie en fourrures cause de sa jolie bigarrure. 11 habite toute la Russie mridionale , l'Asie mineure et les ctes de la mer Caspienne. Le Putois de Sihe'rie. ( Mustela sibirica. Pall. ) Spic. Zool. XIV ^ IV , 1. D'un fauve clair uniforme , le nez et le tour des yeux brun , le bout du museau et le dessous de la mchoire in- frieure, blancs. C'est aussi aux putois que se rapportent deux petites espces de nos climats. La Belette. ( Mustela vulgaris. L. ) Buff. VU , xxix, i. Toute d'un roux uniforme , et U Hermine. { 31ustela erminea. L. ) Buff. VU, xxix _, 2 j XXXI , I . Qui est rousse en t , blanche en hiver, avec le bout de la queue noir en tout temps. Sa peau d'hiver est une des fourrures les plus connues. 1 44 MAMMIFRES. - On doit en rappioclier aussi Le Mink^norekj noerz ou putois des rwires du nord. {3Jus- tela lutreola. Pall. ) Spic. Zool. Xi, i. Lche, Mm. de Stockh.^ ^7^9? P^* ^* Schreb. cxxvii. Qui frquente le bord des eaux, dans le nord et l'orient de l'Europe, depuis la mer Glaciale jusqu' la mer Noire , s'y nourrit de grenouilles et d'crvisses, et a lespieds un peu palms entre les bases des doigts, mais que ses dents et sa queue ronde rapprochent des putois plus que des lou- tres. 11 est brun-russtre , et a le tour des lvres et le dessous de la mchoire blancs; son odeur n'est que mus- que et sa fourrure est fort belle. Quelques-uns le croient le mme que le Putois des ri- vires de U Amrique septentrionale ( Mustela vison , Gm.) , auquel on a transport le noiu de niink, et qui a aussi les pieds demi palms ; mais il n'a de blanc que la pointe du menton et quelquefois une ligne troite sous la gorge. G'est une espce diffrente. Les pays chauds ont aussi leurs putois ou leurs belettes. Le Putois de Java, ( P. nudipes. ) Frd. Cuv. Mammif. Faiive-dor; la tte et le bout de la queue blancs. Le Putois d^ Afrique. ( P. ajricanus, Desmar. ) Fauve-roux en dessus, blanc-jauntre en dessous; une bande longitudinale rousse au milieu du dessous, depuis les jambes de devant jusqu' celles de derrire. La Belette raye de Bladagascar. ( P. Striatus. Cuv. ) De la taille de la belette d'Europe, d'un brun rousstre avec cinq lignes longitudinales blanchtres; le dessous et presque toute la queue blanchtre. Le Putois du Cap, ( Zorille de Buff. Viverra zorilla. Gm. ) Buff. XllI, xLi. Haye irrgulirement de blanc et de noir , que l'on a confondu avec les mouffettes au point de lui transporter le nom de zorillo (renardeau) , que les Espagnols ont ap- pliqu ces animaux ftides d'Amrique, s'en rapproche par ses ongles propres fouir, mais pour tout le reste , il est conform comme les putois. Ils indiquent un genre do J CAIl*JASSIERS. l4-5 vie souterrain qui pourrait engager distinguer cette es- pce des autres putois. Les Martes proprement dites. ( Mustela. Cuv. ) Diffrent des putois par une fausse molaire de plus en haut et en bas et par un petit tubercule intrieur leur carnassire d'en bas, deux caractres qui diminuent un peu la cruaut de leur nature. L'Europe en a deux espces trs voisines l'une deTautre : La Marte commune. ( Mustela martes. L. ) Buff. VU, xxii. Brune avec une tache jaune sous la gorge, habite les bois. La Fouine. {^Mustela foina. L. ) Buff. VU, xviii. Brune avec tout le dessous de la gorge et du col blan- chtre , frquente les maisons. Toutes deux font beau- coup de dgt. La Sibrie produit ' La Marte zibeline. ( Mustela zihellina. ) Pal!. , Spic. Zool. XV, 111,2; Schreb. CXXXVL Si clbre par sa riche fourrure; elle est brune avec quelques taches de gris la tte , et se distingue des prcdentes parce qu'elle a du poil jusque sous les doigts; aussi habite-t-elle les montagnes les plus glaces. > Sa chasse au milieu de l'hiver, dans des neiges affreuses, est l'une des plus pnibles que l'on connaisse. C'est' la re- cherche des zibelines qui a fait dcouvrir les contres orientales de la Sibrie. L'Amrique septentrionale produit aussi plusieurs mar- tes que les voyageurs et les naturalistes ont indiques sous les noms mal dtermins de pe'kan , vison, minkj foutereau j etc. W en est une , le Vison blanc des foureurs ( Must. lu- trocephata y Harl. ), pieds aussi velus et poils presque aussi doux que la zibeline, mais d'une tene fauve clair, et presque blanchtre la tte. Celle que nous nommerons pkan ( Mustela canaden- sisj Gm. ) , et qui vient du Canada et des Etats-Unis, a la lte, le cou , les paules et le dessus du dos mls de gris TOME I. ^10 l/fi MAMMIFRES. et de brun* le nez, la croupe, la queue et les membres noirtres (i). Les Mouffettes. ( Mephitis. Cuv. ) Ont, comme les putois_, deux fausses molaires en haut et trois en bas ; mais leur tubeicuieuse suprieure est trs grande et aussi longue que large, et leur carnassire infrieure a deux tubercules soti ct interne, ce qui les rapproche des blaireaux comme les putois se rapprochent des grisons et des gloutons. Les mouffettes ont d'ailleurs, comme les blaireaux , les ongles de devant longs et propres fouir , et mme elles sont demi plantigrades; la ressemblance va jusqu' la distribution des couleurs. Dans cette famille re- marquable par la puanteur, les mouffettes se font remar- quer par une puanteur plus excessive que celle des autres espces. . Les mouffettes sont gnralement rayes de blanc sur un fond noir, mais elles paraissent varier dans les mmes espces par le nombre des raies. L'espce la plus commune dans l'Amrique septentrionale ( Vwerra putoi^ius, Gmel.^ Catesb., Garol.^ Il, 62j Schreb. l'ii ) est noire, avec des raies blanches plus ou moins larges, plus ou moins nom- breuses, et a la queue noire avec le bout blanc. Son odeur est celle du putois, mle une odeur trs forte d'ail. Il n'y a rien de plus odieux. Il parat que dans l'Amrique mridionale on rencontre plus souvent une espce dont la queue est blanche. Les raies de son dos occupent quelquefois toute la largeur du dos : le Clibiche{ V iv erra mephitis , Gmel.), Buff., XII, xxxix (2). (r) C'est I pkan deDaubenton; mais il n'a pas toujours du blanc sous la gorge. Il y a encore plusieurs espces de pulois ou de martes in- diques par MM. Molina, de HumboldL et Harlan \ mais elles exigent un nouvel examen. (2) Elle est mieux repre'sente dans l'Hist. des Mammif. de M. Fre'd. Cnv, La mouleLie du Chili, Buff., suppl. VII, p!. lvii , n'en parat qu'une varit mal conserve. Voyez mes Recherches siu- h-s ossem. foss. V , 469. "3 CARNASSIERS. i/j7 On peut faire un sous-genre distinct, des Midaus ( Frd. uv. ), qui ont les dents, les pieds, et jusqu'aux couleurs des mouffettes, mais dont le museau tronqu prend la forme fs catalogues de phoques publie' rcemment me paraissent les avoir beaiu;oup trop multiplies. CARNASSIERS. 169 On n'en connat qu'un des mers australes. ( Ph. lepto- nyx. Blainv.) De la taille du barbu ^ {gristre en dessus, jau- ntre en dessous, petits ongles. Les Pelages. (Frd. Cuv.) Ont aussi quatre incisives en haut et en bas; mais leurs nicheliros sont en cnes obtus, avec un talon peu marqu en avant et en arrire. Il y en a un dans la Mditerrane : Le Phoque ventre blanc y Moine. {Ph. monachus. Gm. ) Buff. Supp. YI, pi. xiiT (i). Long de dix douze pieds, brun-noirtre^;^ ventre blanc. Il se tient plus particulirement entre les les de l'Adriatique et de la Grce. (7est probablement l'espce qui a t le plus connue des anciens. Les Stemmatopes. (Fr. Cuv.) Ont quatre incisives suprieures, deux infrieures , et des mchelires comprimes, lgrement trilobes , portes sur des racines paisses. Tel est : Le Phoque capuchon. ( Phoca cristata. Gm. Phoca leo- nina. Fabric. ) Egede. Gronl. pi. vi. Dekay. lyc. de New-Yorck. I , pi. vu. Qui atteint sept ou huit pieds, et a sur la tte une peau lchequi peut se gonfler et former une sorte de capuchon, dont il se recouvre les yeux quand il se croit menac; alors ses narines se renflent aussi comme des vessies. De la mer Glaciale (2). Enfin , les Macrobhines (Fr. Cuv.) ont, avec les incisives dos prcdents , des molaires coniques obtuses , et le mu- seau en forme de trompe courte et mobile. De ce nombre est le plus grand des phoques connus : (i) C'est le mme individu qu'a dcrit Herraann, soc. des nat, de Berl. , IV, XII, xiii, sous e nom de monachus, (2) Le me'canisme par lequel ce capuchon se gonfle n'est pas encore bien eclairci. Voyez Dekay et Ludlow, Mra. du lyce de New-Yorck , tome I , p. 94 et 99. I "JO MAMMIFRES. Le Phoque trompe. {Ph. leonina, L.) Lion marin d'An son, Loup marin de Pernetty, Elphant marin des Anglais , etc.. Peron , voy. 1. xxxii. Long de vingt vingt-cinq pieds , brun , le mu- seau du mle termin par une tromipe ride qui se renfle dans la colre. 11 est commun dans les parages mridio- naux de la mer Pacifique, la Terre-de-Feu, la Nouvelle- Zlande, au Chili, etc.... On en fait des pches impor- tantes ^ cause de l'huile abondante qu'il fournit. Les Phoques oreilles extrieures. ( Otaries. Peron. ) Mriteraient de faire un genre part, parce qu'outre les ^ oreilles extrieures saillantes, ils ont les quatre incisives suprieures mitoyennes double tranchant ( forme qu'on n'a encore remarque dans aucun animal ), les externes sim- ples et plus petites, les quatre infrieures fourchues. Toutes les molaires sont simplement coniques, les doigts des na- geoires antrieures presque immobiles , la membrane des pieds de derrire se prolongeant en une lanire au-del de chaque doigt, tous les ongles plats et menus. Le Phoque a crinire. ( Ph. juhata. Gm. ) Lion marin de Steller, de Pernetty, etc.... Buff. Supp. Vil, xlviii. Long de quinze vingt pieds et plus, fauve , le cou du mle revtu de poils plus pais et plus crpus que le reste du corps. On le trouverait dans toute la mer Pacifique, si, comme il le parat_, ceux du dtroit de Magellan ne diff- rent pas de ceux des les Aleutiennes. \J Ours marin. {Phoca ursina. Gm.) Buff. Supp. YII, xlvii. Long de huit pieds, sans crinire, variant du brun au blanchtre. Du nord de la mer Pacifique. On trouve dans cette mer des phoques qui ne diffrent gures de l'ours marin que par la taille et la couleur: tel est le petit phoque noir de Buffon {phoca pusilla)^ Buff., XIIl , liiij \e phoque jaune de Shaw., etc. Les Morses. ( Trichechus. L.) [i] Ressemblent aux phoques par les membres et par la (i) Trichechus de l/^^ (poil), uuui imagine par Artedi pour le lamanlia- CARNASSIERS. J7I forme gnrale du corps , mais en difFrenl beaucoup par la tte et parles dents. Leur mchoire infrieure manque d'incisives et de canines , et prend en avant une forme comprime pour se placer entre deux normes canines ou dfenses qui sortent de la mclioire suprieui'e , et se dirigent vers le bas, ayant quelquefois jusqu' deux j^ieds de long sur une paisseur proportionne. L'nor- mit des alvoles ncessaires pour loger de semblables canines j relve tout le devant de la mclioire suprieure en forme de gros mufle renfl , et les narines se trouvent presque regarder le ciel et non terminer le museau. Les molaires ont toutes la forme de cylindres courts et tron- qus obliquement. On en compte quatre de chaque ct en haut et en bas; mais un certain ge, il en tombe deux des suprieures. Entre les deux canines sont de plus deux incisives semblables aux molaires, et que la plupart des auteurs n'ont pas reconnues pour des incisives , quoi qu'elles soient implantes dans Tos intermaxillaire; et entre elles en sont encoi'e, dans les jeunes individus, deux petites et pointues. L'estomac et les intestins des morses sont peu prs les mmes que ceux des phoques. Il parat qu'ils se nour- rissent de fucus aussi-bien que de substances animales. On n'en distingue encore qu'une espce (i), appele Vaclie marine , Cheval marin , Bte la grande dent , etc. ( Trichechus rosmarus. Linn. ) Buff. XII , liv , et mieux Cook,III^ Vov. Elle habite toutes les parties de la mer Glaciale^ sur- passe en grosseur les plus forts taureaux, atteint jusqu' vingt pieds de longueur, et est recouverte d'un poil jaun- tre et ras. On la recherche pour son bule et pour ses d- fenses, dont l'ivoire , quoique grenu, peut s'employer (i) Cependant M. Sliaw souponne qu'il pourrait y en avoir deux , disliufue'es par des dfenses plus ou moins grosses, plus ou moins con- vergentes. Ija MAMMIFRES. dans les arts. -On fait aussi de sa peau d'excellentes sou pentes de caiosses (i). QUATRIME ORDRE DES MAMMIFERES, LES MARSUPIAUX ou ANIMAUX A BOURSES. Que nous avions rangs autrefois la fin des car- nassiers , comme une quatrime famille de ce grand ordre, nons paraissent devoir former un ordre part, tant ils offrent de singularits dans leur co- nomie , et surtout parce que l'on y observe en quel- que sorte la reprsentation de trois ordres trs dif- frents. La premire de toutes leurs particulaints , est la production prmature de leurs petits^ qui naissent dans un tat de dveloppement peine comparable celui auquel des ftus ordinaires parviennent quelques jours aprs la conception . Incapables de mouvement , montrant peine des germes de mem- bres et d'autres organes extrieurs, ces petits s'at- tachent aux mamelles de leur mre , et y restent fixs jusqu' ce qu'ils se soient dvelopps au degr auquel les animaux naissent ordinairement. Presque toujours la peau de l'abdomen est dispose en forme de poche autour de ces mamelles, et ces petits si im- (i) C'est fort mal propos que Ton a relini, avant, nous , aux morses, les lamantins et les dugongs , animaux beaucoup plus voisins des cctace's. MARSUPIAUX. 175 parfaits y sont prservs, comme d^ns une seconde matrice; et mme, long-temps aprs qu'ils ont commenc marcher , ils y reviennent quand ils craignent quelque danger. Deux os particuliers, attachs au pubis , et interposs dans les muscles de l'abdomen, donnent appui la poche , et se trouvent cependant aussi dans les mles et dans les espces o le repli qui forme la poche est peine sensible. La matrice des animaux de cette famille n'est point ouverte par un seul orifice dans le fond du vagin, mais elle communique avec ce canal par deux tubes latraux en forme d'anse. Il parat que la naissance prmature des petits tient cette or- ganisation singulire. Les mles ont le scrotum pen- dant en avant de la verge, au contraire des autres quadrupdes, et la verge ^ dans l'tat de repos, est dirige en arrire. Une autre particularit des marsupiaux, c'est que malgr une ressemblance gnrale de leurs espces entre elles, tellement frappante que l'on n'en a fait long-temps qu'un seul genre, elles diffrent si fort par les dents, par les organes de la digestion et par les pieds, que si l'on s'en tenait rigoureusement ces caractres, il faudrait les rpartir entre di- vers ordres; ils nous font passer par nuances insen- sibles des carnassiers aux rongeurs, et mme il y a des animaux dont le bassin porte des os semblables, mais que le dfaut d'incisives ou mme de toutes les sortes de dents a fait rapprocher des dents; nous 174 MAMMIFRES. les y laisserons en effet sous le nom de mono- trmes. On dirait, en un mot, que les marsupiaux forment une classe distincte, parallle celle des quadru- pdes ordinaires et divisible en ordres semblables ; en sorte que si on plaait ces deux classes sur deux colonnes, les sarigues, les dasyures et lespramres seraient , vis--vis des carnassiers insectivores Ion - gus canines , tels que les tenrecs et les taupes; les plialangers et les potoroos, vis--vis des hrissons et des musaraignes; les kanguroos proprement dits ne se laisseraient gure comparer rien , mais les pbascolomes devraient aller vis--vis des rongeurs. Enfin si l'on n'avait gard qu'aux os propres de la bourse j et si l'on regardait comme marsupiaux tous les animaux qui les possdent, les ornilhor biques et les cliidns ^ y formeraient un groupe parallle celui des dents. Linnaeus rangeait toutes les espces qu'il con- naissait sous son genre didelphis , mot qui signifie double matrice. La poche en est quelques gards une seconde. La premire subdivision des marsupiaux a de longues canines et de petites incisives aux deux ma- j choires, des arrire-molaires hrisses de pointes, et en gnral tous les caractres des dents des car- nassiers insectivores; aussi s'en rapproche-t-elle en- tirement par e rgime. I marsupiaux. - 175 Les Sarigues (1). (Didelphis. Z. ) Qui sont les plus anciennement connus des marsu- piaux, forment un genre propre FAmrique. Ils ont dix incisives en haut , dont les mitoyennes sont un peu plus longues , et huit en bas ; trois mchelires ant- rieures com.primes, et quatre arrire-mchelires h- risses, dont les suprieures triangulaires, les infrieures oblongues ; ce qui , avec les quatre canines leur fait en tout cinquante dents, nombre le plus grand que l'on ail encore observ parmi les quadrupdes. Leur langue est hrisse, et leur queue prenante et en partie nue; leur pouce de derrire est long et bien opposable aux quatre autres doigts, ce qui a fait donner ces animaux Tpi- thte de pdimanes ; il manque d'ongle. Leur bouche trs fendue , et leurs grandes oreilles nues leur donnent une physionomie particulire. Le gland de leur verge est bifurqu. Ce sont des animaux ftides et nocturnes, dont la marche est peu rapide : ils nichent sur les arbres , et y poursuivent les oiseaux, les insectes, etc. , sans ddai- gner les fruits; leur estomac est simple et petit, leur ccum mdiocre et sans boursouflures. Dans certaines espces, les femelles ont une poche pro- fonde o sont leurs mamelles , et o elles peuvent renfermer leurs petits. Le Sarigue oreilles bicolores ^ Opossum des Anglo-Amri- ricains. [Did. virginiana.) Penn. Hist. quadr. 3o2 (2). Presque grand comme un chat, pelage ml de blanc et de noirtre, des soies blanches^ les oreilles mi-parties de noir et blanc, la tte presque toute blanche j habite (i) arigueia est leur nom brsilien selon Margrave, d'o, l'on a fait sariguoiy cerigon, sarigue. On les nomme mlcour An Paraguay, manicou dans les les, opossum aux lats-Unis, thlacjuatzin au Mexique. (2) C'est le sarigue des Illinois et le sarigue longs poils, Buff., Suppl. VIT, pi. xxxiiret xxxiv ; difl- marsupialis, Sclireh., pi. cxr.v. J^ 176 MAMMIFRES. toute rAmrique , vient la nuit ^ dans les lieux habits , attaquer les poules, manger leurs ufs , etc. Ses petits, quelquefois au nombre de seize, ne psent qu'un grain en naissant. Quoique aveugles et presque informes, ils trouvent la mamelle par instinct , et y adhrent jusqu' ce qu'ils aient atteint la grosseur d'une souris, ce qui ne leur arrive qu'au cinquantime jour , poque o ils ou- vrent les yeux. Ils ne cessent de retourner la poche que quand ils ont la taille du rat. La gestation dans l'utrus n'est que de vingt-six jours (i). Le Gamba ou grand sarigue du Paraguay et du BrsiL {Did, Azzar. Temm. ) Diffre du prcdent par le noir qui teint son niuseau et presque toutes ses oreilles. lia aussi la queue plus lonffue. Le Crabier ou grand Sarigue de Cayenne, du Brsil j etc. {T)id. marsupialis et did. cancrivora. L.) Buff. Supp. III, liv. De la grandeur des prcdents , jauntre ml de brun- tre, soies brunes, une ligne brune sur le chanfrein. Il se tient dans les marcages des bords de la mer, o il vit sur- tout de crabes (2). Le Quatre-il ou moyen Sarigue de Cayenne. {Did. opossum. L.) Buff. X, xlv, xlvi. Chtain dessus , blanc dessous, une tache blanche ou jaune-ple au-dessus de chaque il , le tiers postrieur de la queue blanc j plus grand qu'un grand rat. D'autres espces n'ont pointde poches, mais seulement un repli de chaque ct du ventre qui en est le vestige. Elles ont coutume de porter leurs petits sur le dos, les queues entortilles autour de celle de la mre. (i) Voyez la lettre de M. BartonM. Roume sur la gestation du sarigue. (2) C'est le pre'tendu grand philandre oriental de Se'ba , dont Linn' a fait son did. marsupialis. Bulon, qui en a dcrit le mle dans son sup- ple'ment III , pi. lui, a cru, tort, que la femelle manquait de poche j ce qui a fait tablir, mal propos, une deuxime espce, did. cancri- vora^ Gm., carcinophaga., Bodd. ; Cayenne, ou nomme le crabier pian ou puant. MARSUPIAUX. 177 Le Sarigue queue ?uie. {D. nudicauda. Geoff. D. nvyosu- ro5. Temm. ) Fauve, queue trs longue, nue mme sa base^ deux ta- ches blanchtres, au-dessus de chaque il et, une au-dessous. Le Cayopollin {\) {Did. cayopolUrty did. philandereidtd. dorsigera. L. ) Buff. X , lv. Gris-fauve, le tour des yeux et une bande longitu- dinale sur le chanfrein bruns, la queue tachete de noir- tre y grand comme un surmulot. Le quart suprieur de sa queue est garni de poils. Le D. cendr ou Grison. ( D. cinerea. Tenim. ) Cendr-clair, reflets noirtres, du rousstre la poi- trine, la moiti postrieure de la queue blanche; del mme grandeur que le prcdent. Du Brsil. La Marmose {1). {Did. murina, L. ) Buff. X, lu , lui. Gris-fauve, un trait brun au milieu duquel estFoeil , la queue non tachete^ Moindre qu'un rat. Le Touan, {Did.bracIiyura.Va.D.) Buff. Supp. VU, lxi. Le dos noirtre, les flancs d'un rouxvii, le ventreblanc, la queue plus courte que le corps. Moindre qu'un rat. Ces trois espces sont de l'Amrique mridionale. Enfin , on en connat une qui a les pieds palms et doit tre aquatique; on ne sait si elle a une poche; c'est, le Chironectes. llig. (3) [Didelph. palmata. Geoff. La petite Loutre de la Guiane. Buff. Supp* III, xxii. Lutra memina. Boldd. Elle est brune dessus , avec trois bandes transverses ( I ) Cajopollin, nom d'une espce de ce genre qui habite les raonlagnes du Mexique 5 on Ta applique' un peu arbitrairement cette espce-ci. (2) Marmose, nom adopte par Buffon d'aprs une faute d'impression de la traduction franaise de Sba, qui, dans le teste, assure qu'on l'appelle mavmoUe au Brsil. Il est seulement vrai que les Hollandais, du temps de Margrave, l'appelaient rat de bois , et les Brsiliens tabi^ rat de bois est aussi son nom chez les Franais de Cayenne 5 et Sba aura traduit bosch- raUe par marmotte, N.B. On a trouv dans les pllrircs des environs de Paris, le squc'rlL' fossile d'un didelphe voisin de la marmose. (3) Chironectes, nageant avec des mains. TOME l. 12 IjS MAMMTFr. KS. I^rises interrompues dans leur milieu , et blanche dessous ; plus grande qu'un surmulot. Tous les autres marsupiaux viennent des contres orien- tales et surtout de la Nouvelle-Hollande, pays qui semble mcrne principalement peupl d'animaux de cette famille. Les Thylacines. ( Thylacinus (i). Tem. ) Sont les plus grands de celte premire division ; on les distingue des sarigues par des pieds de derrire sans pouce, une queue velue non prenante , deux incisives de moins chaque mchoire j leurs molaires sont en mme nombre. Ainsi ils ont quarante - six dents ^ mais le bord ext- rieur des trois grandes est saillant et tranchant presque comme dans une carnassire de chien leurs oreilles sont ve- lues et mdiocres. On n'en connat qu'une espce , de la terre de Van Dimen , grande comme un loup, plus basse sur jambes, de couleur grise , raye en travers de noir sur la croupe. Didelp. cynocephala y Harris , Trans. lin., IX, pi. xix , i. et Encycl. meth., Mammif. , Supl., pi. vu, f. 3 ). Elle est trs-carnivore, et chasse tous les petits quadrupdes. Les Phascogales. {Phascogalc .Texn.') Ont ie mme nombre de dents que les Thylacines ; mais leurs incisives mitoyennes sont plus longues que les autres, et leurs arrire-molaires plus hrisses , ce qui les rapproche davantage des Sarigues, lis y tiennent aussi par leur petite taille j cependant leur queue n'est pas pre- nante; leur pouce de derrire, quoique trs court, est en- core fort reconnaissable. Le Phase, pinceau. {Didelpli. penicillata. Sh. (Gen. zool. L II. pu ii3. Schreb. (Xll , B. L. ('endr, queue garnie de longs poils noirs, de la taille du surmulot , vit sur les arbres la Nouvelle Hol= lande, et y poursuit les insectes. il') Thvlacinus de S'oA^jco, bourse. On a aussi trouv dans nos iiltrires , les os d'une espce de Tiylacine. MARSUPIAUX. Ij) he Phase, nain. {Dasyuriis juinimus. Geoff.) Sclireb. dI. l52 y B. C. A peine plus grand qu'une souris, pelage roussa- tre, cotonneux. Du sud de la terre de Yan Dimen. Les Dasyures. ( Dasiurus. GeofT. ) (i), Out deux incisives et quatre mclielires de moins cliaque iiicLoire que les sarigues; ainsi il ne leur reste que quarante-deux dents, et leur queue , revtue pe^rtout de longs poils , n'est pas prenante. Leur pouce de der- rire est rduit la forme d'un tubercule , ou mme a disparu tou.l,--fait. Ils vivent la Nouvelle-Hollande d'insectes^ de cadavres, et pntrent dans les maisons , o leur voracit est trs incommode . etc. Leur gueule est moins fendue ^ leur museau moins pointu, et leurs oreilles velues, plus courtes que dans les sarigues. Ils ne grimpent point aux arbres. Le Dasy lire hriss. {Did. ursina. Harr. ) Trans. lin. IX, XIX, f. 1. et Encycl. Supl. -j, f. 6. A longs poils noirs grossiers, avec quelques taches bian- cbes , irrgulirementplaces; la queue rnoitiplus courte que le corps, presque nue en dessous. Il habite le nord de la terre de Dimen, et approche de la taille du blaireau. Le Dasyure longue queue. [Das. nuicrourus. Geoff.) , Peron. \oy. pi. 33. Schreb. CLl, B. a. Grand comme un chat , queue longue coriinie le corps , pelage brun tachet de blanc sur le corps et sur la queue. Le tubercule du pouce est encore trs marqu dans cette espce , mais on ne le voit plus dans les suivantes. Le Dasyure de Jlaug. ( Das. Maugei. Geolf. Voy. de Freycin. Zool. pi. 4* Schreb. CLI. B. b. Olivtre, tachet de blanc, sans taches la queue, un peu moindre que le prcdent. (i) Dasyuins, queue velue, oucru et . Voyez les Min. de M. Geoff. , Ann. du Mus. TI , p. 353, et XY, p. 3oi. 12* iSo MAMMiriiKJiS. Le Dasyure de White. {Did. viverrina. Sha\r. Gen. ZooU CXI.) White. Bot. b. App. 285. Schreb. CLII. B. c. Noir, tachet de blanc, sans taches la queue, d'un tiers moindre que le premier. LEsPiRAMLEs(i). ( Peram^les. Geoff. ) r/i//CiV. l\\a. Ont le jDOUce de derrire court comme les premiers dasyures, et les deux doigts qui le suivent runis par la peau jusqu'aux ongles; le pouce et le petit doigt de leurs pieds de devant ont la forme de simples tubercules , en sorte qu'ils ont l'air de n'y avoir que trois doigts; leurs incisives suprieures, sont au nombre de dix , dont les externes pointues et cartes; les infrieures de six seu- lement; mais leurs molaires sont les mmes que dans les sarigues : on leur compte donc quarante-huit dents. Leur queue est velue et non prenante. Ils vivent aussi dans l'Australasie. Leurs grands ongles de devant , pres- que droits, annoncent qu'ils creusent la terre , et leurs pieds de derrire assez longs , que leur course peut tre rapide. Le Pcramle museau pointu. {^Peranieles nasutus. G. ) Ann. du Mus. , iY. A museau trs alon^ , h. oreilles pointues , pelage brnn-gristre. H ressemble , au premier coup d'ii , un tenrec (2). La seconde subdivision des niai^snpiaux porle la mchoire infrieure deux longues et larges inci- sives pointues et trancliantes par leur bord , cou- ches en avant , et auxquelles il en rpond six la (1) Pera-nieles, de mles, blaireau, cl pera, bourse. Voy. leMm. de M. GeolT., Ami. du Mus., tome TV, (2) Le Pcramle Bougainville de MM. Quoy e^ Gaymard ne diffre pas spccifif[uement du museau pointu. Le Fe'ram. obesula, Geoff. , uVst pas assez aulhculique. . ^ MARSUPIAUX. i8 mchoire suprieure. Leurs canines suprieures sont encore longues et pointues ; mais ils n'ont pour ca- nines infrieures que des dents si petites, qu'elles sont souvent caches par la gencive ; le dernier sous- genre n'en a mme quelquefois point du tout en bas. Leur rgime est en grande partie frugivore ; aussi leurs intestins, et surtout leur caecum, sont-ils plus longs que dans les sarigues; ils ont tous le pouce grand, tellement spar des autres doigts qu'il a l'air dirig en arrire , presque comme celui des oiseaux. Il est sans ongle, et les deux doigts qui le suivent sont runis parla peau jusqu' la dernire phalange. Cette disposition a valu ces animaux le nom de Phalawgers. (Phalangista. Cuv. ) Les Phalangebs (i) proprement dits ( Balantia, Illig. ) N'ont pas la peau des flancs tendue ; ils ont chaque mchoire quatre arrire-molaires prsentant chacune quatre pointes sur deux rangs , en avant une grosse , conique com- prime^ et, entre celle-ci et la canine suprieure, deux petites et pointues, auxquelles rpondent les trs-petites d'en bas, dont nous avons parl : leur queue est toujours prenante. Les uns l'ont en grande partie cailleuse. Ils vivent dans (i) Le nom de phalanger a e'te' donn par Buffon deux individus qu'il avait observe's cause de la runion de deux doigts du pied. Celui de philander n'est pas , comme ou le croirait , driv du grec , mais du not pelandor, qui , en malais , signifie lapin , et que les habitants d'Am- boine donnent une espce de kanguroo. Sba et Brissou l'ont appliqu indistinctement tous les animaux bourse. Les plialangers s'appellent , dans les Moluques, couscous ou coussoics. Les premiers voyageurs ne les ayant pas suffisamment distingus des sarigues, avaient donn lieu de croire que ce dernier genre tait commun aux deux continents. Balantia, de SuXei'AioVj bourse. 82 MAMMirUES. Jos Moluques sur les arbres, o ils cherchent des insectes et des fruits. Quand ils voient un homme, ils se suspendent par la queue , et l'on parvient, en les fixant, les faire tomber de lassitude. Ils rpandent une mauvaise odeur, et cepen- dant on mange leur chair. On en connat de plusieurs grandeurs et couleurs, que la dnomination de didelphis orientalis j Linn., embrasse toutes. M. Temmink a cru pouvoir les distinguer en espces comme il suit : lue Phalange r oursin. { Ph. ursina. T. ) Presque de la taille de la civette: pelage serr, d'un brun noirtre y les jeunes, d'un brun fauve. Des bois de l'le de Celbes. Le Phalanger croupe dore. (^Ph. chrysorrhous . T. ) De la taille d'un grand chat; pelage cendr-brun; blanc en dessous, fauve-dor sur la croupe. Des Moluques. Le Phalanger tachet. {Ph. maculata. T.)Buff. Xlll, pi. n. Voyage de Freycinet. pi. 7. Voyage de Duperr. pi. 4- De la taille d'un chat, blanchtre, irrgulirement tachet ou marbi de brun. Le Phalanger h front concave {Ph. cavifrons. T. ) Buff pi. 10. la fem. et Voy. de Duperrey , le mle. Le mle blanc , la femelle fauve, avec une raie brune le long du dos. Il faut y ajouter Le Phalanger Quoy. {Ph. Quoy.) Voyage deFreycin. pi. vi. Gris-brun , une bande longitudinale brun-noirtre , sur la croupe ; le dessus de la tte roux cannelle ; les joues, la gorge^ la poitrine blanches, (i). Dans d'autres, qui jusqu' prsent ne se sonttrouvs qu' la Nouvelle Hollande , la queue est velue jusqu'au bout. (1) C'est une espce bien distincte. Le Phalanger renard, ( D/d. lemurina et vulpina. Shaw. ) Bruno de Viq. d'Az. White. Yoy. '27H. Grand comme un fort chat, gris-brun^ plus ple des- sous , queue en grande partie noire. Le Phalanger de Cook. (Cook, dern. Voyage, pi. 8.) Moindre qu'un chat, brun dessus, blanc dessous, roux la tte et aux flancs 5 le tiers postrieur de la queue blanc. Le Phalanger de Bougainville, Grand comme un cureuil , cendr dessus, blanc des- sous, la moiti postrieure de la queue noire, et la moiti postrieure de l'oreille blanche (i). Les Phalangers volants. {Petaurus. Shaw ). {Phalangista. lliger.) Ont la peau des flancs plus u moins tendue entre les jambes, comme les polatouches parmi les rongeurs, ce qui leur permet de se soutenir en l'air quelques instants, et de faire des sauts plus grands. Ils ne se trouvent aussi qu' la Nouvelle-Hollande. Quelques-unes de leurs espces ont encore des canines infrieures, mais trs petites. Leurs canines suprieures et leurs trois premires molaires, tant en haut qu'en bas, sont lies pointues ; leurs arrire-molaires ont chacune quatre pointes (2). Le Phalanger volant nain. {Did. pygma, Shaw. Gcn, zool. pi. ii40 Schreb. CXLIV. A. De la couleur et presque de la taille d'une souris , les poils de la queue disposs trs rgulirement des deux cts comme les barbes d'une plume. D'autres manquent de canines infrieures , et les sup- rieures sont trs petites. Leurs quatre arrire-molaires pr- sentent aussi quatre pointes, mais un peu courbe^ en crois- (i) Eraiid animai del Nouvelle-Hollande: il fut dcouvert par Cook en 1779 , et il propage aujourd'hui en Europe. On dit que sa chair ressemble celle du cerf. Les petits , qui n'ont qu'un pouce en naissant, se retirent encore dans la poche de leur mre, un ge o ils sont en tat de patre , ce (1) Jialmalurus , c|ucuc propre sauter. MARSUPIAUX. 187 qu'ils font en sortant leur museau del pochependant que leur inie pat elle-mme. Ces animaux vivent entioupes, conduits par les vieux mles. Ils font des sauts normes. Il parat que l'on a confondu jusqu' prsent, sous pe nom , plusieurs espces de la Nouvelle-Hollande et des terres en- vironnantes^ dont le pelage, plus oum^oins gris , ne varie que par des nuances assez lgres (i). On en connaissait beaucoup plus anciennement une espce : Le Kanguroo d'Aro. ( Didelpliis Bnuiii. Gm. ) Schreb. , CLIII , nomm Pelandor Aro oii Lapin d'Aroe' ^a.i' les Malais d'Amboine. Mais les naturalistes europens n'avaient point fait une attention suffisante auxdescriplion.s queValentin et le Bruyn en avaient donnes. 11 est plus grand qu'un livre , brun dessus , et fauve dessous , et se trouve aux les d'Aro prs Banda , et dans celles de Solor. Le Kanguroo lgant. {Halni. e/eg-fl/z^. ) Per. Yoy. t. xxvii. Est de la taille d'un gros livre et ray en travers de brun , sur un fond gris-blanc. On l'a trouv l'le Saint- Pierre. La cinquime subdivision a la mchoire inf- rieure deux longues incisives sans canines ; lasu-^ prieure deux longues incisives au milieu , quelques (1) M. Geoffroy cUsdngue : le kanguroo enfum, dont le p,ris est plu.s fonc ^ le kanguroo moustaches , qui a du blanchtre au-devant de la lvre suprieure ; le kanguroo cou roux , un peu moindre que les autres, nuque teinte de roux. MM. Lesson et Garnot reprsentent encore un kanguroo brun, qu'ils i omment oualabate. Yoy. de Duperrey, pi. vu. Il y aura probablement lieu de faire aussi des espces particulires du kanguroo roux-cannelle. (A. laniger^Quoj etGaym.), P^oj-. de Frey- cinet , !>}. ix el au kanguroo cendr-bleuatre j mais tous ces quadru- pdes qnt besoin d'tre ludit's dans leurs diffrents ges, et il faut reconnatre Tinfluence des sexes etdesges sur leurs couleurs , avant d'en elailir dfinitivement les espc(^s l88 MAMMIFBI'.BS. petites sur les cts , et deux petites canines ; elle ne comprend qu'an genre , LesKoala. Guv. (Lipurus. Goldfuss. Phascolarctos. Blainv. ) A corps trapu, jambes courtes, sans aucune queue; leurs doigts de devant, au nombre de cinq , se partagent en deux groupes pour saisir ; le pouce et l'index d'un ct, les trois autres du ct oppos. Le pouce manque au pied de derrire, qui a ses deux premiers doigts runis comme dans lespbalangers et les kanguroos. On n'en connat qu'une espce ( Lipurus cinereus y Goldf. ), Sclueb. CLY, A. a. , poil cendr, qui passe une partie de sa vie sur les arbres , et l'autre dans des tan- nires qu'elle creuse leur pied. La mre porte long- temps son petit sur le dos. Enfin ^ notre sixime division des marsupiaux ou les Phascolomes. ( Phascolomts. Geoff. ) (i) Sont de vritables rongeurs par les dents et par les intestins ; ils ne conservent de rapports avec la classe des carnassiers que l'articir'iation de leur mchoire inf- rieure ; et dans un systme rigoureux , il serait ncessaire de les ranger avec les rongeurs; nous les y aurions mme placs , si nous n'avions t conduits eux par une srie non interrompue des didel plies aux plialangers, de ceux- ci aux kanguroos , et des kanguroos aux phascolomes; enfin, si les organes de la gnration n'taient point par- faitement semblables ceux de toute la famille des ani- maux bourse. Ce sont des animaux lourds , grosse tte plate , (i) Phascolomys , rat muni d\ine poche, de (DccT.-.cdy.' , et de ,w.y? , ( nins. ) MAfiSUPJAIJX 189 jambes courtes, corps f^Oinme craa , sans queue, qui portent cinq ongles au cds de devant , et quatre, avec un petit tubercule au lieu de pouc^^; , ceux de derrire , tous trs longs et propres creuser. Leur dmarclie est d'une lenteur excessive. Ils ont cliaque mchoire deux longues incisives presque pareilles celles des rongeurs, et leurs mclielires ont chacune deux collines trans- verses. Ils vivent d'herbe, et ont un estomac en forme de poire et un csecum gros et court, muni, comme celui de l'homme et de l'orang-oulang, d'un appendice vermi- forme. Leur verge est fourchue comme dans les sarigues. On n'en connat qu'une espce , de la taille d'un blai- reau , poil bien fourni, d'un brun plus ou moins jau- ntre; elle vit l'le King , au sud de la Nouvelle-Hol- lande, dans des terriers, et se multiplierait aisment chez nous : on dit que sa chair est excellente j c'est Le Didelph ursina de Shaw ; les naturels l'appellent FFomhat { 1 ). (Peron. Voyage, pi. xxxvni. ) CINQUIEME ORDRE DES MAMMIFERES. LES RONGEURS. Ndus venons de voir dans les plialaugers des ca- nines si petites, qu'on peut les considrer comme nulles ; aussi la nourriture des animaux de ce genre (1) M. Bass a dcrit un animal extrieurement le mme que le pliasco- lome , et auquel il donne aussi le nom de W^omhat^ mais qui aurait six incisives, deux canines et seize molaires cliaque mclioire. S'il n'y a pas eu quelque combinaison errone de deux descriptions diffrentes, ce serait un sous-genre de plus placer prs des pe'ramles. M. Iliger l'a dj abi sous le nom 'cwihlotis., d' vsjSA&j/c , abortus. Voy. les Mm. de Pctersb. i8o3 1806, p, 444) <*t lo Bulletin de se, n*" 72, an XI. igo M\JvnuFriES. est-elle prise en grande partie du rgne vgtal ; leurs intestins sont longs et leur caecum ample : et \^^s kajguroos . qui n'ont pas de canines du tout, ne vivent absolument que d'herbes. On pourrait commencer par les phascolomes y la srie des animaux dont nous allons parler, et qui ont une mastication encore moins parfaite. Deux grandes incisives chaque mchoire, s- pares des molaires par un espace vide, ne peuvent gure saisir une proie vivante, ni dchirer de la chair; elles ne peuvent pas mme couper les ali- ments, mais elles servent aies limer, les rduire, par un travail continu, en molcules dlies, en un mot , les ronger j de l le nom de rongeurs que l'on donne aux animaux de .cet ordre; c'est ainsi qu'ils attaquent avec succs les matires les plus dores , et se nourrissent souvent de bois et d'corce. Pour mieux remplir cet objet, ces incisives n'ont d'- mail pais qu'en avant, en sorte que leur bord pos- trieur s'usant plus que l'antrieur , elles sont toujours naturellement tailles en biseau ; leur forme prismatique fait qu'elles croissent de la racine mesure qu'elles s'usent du trancliant , et cette dis- position crotre est si forte, que si l'une d'elles se perd ou se casse, celle qui lui tait oppose n'ayant plus rien qui la comminue , se dveloppe au point de devenir monstrueuse. La mchoire infrieure s'articule par un condjle longitudinal , de manire n'avoir de mouvement horizontal que d'arrire ROINGELJIS. JQl en avant et vice versa, comme il convenait pour l'action Je ronger; aussi les molaires ont-elles des couronnes plates dont les minences d'mail sont toujours transversales pour tre en opposition au mouvement horizontal de la mchoire , et mieux servir la trituration. Les genres o ces minences sont de simples li- gnes , et o la couronne est bien plane, sont plus exclusivement frugivores; ceux dont les dents ont leurs minences divises en tubercules mousses sont omnivores; enfin, le petit nombre de ceux qui ont des pointes attaquent plus volontiers les autres ani- maux et se rapprochent un peu des carnassiers. La forme du corps des rongeurs est en gnral telle que leur train de derrire surpasse celui de devant , en sorte qu'ils sautent plutt qu'ils ne mar- chent ; cette disposition est mme dans quelques- uns aussi excessive que dans les kanguroos. Les intestins des rongeurs sont fort longs; leur estomac simple , ou peu divis, et leur caecum sou- vent trs volumineux, plus mme que l'estomac. Cependant le sous-genre des loirs manque de cet intestin. Dans toute cette classe, le cerveau est presque lisse et sans circonvolutions; les orbites ne sont point spares des fosses temporales, qui ont peu de pro- fondeur; les jeux se dirigent tout--fait de ct; les arcades zjgomatiques , minces et courbes en bas, annoncent la faiblesse des mchoires; les ig2 MAMMIFRES. avant-bras ne peuvent presque plus tourner, et leurs deux os sont souvent runis ; en un mot , l'infriorit fie ces animaux se montre dans la plupart des d- tails de leur organisation. Cependant les genres qui ont de plus fortes clavicules jouissent d'une cer- taine adresse , et se servent de leurs pieds de devant pour porter les aliments leur bouche. Il en est mme qui grimpent aux arbres avec facilit : tels sont Les cureuils. ( Sciurus. L. ) Qui se font reconnatre par leurs incisives infrieures trs comprimes, et par leur queue longue et garnie de poils. Ils on L quatre doigts devant, et cinq derrire. Quelquefois le pouce de devant se marque par un tu- bercule. On leur compte partout quatre mcbelires diversement tuberculeuses ^ et de plus une trs petite en avant en haut, qui tombe de bonne heure. Leur tte est large, leurs yeux saillants et vifs. Ce sont des animaux lgers qui nichent sur les arbres et se nourrissent de fruits. Les cureuils proprement dits. ( Sciurus. Cuv. ) Ont les poils de la queue dirigs sur les cts, et reprsen- tant comme une large plume. Il y en a beaucoup d'espces dans les deux continents. U Ecureuil commun. ( Schums vulgaris. ) Buff. YII , 35. Sclircb. pi. '21 '2 A le dos d'un roux vif, le ventre blanc, les oreilles ter- mines parun bouquet de poils. Ceux du Nord deviennent sur le dos, d'un beau cendr-bleutre en hiver, et don- nent alors la fourrure connue sous le nom de petit-gris y -'quand ou ne prend que le dos, et de vair quand on y laisse le blanc du ventre. RONGEURS. igO Les espces d'Amrique n'ontpas de pinceaux aux oreil- les. Tels sont h^Ecureuil gris de Caroline. ( Sciiirus cinereus. Lin. ) Petit-Gris de Buff. X, xxv. Plus grand que le ntre , cendr, ventre blanc. \J Ecureuil masque y du mme pays. [Se. capistratus. Bosc. ) Se. cinereus. Schreb. ccxm, B. Cendr , tte noire, museau , oreilles et ventre blancs. L'un et l'autre varient par plus de brun ou de noir, et de- viennent quelquefois tout noirs (i). La plupart des espces de l'ancien continent sont aussi destitues de ces pinceaux. L'une des plus belles est Le grand Ecureuil des Indes. ( Se. maximus et nmcrourus (2). Gm. ) Buff. Supp. VII , Lxxii. Presque aussi grand qu'un chat , noir dessus , flancs et sommet de a tte d'un beau marron vifj la tte ^ tout le dessous du corps et le dedans des membres jaune-pale; une bande marron derrire la joue. U habite sur les palmiers, et se plat surtout au suc laiteux des noix de coco. Il y a aussi dans les pays chauds qnelques cureils re- marquables par les bandes longitudinales dont leur pelage est vari. Tels sont Le Barbaresque. {Se. getulus. L. ) Buff. X_, xxvi. Dont les bandes s'tendent jusque sur la queue. Le Palmiste. {Se. palmarum. L. ) Buff. X, xxvi. Qui n'en a que sur le dos. 11 est probable qu'il faudra distinguer des cureuils cer- taines espces qui ont des abajoues comme les hamsters, et qui passent leur vie dans des trous souterrains (IcsTamia, lliger. ) Tel est Le Suisse. {Se. slriatus. L. ) Buff. X , xxviii. Qui se trouve dans tout le nord de l'Asie et de l'Amri- (i) Le Se. vulpinus , le carolinensis et e niger nen paraissent que des Tarits. (2) Il suffit de comparer les fif^ures de Pennant et de Sonnerai peur juger qu'elles reprsentent le mme animal. TOME I. i5 194 MAMMIFRES. que, surtout dans les forts de pins. Sa queue est moins fournie que dans Tcureuil d'Europe , ses oreilles rases, et son pela^je brun avec cinq raies noires et deux blancliA.tres. On devra probablement distinguer encore les gucrlinguets ^ espces longue queue, presque ronde, scrotum norme et pendant, il y en a dans les deux continents (i). On a dj spar Les Polatouches. (Pteromys. Cuv. ) Auxquels la peau de leurs flancs, s'tendant entre les jam- bes de devant et celles de derrire, donne la facult de se soutenir en l'air quelques instants, et de faire de trs grands sauts. Leurs pieds ont de longs appendices osseux qui sou- tiennent une partie de cette membrane latrale. Il y en a une espce en Pologne, en Russie et en Sibrie. {Sciitrus volanSr L. ) Sclireb. ccxxiii. Gris-cendr dessus, blanche dessous, grande comme un rat, la queue de la moiti de la longueur du corps seule- ment : elle vit solitaire dans les forts. Une du nord de l'Amrique. {Se. voluccella. L. ) Buff. X, xxi. Gris-rousstre dessus , blanche dessous , moindre que la prcdente , queue seulement d'un quart moindre que le corps : elle vit en troupes dans les prairies tempres de l'Amrique septentrionale. L'archipel des indes en a une presque grande comme un chat le mle d'un beau marron vif dessus , roux des- sous; la femelle brune dessus, blanchtre dessous. C'est Le Taguan. Buff. Supp. lll, xxi, et Vli, lxvii. (Se. petaurista. L. ) Mais ce mme archipel en produit aussi une petite. ( Se. sagitta. ) Brun-fonc dessus , blanche dessous , qui se distingue surtout des autres petites espces, parce que sa membrane (i) Nous avons trouve cependant aux tamia et aux Querlingueis les mmes molaires qu'aux e'cureuils et qu'aux polatouches. RONGEURS. 195 forme , ainsi que dans le taguan , un angle saillant trs aigu derrire le poignet. Enfin M. Geoffroi a spar avec raison de ce genre Les Aye-Aye. Geoff. ( (.heiromys. Cuv. ) (i) Dont les incisives infrieures encore beaucoup plus com- primes, et surtout plus tendues d^avant en arrire que dans les cureuils, ressemblent des socs de charrue; leurs pieds ont tous cinq doigts , dont quatre de ceux de devant sont excessivement alongs, et, dans ce nombre, le mdius est beaucoup plus grle que les autres 3 dans les pieds de derrire , le pouce est opposable aux autres doigts ', en sorte qu'ils sont cet gard, parmi les rongeurs, ce que sont les sarigues parmi les carnassiers. La structure de leur tte est d'ailleurs trs diffrente de celle des autres rongeurs, et a plus d'un rapport avec les quadrumanes. On ne connat qu'uneespced'aye-aye, dcouverte Ma- dagascar par Sonnerat. {Scurus Maclagascarensis. Gm. ) Buff. Supp. YII, lxviii. Grande comme un livre , d'un brun ml de jaune , queue longue et paisse, garnie de gros crins noirs, grandes oreilles nues. C'est un animal nocturne, dont les mouvements sont pnibles , et qui vit dans un terrier. Il se sert de son doigt grle pour porter les aliments sa bouche. Linnseus et Pallas avaient runi en un seul bloc sous le nom de Rats. (Mus. Lin. ) Tous les rongeurs pourvus de clavicules qu'ils n'a- vaient pu distinguer par quelque marque exlrieure trs sensible, telle que la queue de l'cureil ou celle du castor , d'o il rsultait que l'on ne pouvait leur assigner de caractre commun; la plupart avaient seulement des incisives infrieures pointues, mais ce caractre mme tait sujet des exceptions. (i) Pteroinys , rat ail, Cheiromys , rat main. i5* i)6 MAMMIFRES. Gmelin en a dj spar les marmottes, les loirs et les gerboises ; mais nous avons port plus loin leur subdivision , en prenant la forme des mcbelires en considration. Les Marmottes. ( Arctomys (i). Gm.) Ont bien les incisives infrieures pointues comme la plu part des animaux compris dans le grand genre des rats, mais leurs mcbelires sont, comme clans les cureuils , an nombre de cinq de chaque ct en haut , et de quatre en bas, toutes hrisses de pointes j aussi quelques espces se dterminent-elles aisment manger de la chair et pren- nent-elles des insectes aussi-bien que de l'herbe. Elles ont quatre doigts et un tubercule au lieu de pouce aux pieds de devant , et cinq doigts ceux de derrire. Sous d'autres rapports_, ce sont des animaux presque en tout contraires aux cureuils : lourds, jambes courtes, queue velue mdiocre ou courte, tte large et aplatie^ qui passent l'hiver en lthargie dans des trous profonds dont il ferment l'entre par un amas de foin. Ils vivent en socit et s'ap- privoisent aisment. On en connat deux espces dans l'an- cieo continent * La Marmotte des Alpes. ( 3Jus alpimis. L. ) Buff. YllI , XXVIIl. Grande comme un lapin , queue courte, pelage gris- jauntre, avec des teintes cendres vers la tte. Elle vit dans les hautes montagnes immdiatement au-dessous des neiges perptuelles. La Marmotte de Pologne ou Bohac (71/. hohac, L. ) Pal.Glir. V. Schreb. CCIX. Grande comme la prcdente, gris-jauntre, avec des teintes rousses vers la tte , habite les montagnes peu leves et les collines depuis la Pologne jusqu'au Kamt- schatka, creuse souvent dans les terrains les plus durs (2). (i) Arctomys ^ rat-ours. (a) Les voyageurs russes en Bucliarie parlent de quelques antres m^x- moUcs , a rct.Juli^ us , arct leptodactylus^ arci. mugosaricus , qui ne sont peut-tre pas encore sufiisamment distiugue'es du bobac ou du sotislit. RONGEUnS. 197 L'Amrique en a aussi quelques espces j une plus grande, grise , queue plus longue et noirtre , ainsi que le dessus de la tte; c'est VArct. monax. Buff. , Supp. m, 28. Et une moindre, grise , parties infrieures rousses, Arct. emptra., Schreb., ex. On distingue sous le nom de Spermophiles , Frd. Cuv., les marmottes qui ont des abajoues. Leurs formes, plus lgres les ont fait appeler cureuils de terre. L'orient de l'Europe en possde une. Le Souslik ou Zizel. ( M. citillus, L. ) Buff. , Supp. 111 , XXXI. Joli petit animal gris-brun, oud ou tachet de blanc par gouttelettes, qui se trouve depuis la Bohme jusqu'en Sibrie. Il a un got particulier pour la chair , et n'par- gne pas mme sa propre espce. L'Amrique septentrionale en a plusieurs espces, dont une est remarquable par les treize raies fauves qui rgnent sur le fond noirtre de la couleur de son dos. C'est le Souslik a treize raies , Arctomys i3; lineatus,}\^x\.'j ou sciu- rus i3; lineatuSj Mitchill.* ou Arct. Hoodii , Sabine, Trans. lin. , Xlli , pi. 2g (i). 11 parat que l'on doit aussi rapprocher des marmottes, un rongeur remarquable par l'habitude de vivre en grandes troupes dans d'immenses terriers, auxquels on a mme donn le nom de villages. Les Anglo-Amricains l'ont appel chien de prairies ou cureuil jappant , cause de sa voix , qui res- semble l'aboiement d'un petit chien. C'est V Arctomys ludo- vicianus, Say.,Yoyag. aux mont, roch., 1, 45i. M. Rafinesque, qui lui attribue cinq doigts tous les pieds, en fait son genre Cynomys. Les Loirs. (Myoxus. Gm. ) (2) Ont des incisives infrieures pointues, quatre mchelires (1) Aj. aret. Parrii. Richards , App. du Voy. de Parry. Plusieurs des marmottes annonces dans les voyages^ de Lewis et Clarke , de Parry , de Franklin , etc., arct. Franidinii, Richards onii , Pruinosa , paraissent aussi devoir tre places dans ce sous-genre. Voyez Sabine, Trans. Linn,, XIII, pi. xxvii, xxviii, etc. (a) Myoxus , rat museau pointu. ig8 MAMMIFRES. partout, dont la couronne est divise par des lignes ren- trantes d'mail. Ce sont de jolis animaux, poil doux, queue velue et mme touffue, au regard vif, qui se tiennent sur les arbres comme les cureuils, et se nourrissent defruits. Dans Tordre si nombreux des rongeurs, c'est le seul sous-genre qui man- que de ccum. Ils passent le temps froid comme les marmot- tes, dans un sommeil lthargique trs profond (i). Le Loir. ( Mus glis. Lin. ) Buff. VIII, 24. Grand comme un rat, gris-brun-cendr dessus, blan- chtre dessous; du brun plus foncautour de l'il, la queue bien fournie sur toute sa longueur, et presque dispose comme celle d'un cureuil , souvent un peu fourchue au bout, habite le midi de l'Europe, o il niche dans les creux des arbres et les fentes des rochers. Il attaque quel- quefois les petits oiseaux. C'est probablement ceratqueles anciens engraissaient et dont il faisaient eui-s dlices ('s). Le Lrot. {M, Nitela. Gm.) Buff. YIl, 25, Un peu moindre que le loir, gris-brun dessus, blanc dessous, du noir autour de l'il, qui rgne, en s'largis sant , jusqu' l'paule. La queue touffue seulement au bout , qui est noir avec l'extrmit blanche 5 commun dans nos jardins, o il se tient dans les trous des murs et fait beaucoup de tort aux espaliers. Le Muscardin {M. avellanarius. L. ) Buff. VII^ 26. De la taille d'une souris; roux-cannelle dessus, blanc dessous ) les poils de la queue aussi un peu disposs en plume. Des forts de toute l'Europe. Il fait un nid avec de l'herbe sur les branches basses , pour y lever ses petits. Le reste du temps, et surtout l'hiver , il se tient dans des trous d'arbres (3). (1) Cela est tellement dans leur nature, qu'un loir du Sngal M. Coupeii) , quiu'avait probablement jamais prouv de lthargie dans on pays natal , y est tomb en Europe , ds qu'on Ta expos au froid. {1) Le M dijas de quelques auteurs (Sclireb., 'J20, B. ) ne me parat pas diffrer du loir. (3) Aj. myoxus Coupe. Frd. Cuv. , Marurait. RONGEURS. 199 Oti doit rapprocher des Loirs ^ Les Echimys. Geoff. (Loncheres. Iliger.) Qui ont aussi quatre mclielires , mais formes : le sapiieuies de deux lames ployes en V , les infrieures d'une lame ploye et d'une simple. Dans plusieurs es- pces j le pelage est rude et ml d'pines aplaties pu de piquants plats comme des lames d'pe. Ce sont des ani- maux d'Amrique. L'un d'eux , \/Ecliimys h queue dore , Lrot queue dore. Buff. Sup. VII, 'ji. {Hystrixchry sures. Schxeh. clxx. B. ) ' * Est plus que double de notre surmulot* c'est un bel animal , brun-marron , ventre blanc , une crte de poils alongs et une bande longitudinale blanche sur la tte y la queue longue , noire , a sa moiti postrieure jaune. li vient de la Guyane. U Echimys roux. {Rat pineux e d'Azzara.Voyag. pi., xiii). Est grand comme un rat , gris-rousstre f sa queue est plus courte que le corps. On le trouve la Guyane , au Brsil , au Paraguai. H se creuse de longs boyaux sou- terrains. D'autres n'ont que des poils ordinaires plus ou jnoins rudes. .,jj,j Le plus remarquable est V Echimys dactylin , Geoff. , qui surpasse encore l'Ech. queue dore, et a les deux doigts du milieu aux pieds de devant, doubles des doigts latraux ; sa queue cailleuse est plus longue que- le corps y son pelage est gris-jauntre; les poils de son nez forment une crte dirige en avant (i). Les Hydromys. Geoff. Ont beaucoup de rapports avec les Echimys, par leur (i) Aj. l'Ecli de Cayenne, TEch, soyeus. Je souponne \q mus para- do x us y Thoms., Trans. linn.^ xi (Heteromts, Lesson.) de ne diffrer des ecliirays , que parce qu'il a des abajoues. Cependant, n'ayant pas va ses deuls , je ne puis le classer. 200 MAMMIFRES. extrieur ; mais ils se distinguent d'abord de tous les autres vats par leurs pieds de derrire , palms aux deux tiers ; leurs molaires, au nombre de deux partout ^ ont aussi un ca- ractre particulier dans leur couronne divise en lobes obli- quement quadrangulaires, dont les sommets sont creuss en cuiller. Ils sont aquatiques. On en a rapport de la terre de Van Dimen des indi- vidus ventre blanc, et d'autres ventre fauve , qui ont tous le dessus brun-fonc, la queue longue , noire la base , et blanche dans sa moiti postrieure. Ils sont quel- quefois doubles du surmulot. Hydromys leucogaster et H, chrysogaster, Geoff. , Xn. mus. AI. pi. 36. Les HouTiAS. (Capromys. Desmar.) Ontquatre molaires partout, couronne plate^ dontTmail se replie en dedans , de sorte qu'il fait trois angles rentrants au bord externe, et un seul l'interne dans les suprieures^ et l'inverse dans les infrieures. Leur queue est ronde , fai- blement velue j ils ont, comme les rats, cinq doigts aux pieds de derrire et quatre avec un rudiment de pouce aux pieds de devant* leur forme est celle d'normes rats qui au- raient la taille du lapin ou du livre. On en connat deux espces , une brune museau et des- sous du cou blanchtre, queue brune de moiti plus courte que le corps, dite Houtia coiigo ( Capromys fournieri ^ Des- mar. ,Mm. de la soc. d'Hist. nat. de Par., L, iSsS.), etune moindre , brune , gorge blanchtre , queue rousse, aussi longue que le corps , un peu nue au bout , dite Houtia cara^'alli [Capromys prehensilis y Pssig. ) Toutes les deux habitent l'le de Cuba. C'tait, avec les Agoutis , lors de la dcouverte ^ le principal gibier des Indignes. Les Rats proprement dits. ( Mus. Cuv. ) Ont partout trois molaires, dont l'antrieure est la plus grande , et dont la couronne est divise en tubercules mousses, qui en s'usantlui donnent la forme d'un disque di- versement chancrj leurqueue est longue etcailleuse. Ces animaux sont fort nuisibles par leur fcondit et la voracit avec laquelle ils rongent et dvorent des substances de toute RONGEURS. 201 nature. Il y en a trois espces qui sont devenues trs com- munes dans les maisons , savoir : La Souris, (Mus miisculus. Lin. ) Buff. , VU , xxxix. Connue de tous les temps et de tout le monde. Le Rat. {Mus rattus. Lin.) Buff. Vil, xxxvi. Dont les anciens n'ont point parl , et qui parat avoir pntr en Europe dans le moyen ge. 11 est plus que dou- ble de la souris dans toutes ses dimensions. Son pelage est noirtre. On en a trouv quelquefois plusieurs individus attachs ensemble par l'entrelacement de leur queue; c'est ce que l'on nomme roi des rats (i). Le Surmulot. {Mus decumanus. Pall. ) Buff. Vlil , xxvii. Qui n'est arriv en Europe que dans le dix-huitime si- cle, et qui est aujourd'hui plus commun que le rat Paris et dans quelques autres grandes villes. Plus grand d'un quart que le rat, il en diffre encore par son poil brun-rous- stre (2). Ces deux grandes espces paraissent originaires d'Orient ; nos vaisseaux les ont transportes partout aussi-bien que la souris. La Tartarie orientale et la Chine ont un rat gal au surmulot, queue un peu plus courte, mchoires plus fortes, d'une teinte blonde ( c'est le M. caraco , Pallas), Glir. XXm, Schreb., CLXXVII. 11 y en a un autre aux Indes encore d'un quart plus fort c[ue le surmulot, brun-rousstre {rat perchai de Buff. , Supp. Vil, Lxix). L'archipel des Indes en a galement un grand d'un brun noirtre [Mus setifer. Horsf. Jav.). Ces deux espces sont hrisses de soies rudes qui dpassent leurs poils. L'un des rats les plus grands et les plus nuisibles que l'on connaisse est le Rat musqu ou pilori des Antilles (1) Voyez Bellerman sur le roi des rats ( en allemand ), Berlin, 1820. (2) Il parat naturel de Perse o il; habite dans les terriers. C'est en 1927 seulement qu'il arriva Astracan , aprs un tremblement de terre, en traversant le Volga. 2 03 MAMMIFRES. {M. Pilorides y PalJ. et Gmel. ) , lonjy de quinze pouces sans la queue y qui est encore plus longue que le corps , poil grossier, noir- fonc en dessus ^ et blanchtre en dessous, (i) On a moins observ les espces de la taille de la souris. La Souris du Caire (31. cahirinus. Geoff. , Descr. de l'Eg. Mammif.) a des piquants au lieu de poils sur le dos j Aristote l'avait dj remarqu. On ne connat gure en France qu'une espce qui vive loin des maisons; c'est \e mulot (717. sylvadcus.) y 5nff., Vl, XLi y lequel ne surpasse gure la souris, et s'en distingue par son pelage roux. Il fait grand tort aux bois et aux champs _, et pntre aussi quelquefois dans les jardins. Il parat cependant qu'il s'y trouve en quelques pro- vinces une espce plus petite et grise , qui a aussi t observe en Angleterre ( M. Messorius , Shavr , Tom. 11., I. Part., Frontisp. ), et une troisime encore beaucoup plus petite, le mulot nain [M.pumiluSyYv. Cuv. , Mammif.). Au reste ^ il y a encore beaucoup de dcouvertes faire mme dans notre pays, sur les espces des trs petits qua- drupdes. (2) Les pays chauds produisent des rats semblables ceux (i) C'est fort mal propos que Pailas et Gmeli le de'crlvent comme entirement blanc. Les premiers historiens des colonies lui attribuent les mmes couleurs que nous lui avons vues. (2) A cette division appartiennent probablement M. agrarius, M. mi- nutiis y M.soricinuSy M. vagus , M. betulinusj M. striatus , m, barbants^ Sclireb. C'est encore ici que devra venir Fenorme espce du mus giganteus, Hardwick, Linn. Trans. VII, xxvni. Il fiuit y ajouter aussi le rt rare du Cap. ( M. pumilio ., Sparm. ). Le rat gris-bleu o. T Amrique mridionale ( M. cyanus^ Molina), et plusieurs autres espces, dont une partie n'est pas mme indique dans les auteurs , et dont les autres y sont dcrites trop peu comparativement. C'est ainsi que les rats mentionns par d'Azzara ne pourront la plupart tre classs utilement qu'aprs avoir t revus. Il en est de mme d'un gi-and nombre des rongeurs de M. Rafinesquc, Leurs indications sont trop brives pour que l'on puisse en faire usage. ROWGEUKS. 200 dont nous venons de parler par tous les dtails, mais dont la queue est plus velue. ( i ) Les Gerbles. (cErxBiLLTJS. Desmar. meriones. Ilig. ) Ont les molaires peu diffrentes des rats , et s'usant seule- ment un peu plus vite et de manire offrir des collines trans- verses; leurs incisives suprieures sont creuses d'un sillon ; leurs pieds de derrire sont un peu plus lonf^s proportion que dans le commun des rats^ et le pouce et le petit doigt en sont un peu reculs ; leur queue est longue et velue. Les contres sablonneuses et chaudes de l'ancien conti- nent en nourrissent plusieurs espces. La Gerhillc des Indes. {Dpus indicus. Hardwick. Trans. Linn.Vill, pi. vu.) Hrine. Fred. Cuv. Mamm. Est de la taille du loir; fauve en dessus, blanchtre en dessous , et a la queue plus longue que le corps et noir- tre vers le bout. On doit en rapprocher la G. des sables [D. meridianus .) Schr. 23 1 , qui est peu prs de mme couleur, mais un peu plus petite. Et la Gerhille des tamarix. {!). tamaricinus .) Schr. 232. Qui a des anneaux bruntres sur la queue. (i) Hypudus variegatus , Liclitenst. , Var., Flava. Meriones sye- fiensisj Id., auxquels il faudra joindre V yln^icola messor ^ Lecomte , ari>. hortensis , Harl., ou Sfgmodon, Say., distiaguc toutefois par des oreilles velues , comme dans l'otomys. Un autre groupe, aussi queue velue , mais dont les dents s'usent da- vantage, comprendra V Hjpuclus obesus, Liclitenst., le mus ruficaudus, Id. , et son Meriones sericeus devra en faire un troisime , caracte'rise' par des collines saillantes aux molaires, engrenant alternativement les unes dans les autres. Il y aura ensuite un groupe former du l\eotoma floridanwn de Say , ou jirvicolafloridanus de Harlan, et de V ^ri^icola gossypina, Lecomte, deux rats trs semblables , la grandeur prs, et mme pour les couleurs , dont les dents pourvues de racines ont cependant les couronnes, pour peu qu'elles soient use'es, disposes comme dans les campagnols. Mais tous ces animaux exigeraient , pour tre classe's dfinitivement, un examen comparatif et complet, c'est-*dire portant sur l'intrieur comme sgr l'extrieur. 20zi MAMMIFRES. La Gerhille des pyramides. (D. pyramidiim. Oliv. Voyag.) A les pieds de derrire plus alongs^ et est de la taille du lrot j son pelage est roux dessus , et blanchtre des- sous. 11 y en a une au Se'ngal d*un roux plus vif, d'un blanc plus pur. Une autre au Cap, un peu plus grande, rousstre , queue moins velue au bout. Une en Nubie , de prs de moiti plus petite, d'un roux- clair en dessus, d'un beau blanc en dessous. LesMerions. (Mertones. Frd. Cuv. ) Que nous sparons des autres gerbilles , ont es pieds de derrire encore plus longs , la queue peu prs nue , et une trs petite dent en avant des molaires suprieures, caractres qui les rapprochent des Gerboises ; leurs incisives suprieu- res ont le mme sillon que dans les gerbilles ; leurs doigts sont semblables. On en connat une petite espce , de TAmrique sep- tentrionale , Mus canadensis. , Penn. j Dipus canadensisy Sh. Il , I. part., pi. iQi'j Dipus americanus. Barton. De la taille d'une souris , pelage gris-fauve , queue plus longue que le corps. Son agilit est extrme j elle s'enferme dans la terre et passe l'hiver dans un tat lthargique (i). Les Hamsters. (Cricetus. Cuv.) Ont peu prs les mmes dents que les rats , mais leur queue est courte et velue , et les deux cts de leur bouche sont creuss, comme dans certains sijiges , en sacs ou en abajoues , qui leur servent transporter les grains qu'ils recueillent, dans leur demeure souterraine. Le Hamster commun , Marmotte d' Allemagne , etc. ( M. cricetus. L. ) Buff. Xlll , xiv. Est plus grand que le rat, gris-rousstre dessus, noir aux flancs et dessous , avec trois taches blanchtres de (i) Aj. Gerhillus labradoriusy Harl. ou M. /airaJ., Sabine, Voyag. de Franklin, p. 66i. ROKGEURS. 2o5 chaque ct ; ses quatre pie-ds sont blancs, ainsi qu'une tache sous la gorge et une sous la poitrine : il y en a des individus tout noivs. Cet animal , si agrablement vari en couleur, est un des plus nuisibles qui existent, cause de la quantit de grain qu'il ramasse, et dont il remplit son trou , qui a quelquefois jusqu' sept pieds de profon- deur. 11 est commun dans toutes les contres sablonneuses qui s'tendent depuis le nord de l'Allemagne , jusqu'en Sibrie. Ce dernier pays produit beaucoup de petites espces de Hamsters, que M. Pallas a fait connatre, (i) Les Campagnols. (Arvicola. Lacp. ) Ont , comme les rats , trois machelires partout, mais sans racines et formes chacune de prismes triangulaires, placs alternativement sur deux lignes. On peut les subdiviser en plusieurs groupes, savoir : Les Ondatras. (Fiber. Cuv.) Ou campagnols pieds de derrire demi palms , longue queue comprime et cailleuse, dont on ne connat bien qu'une espce. UOndatra ou Rat musqu du Canada. ( Castor zibeticus. Lin. Mus zibeticus. Gm.) Buff. X, i. Grand comme un lapin , d'un gris roussatre : ils con- struisent en hiver, sur la glace, une hutte de terre , o ils habitent plusieurs, allant par un trou chercher au fond les racines d'acorus, qui servent les nourrir. Quand la gele ferme leurs trous, ils sont rduits se manger les uns les autres. Cette habitude de btir est ce qui a fait rapporter l'ondatra au genre du castor par quelques au- teurs. La seconde subdivision est celle des Campagnols ordinaires. (Arvecola. Cuv. Hypudus. Ilig.) Dont la queue est velue, et peu prs de la longueur du corps, sans palmure aux pieds. (i) M. accedula. 31. arenarius. M.plius. M. songarus . M . funtnculus . Voyez Fall., Glir. et Schreb. 2o6 MAMMIFRES. Le Rat d'eau. [Mus amphihius. L. ) Buff. Vil, xliii. Un peu plus grand qu'un rat commun , d'un gris brun fonc, queue de la longueur du corps , habite au bord des eaux, et creuse dans les terrain.^ marcageux pour chercher des racines mais il nage et plonge mal. Le Schermaus ou Rat fouisseur des Alsaciens. {Mus terres- tris. Lin. ) Ne semble diffrer du rat d'eau que par une taille un peu moindre; sa queue est moins longue, il vit sous terre comme la taupe, mais surtout dans les prs des terrains levs; il fait des galeries et transporte la terre qu'il sort de son trou quelque distance de l'ouverture. Ses maga- sinSj qu'il remplit surtout de racines de carottes sauvages coupes en morceaux de deux pouces, ont souvent deux pieds de diamtre. Le Campagnol OM petit Rat des champs. {Mus. arvalis. Lin.) Buff. VU , xLvii. Nomm aussi, mais improprement, mulot j dans quelques provinces. Grand comme une souris, cendr-rousstre , la queue un peu moindre que le corps. Il habite des trous qu'il creuse dans les champs, et o il ramasse du grain pour l'hiver; quelquefois il se multiplie excessivement et cause de grands dgts. Le Campagnol de prs. {Mus conomus. Pall. ) Glires. XIV, A. Schreb. cxc. Un peu plus fonc et queue un peu plus courte : il H^abite une petite chambre en forme de four, creuse sous le gazon, d'o plusieurs canaux troits et branclius con- duisent en diverses directions; d'autres canaux commu- niquent avec une seconde cavit o il amasse des provi- sions. De toute la Sibrie. On croit l'avoir trouv en Suisse et dans le midi de la France, surtout, ce qu'on assure , dans les champs o l'on recueille les pommes de terre (i). 1 (i) Ici viennent encore probablement les M. saxalis , alliarius , ru- tilus , girgalis el sncialis. { Pall. Glir. ) Mais les 37. lagurus et torquatus IlONGEURS. 207 Les Lemmings. (Iiiv. (Georychus. liger. ) Qui ont la queue et les oreilles trs courtes, et les doigts, de devant particulirement propres creuser. Les deux premires espces ont cinq ongles bien distincts aux pieds de devant, comme les rats-taupes et les livres sauteurs. Le Lenuning. ( Mus lemmiis. Lin. ) Pall. Glir. XU. A. B. Schreb. cxcv. Espce du Nord, del taille d'un rat, pelage vari de jaune et de noir, trs clbre par les ^iiigrations qu'elle fait de temps en temps , sans poques fixes et en troupes innombrables. On dit qu'ils marchent alors en ligne droite , sans que rivire , montagne ni aucun autre obsta- cle les arrte, et qu'ils dvastent tout sur leurs passage. Leur habitation ordinaire parat tre sur bords de la mer Glaciale. Le Zocor. {Mus aspalax. Gm. ) Pall. Glir. X. Schreb. ccv. Gris-rousstre^ les trois ongles mitoyens de devant longs, arqus, comprims et tranchants pour couper la terre et les racines ^ les membres courts , la queue presque nulle , les yeux excessivement petits. De Sibrie, o il vit tou- jours sous terre comme les taupes et les rats-taupes , et se nourrit principalement de bulbes de diverses liliaces. La troisime espce, comme les autres animaux com- pris sous le grand genre des rats, n'a qu'un rudiment de pouce aux pieds de devant. C'est Le Lemming de la haie d'Hudson. ( Mus Hudsonius. Gm. ) Schreb. cxcvi. D'un cendr clair de perle, sans queue ni oreilles exter- sont plutt des lemmings. L'Amrique septentrionale possde aussi plu- sieurs campagnols comTat Ari^icola xantJwgnaiha , Leach, , Miscell. I, pi. XXVI. Arvicolapensfluanica^ Wiison., Ame'r. ornitli., vi, pi. 5o, F. 3. Ari^.paluslris,llAv\tin- etc. On doit dsirer d'en obtenir bientt des figures et des descriptions plus comparatives que celles qui existent. 2o8 MAMMIFRES. lies : les deux doigts du milieu , aux pieds de devant du mle, ont Tair d'avoir les ongles doubles, parce que la peau du bout du doigt est calleuse , et fait une saillie sous la pointe de l'ongle; conformation qui ne s'est encore ren- contre que dans cet animal. Il est grand comme un rat , et vit sous terre au nord de l'Amrique. Les Otomys. (Frd. Cuv.) liennent de prs aux campagnols, et ont aussi trois m- chelires, mais composes de lames lgrement arques, pla- ces la file les unes des auties (i). Leurs incisives sont creuses d'un sillon longitudinal. Leur queue est velue ainsi que leurs oreilles , qui sont assez grandes. L'espce connue ( Otomys capensis, Frd. Cuv. ) habite en Afrique j elle est de la taille d'un rat , et a le pelage an- nel de noir et de fauve. Sa queue est d'un tiers plus courte que le corps. Les Gerboises. ( Dipus. Gmel. ) Ont peu prs les mmes dents que les rats proprement dits, et seulement il y en a quelquefois une trs petite, place en avant des molaires suprieures. Leur queue est longue et touffue au bout, leur tte large, leurs yeux grands et saillants, mais leur principal caractre consiste en des extrmits postrieures d'une longueur dmesure, en com- paraison de celles de devant, et dont surtout le mtatarse des trois doigts du milieu n'est form que d'un seul os , comme ce qu'on appelle le tarse dans les oiseaux. Cette dis- proportion de leurs membres les a fait nommer rats deux pieds par les anciens. En effet , elles ne vont gure que par grands sauts sur leurs pieds de derrire. Leurs pieds de de- vant ont cinq doigts j et certaines espces, outre les trois grands doigts des pieds de derrire, y ont de petits doigts latraux. Ces rongeurs vivent dans des terriers , et tomben t en une lthargie profonde pendant l'hiver. (i) Elles reprsentent exactement en petit les mchclires de l'e'lc' pliant. R0P!G15U1;R. 20Q L Geri?oa. {Al. sagitta. L. ) Buff. Supp. VI, xxxix c! xr. A trois doigts seulement, grand comme un rat, d'un fauve clair dessus, blanc dessous, le flocon de la queue noir, le bout blanc. Depuis la Barbarie jusqu'au nord de a mer Caspienne. Le Gerhoa a pieds velus {Dipiis hirtipeSy hchienst.)^ a l.i tte plus comprime que les autres; ses pieds de derrire n'ont que trois doigts comme ceux du Gerboa, mais ils sont plus velus. D'Afrique (i). UAlactaga. ( M. jaculus. ) PalL Glir. XX. Sclireb. CCXXVIli. A deux petits doigts latraux, les oreilles plus lon- gues que le gerboa, mais peu prs les mmes couleurs. M. Pallas en a observ de trois grandeurs diffrente, depuis celle du lapin jusqu' celle du rat : ce sont peut- tre autant d'espces (2). On trouve l'une ou l'autre de- puis la Barbarie jusqu' l'Ocan oriental, et jusqu'au nord de l'Inde. Nous sparons des autres gerboises et de tout ]e genre des rats LesHelAMYS, Fred. Cuv.,vulgaiTement lis^res sauteurs. . (Pedetes. Ilig. ) (3) Qui ont bien comme les gerboises a lte large, de gros yeux, une longue queue, et surtout un train de devant extrmement petit , en comparaison de celui de derrire, quoique la disproportion en soit beaucoup moindre que dans les vraies gerboises. Les caractres par- ticuliers des llamys sont cjuatre mchelires partout, composes cliacune de deux lames ; cinq doigts aux pieds (i) Aj. les Dip. telum , D. platurus et D. la^opus d^Eversman. Vov. de Majendorf en Boucavic, trad. iV., p. 3c)0. (2) Plus nouvelleaient ( dans la Zoograpliie ru?se , J , p. 182 ) Pallas distingue les petits aactaga sous le nom de Dip. acontion. (3) Helamys, rat sauteur. Pedetes , sauteur. TOME I. j4 210 MAMMIFRES. de (leyant arms d'ongles longs et pointus, et quati-e leurs grands pieds de derrire, tous distincts, mme par les os du mtatarse , et termins par des ongles larges et presque semblables des sabots. Ce nombre de doigts est Finverse de celui qui est le plus gnral parmi les rats. Leurs incisives infrieures sont tronques et non pointues comme celles des vraies gerboises et de la plu- part des animaux qui avaient t compris sous le genre des rats. On n'en connat qu'une espce grande comme un lapin , fauve-clair, queue longue touffue et noire au bout. {Mus. caffer., Pall.; Dipiis cqff'er,yGm.) Buff.,Supp., VI, 4i .Etmieux Fred.Cuvier, manimif. Elleliabite des terriers profonds au Cap de Bonne-Esprance. Les Rats-Taupes. ( Spalax. Guldenstedt. ) Ont aussi t spars avec raison du genre des rats , bien que leurs mcbelires soient au nombre de trois, et tuber- culeuses comme dans les rats proprement dits et dans les hamsters, et seulement un peu moins ingales entre elles ; mais leurs incisives sont trop grandes pour tre recou- vertes par les lvres ; l'extrmit des infrieures est en coin tranchant et non en pointe ; leurs, jambes sont trs courtes; tous leurs pieds ont cinq doigts courts et cinq ongles plats et menus ; leur queue est trs courte ou nulle aussi-bien que leur oreille extrieure. Ils vivent sous terre comme les taupes, soulevant la terre comme elles, quoi- que avec des instruments bien moins puissants pour la diviser , mais ils se nourrissent seulement de racines. heZe/nniy Slepetzoi Rat-taupe aveicgle.{Mus t/yphlus. Pa!l.) Glir. pi. 8, Schreb. '206. Animal singulier, d'un air tout--fait informe par sa grosse tte anguleuse sur les cts , par ses pieds courts , par l'absence totale de queue, et surtout parce qu'il n'a pas mme d'il visible au-deliors, et que l'on trouve seulement sous sa peau un pelit grain noircjui parat organis comme RONGEURS. 21 un il, sans pouvoir servir la vision , puisque lu peau passe dessur ?ans s'ouvrir ni s'ariiincir, et sans avoir en cet endroit moins de poils qu'autre part. 11 surpasse notre rat pour la {^riosseur, et a le poil lisse et d'un cendr tirant sur le roux. Olivier a pens que c'tait de cet animal que les anciens voulaient parler, quand ils disaient que la taupe est tout- -fait aveugle. Les les de la Sonde possdent un rat-taupe aussi grand qu'un lapin, gris-fonc, avec une raie blanche longitu- dinale sur la tte {Spalax javanus). On a du sparer des rats-taupes eux-mmes Les Oryctres. Fred. Cuv. (Bathiergus. Iliger. ) Qui , avec la forme gnrale , les pieds et les incisives tronques de ce genre , ont quatre mchelires partout ; leur il^ quoique petit, est dcouvert , et ils ont une courte queue. UOryctre des dunes. ( 3Ius niaritimiis Gm. ) Taupe des dunes, iiuff. Su[>p. VI, 38. Est presque de la taille d'un lapin , et a les incisives su- prieures creuses d'un sillon , et le poil d'un gris blan- chtre. UOryctre tache blanche, ( 31. capensis. Gm. ) Taupe du Cap. Buff. Supp. VI , 36. Esl peine del taille d'un cochon d'Inde ;, biun , avec une tache autour de l'oreille, une autour de l'il et une sur le vertex , et le bout du museau de couleur blanche. Ses incisives sont lisses. Il y en a encore un plus ])etit , gris , incisives lisses , et qui gale peine le rat. (Bathyergus hcttentottiis , Less. et Garn. ) Voy. de la (Coquille, pi. 2. On doit rapprocher des spalax et des oryctres Les Geomys. Rafnesque. ou Pseudostoma. Say. AscOMYS. Lichtenst. Qui on t par ton l quatre molaires en pristnes comprims ; la premire double , les trois autres simples ; les incisives - i4 '2 12 M AM M [FEUES. suprieures creuses d'un double sillon en avant; cinq doigts tx)us les pieds ; les trois ongles mitoyens de de- vant, surtout celui du mdius, trs longs, crochus et tranchants. Ils sont bas sur jambes , et des abajoues trs profondes, dont les ouvertures sont extrieures, leur gros- sissent singulirement les cts de la tte et du cou. On n'en connat qu'un (Mus. harsariuSy Shaw (i).) , de la taille d'un rat, pelage fjris-rousstre , la queue nue , de moiti plus courte que le corps. Il habite des terriers profonds, dans l'intrieur de l'Amrique septentrionale. Les Diplostoma. Rafn. Ressemblent presque en tout aux gomys , si ce n'est qu'ils manquent absolument de queue (2). Ce sont aussi des animaux de l'Amrique septentrionale. L'espce que nous avons sous les yeux est rousstre, et longue de dix pouces. Nous passons maintenant des rongeurs plus ro- bustes que ceux dont nous avons trait jusqu' pr- sent , mais dont plusieurs ont encore des clavicules trs prononces. De ce nombre sont : Les Castors. ( Castor. L. ) Que l'on distingue de tous les autres rongeurs par leur quevie aplatie horizontalement, de forme presque ovale et couverte d'caills. Ils ont cinq doigts tous les pieds : ( \^ Les figures que l'on avait publies d'abord de cet animal , Trans. linn. soc.jtom. V, pi. vni,t Shaw, vol. II, part. I, pi. i38, lerepre'scn- Unent avec la peau inte'rieure des abajoues renvre'e en dehors, et comme s"\\ avait eu deux sacs pendants aux cte's del tte. Il n'y a rien de semblable dans la nature. Il est bien repre'sent acad. de Berl. , 1822 et 23 , pi. 2. {i] M. Rafinesque leur donne quatre doigts seulement tous les pieds jN'otre espce en a cinq comme les gomys. KONG EU Rb. 2JO ceux de derrire sont runis par des membranes, et il y a un ongle double et oblique celui qui suit le pouce. Leurs mchelires , au nombre de quatre partout et couronne plate :, ont l'air d'tre faites d'un ruban osseux repli sur lui-mme, en sorte qu'on voit une cbancrure au bord interne et trois l'externe dans les suprieui^es et l'inverse dans les infrieures. Les castors sont d'assez grands animaux dont la vie est tout aquatique; leurs pieds et leur queue les aident galement bien nager. Comme ils vivent principale- ment d'corces et autres matires dures , leurs incisives sont trs vigoureuses et repoussent fortement de la racine mesure qu'elles s'usent en avant; aussi s'en servent-ils pour couper toutes sortes d'arbres. De grosses poclies glanduleuses, qui aboutissent leur prpuce , produisent une pommade d'une odeur forte , employe en mdecine sous le nom de castorum. Dans les deux sexes , les organes de la gnration aboutissent l'extrmit du rectum , en sorte qu'il n'y a qu'une seule ouverture extrieure. Le Castor du Canada. ( Castor fiber. ) Buff. V.IU, xxxvi. Surpasse le blaireau par sa taille ; c'est, de tous les qua- drupdes , celui qui met le plus d'industrie la febrication de sa demeure, laquelle il travaille en socit dans les lieux les plus solitaires du nord de l'Amrique. Les castors choisissent des eaux assez profondes pour ne: pas geler jusqu'au fond, et, autant qu'ils le peuvent, des eaux courantes , parce qu'en coupant le bois au-dessus , le courant l'amne o ils veulent, lissoutiennentl'eau une gale hauteur par une digue de toutes sortes de branches mles de pierres et de limon , qu'ils renforcent tous les ans , et qui finit par germer et se changer en une vritable haie. Les hutes particulires servent deux ou trois fa- milles, et ont deux tages : le suprieur sec pour les animaux, l'infrieur sous l'eau pour les provisions d'cor- ces. Il n'y a que celui-ci d'ouvert, et la porte donne soiis l'eau sans communication avec la terre, (-es huttes sont 2l4 MAMMIFRES. fciites de branehes entrelaces et garnies de limon. Les cas- tors ont d'ailleurs plusieurs terriers le long du rivage , o ils se rfugient quand on attaque leurs huttes. Leurs b- timents ne leur servent que Thiver j VX ils s'parpillent et vivent chacun pour soi. On apprivoise aisment le castor, et on Taccouluiue vivre de matires animales. Le castor du Canada est d'un brun-rousstre uniforme; sa fourrure est, comme on sait, trs recherche p>jur le feutrage. Il y en a de blonds, de noirs et quelquefois de blancs. Nous n'avons pu encore constater, malgr des compa- raisons scrupuleuses, si les castors ou bivres qui vivent dans des terriers le long du Rhne, du Danube, du Weser et d'autres rivires, sont diffrents par l'espce de celui d'Amrique ; ou si le voisinage des hommes est ce qui les empche de btir. Les Coua. (Myopotamus. Coirmerson). Ressemblent aux castors par la taille , par leurs quatre molaires peu prs com.poses de mmie, parleurs vi- goureuses incisives teintes en jaune , et par leurs pieds tous cinq doigts , et dont ceux de derrire sont palms , mais leur queue est ronde et alonge. Ce sont aussi des animaux aquatiques. On n'en connat qu'un Le Cou. ( 3Ius. coipus. Molin.) Geoff. Inn. Mus.YI , pi. 35. Qui vit dans des terriers au bord des rivires, dans une grande partie de l'Ami'ique mridionale. Son poil gris iauntre, fourni de duvet sa base, s'emploie par les chapeliers comme celui du castor , et il est en consquence un objet important do commerce. On en importe les peaux par milliers en Europe. Les Pcrc-Epigs. (Hystrix. Lin. ) Se fout reconnatre au premier coup-d'il par les piquants roides et pointus dont ils sont arms, comme les licrssoiis parmi les carnassiers. Leurs Dicheires sont au nombre de quatre partout, couronne plate, diver- sement modifie par des lames d'mail , qui y laissent des intervalles enfoncs; leur langue est hrisse d'caills pineuses; leurs clavicules sont trop petites pour s'ap- puyer sur le sternum et l'omoplate : elles ne sont suspen- dues que par des ligaments. Ces animaux vivent dans des terriers, et ont beaucoup des habitudes desiapins. Leur voix grognante, jointe leur maseau gros et tronqu , est ce qui les a fait comparer au porc, et leur a valu leur nom franais. Les Porg-pics proprement dits , Ont la tle plus ou moins bombe par le' dveloppemenl des os du nez. On leur compte quatre doigts devant eicinq derrire , arms de gros ongles. L'espce d'Europe {Hystrix cristata^ L.) Buff., XH, pi. 5i et 52, habite dans le midi de l'Italie, de TEspagne, en Sicile; elle se trouve aussi en Barbarie. Ses piquants sont trs longs, annels de noir et de blanc; une crte de longues soies occupe sa tteet sa nuque. Sa queue est courte et garniede tuyaux tronquset vides, suspendus des pdicules minces qui rsonnent en se choquant quand l'animal les secoue. Sa tte osseuse a le chanfrein singulirement bomfD. Il y en a des espces peu diffrentes, mais tte moins bombes, dans les Indes et en Afrique. On distingue des Porcs-pics proprement dits , Les AHERUREs. Cuv. Dont la tte v le museau ne sont renfls, et dont la queue est longue et non prenante ; leurs pieds cr:t Jes doigts comme dans les porc-pics proprement dits. Le' Porc -pie queue en pinceau. { Hyst. Jhsciculata, Lin. ) Buff. Supp., VU. 77. Schreb. 170 (i). ' A les pines du corps creuses d'un sillon en avant, et la queue t'ermine par un faisceau de lanires cornes ap- platies, et trangles d'espace en espace (1) Cette figura copide de Seba , I, 5i, i , f'st trop courte. Celle d* 2l6 MAMMIFRES. Les Ursons. (rtisons. Fr. Cuv. ) Dont le crne est plat et le museau court et non bomb j ils ont la queue mdiocre et les piquants courts et demi cachs dans le poil. On n'en connat qu'un du nord de l'Amrique septen- trionale ( Hystrix dorsata. L in. ) Buff. XII , lv. (i) Les Coendous. ( Synetheres. Fr. Cuv.) Dont le museau est gros et court , la tte bombe au front, les pines courtes et surtout la queue longue, nue au bout, et prenante comme celle d'un sarigue ou d'un sapajou; leurs pieds n'ontquequatre doigts arms d'ongles; ilsgrimpentauxarbres. Il y en a dans les contres chaudes de l'Amrique, une es- pce piquants noirs et blancs, poils brun-noir. {Hj^s- trix prehensilis , Lin. , Cuendu, Margr. , Hoitztlaquatzin y Hernand. (2) L'Amrique en a une autre plus petite j piquants en partie roux ou jaunes, cachs pendant une partie de l'an ne, sous un poil long gris-brun. Le Couy d'Azzara. {Hystrix in,si(iiosa. Lichtenst.) Pr. Max. , Brsil. Les Livres. (Lepus. Lin. ) Ont un caractre trs distinctif , en ce que leurs inci- sives suprieures sont doubles, c'est--dire que chacune d'elles en a par derrire une autre plus petite (3). Leurs molaires , aii noHibre de cinq partout , sont formes cha- cune de deux lames verticales soudes ensemble, et il Buffon est meilleure , mais les lanires du bout de la queue n'y sont pas assez clairement represente'es. On ne voit pas pourquoi MM. de Blainville et Desmarets rapportent cette espce au genre des rats 5 elle a les dents et les autres caractres inte'rieurs et exte'rieurs des porcs-pics. (.1) lie prtendu coendou de Buffon, XII, 54, est aussi un urson , mais dfigure' , et qui avait perdu son poil. fa) Ce mot veut dire en mexicain sarigue pineux. C'est le coendoU a longue queue, Buff., Suppl. VII, 78 j mais le museau n'y est pas assez long. La figure d'Hernandez en donne mieux l'ide. (3) Il y a mme un instant, lorsqu'ils changent de dents , o ils pa- raissent avoir trois incisives Tune derrire l'autre , six en tout. / RONGEURS. 217 s^en trouve en haut une sixime simple et trs petite. Ils ont cinq doigts devant , quatre derrire , un norme cascum cinq six fois plus grand que l'estomac, et garni en dedans d'une lame spirale qui en parcourt la lon- gueur. L'intrieur de leur bouche et le dessous de leurs pieds sont garnis de poils comme le reste de leur corps. Les Livres proprement dits. ( Lepus. Cqv. ) Ont des oreilles longues , une queue courte, les pieds de derrire bien plus longs que ceux de devant, des clavicules imparfaites, l'espace sous-orbilaire perc en rseau dans le squelette. Les espces en sont assez nombreuses , et si semblables entre elles, qu'il est difficile de les caractriser. Le Livre commun* {Lepus timidus. L.) Buff. VII, xxxviii. D'un gris jauntre , les oreilles plus longues que la tte d'un dixime , cendres en arrire , noires la pointe, queue de la longueur del cuisse, blanche^ avec une ligne noire en dessus. Toutlemonde connat cetanimal, dont la chair noire est agrableetlepoil utile. Ilvit isol et neseterrepoint, couche plate terre , se fait chasser en arpentant la plaine par de grands circuits, et n'a pu encore tre rduit en domesticit. Le Livre variable. ( Lepus variahilis. Pall. ) Sclireb. ccxxxv , B. Un peu plus grand que le commun , oreilles et queue un peu plus courtes^ celle-ci toute blanche en tout tempsj le reste du pelage gris en t et blanc en hiver. Cet ani- mal , qui se trouve au Mord, et sur les hautes montagnes du midi de l'Europe, a les murs du livre commun j mais sa chair est insipide. Le Lapin. ( Lepus cuniculus. L. ) Buff. VI , l. Moindre que le livre, les oreilles un peu plus courtes que la tte; et la queue moindre que la cuisse; pelage gris-jaunatre, du roux la nuque; gorge et ventre blan- chtres; oreilles grises sans noir; du brun sur la queue- Cet animal;, que Ton a dit originaire d'Espagne, est au- 28 MAMMIFKES. jourd'hui rpandu dans toute i'Eiiope. Il vit en troupes dans des terriers , o il se rfugie aussitt qu'il est pour- suivi. Sa chair, blanche et agrable, diffre beaucoup de celle du livre. En domesticit, le lapin multiplie intini- ment, et prend des couleurs et des poils trs varis. Les pays trangers fournissent plusieurs espces que l'on ne distingue de notre lapin qu'en y mettant beaucoup d'at- tention. Telles sont Le Lapin de Sibrie. ( Lepiis tola, Gm. ) Schreb, ccxxxiv. Qui tient une sorte de milieu entre le livre et le lapin pour les proportions, et surpasse quelquefois le premier par sa taille. Sans faire des terriers , il se rfugie dans les fentes des rochers ou autres cavits. Le Lapin cf Amrique. {Lepus Aniericanus et Brasiliensis . Gm. ) Lepus naniis. Schreb. ccxxxiy, B, De la taille et presque de la couleur du ntre , pieds rousstres , sans noir ni aux oreilles ni la queue ; niche dans les troncs d'arbres, et remontesouvent dans leurcreux jusqu' leurs branches. Sa chair est insipide et molle, (i) D'autres ont avec notre livre une ressemblance tout aussi marque. Tel est Le Livre d^ Afrique. [Lepus Capensis. Gm.) Geoff. quadr. d'Egypte. A oreilles plus longues que la tte d'un cinquime, pres- que de la taille et de la couleur de notre livre; pieds rousstres un peu plus longs. 11 parat se trouver d'une extrmit de l'Afrique l'au- tre; du moins celui d'Egvpte ne diffre-t-il pas de celui du Cap. Les Lagomys. Cuv. (2). Ont.les oreilles mdiocre, les jambes peu diffrentes entre elles , le trou sous-orbitaire simple , des clavicules presque parfaites , et manquent de queue : ils font entendre souvent une voix fort aigu. On n'en a encore trouv qu'en Sibrie , et c'est Pallas qui les a fait connatre, ((ilir., pag. i . et suiv.) (1) Aj. /e lapin des Indes k nuqu'e noire, etc. (-j) /.a^o/wr*, irtt-licvrc. ROTqGEURS. 219 Le Lagomys nain. {Lepiis pusillus. ) Pall. Glir. , Schreb. CGXXXVII. Gris-brun, grand comme un vat d'eau; vit dans de petits terriers , en des contres fertiles, de fruits et de l^ourgeons (i). Le Lagomys gris. {Lepus ogotonna.) Pall. Glir, lll, Schreb. ccxxxix. Gris trs ple , pieds jauntres , un peu plus grand que le prcdent j niche dans des tas de pierres, des fentes de* rochers, etc, o il amasse du foin pour l'hiver. Le Lagomyspica. {Lepus Alpinus. ) Pall. Glir. Il, Schreb. CCXXXVII. Grand comme un cochon d'Inde, roux-jauntre 5 habite es sommets les plus leves des montagnes, o il passe l't choisir et scher les herbes dont il fait sa provision d'hiver. Ses tas de foin, quelquefois hauts de six ou sept pieds, sont une ressource prcieuse pour les chevaux des chasseurs de zibelines. On a dcouvert les os fossiles d'une espce inconnue de lagomys, dans des concrtions ou brches osseuses de Corse. (Cuv. , Ossem. foss. IT, p. 199.) Aprs les deux genres des porc-pics et des livres, il vient desRongeurs que LinnaeusetPallasrunissaient sous le nom de CaviA, mais auxquels il est impossible de trou- ver d autre caractre commun et positif que celui de leurs clavicules imparfaites, quoique les espces qui les com- posent ne manquent pas d'analogie entre elles Dour l'ha- bitude du corps et pour les murs. Elles sont toutes du nouveau continent. Les Cabiais. ( Hydrochoerus. Erxleben. ) Ont quatre doigts devant et trois derrire, tous arms d'ongles larges et runis par des membranes ; quatre ma- (i) Pallas en indique un encore plus petit de rexlreaiite nord- est de l'Asie , lepus hypeihoreus , Zoogr. , Ross. , I , i 2. 2 20 MAMMIFRES. clielires partout, dont les postrieures plus longues, composes de nombreuses lames simples et parallles ; les antrieures de lames fourcliues, vers le bord externe dans les suprieures, vers l'interne dans les infrieures. On n'en connat qu'une espce. {Cavia capyhara. Lin. ). Capjhara de Aarg. Capifgoua de d'Azz. Cabiai de Buff. XII, xlix. Grande comme un cochon de Siam , museau trs pais, jambes courtes, poil grossier, brun -jauntre , sans queue : elle habiteen troupes dans les rivires de laGuiane et des Amazones. C'est un bon gibier, et le plus grand des rongeurs. Le castor seul en approche pour la taille. Les Cobayes , vulgairement Cochons d'Inde. ( Anoema. Fred. uv. Cavia. Ilig. ) Reprsentent les cabiais en petit; mais leurs doigts sont spars, et leurs molaires n'ont chacune qu'une lame simple, et une qui est fourchue en dehors dans les suprieures , en dedans dans les infrieures. L'espce la plus connue {Cavia cohaiay Pall. Mus p or- c e llus j\j\n,)j Buff. VIII, i, trs multiplie aujourd'hui en Europe , o l'on en lve dans les maisons, parce qu'on croit que son odeur chasse les rats, varie en couleur comme tous les animaux domestique. Il y a lieu de penser qu'elle vient d'un animal d'Amrique nomm aperea, de mme taille et de mme forme, mais pelage entire- ment gris-rousstre. On le trouve dans les bois du Brsil et du Paraguay. Les Mocos. ( Kerodon. Frd. Cuv. ) Ont les macheires un peu plus simples que les cobaies , et formes seulement chacune de deux prismes triangulaires. L'espce connue vient aussi du Brsil; surpasse un peu le cochon d'Inde par la taille , et est d'un gris olivtre. BONGEUnS. 22 1 Les Agoutis. Cuv. ( Chloromts. Fred. Guy. Dasy- PROCTA. llig. ) Ont quatre doigts devant, trois derrire, quatre mchelires partout , presque gales , couronne plate irrgulirement sillonne , contour arrondi , chancr au bord interne dans les suprieures, l'externe dans les infrieures. Ils ressemblent, par leur naturel et par leur cliair, nos livres et nos lapins, qu'ils repr- sentent en quelque sorte aux Antilles et dans les parties chaudes de l'Amrique. \J Agouti ordinaire. {Caviaacuti. L. ) Buff. VIII, l. A queue rduite un simple tubercule, poil brun, fauve sur la croupe dans le mle; grand comme un livre. UAcouclii. {Caviaacuchi, Gm.) Buff. Supp. lll, xxxvi* A queue de six ou sept vertbres , poil brun dessus, fauve dessous , grand comme un lapin. Le Livre pampas des croles de Buenos-Aires. ( Cavia paiagonica. Penn4 et Sclir. ) " Parat tre une espce d'agouti plus longues oreilles , queue trs courte et nue 5 mais on ne connat pas encore ses molaires. Les Pacas. ( Coelogenys. Fred. Cuv. ) (1) Ont , avec des dents assez semblables celles des agoutis, un 1res petit doigt de plus qu'eux au bord in- terne du pied de devant et un de chaque ct , galement trs petit, au pied de derrire, ce qui leur fait cinq doigts partout. On remarque en outre une cavit creuse dans leur joue, et qui s'enfonce sous un rebord form par une arcade zygomatique trs large et tressaillante (2), (i) Annia, sans force; chloromys , rat jaune; dasyprocta , fesse velue; clogenfs , ioue creuse; hjrdrochoerus , coclion d'eau. (o) M. Harlan (Fauna americ, p. 126 ) a fait, sur une tle conserve 223 MAMMIFRES. qui donne la tte osseuse un aspect fort extraordinaire. On dit que leur chair est fort bonne. Il y en a une espceou varit fauv^e et unebrune, toutes deux tacbetes de blanc. ( Cavia paca, L. ) Buff., X, xliii. Supp. li, XXXV. 11 reste enfin un animal voisin peut-tre des cavia, peut- tre plus rapproch des lagomys^ ou des rats, mais queTonne sait pas au juste o placer, faute de connatre ses dents j c'est le chinchilla , dont les peaux arrivent en si grand nombre pour le commerce des pelleteries , mais dont on n'a pu encore se procurer le corps entier. Il est de la grandeur d'un cochon d'Inde ou d'un petit lapin, couvert de poils longs serrs, et les plus fins, les plus doux que l'on con- naisse dans les fourrures usites; ses oreilles sont grandes, et demi-nues; sa queue, du tiers de la longueur du corps, est garnie de poils plus roides, disposs de manire la faire paratre comprime latralement. Ses pieds de devant ont quatre doigts avec un vestige de pouce } ceux de derrire i^'en ont que trois. Ce quadrupde habite les montagnes de l'Amrique mridionale. La Viscache telle que la dcrit d'Azzara ( Quadr. du Pa- ' rag., irad. fr., II, p. l\\.)j et telle que nous l'avons vue en figures, ne peut gure tre qu'une grande espce de chin- chilla, poil moins long et moins doux. (i). au muse de Philadelpliie , un nouveau genre qu'il nomme osteoperu ^ mais diaprs cette description elle ne nous parat autre que celle du paca. M. Desmsrcts a dj fait la mme observation. (i) Les figures nous ont el communiques par M. Haraillon Smith et par M, Biookes. Ce^i l'animal dcrit sous le nom de gerboise gante par M. de Blainville dans Desmarets , Mammal. , 3i5, et Nouv. Dict. d'iiist. nat. , XIII, 117, et reprsent dans la traduction anglaise du prsent ouvrage sous celui de Marinot-diana. iDENTS. 2 23 SJ^:iME OR DUE DES MAMMIFERES. LES DENTS Ou quadrupdes sans dents sur le devant des m- choires , formeront notre dernier ordre d'animaux onguiculs. Quoique runis par un caractre ngatif seulement, ils ne laissent pas que d'avoir entre eux quelques rapports positifs , notamment de gros on- gles qui embrassent l'extrmit des doigts et se rapprochent plus ou moins de la nature des sabots ; dplus une certaine lenteur, un dfaut d'agilit, occasion par des dispositions de leurs membres faciles apercevoir ; mais ces rapports laissent en- core des lacunes assez marques pour que l'ordre doive se diviser en trois tribus. LES TARDGRADES FormerOiJt la premire. Ils ont la face courte. Leur nom vient de leur excessive lenteur, suite d'une structure vraiment htroclite, o la nature semble avoir voulu s'amuser produire quelque chosi d'im- parfait et de grotesque. Le seul genre encore exis- tant Les Paresseux. ( Bradypus. L. ) A des inolaires cylindriques et des canines aigus^ plus longues que ces molaires , deux mamelles sur la poitrine et des doigts runis ensemble par la peau, et ne se marquant au-dehors que par d'normes ongles 2 2/|. ]\IAMMlFflES. comprims't crochus, flchis dans l'tat de repos vers le dedans de la main ou la plante du pied. Les pieds de derrire sont articuls obliquement surla jambe , et n'ap- puient que par le bord externe; les phalanges des doigts sont articules par des ginglymes serrs et les premires se soudent un certain ge aux os du mtacarpe ou du Inta tarse : ceux-ci finissent par se souder ensemble faute d'usage. A cette incommodit dans l'organisation des extrmits , s'en joint une nOn moins grande dais leurs proportions. Les bras et les avant-bras sont beaucoup plus longs que les cuisses et les jambes , en sorte que, quand ces animaux marchent, ils sont obligs de se traner sur leurs coudes ; leur bassin est si large et leurs cuisses tellement diriges sur le ct, qu'ils ne peuvent rapprocher les genoux. Leur dmarche est l'effet naturel d'une structure aussi disproportionne (i). Ils se tien- nent sur les arbres et n'en quittent un qu'aprs l'avoir dpouill de ses feuilles, tant il leur est pnible d'en gagner un autre ; on assure mme qu'ils se laissent tomber de leur branche pour s'viter le travail d'en descendre. Ils ne font qu'un petit qu'ils portent sur le dos. Les viscres de ces animaux ne sont pas moins singu- liers que le reste de leur conformation. Leur estomac est divis en quatre sacs assez analogues aux quatre estomacs des ruminants, mais sans feuillets ni autres parties sail- lantes l'intrieur , tandis que leur canal intestinal est court et sans caecum. M. Fred. Cuvier donne le nom d'AcHEUS aux espces (i ) M. Carlisle a observe que les artres des membres commencent par se diviser en une infinit de ramuscules , qui se re'unissent ensuite en un tronc d^o parlent les branches ordinaires. Cette structure se rencontrant aussi dans les loris , dont la dmarche n'est gure moins paresseuse, il serait possible qu'elle exert quelque influence sur la lenteur des mou- vements. Au resle, les loris, rorang-oulan{> , le coaita, tous animaux trs lents , se font remarquer par la longueur de leurs bras. DENlS. 225 trois ongles aux pieds de devant ; elles portent une trs courte queue. UA. ( Bradypus tridactylus. L. ) Buff. XllI , vetvi. Est l'espce oiilalenteuret les dtails d'organisation qui la produisent sont ports au plus haut degr. Son pouce et son petit doigt rduitsde petits rudiments sont cachssous la peau et souds au mtatarse et au mtacarpe 5 la clavi-. cule j aussi rduite un rudiment, est soude l'acromion. Ses bras ont le double de longueur de ses jambes 5 le poil de sa tte, de son dos et de ses membres est long, gros et sans ressort , presque comme de l'herbe fane , ce qui lui donne un air hideux. Sa couleur est grise, souvent tache- te sur le dos de brun et de blanc. Sa taille est celle d'un chat. C'est le seul mammifre connu jusqu' ce jour , qui ait neuf vertbres cervicales. On connat un A, dit dos brl , parce qu'il a entre les paules une tache noire entoure de fauve 5 ce n'est , selon M. Temmink , qu'une varit rsultant de ce que les longs poils de ses paules sont uss; mais l'a h collier noir {Brad. torquatus, Geoff. , Ann. Mus.), Schreb.,LXXlY, A. _, est une espce fort distincte , mme par la structure osseuse de sa tte. M. Fred. Cuvier rserve le nom de Bradypus aux es- pces qui n'ont que deux ongles aux pieds de devant ( les Chol/EPus, llig.). Leurs canines sont plus grosses el plus pointues, et ils manquent entirement de queue. On n'en connat qu'une. \IJJnau. ( Bradypus didactyliis. L. ) Buff, XllI , i. Qui est un peu moins malheureusement organis que l'a. Ses bras sont moins longs , ses clavicules compltes; il ne se soude pas un si grand nombre d'os ses pieds ni ses mains; son museau est piusalong, etc. 11 est de moi- ti plus grand qu^l'a et d'un gris brun uniforme , qui prend quelquefois une teinte rousstre. Ces deux animaux sont originaires des parties chaudes de l'Amrique. Ss seraient probablement dtruits depuis TOME 1. 3 5 226 , MAMMTFRES. long-temps par les nombreux carnassiers de ce pays , s'ils n'avaient quelques de'fenses dans leurs ongles (i). ^ Il a t dcouvert en Amrique des squelettes fossiles de deux animaux de Tordre des dents , de trs grande taille, dont l'un, le MeGATHERIUM, Guy., Ossem. fossiles, tome V, 1^ partie, p. 174, a une tte fort semblable celle des paresseux , mais manque de canines et tient pour le reste du squelette, en partie des paresseux, en partie des fourmiliers. Il est long de douze pieds sur six ou sept de hauteur. L'autre, le Megalonyx, ib., p. 160, est un peu moindre. On n'en connat bien que les doigts, qui ont beaucoup de rapport avec ceux du prcdent. La deuxime tribu comprend Les Edents ordinaires A museau pointu. Les uns ont encore desmche- lires. 11 j en a deux genres. Les Tatous. ( Dastpus. L. ) (2) Sont trs remarquables parmi tous les mammifres , par le test cailleux et dur, compos de compartiments (1) Il est singulier que le par. didactyle n'ait pas e'te' connu avant Seba, et qu'on se soit obstine long-temps , d'aprs cet ignorant collecteur, le dire de Ceylan. Erxleben l'a soutenu d'Afri({ue, parce qu'il prenait pour lui le poto de Bosmann, qui est un gaago. ( Voyez ce dernier genre. ) Il est de fait que l'unan ne vient que de l'Amrique me'ridionale. M. Sbaw , Gen. zool. , a dcrit , sous le nom de bradypus ursinus , un animal dont Iliger a fait son genre prochylus. M. Buchanan , Voy. dans le Mysore, tome II , p. 198, a fait connatre que c'est un yrilable ours ; et en effet nous nous sommes assurs par l'inspection du crne de l'indi- vidu de Shaw, que c'tait un ours de l'espce an jongleur, qui avait perdu ses incisives. Voyez ci-dessus, p. iS^. (2) T'a^oM est leurnom brasilien. Les Espagnols les appellent arma- Aillo^ cause de leur armure ; les Portugais encuherLo par la mme raison. On les nomme aussi fjuirrjnincho. Dasypus ( pieds velus ) tait un des noms du liyre ou du lapin cl)ez les Grecs. DEINTS. 227 semblables de pelits pavs, qui recouvre leur tte, leur corps et souvent leur queue. Cette sijbstance forme un bouclier sur le front , un second trs grand et trs convexe sur les paules , un troisime semblable au pr- cdent sur la croupe, et entre ces deux derniers, plu- sieurs bandes parallles et mobiles, qui donnent au corps, la facult de se ployer. La queue est tantt garnie d'an- neaux successifs, tantt seulement, comme les jambes, de divers tubercules. Ces animaux ont de grandes oreilles, de grands ongles, dont tantt quatre, tantt cinq de- vant , et toujours cinq derrire ; le museau assez Dointu; des mcbellres cylindriques spares les unes des autreSj, au nombre de sept ou buit partout , sans mail dans l'intrieur I la langue lisse, peu extensible; quelques poils pars entre leurs cailles ou sur les parties de la peau qui n'ont point de test. Ils se creusent des terriers, t vivent en partie de vgtaux, en partie d'insectes et de cadavres; leur estomac est simple et le ccum leur manque. Ils sont tous originaires des parties cbaudes ou au moins tempres de l'Amrique. On peut les distinguer en sous-genres d'aprs la struc- ture de leurs pieds de devant et le nombre de leurs dents. Les plus nombreux n'ont que quatre doigts aux pieds de devant, dont les deux mitoyens sont les plus longs. Dans ce nombre, les uns (ies Cachicames, Cuv. ) , ont sept dents seulement , de chaque ct et chaque m- choire; leur museau est pointu , leur queue longue , en- toure d'anneaux osseux ; tel est : Le tatou noir * Azz. {Dasypiis noi'emcinctus. Lin.) Ca- chicame. Buff. X ^ 87. Tatoua longue queue. d. Sup. l , 58. Tatuele. Schveb. 73. Tatupeha. Margr. A neuf bandes intermdiaires, quelquefoishuit; gnrale- ment noirtre; long de quinze pouces , et la queue autant. Le Tatou mulet ^Kzz. (Das. 7. cinctus.) Schreb. 72., N'a que sept bandes et devient moins grand ; sa queue est plus courte proportion. i5* 228 MAMMIFRES. Les Apars, Cuv. , ont les doigts des cachicames, les dent.s> au nombre de neuf ou dix partout. Le Tatou apara. Marg. Apar. Buff. Mataco d'Azz. {Dasy- pus tricinctus, L.) Schreb. LXXI, A. A trois bandes intermdiaires , queue trs courte, compartiments re'gulirement tuberculeux. 11 jouit de la facult de se rouler en renfermant sa tte et ses pieds en- tre ses boucliers , et formant ainsi une boule complte, comme certains cloportes; vit au Brsil, au Paraguay. C'est un de ceuxqu' on trouve le plusloinau sud. 11 reste dans des dimensions mdiocres. D'autres Tatous (les Encouberts , Cuv. ) ont cinq doigts aux pieds de devant, dont les trois mitoyens sont les plus longs ; leur queue est en grande partie couverte d'caills en quinconces; leurs dents sont partout au nombre de neuf ou dix. Dans cette subdivision , Le Tatou encouhert. Encouhert et Cirquinson. Buff. (i^ Tatou poyou d'Azz. Das. sexcinctus et octodecimcinctus L. ) Buff. X, xLii , et Supp. III , xlii , Se distingue de tout le reste du genre , parce qu'il a une dent de chaque ct dans l'os intermaxillaire; son test a six ou sept bandes, les compartiments lisses, grands et anguleux; sa queue est mdiocre , annele seulement sa base; ses pieds ont tous cinq doigts. Le Pichiy d'Azz, ressemble l'encoubert, si ce n'est que son interniaxiilaire n'a point de dents, et que son bouclier postrieur est den- tel en scie , et les parties non cailieuses garnies de poils plus longs et plus fournis qu'aux autres: une espce voi- sine , est le tatou velu d'Azz. Une troisime subdivision des Tatous a les doigts de de- vant au nombre de cinq , mais disposs obliquement , en (i) Le tatou tl de belette de Grew, cirquinson de Buff., das. octodecimcinctus, L,, est Fencoubert ou sexcinctus^ maisGrew a consi- de'r comme mobiles les range^ du test de la croupe. Mme en les comp- tant il X^y en aurait en tout que seize , et sa figure n'en montre pas davantage. DENT3. 229 sorte que le pouce et l'index sont grles , celui-ci le plus long ^ que le mdius a un ongle norme ^ tranchant, que le suivant a encore un gros ongle , mais plus court , et que le dernier doigt est le plus court de tous. Cette forme de main leur donne les moyens de couper la terre j et de s'y enfoncer rapidement , ou au moins de s'y cramponner, au point que l'on a beaucoup de peine les en arracher. Dans cette subdivision , les Cabassous n'ont que huit ou neuf dents de chaque ct , chaque mchoire. Le Cabassou propre* Buff. Tatouay d'Azz. {Das. unicintiis. L. ) Buff. X, xl. A douze bandes intermdiaires , la queue longue et tuberculeuse , les compartiments des bandes et des bou- cliers carrs , plus larges que longs j cinq doigts partout , dont quatre de ceux de devant ont des ongles normes y tranchants leur bord externe. Il devient grand. Les Priodontes , Frd. Cuv. , avec des doigts encore plus ingaux et des ongles plus normes que ceux des Cabassous , ont partout jusqu' vingt-deux ou vingt-quatre petites dents , quatre-vingt-quatorze ou quatre-vingt-seize en tout. Tel est : Le Tatou gant. Geoff. Grand Tatou d^\zz. ( Dasypus gigas y Cuv.) Deuxime Cabassou e^ixH. X, xlv. A douze ou treize bandes intermdiaires , la queue lon- gue et couverte d'caills tuiles, lescompartiments carrs, plus larges que longs; c'est le plus grand des tatous; il a quelquefois plus de trois pieds sans la queue. On doit placer enfin , la suite des autres tatous , comme un sous-genre trs distinct , Les Chlamyphores. ( Chlamyphorus. Harlan. ) Qui ont dix dents partout, cinq doigts tous les pieds; les ongles de ceux dedevanttrs grands, crochus, comprims et fournissant , comme dans les cabassous , un instrument tranchant fort puissant; le dos couvert d'une suite de ranges transversales de pices cailleuses, sans aucun test solide ni devant ni derrire, et formant une sorte de cuirasse qui n'est attache au corps que le long de leur pine; leur ar- 2 00 MAMMIFRS. rire-corps est comme tronqu, et leur queue recourbe s'attache en partie au-dessous du corps (i). On n'en connat qu'un {Chlamrphorus truncatiis ,U3lt\.) , long de cinq six pouces , originaire de l'intrieur du Chili, o il passe la plupart de son temps sous terre. , N. B. Il parat que Fon a trouv l'tat fossile, en Amri- que, des ossements d'un ?t^o d'une taille gigantesque, et long peut-tre de dix pieds sans la queue. {J^oy. Cuvier^ Ossements fossiles , V. I'^ part., p. 191 , note. ) Les Oryctropes. ( Orycteropus. GeoiT. ) (2) Ont t long-temps confondus avec les fourmlliers , parce qu'ils usent de la mme nourriture , ont la mme forme de tte , et que leur langue est aussi un peu ex- tensible ; mais ils s'en distinguent parce qu'ils ont des clents mchelires et que leurs ongles sont plats^ propres fouir et non pas tranchants. La structure de leurs dents est diflrente de celle de tous les autres quadru- pdes; ce sont des cylindres solides traverss comme des joncs cannes, selon leur longueur, d'une infinit de petits canaux; leur estomac est simple^ musculeux vers le pylore , leur caecum petit et obtus. On n'en connat qu'une espce. l/Orycterope du Cap. {Myrmecophaga capensis. Pall. ) Buff. Supp. VI. ; XXXI. Que les Hollandais de cette colonie nomment coc/io/i de terre. C'est un animal de la taille du blaireau et au-dessus, bas sur jambes , poil ras , gris-bruntre , queue plus courte que le corps, galement rase: il a quatre doigts de- vant , cinq derrire. 11 habite dans des trous qu'il creuse avec une extrme facilit. On mange sa chair. Les autres dents ordinaires n'ont point de mk- (i) ISous ne connaissons cet animal que par la descripliun de M. Ilaranj Annales du Lyce de New-Yorclt, I, p. ^35 et pi. xxi, (3) Orycteropus, qui a les pieds propres fouir. de:nts. 2,^1 clieiires, et par consquent aucune sorte de dents; il y en aussi de deux genres. Les Fourmilliers. ( Myrmegophaga.. L. ) Sont des animaux velus , long museau termin par une petile bouche sans aucune dent, d'o sort une langue filiforme, qui peut s'alonger beaucoup^ et qu'ils font pntrer dans les fourmillires et les nids des tex'mites , o elle retient ces insectes par le moyen de la salive vis- queuse dont elle est enduite. Leurs ongles de devant , forts et tranchants , qui varient en nombre selon les espces , leur servent dchirer les nids de termites et leur fournissent une assez bonne dfense. Dans l'tat de repos , ces ongles restent toujours demi ploys en dedans , rpondant une callosit du poignet; aussi l'animal ne pose-t-il le pied que sur le ct. L'estomac des fourmilliers est simple. et musculux vers le pylore, leur canal intestinal mdiocre et sans caecum (i). Ils vivent tous dans les parties chaudes et tempres du Nouveau-Monde, et ne font qu'un petit qu'iis ont l'habitude de porter sur le dos. Le Tamanoir. {Mjrmecophaga jiihata,) Buff. X , xxxix, et Suppl. m , Lv. Long de plus de quatre pieds , quatre ongles devant , cinq derrire , queue garnie de longspoils dirigs verti- calement dessus et dessous , pelage gris-brun , avec une bande oblique^ noire, borde de blanc, sur cbaque paule; c'est le plus grand des fourmilliers. On assure qu'il se d- fend mme contre le jaguar. Il habite les lieux bas, ne grimpe point aux arbres , marche lentement. (i) Daubenton a fait connatie dans le F. didactjle deux trs petits appendices qui peuvent, la rigueur, tre pris pour des caecums. Je me suis assur qu'ils n'existent point dans le tamandua. 202 MAMMJrIlES. Le Tamandua. { Myrmecopha^a tamandua. Cuv. Myrm. tetradactyla et M. tridactyla. L. ) Schreb. LXVI. A forme et pieds du pre'cdent^ mais de plus de moiti moindre ; sa queue ^ poil ras, prenante et nue au bout , lui sert se suspendre anx branches des arbres. Il y en a de gris-jauntre , avec une bande oblique sur l'paule , sensible seulement par le reflet, de fauves bande noire^ de fauves bande croupe et ventre noirs; enfin d'entire- ment noirtres. On ne sait pas encore si ces diffrences tiennent aux espces. Le Fourmillier deux doigts. {Myrm. didactyla. Lin. ) Buff. X , XXX. Grand comme un rat, poil laineux, fauve, une ligne rousse le long du dos , queue prenante et nue au bout ^ deux ongles seulement devant, dont un trs grand, quatre derrire (i). Les Pa^N'GOLIs'S (2). ( Manis. Lin. ) Vulgairement Fourmillier s cailleux. Manquent de dents, ont la langue trs extensible, et vivent de fourmis et de termites, comme les fourmilliers proprement dits ; mais leur corps , leurs membres et leur queue sont revtus de grosses cailles trancliantes , dis- poses comme des tuiles, et qu'ils relvent en se mettant en boule quand ils veulent se dfendre de quelque en- nemi. Tous leurs pieds ont cinq doigts. Leur estomac est lgrement divis dans le milieu : ils manquent de ccscum. On n'en trouve que dans Fancien continent. (1) Le myrinecopliaga tridactyla , L. Sba , pi. F., n'est qu'un taman- dua mal repre'sent. lue M. striata, Shaw., Buff., Suppl. III, pi. lvi, esL un coati de'figur par Fempailleur. (2) Pangoeling^ dans la langue de Java, signifie, selon Sba, un animal qui se roule en bo.ule. On le nomme au Bengale baJjarklta ou reptic de pierre 5 on Tappelle aussi carpe de terre. Bcs matelots hollandais Tavaient nomme diable de Fonnose , etc. / DEIVTS. 2o3 he Pangolin queue courte. {M. pentadactyla. Lin. M, hrachyura. Erxl. ) Buff. X, xxxiv. Long de trois quatre pieds , queue moindre que le corps. Des Indes orientales. C'est le Phattagen d'Elien , ib. XVI, cap. VI. Le Pangolin longue queue. Phatagin de Buff. {M. tetra- dactyla. Lin./)/, macroura. Erxl.) Buff. X , xxxiy. Long de deux trois pieds , queue du double plus longue que le corps, les cailles armes de pointes. Du Sngal , de Guine , etc. (i). On a trouv sous terre , dans le Palatinat , une pha- lange unguale qui annonce un pangolin de vingt pieds et plus de longueur. Cuv., Oss. foss.V, l'" part. , p. ig3. La troisime tribu des dents comprend les ani- maux que M. Geoffroy dsigne sous le nom de MONOTRMES, Parce qu'ils n'ont qu'une ouverture extrieure pour la semence , l'urine et les autres excr- ments. Leurs organes de la gnration prsentent des anomalies extraordinaires; quoiqu'ils n'aient point de poche sous le ventre , ils portent sur leur pubis les mmes os surnumraires que les mar- supiaux; leurs canaux dfrents se rendent dans l'urthre^ qui s'ouvre dans le cloaque; dans l'tat de repos, la verge se retire dans un fourreau qui s'ouvre par un trou vers le fond du cloaque. Us n'ont pour toute matrice que deux canaux ou trompes qui s'ou- vrent sparment, et chacune par un double orifice (t^ Nous avons constate la patrie du pangolin longue queue par ]e rapport de M. Adanson et d'autres voyageurs. 2JZj. MAMMll'JABS. dans l'urthre , lequel est trs large et donne clans le cloaque. Comme enfin on n'est pas encore una- nime sur l'existence de leurs mamelles (i), on en est savoir si ces animaux sont vivipares ou ovi- pares (2). Ils ne prsentent pas moins de singularits dans leur squelette, surtout cause d'une sorte de cla- vicule commune aux deux paules , place en avant de la clavicule ordinaire , et analogue la fourchette des oiseaux. Enfin ^ outre leurs cinq ongles tous les pieds, les mles portent ceux de derrire un ergot particulier perc d'un canal qui transmet le liquide scrt par une glande adhrente la face interne de la cuisse. On assure que ses iDlessures sont envenimes. Ces animaux n'ont pas de conque ex- terne l'oreille , et leurs yeux sont fort petits. Les monotrmes ne se trouvent qu' la Nouvelle- Hollande , o ils n'ont t dcouverts que depuis que lesAnglaiss'ysonttablis, On en connat deux genres. (i) M. Meckel regarde comme telles deux atuas glanduleux qu'il a trouves fort de'veloppe's dans une ornilliorinque femelle. M. Geotfroy croit que ce sont plutt des glandes analogues celles que les musaraignes ont sur les flancs. (2) Des voyageurs disent depuis peu que Ton s'est convaincu que ces animaux produisent des ufs. Dans le cas o il en serait ainsi , les mono- trmes devraient en quelque sorte tre considres comme une classe par- ticulire d'animaux ; mais il est dsirer qu'un anatomiste instruit dcrive exactement ces ufs , leur origine l'intrieur , et leur dveloppement aprs la ponte. On doit l'attendre de tant de mdecins qui frquentent journellement la colonie du port Jackson, /^'oyezau surplus sur l'anatomie de l'ornitliorinque, la monograple rltaille qu'en a publie M. Meckel ; consultez aussi , sur ses organes gnitaux, les Mmoires de sir Everard Home , mes Leons d'anatomie compare , tome V , et les Mmoires de de^M. Gcoffroy-Saint-Hilaire^, Mm. du Mus., tome XV. DENTS. 235 Les Echidns. ( Echidwa. Cuv. Taghyglossus. Ilig. ) Autrement Fourmilliers pineux. Leur museau along , grle , termin par une petite bouche , contient une langue extensible comme celle des fourmilliers et des pangolins. Aussi vivent-ils de fourmis comme ces deux genres. Ils n'ont point de dents; mais leur palais est garni de plusieurs ranges de petites pines diri- ges en arrire. Leurs pieds courts ont chacun cinq ongles trs longs , trs robustes et propres creuser , et tout le dessus de leur corps est couvert d'pines comme celui du hrisson. Il parat qu'au moment du danger , ils jouissent galement de la facult de se rouler en boule. Leur queue est trs courte ; leur estomac ample et presque globuleux, et leur ccum. mdiocre; leur verge se termine par quatre tubercules. On en compte deux espces. UEchidn pineux. {Echidnahystrix.) Ornithorhynchus hystrix. Home. Mjrmecophaga aculeata. Sliaw. Tout couvert de grosses pines. UEchidn soyeux. ( Echidna seiosa. ) Ornithor. seto- sus. Home. Couvert de poils, parmi lesquels les pines sont demi caches. Quelques-uns croient que ce n'est qu'une varit d'ge. Les Ornithorinques. ( Ornithorhynchus. Blumen- bach. PlAtypus. Shaw. ) Leur museau along , et en mme temps singulire- ment largi et aplati, olfre la plus grande ressemblance extrieure avec le bec d'un canard , d'autant plus que ses bords sont garnis de mme de petites lames transverses. Il n'y a de dents que dans le fond de la bouche , au nombre de deux partout , sans racines ^ couronnes plates , et composes , comme celles de l'oryctrope , de 236 MAMMIFRiS. petits tubes verticaux. Les pieds de devant ont une mem- brane qui, non-seulement runit les doigts, mais dpasse beaucoup les ongles; dans ceux de derrire, la membrane se termine la racine des ongles : deux caractres qui , avec la queue aplatie, font des ornithorinques des ani- maux aquatiques. Leur langue est en quelque sorte double , une dans le bec , brisse de villosits , et une autre sur la base de ]a premire , plus paisse, et portant en avant deux petites pointes cbarnues. L'estomac est petit, oblong, et a le pylore prs du cardia. Le csecum est petit : on voit dans l'intestin beaucoup de lames saillantes et parallles. La verge n'a que deux tubercules. Les ornithorinques habitent les rivires et les marais de la Nouvelle-Hollande , prs du port Jackson. On n'en connat que deux espces, l'une poil rous- stre, menu et lisse. ( Ormthorhy fichus paradoxus. Blum. ) L'autre poil brun-noirtre, aplati et crpu. Peut-tre ne sont -ce que des varits d'ge. Voy. de Prou ^ I, pi. XXXIV. SEPTIEME ORDRE DES MAMMIFRES. LES PACHYDERMES. Les dents terminent la srie des animaux on- guiculs, et nous venons de voir qu'il en est quel- ques-uns dont les ongles sont si grands et enve- loppent tellement l'extrmit des doigts, qu'ils se rapprochent jusqu' un certain point des animaux sabots. Cependant ils ont encore la facult de ployer ces doigts autour des divers objets et de saisir avec plus ou moins de force. L'absence entire de PACHYDERMES. 237 tette facult caractrise les animaux sabots. Se servant de leurs pieds uniquement conrme de sou- tiens, ils n'ont jamais de clavicule; leurs avant- bras restent continuellement dans l'tat de prona- tion , et ils sont rduits patre les vgtaux ; leurs formes comme leur genre de vie offrent beaucoup moins de varits que celle des onguiculs, et l'on ne peut gure y tablir que deux ordres , ceux qui ruminent et ceux qui ne ruminent point; mais ces derniers , que nous dsignons en commun sous le nom Ae pachjdej'mes ^ admettent quelque subdivi- sion en familles. La premire sera celle des Pachydermes trompe et a dfenses y ou Proboscidieps (i) , Qui ont cinq doigts tous les pieds , bien complets dans le squelette . mais tellement encrots dans la peau calleuse qui entoure le pied, qu'ils n'appa- raissent au deliors que par les ongles attachs sur le bord de cette espce de sabot. Les canines et les incisives proprement dites leur manquent , mais dans leurs os incisifs sont implantes deux dfenses qui sortent de la bouche et prennent souvent un accrois- sement norme. La grandeur ncessaire aux alvoles de ces dfenses rend la mchoire suprieure si haute et raccourcit tellement les os du nez, que les na- rines se trouvent dans le squelette vers le haut de la (i) Les proboscidiens ont divers rapports avec certaios rongeurs : leurs grandes incisives j a" leurs mchelires formes souvent de lames parallles j 3 la forme de plusieurs de leurs os , etc. 238 MAMMIFRES. lace; mais elles se prolongent dans ranimai vivant en une trompe cylindrique, compose de plusieurs milliers de petits muscles diversement entrelacs , mobiles en tout sens , doue d'un sentiment exquis, et termine par un appendice en forme de doigt. Cette trompe donne l'lphant presque autant d'adresse que la perfection de la main peut en donner au singe. Il s'en sert pour saisir tout ce qu'il veut porter sa bouche et pour pomper sa boisson , qu'il lance ensuite dans son gosier , en y recourbant cet admirable organe , et il supple ainsi un long cou, qui n'aurait pu porter cette grosse tte et ses lourdes dfenses. Au reste, les parois du crne contiennent de grands vides qui rendent la tte plus lgre ; la mchoire infrieure n'a point d'incisives du tout; les intestins sont trs volumi- neux , l'estomac simple, le caecum norme, les mamelles, au nombre de deux seulement, places sous la poitrine. Le petit tette avec la bouche et non avec la trompe. On ne connat dans la nature vivante qu'un genre de proboscidiens , qui est celui des Elphants. ( Elephas. L. ) Lequel comprend les plus grands des mammifres ter- restres. Le service tonnant qu'ils tirent de leur trompe la fois instrument agile et vigoureux, organe du tact et de l'odorat, contraste avec leur aspect grossier et leurs lourdes proportions; et comme il se joint une physio- nomie assez imposante , il a contribu faire exagrer l'intelligence de ces animaux. Aprs les avoir tudis PACHYDERMES. 2^9 tong-temps, nous n'avons pas trouv qu'elle surpasst celle du cliien ni de plusieurs autres carnassiers. D'un naturel d'ailleurs assez doux, les lphants vivent en troupes sous la conduite des vieux mles. Ils ne se nourrissent que de vgtaux. Leur caractre distinctif consiste en des mclielires dont le corps se compose d'un certain nombre de lames verticales , formes cliacune de substance osseuse, enve- loppes d'mail , et lies ensemble par une troisime substance appele corticale ; semblables en un mot celles que nous avons vues dans les cabiais et dans plu- sieurs autres rongeurs. Ces mcbelires se succdent , non pas verticalement, comme nos mcbelires de rem- placement succdent nos mcbelires de lait , mais d'arrire en avant, de faon qu' mesure qu'une dent s'use , elle est en mme temps pousse en avant par celle qui vient aprs; en sorte que l'lphant a tantt une, tantt deux mcbelires de chaque ct , quatre ou huit en tout, selon les poques. Les premires de ces dents ont peu de lames , et celles qui leur succdent en ont toujours davantage. On dit que certains lphants changent ainsi jusqu' huit fois de mcbelires. Ils ne changent qu'une fois de dfenses. Les lphants d'aujourd'hui , revtus d'une peau rude, et presque sans poils, n'habitent que la zone torride de l'an- cien continent , et l'on n'y en a encore reconnu que deux espces. \J lphant des Indes. {Elephas indiens. Cuv. ) Buff. X , I., et Sup. II, Lix. A tte oblongue, front concave, couronne des m;!- chelires prsentant des rubans transVerses, ondoyants, qui sont les coupes des lames qui les composent, uses par la trituration. Cette espce a les oreilles plus petites^ et porte quatre ongles aux pieds de derrire. Elle habite depuis l'ndus jusqu' la mer Orientale et dans les grandes les^ au midi de l'Inde. On en prend, de tempv Immmo- 2^0 MAMMIFRES. liai, des individus pour les dresser et les faire servir de btes de trait et de sommes mais on n'a pu encore les propager en domesticit , quoique ce qu'on a dit de leur prtendue pudeur et de leur rpugnance s'accoupler de- vant tmoins , soit dnu de 'fondement. Les femelles n'ont que de trs courtes dfenses ;, et beaucoup de maies leur ressemblent cet gard. "U Elphant d^ Afrique. {Eleplias af'ricanus. Cuv.) Perrault. Mm. pour l'Hist. des An. y et Frd. Cuv. Mammif. A tte ronde, front convexe , grandes oreilles, m- cheliresprsentantdeslosanges sur leur couronne. Il parat souvent n'avoir que trois ongles aux pieds de derrire. C'est l'espce qui habite depuis le Sngal jusqu'au Cap. On ne sait si elle remonte aussi sur toute la cte orientale d'A- frique , ou si elle y est remplace par la prcdente. Les femelles ont des dfenses aussi grandes que les mles , et cette arme est en gnral plus volumineuse que dans l'es- pce des Indes. On ne dompte pas aujourd'hui l'lphant d'Afrique j mais il parat que les Carthaginois en tiraient les mmes usages que les Indiens tirent du leur. On trouve sous terre , dans presque toutes les parties des deux continents, ls os d'une espce d'lphant, voi- sine de celle des Indes , mais dont les mchelires avaient des rubans plus troits et plus droits, o les alvoles des dfenses taient beaucoup plus longs proportion, et la mchoire infrieure plus obtuse. Un individu rcemment tir des glaces , sur les ctes de Sibrie, par M. Adams? parat avoir t couvert d'un poil pais et de deux natures; en sorte qu'il serait possible que cette espce et vcu dans des climats froids. Elle a, depuis long-temps, dis- paru du globe. (Voy. Cuv., Recherches sur les oss. foss.^ tom, I. ) Le deuxime genre des proboscidiens ou Les Mastodontes. ( Mastodon. Cuv. ) A t dtruit tout entier , et n'a laiss aucune espce vivante. Il avait les pieds, les dfenses, la trompe et beau- PACHYDEPvMES. 2^1 coup d'autres dtails de conformation communs avec les lpliants; mais il en diffrait par les mclielires , dont la couronne hrisse , au sortir de la gencive , de grosses pointes coniques , offrait mesure de sa dtrition des disques plus ou moins larges, qui reprsentaient les coupes de ces pointes (i). Ces dents, qui se succdaient d'arrire en avant , comme celles de l'lphant , prsen- taient aussi d'autant plus de paires de pointes qu'elles taient d'un animal plus g. Le grand Mastodonte. {Maslodon giganteum. Cuv. J^oc. cit. ) O les coupes des pointes taient en losange^ est l'espce la plus clbre, il galait i'ipbant ^ mais avec des pro- portions encore plus lourdes. On en trouve des restes ^ nieiveileusement bien conservs et en grande abondance dans presque toutes les parties de TAnirique septentrio- nale. Ils sont infiniment plus rares dans l'ancien continent. Le Mastodonte dents troites. ( Mastodon angustidens. Cuv. Loc. cit. ) Dont les maciielires, plus troites que celles du pr- cdent , offrent, par la dtrition , des disques en forme de trfiles j qui les ont fait confondre par quelques auteurs avec des mchelires d'hippopotames ^ tait d'un tiers moindre que le grand mastodonte, et bien plus bas sur jambes. On en trouve les dpouilles dans presque toute l'Europe , et dans la plus grande partie de l'Amrique m- ridionale. Dans quelques endroits , ses dents teinte par le fer , deviennent , en les chauffant, d'un assez beau bleu ^ et donnent ce qu'on appelle des turquoises occiden- tales (2). (1) CeUe conforniatioja, commune aux mastodontes, aux liippopo- tames , aux codions , etc. , a lait croire mal propos que les premiers e'taient carnivores. (2) On en a encore dcouvert quelques espces moius rpandues, voy. Cuv., loc. cit. , et lout nouvellement il en a te rapporLe' du pays des Birmans des espces trs remarquables , dont on attend la description de M. Buckland, Mast. latidens ^ 3Iast. clejjhantoides , etc. TOM: I, " i6 ll^% MAMMIFRES. Notre seconde famille sera celle des Pachydermes ORDINAIRES qui Ont quatre , ou trois, ou deux doigts leurs pieds. Ceux o les doigts sont en nombre pair ont le pied en quelque sorte fourchu , et se rapprochent , plusieurs gards , des ruminants par le squelette , et mme par la complication de l'estomac. On n'en fait communment que deux genres. Les Hippopotames. ( Hippopotamus. L. ) Qui ont tous les pieds quatre doigts presqu'gaux termins par de petits sabots; six mchelires partout, dont les trois antrieures coniques, les trois postrieures hrisses de deux paires de pointes qui prennent par la dtritioii la forme de trfles; quatre incisives chaque mchoire , dont les suprieures courtes , coniques et re- courbes, les infrieures longues, cylindriques, pointues et couches en avant ; une canine de chaque ct tant en haut qu^en bas , la suprieure droite , l'infrieure trs grosse, recourbe, toutes deux s' usant l'une contre l'autre. Ces animaux ont le corps trs massif, dnu de poils, les jambes trs courtes, le ventre tranant presqu' terre, la tte norme, termine par un large museau renfl qui enferme l'appareil de leurs grosses dents antrieures; la queue courte, les yeux et les oreilles petits. Leur estomac est divis en plusieurs poches. Ils vivent dans les rivires de racines et d'autres substances vgtales, et montrent beaucoup de frocit et de stupidit. On n'en connat qufune espce , aujourd'hui limite aux rivires du milieu et du sud de l'Afrique ( Hip. amphi- biiis y L. )y Buff. , Suppl. III, 4 et 5. Elle venait autrefois par le :\'A jusques dans l'E^jypte j mais il y a long-lcmps qu'elle a disparu de celte contre. PAGHYDEUIVIES. 2^3 Les couches meubles de l'Europe reclent les os d'une espce d'hippopotame trs semblable celle d'Afrique , et ceux de deux ou trois autres de plus en plus petites. Voy. mes Rech. sur les oss. foss. , tora. . Les Cochons. ( Sus. L. ) Qui ont tous leurs pieds deux doigts mitoyens grands et arms de forts sabots, et deux latraux beaucoup plus courts, et ne touchant presque pas terre; des in- cisives eii nombre variable , mais dont les infrieures sont toujours couches en avant, des canines sortant de la bouche et se recourbant l'une et l'autre vers le liaut; le museau termin par un boutoir tronqu propre fouiller la terre , l'estomac peu divis. Les cochons, proprement dits, ont vin^Jt - quatre ou vingt-huit mchelires , dont les postrieures oblongues couronne tuberculeuse , les antrieures plus ou moins comprimes , et six incisives chaque mchoire. 'LeSanglier. {Sus scropha. L.) Buff. V, xiv et xvii. Qui est la souche de nos cochons domestiques et de leurs varits , a les dfenses prismatiques, recourbes en dehors et un peu vers e haut ; le corps trapu , les oreilles droites , le poil hriss , noir ; ses petits, nomms marcas- sins, sont rays de blanc et de noir. 11 fait grand tort aux champs voisins des forts, eu fouillant pour y chercher les racines. Le cochon domestique varie en grandeur, en hauteur de jambes, en direction d'oreilles et en couleur; tantt blanc, tantt noir , tantt rouge , tantt vari. Chacun sait com- bien il est utile par la facilit avec laquelle on le nourrit , par le got agrable de sa chair , par la proprit qu'elle a de se conserver long-temps au moyen du sel, enfin par sa fcondit, qui surpasse beaucoup celle des autres ani- maux de sa taille , la truie produisant jusqu' quatorze petits. Elle porte quatre mois, et deux fois par an. Le cochon grandit jusqu' cinq ou six ans, peut prod^iire ds l'ge d'un an , et en ^eut vivre vingt. Quoique i6* 244 MAMMIFRES. d'un naturel assez brut , les sangliers et ls cochons sont des animaux sociaux, qui savent se dfendre contre les loups, en se mettant en cercle, et prsentant le boutoir de toute part. Voraces et criards, ils n'pargnent pas mme leurs propres petits. Cette espce est rpandue sur toute la terre, et il n'y que les Juifs et les Mahomtans qui refusent de s'en nourrir. iji Sanglier masque. {S. laivatus. Fr. Cuv.) Sus afri- canus. Sclir. CCCXXYI. Sanglier de Madagascar. Daub. MDCCCLXXXV. Samuel Daniels Afric. Scenery. pi xxi. A les dfenses du ntre , mais de chaque ct de son museau , prs de la dfense, est un gros tubercule presque semblable une mamelle de femme , soutenu par une prominence osseuse, et qui donne l'animal une figure trs singulire. 11 habite Madagascar et dans le midi de l'Afrique. Le Bahiroussa ou Cochon-Cerf. {S. habirussa.) Buff. Sup. m , XII. Plus haut et plus lger de jambes que les autres , a des dfenses longues et grles redresses verticalement, et dont les suprieures se recourbent en arrire en spirale. 11 ha- bite dans quelques les de l'aichipel des Indes. On peut sparer des cochons Les Phacochoeres. (Fred. Cuv.) (i) Qui ont les mchelires composes de cylindres joints ensemble par un cortical peu prs comme le sont les lames transverses de celles de l'lphant, et se poussant aussi d'a- vant en arrire. Leur crne est singulirement large, leurs dfenses arrondies , diriges de ct et en haut, d'une gran- deur effrayante; et, sur chacune de leurs joues , pend un gros lobe charnu qui achv e de reiidre leur figure hideuse. Ils n'ont que deux incisives en haut et six en bas. Les individus apports du Cap-Vert [S. a/ricanus, Gm.) ont ces incisives en gnral bien compltes -, ceux qui vien- nent du Cap de Bonne-Esprance {S. thiopicus ^ Gm.) , (i) Phaco-chocnis , cochon i:ortajit une verrue. PACHYDERMES. 2lfi Uufi.y Supp. ll, XI, ne les moutient presque jamais j seule- menton en retrouve quelquefois. des vestiges sous la gencive^ peut-tre cette diffrence tient-elle l'ge qui avait us ces dents dans les derniers, peut-tre indique-t-elle une diff- rence d'espce , d'autant que les ttes du Cap sont aussi un peu plus larges et plus courtes. On doit encore moins laisser dans le genre des codions Les Pcaris. (Dicotyles. Cuv.) (i) Qui ont bien peu prs les mclielires et les incisives des cochons proprement dits , mais dont les canines, diriges comme celles des animaux ordinaires , ne sortent pas de la bouche , et qui manquent de doigt externe leurs pieds de derrire. Ils n'ont pas de queue , et sur leurs lombes est une ouverture glanduleuse d'o sort une humeur ftide. Les os du mtatarse et du mtacarpe de leurs deux grands doigts sont souds en une espce de canon , comme dans les rumi- nants, avec lesquels leur estomac^ divis en plusieurs poches, leur donne aussi un rapport marqu. Une chose singulire, c'est que l'on trouve souvent leur aorte trs renfle , mais sans que le lieu du renflement soit fixe, comme s'ils taient sujet une sorte d'anvrysme. On n'en connat que deux espces, l'une et l^autre de l'Amrique mridionale , qui n'ont t distingues que par M. d'Azzara j Linn les confond sous le nom de sus tajassu. he Pcari collier ou Ptira. {Die. torquatus. Cuv.) Buff. X , III et IV. A poil annel de gris et de brun , collier blanchtre allant obliquement de l'angle de la mchoire infrieure sur l'paule ; moiti moindre que notre sanglier. Le Tagnicatiy Taitetou , Tajassou , etc. ( Die. labiatus. Cuvier. ) Plus grand , brun , lvres blanches. (i) D'KQtyle y double nombril , cause de Touverture de son dos. ''i(r 246 MAMMIFRES. Ici peut tre plac ua genre aujoiir^hui inconnu dans ia nature vivante, que nous avons dcouvert et nomm Anoplotherium. Cuv. Il montre les rapports les plus singuliers avec les diverses tribus des pachydermes , et se rattache , quel- ques gards, l'ordre des ruminants. Six incisives chaque mchoire , quatre canines presque semblables aux incisives et ne les dpassant pas , et sept molaires partout forment une srie continue sans intervalle vide, ce qu'on ne voit que dans l'homme. Les quatre molaires postrieures de chaque ct sont semblables celles des rhinocros , des damans et des palotliriums , c'est-- dire carres en haut , et en double ou triple croissant en bas. Leurs pieds, termins par deux grands doigts comme dans les ruminants , ont ceci de diffrent ;, que les os du mtatarse et du mtacarpe restent toujours s- pars 5ans se souder jamais en canon. La composition de leur tarse est la mme que dans le chameau. Les ossements de ce genre n'ont t trouvs , jusqu' ce jour, que dans les carrires pltre des environs de Paris. Nous y en avons dj reconnu cinq espces : une grande comme un petit ne, avec la forme basse et la longue queue de la loutre {A. commune , Cuv.), ses pieds de de- vant portaient au bord interne uu petit doigt accessoire 5 une de la taille et du port lger del gazelle {A. mdium^ ); une del taille etpeu prs des proportions du livre, avec deux petits doigts accessoires aux cts des pieds de der- rire , etc. {J'^'oy. Cuv. , Rech. sur les oss. foss, tom. 111. ) Les pachydermes ordinaires qui n'ont pas le piecl fourchu, comprennent d'abord trois genres, trs- semblables entre eux pour les mchelires , en ayant de chaque ct sept suprieures couronne carre, avec divers linaments saillants, et sept infrieures PACHYDERMES. 247 a couronne en double croissant, la dernire de toutes en croissant triple , mais leurs incisives dif- frent. Les Rhinocros. ( Rhinocros. L. ) Varient mme entre eux cet gard. Ce sont de grands animaux dont chaque pied est divis en trois doigts et dont les os du nez , trs pais et runis en une sorte de vote, portent une corne solide adhrente la peau et de substance fibreuse et corne , comme si elle tait com- pose de poils agglutins. Leur naturel est stupide et froce ; ils aiment les lieux humides , vivent d'herbes et de branches d'arbres , ont l'estomac simple , les in- testins fort longs, le caecum fort grand. Le Rhinocros des Indes. ( Rh. indiens. Cuv. ) 13uff. XI , vu. A , outre ses vingt-huit mcheliies , deux fortes dents incisives chaque mchoire; deux autres petites entre les infrieures et deux plus petites encore en dehors des su- prieures. Il n'a qu'une corne, et sa peau est remarquable par des plis profonds qu'elle forme en arrire et en travers des paules, en avant et en travers des cuisses. Il habite aux Indes orientales , surtout au-del du Gange. Le Rhinocros de Java. {Rh. javanus. Cuv. )Frd. Cuv. Manimif. Avec les grandes incisives et la corne unique du prc- dent , a les plis de la peau moins nombreux , un de ceux de la nuque plus large, et , ce qui est plus remarquable , toute la peau couverte de petits tubercules serrs et angu- leux. On ne l'a trouv encore que dans l'le de Java. he Rhinocros de Sumatra t (^Rh. suniatrensis. Cuv. ) Bell. Trans. phil. 1793. Frd. Cuv. Mammif. Avec les mmes quatre grandes incisives que les prc- dents , n'a presque point de plis la peau, qui , de plus , est assez velue , et porte une seconde corne derrire la corne ordinaire. 24 s MAMMIFRES. Le Rhinocros d^ Afrique. ( Rh. Africanus. Cuv.) Buff. Sup, VI, VI. Porte deux cornes comme le prcdent, et n'a point de plis la peau ni aucune dent incisive , ses molaires occu- pant presque toute la longueur de sa mchoire. Cette ab- sence de dents incisives pourrait le faire sparer de ses congnres. On a trouv sous terre, en Sibrie et en diffrents en- droits derAllemagne, les os d'nn rhinocros deux cor- nes, dont le crne, beaucoup plus along que ceux des rhi- nocros vivants, se distinguait encore par une cloison verti- cale osseuse qui soutenait les os du nez. C'est une espce perdue; et un cadavre presque entier que Ton a retir de la glace sur les bords du Vilhoui en Sibrie, a montr qu'elle tait couverte d'un poil assez pais. Elle pouvait donc vi- vre au nord comme l'lphant fossile. On a dterr , plus nouvellement , en Toscane et en Lombardie , d'autres os de rhinocros qui paraissent .s'tre beaucoup plus rapprochs de celui d'Afrique. li s'en est trouv en Allemagne qui ont des incisives comme les espces d'Asie j enfin , on en a dcouvert en France des os qui annoncent une taille peine sup- rieure celle du cochon. {^Voy. mesllech. sur les oss. foss.^ tom. IL ) Les Damans. (Hyrax. Hermann. ) Ont t placs long-temps parmi les rongeurs, cause de leur trs petite taille ; mais , en les examinant bien , on trouve qu' la corne prs , ce sont en quelque sorte des rhinocros en miniature, du moins ils ont exactement les mmes molaires; mais leur mchoire suprieure a deux fortes incisives recourbes vers le bas, et dans la jeunesse, deux trs petites canines; l'infrieure a quatre incisives sans canines. On compte quatre doigts leurs pieds de devant et trois ceux de derrire, tous avec des espces de trs petits sabots minces el arrondis, except le doigt interne de derrire , qui es: arm d'un ongle crochu PACHYDERMES. 2^9 et oblique. Ces animaux ont ]e museau et les oreilles courtes, sont couverts de poils, et ne portent qu'un tubercule au lieu de queue. Leur estomac est divis en deux poches; outre un gros csecum , et plusieurs dilata- tions au colon ;, il y a vers le milieu de celui-ci deux ap- pendices analogues aux deux caecums des oiseaux. On en connat une espce , grande comme un lapin , de couleur gristre , assez commune dans les rochers de toute l'Afrique _, o elle devient souvent la proie des oiseaux de rapine, et qui parat aussi habiter quelques parties de TyVsie; du moins ne trouvons-nous pas de diffrence cer- taine entre Vhyrax capensis et le syriacus ( Buff.^ Supp. VI, XLH et XLIII, et Y^ LXXIX. ). (i) Les PALiEOTHERIUM. ( Cuv. ) Sont encore un genre perdu. Avec les mmes mche- lires que les deux prcdents , six incisives et deux canines chaque mchoire comme les tapirs et trois doigts visibles chaque pied, ils portaient aussi, comme les tapirs, une courte trompe charnue,, pour les muscles de laquelle les os du nez taient raccourcis, et laissaient en dessous d'eux une forte chancrure. Nous avons d- couvert les ossements de ce genre ple-mle avec ceux de l'anoplotherium dans les carrires pltre des envi- rons de Paris , et il en existe dans plusieurs autres lieux de France. On en connat dj onze ou douze espces. A Paris seu- lement, nous en trouvons de la taille du cheval, de celle du tapir, de celle d'un petit mouton* prs d'Orlans, il s'en trouve des os d'une espce qui galait peu prs le rhinocros, (^es animaux paraissent avoir frquent les bords des lacs et des marais ; car les pierres qui reclent leurs os contiennent aussi des coquilles d'eau douce. ( Voy. Cuv., Rech. sur les oss. foss., tom. iL ) (i) Je doute beaucoup de l'authenlicile' de Xliyrax hudsonius, Kcwicl, 407, et Sclueb., CCXJL, c. l n'a e'te' vu que dans un cabinet. 25o MAMMIFRES. Les LOPHIODONS Sont un autre genre perdu qui parat tenir de prs au prcdent; mais dont les mclielires infrieures ont des collines transverses. On en a dterr jusqu' dix ou douze espces dans nos terrains d'eau douce anciens , les mmes o l'on trouve les palotlieriums. J^oj. mes Ossem. foss. , tom. III. A ces genres doit succder celui des Tapirs. ( Tapir. Lin. ) Dont les vingt-sept molaires prsentent toutes, avant la trituration , deux collines transverses et rectilignes ; en avant sont, chaque mclioire, six incisives et deux canines , spares des molaires par un espace vide. Le nez est en forme de petite trompe charnue ; les pieds de devant ont quatre doigts , ceux de derrire trois. On n'en a pendant lon[^-temps connu qu*une espce, Le Tapir d' Amrique . ( Tapir americanus. Lin. ) Buff. Supp. VI, I. De la taille comme d'un petit ne, peau brune, presque nue, queue mdiocre, cou charnu^ formant comme une crte sur la nuque. Elie est commune dans les lieux humi- des et le long des rivires des contres chaudes de l'Ame- . rique mridionale. On mange sa chair. Les petits sont tachets de blanc comme les faons de cerf. Depuis quelque annes, il a t dcouvert une seconde espce de tapir dans l'ancien continent j c'est Le Tapir de F Inde. {Tapir indicus.) Farkharie. Soc. asiat. tom. XiY. Horsfiold. jav. Maiba. Fr. Cuv. Aammif. Plus grand que celui d'Amrique, brun-noir, dos gris-blanc. U habite les forts de la presqu'le de xMalacca , de l'le de Sumatra, etc. Il V a aussi des os fossiles de tapirs rpandus en Euroi)e, et entre autres, d'une espce gigantesque qui doit avoir PACHYDERMES. 2 5l approch derlphant pour la taille. ( Tapir giganteus ^ Cuv., Ossem. foss., tome II. ) La troisime famille des pachydermes , ou ani- maux sabots non ruminants, comprendra LES SOLTPDES Ou quadrupdes qui n'ont qu'un doigt apparent et un seul sabota chaque pied, quoiqu'ils portent sous la peau , de chaque ct de leur mtacarpe et de leur mtatarse , des stjlets qui reprsentent deux doigts latraux. On n'en connat qu'un seul genre , qui est celui des Chevaux. ( Equus. Lin. ) Il porte chaque mchoire six incisives, qui , dans la jeu- ^esse, ont leur couronne creuse d'une fossette, et partout six molaires couronne carre, marques par les lames d'- mail qui s'y enfoncent, de quatre croissants, et en outre, dans les suprieures, d'un petit disque au bord interne. Les mles ont de plus deux petites canines la mchoire suprieure , et quelquefois toutes les deux, qui man- quent p;i'esque toujours aux femelles. Entre ces canines et la premire molaire , est l'espace vide qui rpond l'angle des lvres , o l'on place le mors , et au moyen duquel seul , l'homme est parvenu dompter ces vigou- reux quadrupdes. Leur estomac est simple et mdiocre ; mais leurs intestins sont trs longs et leur ccum norme. Les mamelles sont entre les cuisses. Le Cheval. (Equus caballus. Lin. ) Buff. IV, i. Noble compagnon de IMiomme la cliasse, la guerre et dans les travaux de l'agriculture , des arts et du commerce, est le plus important et le mieux soign des animaux que 2i)2 MAMMiFERfJS. nous avons soumis. Il parat qu'il n^existe plus l'tat sau- vage que dans les lieux o l'on a laiss en libert des che- vaux auparavant domestiques, comme enTartarie et en Amrique^ ils y viventen troupes , conduites et dfendues chacune par un vieux mle. Les jeunes mles y chasss aussitt qu'ils sont adultes, suivent ces troupes de loin jusqu' ce qu'ils puissent attirer de jeunes juments. En esclavage, le poulain tette six sept mois; on spare les sexes deux ansj on commence les attacher et les panser trois ans; ce n'est qu' quatre qu'on les monte, et qu'ils peuvent engendrer sans se nuiie. La jument porte onze mois. L'ge du cheval se connat surtout aux incisives. Celles de lait commencent pousser quinze jours aprs la nais- sance ; deux ans et demi, les mitoyennes sont rempla- ces; trois et demi, les deux suivantes; quatre et demi j les deux extrmes , appeles les coins. Toutes ces dents, couronne d'abord creuse, perdent petit petit cet enfoncement par la dtrition. A sept ans et demi ou huit ans , tous les creux sont effacs , et le cheval ne mar- que plus. Les canines infrieures viennent trois ans et demi , les suprieures quatre; elles restent pointues jusqu' six ; dix, elles commencent se dchausser. La dure de la vie du cheval ne passe gure trente ans- Tout le monde sait quel point cet animal varie par la couleur et par la taille. Ses principales races ont mme des diffrences sensibles dans les formes de la tte, dans les proportions, et se caractrisent chacune de prfrence pour les divers emplois. Les plus svetes, les plus rapides ^ sont les chevaux ara- bes , qui ont aid perfectionner la race espagnole^ et contribu avec celle-ci former la race anglaise : les plus f ros et les plus forts viennent des ctes de la mer du* INord; les plus petits , du nord de la Sude et de la Corse, Les chevaux sauvages ont la tte grosse, le poil crpu , et. des proportions peu agrables. Le Dzigguetai. {Equiis liemionus. Pall. ) Schb. Est une espce qui, pour les proportions , tient le milieu PACHTDE LIMES. 2 53 entre le cheval et l'ne, et qui vit en troupes dans les dserts sablonneux de centre de l'Asie. 11 est isabelle, crinire et ligne dorsale noires; sa queue se termine par une houppe noire. C'est probablement le mulet sauvage des anciens. UAfie. {Eqiius asinus. Lin. ) Buff. lY , xi. Se reconnat ses longues oreilles, la houppe du bout de sa queue, la croix noire qu'il a sur les paules , et qui est le premier indice des bandes qui distinguent les espces suivantes. Originaire des grands dserts de l'int- rieur de l'Asie, il s'y trouve encore l'tat sauvage, en troupes innombrables, qui se portent du nord au midi selon les saisons. Aussi vient-il mal dans les pays trop septentrionaux. Chacun connat sa patience, sa sobrit, son temprament robuste , et les services qu'il rend aux pauvres campagnards. Sa voix rauque (appele braire)^ tient deux petites ca- vits particulires du fond de son larynx. Le Zbre. {Ecjuus zc.hra. Lin.) Buff. XII, i. Presque de la forme de l'ne, ray partout transversale- ment de blanc et de noir avec une parfaite rgularit. l est originaire de toute la partie mridionale de l'Afrique. Nous avons vu un zbre femelle produire successivement avec l'ne et avec le cheval. Le Couagga. {Equus qiiaccha. Gm.) Buff. Supp. Vl; vu. Ressemble plus au cheval que le zbre, mais vient du mme pays. Son poil , sur le cou et sur les paules, est brun , ray en travers de blanchtre ; sa croupe est gris- rousslre , sa queue et ses jambes blanchtres. Son nom ^ exprime sa voix, qui ressemble l'aboiement d'un chien. UOnagga ou Daww. Frd. Cuv. Mammif. {Erjuiis monta- nus. Burcheil.) Est une espce d'Afrique infrieurerne, mais de la jolie forme du couagga , isabelle avec des raies noires alterna- tivement plus larges et plus troites, sur la tte , le' cou et le tronc. Celles de l'arrire se portent obliquement en avant^ ses jambes et sa queue sont blanches. 254 MAMMIFERES. LE HUITIEME ORDRE DES MAMMIFERES , OU LES RUMINANTS (Pecora. L. ), Est peut-tre le plus naturel et le mieux dter- min de la classe , car ces animaux ont l'air d'tre presque tous construits sur le mme modle , et les chameaux seuls prsentent quelques petites excep- tions aux caractres communs. Le premier de ces caractres est de n'avoir d'in^ cisives qu' la mchoire infrieure, presque tou- jours au nombre de huit. Elles sont remplaces en haut par un bourrelet calleux. Entre les incisives et les molaires est un espace vide, o se trouvent^ seulement dans quelques genres , une ou deux ca- nines. Les molaires, presque toujours au nombre de six partout, ont leur couronne marque de deux doubles croissants, dont la convexit est tourne en dedans dans les suprieures , en dehors dans les in- frieures. Les quatre pieds sont termins par deux doigts et par deux sabots , qui se regardent par une face aplatie, en sorte qu'ils ont l'air d'un sabot unique, qui aurait t fendu; d'o vient, ces animaux, le nom de pieds fourchus, de bifurques, etc. Derrire le sabot sont quelquefois deux petits ero^ots, vestig"es de doigts latraux. Les deux os du mtacarpe et du mtatarse sont runis en un seul, qui porte le nom de canon ^ mais dans cer- RUMINAWTS. 255 taines espces il j a aussi des vestiges de mtatar- siens et de mtacarpiens latraux. te nom de ruminants indique la facult sin- gulire de ces animaux^ de mcher une seconde fois les aliments, qu'ils ramnent dans la bouche aprs une premire dglutition, facult qui tient la structure de leurs estomacs. Ils en ont toujours quatre, dont les trois premiers sont disposs de fa- on que les aliments peuvent entrer volont dans l'un des trois , parce que l'sophage aboutit au point de communication. Le premier et le plus grand se nomme la panse ; il reoit en abondance les herbes ^rrossirement concasses par une premire mastication. Elles se rendent de l dans le second , appel bonnet , dont les parois ont des Ifemes semblables des rayons d'abeilles. Cet estomac , fort petit et glol^uleux , saisit rherbe, l'imbibe et la con^iprime en petites pelotes, qui remontent ensuite successivement la bouche pour y tre remches. L'animal se tient en repos pour celte opration , qui dure jusqu' ce que toute l'herbe, avale d'abord dans la panse, l'ait subie. Les aliments, ainsi remchs, descen- dent directement dans le troisime estomac nomm feuillet y parce que ses parois ont des lames longitu- dinales semblables aux feuillets d'un livre ^ et de l dans le quatrime ou caillette , dont les parois n'ont que des rides, et qui est le vritable organe de la digestion , analogue l'estomac simple des animaux 2 56 MAMMIFRES. ordinaires. Pendant que les ruminants tettent et ne vivent que de lait, la caillelle est le plus grand de leurs estomacs. La panse se ne dveloppe et ne prend son norme volume qu' mesure qu'elle reoit de rherbe. Le canal intestinal des ruminants est fort long-; mais peu boursoufl dans les gros intestins. Leur caecum est de mme, long et assez lisse. La graisse des ruminants durcit plus en refroidissant que celle des autres quadrupdes , et devient mme cassante. On lui donne le nom de suif. Leurs ma- melles sont places entre leurs cuisses. Les ruminants sont^ de tous les animaux, ceux dont l'bomme lire le plus de parti. 11 peut manger Je tous , et c'est mme d'eux qu'il tire presque toute la chair dont il se nourrit. Plusieurs lui servent de btes de somme; d'autres lui^sont utiles par leur lait, leur suif, leur cuir, leurs cornes et d'autres productions. Les deux premiers genres n'ont point de cornes. Les Chameaux. ( Camelus. L. ) Se rapprocbent un peu plus que les autres de l'ordre prcdent. Ils ont non-seulement toujours des canines aux deux mclioires , mais encore deux dents pointues implantes dans l'os incisif, les incisives infrieures au nombre de six, et les molaires de vingt ou de dix-liuit seulement j attributs qu'ils possdent seuls parmi les ruminants, ainsi que d'avoir le scapliode et le cubode du tarse spars.. Au lieu de ce grand sabot aplati au ct interne qui enveloppe toute la partie infrieure de cbaque doigt et d<'rmine la figure du pied fourcliu RUMIIVAKTS. 267 ordinaire , ils n'en ont qu'un petit, adhrant seulement la dernire plialange, et de forme:|,symlrique comme les sabots des pachydermes. Leur lvre renfle et fendue, leur long cou^ leurs orbites saillants, la faiblesse de leur croupe , la proportion dsagrab^ de leurs jambes et de leurs pieds , en font des tres en quelque sorte dif- formes; mais leur extrme sobrit^ et la facult qu'ils ont de passer plusieurs jours sans boire , les rendent de premire utilit. Cette facult tient probablement de grands amas de cellules qui garnissent les cts de leur panse, et dans lesquelles il se retient ou se produit conlinueliement de l'eau. Les autres ruminants nen ont point de semblables. Les chameaux urinent eu arrire , mais leur verge I change de direction pour l'accouplement, qui se fait avec beaucoup de peine , et pendant lequel la femelle reste couche. Au temps du rut, il suinte de leur tte un humeur ftide. Les Chameaux proprement dits. Ont les deux doigts lunis en dessous, jusque prs de la pointe, par une semelle commune et le dos charg de loupes , de graisse. Ce sont de grands animaux de l'ancien monde dont on connat deux espces , toutes les deux compltement r- duites l'tat domestique (i). Le Chameau deux bosses. ( Camelus hactrianus. L. ) Buff. Xl,xxn. Originaire du centre de l'Asie ;, et qui descend beaucoup moins vers le midi que Le Chameau a une seule bosse. ( Camelus dromedarius. L. ) Buff. XI , IX. Qui s'est rpandu d'Arabie dans tout le nord de l'Afrique (1 ) Pallas rapporte , sur la foi des Boucliares et des Tartares , qu'il y a des chameaux sauvages dans les dserts dis milieu de l'Asie^ mais il faut remarquer que les Calmouques , par principe de religion , donnent la li- bert toutes sortes d'animaux. TOME I. 2 58 MAMMIFRES. * et dans une grande partie de la Syrie , et de la Perse^ etc. Le premier est le seul qu'on emploie enTurquestan, au ThiLet , etc. 5 on en conduit jusque prs du lac Bacal. Le second estassez connu par sa ncessitpourtraverser led- sertjCtcommeseul moyen deliaison despays quiy confinent. Le clinmeau * deux bosses marche moins pniblement que l'autre dans les terrains humides; il est plus grand et plus fort. Dans le temps de ia mue, il se dpouille entirement de son poil. C'estle chameau une seule bosse qui porte le plus loin la sobrit. Le dromadaire en est pro- prement une varit plus lgre et plus propre la course. La chair et le lait des chameaux servent la nourriture, et leur poil au vtement des peuples qui les possdent. Les deux espces deviennent presque inutiles dans les terrains pierreux. Les Lamas. (Auchenia. lliger.) Ont les deux doigts spars et manquent de loupes. On n'en connat aussi que deux espces bien distinctes, l'une et l'autre du Nouveau-Monde, et beaucoup plus petites que les deux prcdentes. Le Lama ou , dans l'tat sauvage , Guanaco. ( Camelus llacma. L.) Buff. Supp. \I, xxvii. Grand comme un cerf, pelage grossier et chtain , qui varie de couleur en domesticit. C'tait la seule bte de somme du Prou quand on en fit la conqute y il porte cent cinquante livres, mais ne fait que de petites journes. "L^Alpaca en est une varit longs poils laineux. La Vigogne {Camelus vicunna, L. ) Buff. Supp. VI, xxviii. Grande comme une brebis, couverte d'une laine fauve, d'une finesse et d'une douceur admirables, qui donne des toffes prcieuses. Les Chevp.otains. ( Moschus. L. ) Beaucoup moins anomaux que les chameaux , ne dif- frent des ruminants ordinaires que ptar l'absence cls cornes, par une ioiigue canine, de chaque ct de la nuMiis'AWTS. 269 mchoire suprieure , qui sort de la bouche dans les mles, et enfin parce qu'ils ont encore dans le squelette un pron grle qui n'existe pas mme dans les cha- meaux. Ce sont des animaux charmants par leur lgance et leur lgret. Le Musc. ( Moschus moschi frus, L. ) Buff. Supp. V , XXIX. Est l'espcela plus clbre. Grande comme un chevreuil, presque sans queue ;, elle est toute couverte d'un poil si gros et si cassant , qu'on pourrait presque lui donner le nom d'pines; mais ce qui la fait surtout remarquer, c'est la poche situe en avant du prpuce du mle, et qui se remplit de cette substance odorante si connue en mde- cine et en parfumerie sous le nom de musc. Cette espce parat propre cette rgion pre et pleine de rochers, d'o descendent la plupart des fleuves de l'Asie et qui s'tend entre la Sibrie, la Chine et le Thibet. Sa vie est nocturne et solitaire, et sa timidit extrme. C'est au Thibel et auTunquin qu'elle donne le meilleur musc ; dans le nord , celte substance n'a presque pas d'odeur. ^ Les autres clievrotains n'ont point de bourse musc. Ils vivent tous dans les pays chauds de l'ancien conti- nent (i); ce sont les plus petits et les plus lgants des ru- minants {'i). Tout le reste des ruminants a, au moins dans le sexe mle, deux cornes, c'est--dire deux promi- nences plus ou moins longues des os fronlaux, qui ne setrouventdans aucune autre famille d'animaux. Dans les uns, ces prominences sont revtues d'un (i) Le Moschus americanus, tabli d'aprs Sba, n'est qu'un jeune ou une femelle d'un des cerfs de la Guiane. Il en est de mme du moschus delicatulus de Sliaw, Sclireb., 245, D, C'est le faon d'un cerf d'Amrique. loi) Moschus pygmus^^wi.y^W^ -s^IjU. Moschus meinina^ Sclireb., CCxliii. Moschus javanicus, Buff., supp. VI, xxx. 17*- SGO MAMMEFRES. tui de substance lastique, compose comme de poils agglutins, qui crot par couches, et pendant toute la vie ; on donne en particulier le nom de corne la substance de cet tui, et lui-mme porte celui de corne creuse, La prominence qu'il enve- loppe crot comme lui pendant toute la vie et ne tombe jamais. Telles sont les cornes des bufs ^ des moutons , des chs>res et des antilopes. Dans d'autres, les prominences ne sont enve- loppes que d'une peau velue, qui se continue avec celle de la tte , et qui ne se dtruit point j ces pro- minences ne tombent pas non plus ; la seule girafe en a de telles. Enfin , dans le genre des cerfs , les prominences, couvertes pendant un temps d'une peau velue comme celle du reste de la tte , ont leur base un anneau de tubercules osseux, qui, en grossissant, compri- ment et oblitrent les vaisseaux nourriciers de cette peau. Elle se dessche et est enleve ; la promi- nence osseuse mise nu, se spare au bout de quel- que temps du crne, auquel elle tenait ; elle tombe , et l'animal demeure sans armes. Mais il lui en re- pousse bientt de nouvelles, d'ordinaire plus grandes que les prcdentes, et destines subir les mmes rvolutions. Ces cornes , purement osseuses, et su- jettes des changements priodiques, portent le nom de bois. Les Cekfs. ( Cervus. L. ) Sont donc tous les ruminants dont la tte est arme '4- RUMINAKTS. 26 1 de bois ; mais , si l'on excepte l'espce du rhenne , les femelles en sont toujours dpourvues. La substance de ce bois, quand il a acquis tout son dveloppement, est un os trs dense sans pores ni sinus; sa figure varie beau- coup selon les espces , et mme , dans chaque espce , selon l'ge. Les cerfs sont des animaux trs rapides la course, vivant gnralement dans les forls, d'herbes, de feuilles , de bourgeons d'arbres , etc. On distingue d'abord les espces bois aplati en tout ou en partie ; savoir : hElan, (C, alces. L.) Elk ou Elend dans le nord de l'Eu- rope; Moose-Deer des A nglo -Amricain s ; Or/gwa/ des Canadiens. Buff. Supp. YIl, lxxx. Grand comme un cheval et quelquefois davantage , jambes leves, museau cartilagineux et renl; une espce de goitre ou de pendeloque diversement configure sous la gorge; le poil toujours trs roide, et d'un cendr plus ou moins fonc. Le bois du mle, d'abord en dague , ensuite divis en lanires , prend ,. l'ge de cinq ans , la forme d'une lame triangulaire, dentele au bord externe et porte sur un pdicule. 11 crot avec l'ge jusqu' peser cinquante ou soixante livres, et avoir quatorze an- douillers ou dentelures chaque corne. L'lan habite en petites troupes les forets marcageuses du nord des deux continents; sa jpeau est prcieuse pour les ouvrages de chamoiserie. Le Rhenne. ( C. Tarandus, L. ) Buff. Supp. III, xvni his. Grand comme un cerf, mais jambes plus courtes et plus grosses; les deux sexes ont des bois diviss en plu- sieurs branches, d'abord grles et pointues, et qui finis- sent avec l'ge par se terminer en palmes largies et den- teles ; son poil , brun en t, devient presque blanc en hiver (i). Le rhenne n'habite que les contres glaciales des deux continents. C'est l'animal si clbre par le service (1) C'est probablement ce changement qui avait fait dire aux anciens que le tarandus prenait les couleurs qu'il voulait. 262 MAMMIFRES. qu'en tirent les Lapons , qui eu ont de nombreux trou- peaux, les conduisent Vt dans les montagnes de leur pays, les ramnent l'hiver dans les plaines, en font leurs btes de somme et de trait , mangent leur chair , leur lait , se vtent de leur peau , etc. Le Daim. { C. Dama, L. ) Buff. V , xxvii et xxviii. Moindre que notre cerf, en hiver d'un brun noirtre, en t fauve tachet de blanc , les fesses en tous temps blanches, bordes de chaque ct d'une raie noire, la queue plus longue qu'au cerf, noire en dessus, blanche en dessous. Le bois du mle a la base ronde avec un an- douiller pointu , et dans le reste de sa longueur il est aplati et dentel en dehors; pass un certain ge , il rape- tisse et se divise irrgulirement en plusieurs lanires. Cette espce, qui est leplaticeros des anciens , eist devenue commune dans tous les pays d'Europe, mais elle parat originaire de Barbarie (i); il s'en trouve quelquefois une varit noire sans taches. Les espces bois ronds sont plus nombreuses; celles des pays temprs changent aussi plus ou moins de couleur en hiver. Le Cerf commun. {Cervus elaphus. L.) Buff. Vl, ix , x , xii. A pelage en t fauv^e-brun, avec une ligne noirtre , et de chaque ct une range de petites taches fauve-ple le long de l'pine; en hiver, d'un gris brun uniforme; la croupe et la queue en tout temps fauve-ple. Il est naturel des forts de toute l'Europe et de l'Asie tempre. Le bois du mle est rond et vient la seconde anne; d'abord en forme de dagues, il prend ensuite sa face intrieure plus de branches ou d'andouillers mesure qu'il avance en ge, et se couronne d'une espce d'empaumure de pi usieurs petites pointes. Le trs vieux cerf noircit, et les poils de son cou s'alongent et se hrissent. Le bois tombe au printemps, en commenant par les vieux; il revient pendant l't, et (i) Depuis la publication de la seconde dition de nos Recherches sur | les ossements fossiles, nous avons reu un daim sauvage tue dans les bois j au sud de Tunis. RUMINANTS. 2 05 les cerfs vivent spars tout ce temps l. Quand il est re- fait^ commence le rut, qui dure trois semaines , et pendant lequel les mles sont comme furieux. Mles et femelles se runissent en grandes troupes pour passer l'hiver. Labiche porte huit mois et met bas en mai ; le faon est fauve tachet de blanc. La cJiasse du cerf, qui passe, comme on sait , pour le plus noble des exercices, est devenue l'objet d'un art qui a sa thorie, et une terminologie tendue oi les choses les plus connues s'expriment par des termes bizarres, ou dtourns de leur acception ordinaire. Le Cerf du Canada. {C. canadensis. Gm. C strongyloceros. Schreb. 246. A. 247. F. G. ) Elk ou Elan des Anglo- Amricains. TVapiLi, etc. D'un quart plus grand que le ntre, peu prs de la mme couleur , mais disque de la croupe plus large et plus ple, bois galement ronds, mais plus dvelopps , et qui ne prennent jamais d'empaumure. 11 habite toutes les par- ties tempres de l'Amrique septentrionale. Le Cerf de la Louisiane ou de Virginie. ( C, virginianus. Gm.) Daim des Anglo-Amricains. Schreb. cgxlvii. H. Moindre que le ntre, plus svelte, museau plus pointu, d'un fauve-clair en t, d'un gris-rousstre en hiver, des- sous de la gorge et de la queue blanc en tout temps , le tiers infrieur de la queue noir et le bout blanc. Le bois du mle plus court qu' l'espce d'Europe, rond, lisse et blanchtre, s'carte eu dehors pour revenir en are de cer- cle en dedans et en avant j et porte ses andouiliers sa face postrieure, except celui de la base. Il en a jusqu' cinq ou six (i). Les espces des pays chauds ne changent pas de couleur. Il y en a plusieurs dans l'Amrique mridionale, dont on n'a point encore une histoire assez complte ni des ca- ractres assez comparatifs. Tels sont: (r) Ployez mes Ossem. foss., IV, pi. v, f. 1 - 17. Le Cen/us mexicanus , ' Penn. , et Ossem. foss. , pi. v, f. 23, pourrait n'tre qu'un trs vieux cerf de Virginie. 264 MAMMIFRES. Le Gauzou-Poucou ou grand Cerfrou^e d'Azz. ( C- Palii- dosiis. Desm.) Qui parat avoir des bois plus droits que ceux du prcdent. Sod pelaf^e est d'un bai vif, avec une raie noire sur le chanfrein et des anneaux noirs au bout des pieds. Il habite de prfrence les lieux marcageux. Le Guazouti d*Azz. (C. campestris. Fr. Cuv.) A le bois court et droit, donnant des andouilers en avant et en arrire , qui deviennent assez nombreux (Ossem. foss.^ iV, pi. in . f. 4^ 48 )'? ^^ pelage fauve , le ventre, le dedans des cuisses^ les fesses et le bout de la queue blanco (i). Il y en a aussi plusieurs dans les Indes orientales. Le Cerf tachet de l'Inde ou Axis, ( Cervus axis. Lin. ) Buff. XI, xxxviii, xxxx. En tout temps fauve, tachet de blanc pur^ le dessous de la gorge et celui de la queue blancs: queue fauve, bor- de de blanc en dessus; des bois ronds, devenant trs grands avec l'ge, mais ne portant jamais qu'an andouiller vers la'base^ et la pointe fourchue. Originaire du^en^^ale, mais se propageant trs bien dans nos pays. Il a dj t connu des Romains. Les Indes possdent plusieurs autres cerfs deux an- douilers coiume Faxis, qui n'ont t distingus que de- puis peu : Il y en a un, dans le nombre, qui a de longs ponls au cou et la gorge, et qui , vivant dans le nord de l'inde , doit rpondre l'Hipplaphe d'Aristote ( C, Aristotelis , Cuv. ) (2) J.e Chevreuil d'Europe. ( Cerv. capreolus. Lin. ) Buff. V , XXXII , XXXIII. N'a aussi que deux andouilers ses bois. Il est gris- (i) A].\Ceruus nemoralis , Ham. Smith, (2) A], le Cerfhlpplaphe, le Cerf de j^allich, le Ce f des Mariannes, le Cefde Lechenaull^ le Cerf de Prou, le Cerf cheval^ et voyez sur ces ' espces le IV^ tome de nos Recherches sur les ossements fossiles , et les figures donnes par M. Hamiltou Smith dans la trad. angl. du prsent ouvrage. RUMINA KTS. 265 fauve^ fesses blanclies , sans larmiers, presque sans queue. Il y en a des individus d'un roux trs vif et d'autres noi- rtres. Cette espce vit par couples dans les forts leve'es de l'Europe tempre, perd son bois la fin de l'automne, le refait pendant l'hiver _, eiUre en rut en novembre , et porte cinq mois et demi. Sa chair est beaucoup plus esti- me que celle du cerf. On n'en a pas en Russie. Le Chevreuil de Tartarie. {Ceivus pygargus. Pall.) Schreb. ccLin. Semblable au ntre , mais bois plus hrisss leur base, poils pins longs , presque de la taille d'un daim , habite les campagnes leves au-del du Volga. Il parat qu'il y a en Amrique des chevreuils dont le bois demeure toujours en simple dague sans andouiilers. Le Goiiazoupita d'Azz. {Ceiviis riifus, Fr. Cuvier.) A pelage roux ; les lvres, Farrire-ventre et le desous de la queue blancs. Des canines aux deux mchoires. Vit dans les bois (i). On pourrait sparer des autres chevreuils, certaines petites espces des Indes, qui ont des canines aigus et des bois courts ports sur des pdicules couverts de poils qui s'lvent de leur front. Tel est : Le Chevreuil des Indes. ( Cerv. muntjac. Gm.) Buff. Sup. VI , XXVI Plus petit que le utre ; il vit en petites troupes Ceylan et Java (2). La Girafe. ( Camelopardalis. L. ) Buff. , Sup. , YII, LXXXI. A pour caractre , dans les deux sexes , des cornes coniques , toujours recouvertes par une peau velue , et qui ne tombent jamais. Leur noyau osseux est articul (i) Aj. le Gouazou-Bira [Ceri^. Jemorwagus, Fred, Cuv.) Le Goua- zou-Apara ( Ctrv . simpUciconiis^ Ham. Smith ). (2) Aj. C. philippinus, Ham. Sm. C moschatus yi. , etc. 266 MAMMIFRES. dans la jeunesse par une suture sur le frontal. Au milieu du clianfrein, est un tubercule ou une troisime corne plus large et beaucoup plus courte , mais gale- ment articule par suture. Cet animal est d'ailleurs l'un des 2^1 us remarquables qui existent, par la longueur de son cou et par la hauteur disproportionne de ses jambes de devant. On n'en connat qu'une espce {Camelopardalis ^irafa , L. Fred. Ciiv., Mammif.), confine dans lesdsertsdel'Afri- que, pelage ras, gris, tout parsem de taches anguleuses fau ves, avec une petite crinire grise et fauve. C'est le plu s lc' v de tous les animaux , car sa tte atteint dix-huit pieds de hauteur. Il est d'ailleurs d'un naturel doux, et se nourrit de feuilles d'arbres. Les Romains ont eu des girafes vivantes leurs jeux ; Hliodore en a donn une bonne description, et il en est venu une ou deux, en Italie, dans le moyen ge. Les relations rcentes avec l'Egypte en ontp^ocur depuis peu divers souverains de l'Europe. Les Ruminants a cornes creuses. Sont plus nombreux que les autres , et l'on a t oWig de les diviser en genres d'aprs des carac- tres assez peu importants , tirs de la forme de leurs cornes, et des proportions de leurs diverses parties. M. Geoffroy y a joint avec avantage ceux que donne la substance de la prominence frontale ou du noyau osseux de la corne. Les Antilopes. ( Antilope. ) (i) Ont la substance de leur noyau osseux solide et sans (i) Ce nom n'est pas ancien j il est corrompu '' aniholops , que l'on trouve dans Eusthatius, auteur du temps de Constantin, et qui semble se rapporter aux beaux yeux de l'aiiimul. La gazelle commune a t bien dcrite parElien, sous le nom de dorcas, qui est proprement celui du che- vreuil. 11 l'appelle dorcas de Lybie. Gazel est arabe. nuMifsAWTs. 267 pores ni sinus, comme le bois des cerfs. Elles ressemblent d'ailleurs pour la plupart aux cerfs par les larmiers, par la lgret de leur taille et par la vitesse de leur course. C'est un genre trs nombreux , qu'on a t oblig de sub- diviser principalement d'aprs la forme des cornes. a. Cornes annees , double courbure, pointes en avant , ou en dedans ou en haut. La Gazelle. {Ant. dorcas. Lin.) Buff. Xll , xxiii. A cornes rondes, grosses, noires; la taille et la forme lgante du chevreuil; pelage fauve clair dessus, blanc dessous, une bande brune le long de chaque flanc , un bouquet de poils chaque genou, une poche profonde chaque aine. Elle vit dans tout le nord de l'yXfnque, en troupes in- nombrables, qui se mettent en rond quand on les atta- que , et prsentent les cornes de toute part. C'est la p- ture ordinaire du lion et de la panthre. La douceur de son regard fournit des images nombreuses la posie ga- lante des Arabes. La Corinne. {Ant. corinna. Gm. ) Buff. Xil , xxvii. N'en diffre que par des cornes beaucoup plus grles. Ce n*est peut-tre qu'une varit de sexe. Le Kevel. {Ant. kevella. Gm. ) Buff. Xl, CCLXXV. Est encore peu prs semblable; mais ses cornes sont comprimes leur base , et ont des anneaux plus nom- breux. On ne prtend le distinguer lui-mme cVAhii de Kmpfer, ou Tseyrain des Persans et des Turcs {Ant. sitb- gutturosa y Gm.); que parce qu'on a remarqu celui-ci une lgre saillie sous la gorge. he Dseren des Mongoles. Hoangjang , ou Chvre jaune des Chinois. {Ant. gutturosa. Pli.) Schieb. cclxxv. Prsente encore peu prs les mmes distributions de> couleurs et les mmes cornes que la gazelle proprement dite ; mais sa taille approche de celle du daim, et le mle a une forte protubrance produite par son larynx , t une poche assez grande sous le ventre. La femelle n*a pas de 268 MAMMIFRES. cornes. Cette espce vit en troupes dans les plaines arides du milieu de l'Asie , et ne peut souffrir l'eau ni les forts. Le Springhock ou Gazelle bourse. {Ant. euclwre. Forster.) Buff. Sup. VI _, pi. XXI. Remplit de ses troupes le midi de Afrique. Plus grande que la gazelle, mais de mme forme et de mme couleur, elle se distingue par un repli de la peau de la croupe , garni de poils blancs, qui s'ouvre ets'largit chaque saut qu'elle fait. Le Saga. {Ant. Saga. Pall. ) Coins de Strabon. Schreb. CCLXXVL Qui habite les landes du midi de la Pologne et de la Russie, a encore les cornes comme la gnzelle , mais jau- ntres et transparentes. Il est grand comme un daim. Son pelage, fauve en t, devient d'un gris blanchtre en hiver ^ son museau cartilagineux, gros, bomb, narines trs ouvertes , le force de patre en rtrogradant. Il se runit quelquefois en troupes de plus de dix mille. Le Nangiier. {Ant. dama. Pall. ) Acad. de Berl. 1824. pi. m et IV. De la taille du daim , blanc , le front , le cou et une partie du dos roux^ les cornes petites et grles. De Nubie, du Sngal (i). h. Cornes anneles triple courbure. II Antilope des Indes. {Ant. cervicapra, Pall.) Buff. Sup. Yl , xviii et XIX Encore trs semblable la gazelle 5 mais ses cornes sorit courbes trois fois. On en fait aux Indes des armes offen- sives , en les unissant deux deux les pointes opposes. La femelle n'en porte pas- U Antilope de Nubie. {Ant. addax. Lichtenst. (2) ) Acad. de Berlin. i8'i4' P^* ^* ^^ Ruppel. pi. vu. A aussi les cornes courbes trois fois, et plus grles et (i) Buffon n'en avait connu ( tome XII, pi. xxxiv ) qu'un jeune indi- vidu cornes simplement courbes en avant, ce qui lui avait fait croire que c'tait le Dama de Pline. (2) M. Lichteustein lui a donn ce nom parce qu'il le croit le muie RUMINANTS. 26g plus longues que la prcdente } son corps est trapu; son pelage blanchtre , teint de gristre au dos ^ avec une large tache brune sur le front. c. Cornes anneles y double courbure , inais en sens contraire des prcdentes, et la pointe en arrire. (Les Damalis deSmith en partie). Le Bubale desancieos. {Ant. biihalis. Lin. ) Vulg. T^aclie de Barbarie. Cuff. Sup. YI , xiv. A proportions plus lourdes que les autres espces, tte longue et grosse , de la taille du cerf, pelage fauve, except le bout de la queue , qui est termin par un flocon noir. Comniune*en Barbarie. Le Caama. [Ant. caama. Cuv.) Vulg. Cerf du Cap chez les Hollandais. Buff. Sup. VL pL xv. Semblable la prcdente, mais courbures des cornes plus anguleuses; le tour de leur base , une bande sur le bas du chanfrein , une ligne sur le cou , une bande longi- tudinale sur chaque jambe, et le